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Essai sur la classification générale des Chéloniens

{Am. Sc. ml., T série, t. XVI, p. 331 ; 1894.)

La première note résume les leçons faites sur la classification des Chéloniens dans le cours professé au Muséum pendant l’année scolaire 1876-1877. Les différents genres sont groupés autour des cinq types Tesludo et Chelodina , Trionyx, Dermochelys et Thalassoc.helys, les deux premiers formant la Famille des Testudinida, les deux derniers celle des Chelodina. Les affinités entré les genres soit du même groupe, soit des groupes voisins, sont indiquées graphiquement sur un tableau qui accompagne le mémoire.

Cette vue générale est complétée et modifiée dans le second mémoire, fruit d’un travail de plusieurs années et dontles bases sont empruntées en grande partie aux recherches poursuivies pendant ce laps de temps, sur l’anatomie des Chéloniens (N“ 1 à 4, 8 et 9), j’ai mis également à profit les travaux de Strauch et de MM. Cope, Dollo, Boulenger.

Prenant pour base principale mes recherches relatives à la composition vertébrale de la région du cou, j’ai eu cependant égard, en même temps, aux différents autres grands appareils, cherchant à éviter, par l’emploi trop exclusif d’un seul ordre d’organes, de tomber dans des divisions systématiques qui s’écarteraient des véritables rapports naturels. Suivant les idées qui m’ont toujours servi de guide, après avoir cherché dans l’étude anatomique les bases fondamentales des divisions, c’est par des différences morphologiques extérieures facilement saisissables, que je me suis efforcé de les caractériser.

Les Familles, au nombre de H, sont groupées en quatre Tribus dénommées, d’après la disposition des vertèbres cervicales et le.mode de rétraction du cou : Crtjptoderinea,Phaneroderinea , Plcuroilerinea et Ophioderinea. Les deux premières sont réunies dans la Tribu des Euchelonina, les deux autres forment des Tribus distinctes : Chelydim et Trionydùm. Cetté dernière constitue le Sous-Ordre des Mecraspedota ou Tortues à carapace sans pièces marginales, sans bordure (Tortues molles des anciens auteurs); un Sous-Ordre des Craspedota, caractérisé au contraire par des pièces marginales à la carapace, renferme les deux autres Tribus.

La considération trop exclusive du squelette osseux avait conduit différents auteurs, MM. Dollo et Boulenger entre autres, à regarder comme un type très distinct, en quelque sorte à part dans l’Ordre, le Dermochelys ou Tortue luth. Je crois être parvenu à démontrer qu’en ayant égard à l’ensemble de l’organisation, notamment h la disposition du tube digestif dans sa portion œsophagienne, il n’était pas naturel de séparer ce genre des-Tortues de mer ou Chelonidæ. Ceci a été confirmé ultérieurement par des observations nouvelles sur cette même Tortue luth (N* 9).

Dans ces recherches j’ai, à dessein, négligé provisoirement les Chéloniens fossiles, sur lesquels cependant de très intéressantes découvertes ont été faites dans ces derniers temps; niais, comme il s’agit ici de questions de classification générale, ces êtres n’étant connus que par l’appareil squelettique, et souvent d’une manière imparfaite, il'ne serait pas rationnel de les faire compter dans ces sortes d’études au même titre que les espècesvivantes. C’est après coup, lorsque celles-ci ont été examinées tant au point de vue anatomique et morphologique, qu’au point de vue physiologique et du développement, qu’on peut chercher comment les animaux perdus peuvent être intercalés dans les séries naturelles. :

35. — Les Tortues éteintes de l'ile Rodriguez , d'après les pièces consercées dans les galeries du Muséum, d’Histoire naturelle.

36*. — Dessins inédits de Chéloniens tirés des Manuscrits de Commerson.

37*. — Nouveaux documents historiques sur les Tortues terrestres des Mascareignes et des Seychelles.

38*. — Documents relatifs à la Tortue gigantesque de la Réunion.

39*. — La Tortue de Perrault (Testudo indica, Schneider). Elude historique.

(Nouv. Areh. Mus., 4 e série, t. Il, p. 25 ; 4900*)' , g

Les naturalistes, dans ces derniers temps, se sontvivementintéressés aux questions que soulèvent l’étude de ces Tortues terrestres, qui, dans le genre Testudo, forment un groupe assez distinct pour qu’on ait cru pouvoir les réunir d’une manière spéciale sous la désignation de gigantesques. Les différentes espèces atteignent, en effet, une taille inhabituelle dans le groupe, quoique toutefois certaines autres comme le Testudo càlcarata Ou le T. labulata puissent s’en rapprocher sous ce rapport. Mais en outre, elles sont toutes d’une couleur uniformément noire, leur cou est plus allongé, il y a là une physionomie, si l’on peut employer cette expression, qui a frappé de tout temps même les simples voyageurs.

Une première particularité que présentent ces Tortues gigantesques est de se trouver, et en nombre souvent incalculable, toujours sur des îles de peu d’étendue, se rapportant à deux groupes principaux dans l’Océan pacifique : l’un à l’extrême Ouest, les Mascareignes et îles avoisinantes, l’autre à l’Est, l’archipel des Galapagos (Tortues, en

espagnol). Cette singulière répartition géographique, a exercé la sagacité des zoologistes, sans d’ailleurs qu’on ait trouvé jusqu’ici de solution entièrement satisfaisante, malgré les études si remarquables du Dr Günther, dont les travaux sur ces Chélomens font époque. Un second fait très frappant, mais dont l’explication ne présente pas à beaucoup près les mêmes difficultés, est la surprenante rapidité avec laquelle ont disparu ces espèces, dont plusieurs sont absolument éteintes et les autres évidemment en voie d’extinction.

Nulle part, peut-être, ce dernier fait n’a été plus frappant et mieux suivi dans ces différentes phases, qu’à l’île Rodriguez et les pièces que possède la collection du Muséum m’ont permisd’en présenter unhistorique qui fait l’objet d’un des travaux sus-énoncés. (N* 35).

Léguât et ses compagnons, en 1691, trouvaient dans cette île ces animaux en si grande abondance qu’on en voyait des troupes de 2000 