Sur la ponte d'es Axolotls transformés
{.Bull. Soc. philom. fans, 6« série, t. XIII. p. 13 ; 23 mars 1876.)
Sur la ponte des Amblyslomes au Muséum il Histoire naturelle.
(C. B. Acad. Sc., t. LXXX1X, p. 108 ; 14 juillet 1879.)
Ces notes, complémentaires de la communication faite en 1876 '
par feu le Professeur Émile Blanchard à l’Académie des sciences,
donnent en détail l’observation que nous avions suivie de la ponte des Amblystomes à la Ménagerie du Muséum, « fait d’une impor : tance considérable, car il met à néant les idées qui ont pu surgir relativement à la stérilité de ces Batraciens passant à l’état adulte, qui se montrent d’une extrême fécondité tant qu’ils demeurent dans la condition de larves ».
29. — Remarque sur la disposition des corps vertébraux chez /’Anaides
lugubris, Hallowell.
{Bull. Soc. philom. Pari<, T série, t. VIII, p. 183 ; 26 juillet 1884.)
30. — Note complémentaire sur l'anatomie de /’Anaides lugubris,
Hallowell.
{Bull. Soc. philom. Pari s, "« série, t. X ; 12 décembre 1885.)
Les zoologistes ont, dans ces derniers temps, attaché une grande importance, pour la classification des Batraciens urodèles, au mode suivant lequel s’articulent les corps vertébraux.
Chez l’ Anaides lugubris. de Californie, les centrums des vertèbres sont donnés comme étant du type amphicoelien, or, en y regardant de plus près, ceci n’est exact qu’au point de vue strictement ostéologique. Si, en effet, on examine des animaux bien conservés, on voit que la cupule antérieure est comblée par un cartilage, lequel forme une tête hémisphérique, reçue dans une cavité correspondante de la vertèbre qui précède; cette articulation, véritable diartbrose, possède une synoviale. La vertèbre est donc physiologiquement opisthocoelienne, ce qui diminue évidemment la valeur du caractère.
L’examen des ovaires, où se trouvent des ovules très volumineux à côté d’ovules très petits, sans transition entre ces deux états, et le diamètre des oviduetçs, doivent faire supposer que ces Batraciens sont vivipares, comme le Salamandra maculosa.
31. — Note sur la structure du noyau des globules sanguins et la composition de l'encéphale chez la Sirène lacertine.
32. — Mémoire pour servir à l'histoire anatomique de la Sirène lacertine.
(Ann. Su. nat., *• série, t. XIX, p. 29b ; 1863.)
Ces recherches anatomiques sur un Batracien, type de passage, qui avait déjà été examiné par Cuvier dans le grand ouvrage de Humboldt et Bonpland, ont été faites avec un individu, que m’avait remis feu le docteur Martin Magron. Pendant quelques mois, cet animal a pu être observé vivant et son état de conservation a per^ mis d’étudier les appareils, qu’on ne peut réellement bien voir que sur le frais, en s’attachant de préférence à ceux que les auteurs avaient dft négliger faute de matériaux convenables.
L’appareil de la locomotion est surtout étudié au point de vue des muscles, les organes passifs ayant été parfaitement décrits et figurés par Cuvier. On trouve, comme il était facile de le supposer, que cet animal, sous ce rapport, est intermédiaire aux Batraciens élevés et aux Poissons, identique avec ces derniers dans la portion caudale, se rapprochant au contraire des premiers quant aux muscles qui meuvent les parties antérieures ; toutefois, même dans les muscles de la tête, il y a quelques différences notables : on peut citer les muscles des mâchoires, la mandibule supérieure étant en partie mobile. Quatre chapitres dans lesquels sont décrits successivement les muscles du tronc et de la queue, les muscles des membres, les muscles de l’appareil hyoïdien, enfin les muscles des mâchoires, font connaître en détail ces différents organes; autant que possible la concordance a été établie avec les données du remarquable mémoire de Dugès, sur l’ostéologie et la myologie des Batraciens.
Le système nerveux de cet animal méritait une attention particulière. L’encéphale se trouve ici décrit et figuré ; il présente, comme chez d’autres Urodèles voisins, une soudure complète des lobes optiques en une seule masse. Configliachi et Rusconi, dans leur Anatomie du Protée ahguin, croient que ce lobe impair représente le cervelet; chez la Sirène, le véritable cervelet est
réduit à une mince bande nerveuse étendue au-devant du quatrième ventricule, rappelant absolument ee qu’on observe chez les Batraciens anoures, bande située au-dessous et en arrière de la masse des lobes optiques. Les yeux sont privés de paupières et rudimentaires comme chez les autres Urodèles ichthyoïdes.
La taille remarquable des globules sanguins, avec ceux du Protée, ce. sont les plus volumineux qu’on ait jusqu’ici reconnus chez les Vertébrés, donne certaines facilités pour étudier plusieurs points relatifs à la structure de ces éléments anatomiques, sur laquelle les histologistes étaient loin d'être encore fixés à cette époque. En les traitant par l’eau, on les voit devenir sphériques, forme qu’ils acquièrent par le raccourcissement de leur plus grand diamètre et l’augmentation des deux autres dimensions; plus tard l’augmentation a lieu sur la totalité, jusqu’à disparition complète du globule. Ce phénomène ne paraît pouvoir s’expliquer qu’en admettant la présence d’une membrane d’enveloppe autour de l’hématie; on comprendrait alors que l’eau ambiante, pénétrant par endosmose et augmentant la masse contenue, forçât la membrane à modifier sa forme pour circonscrire le plus grand volume possible sous une surface donnée; cette forme, on le sait, est la sphère. La facilité, sur l’animal encore vivant, de se procurer à diflérentes reprises ces globules à l’état frais, a fait reconnaître que le noyau est homogène et non granuleux, comme l’avait avancé M. Owen. On peut constater, conformément à l’opinion de ce dernier auteur, qu’il existe une membrane propre autour du noyau.
Des injections artérielles et veineuses ont permis d’étüdier le système circulatoire beaucoup plus en détail que cela n’avait pu être fait jusqu’ici. L’organe central avait été très bien décrit par M. Owen, et les vaisseaux artériels, dans leur distribution, rappellent beaucoup ceux des autres Urodèles. La circulation veineuse est particulièrement intéressante chez les Batraciens, comme nous l’ont appris les recherches de Gratiolet ; il en est de même pour la circulation branchio-pulmonaire. Les conclusions suivantes, extraites du travail, résument à ce sujet ce qu’on doit admettre pour la Sirène :
1" 11 n’existe de sang entièrement liématosé que dans la veine pulmonaire et l’oreillette droite ;
2° Le sang ne passe qu’en très petite partie dans les branchies, des anastomoses larges pouvant établir une communication directe
3*La respiration cutanée, malgré l’épaisseur delà peau, doit être assez active, une bonne portion du sang de la circulation générale revenant directement au cœur.
Ce sang provient :
a. Des parties antérieuresdu corps,parles veines caves antérieures;
b. De la partie moyenne du canal rachidien, parle tronc antérieur des veines azygos ;
c. De la partie postérieure du corps, par la continuation directe des veines de Jacobson dans ces mêmes azygos ;
d. Des organes génitaux, par les veines ovariques et la veine cave postérieure.
4° Une portion du sang de la veine caudale, celui des veines rachidiennes abdominales postérieures et peut-êtré celui de l’oviducte s'hématosent dans le système porte rénal;
5" L’autre portion du sang de la veine caudale, celui des parois abdominales postérieures et de la vessie, par la grande veine ombilicale; celui des parois abdominales antérieures, par la grande veine abdominale antérieure; celui de l'intestin, de l’estomac, de la rate, de la vésicule du fiel, par le grand sinus porte postérieur et les veines portes directes; celui des parties moyennes et dorsales du corps, par le tronc porte des veines azygos; s’hématosent dans le système porte hépatique.
L’appareil respiratoire, double, comme on le sait, se trouve décrit en détail, mais ne présente rien de bien spécial. Cependant on peut signaler ce fait observé sur la Sirène encore vivante, c’est que fréquemment elle venait à la surface aspirer l’air par la bouche et le faire immédiatement sortir par les orifices branchiaux, comme si elle eût voulu mettre ses branchies directement en contact avec le fluide atmosphérique.
Les organes de la génération n’ont offert rien d’important à noter, l’individu, comme tous ceux de la même espèce, qui ont été disséqués jusqu’ici, étant une femelle non à maturité.
La pièce est déposée dans la collection d’Analomie comparée de la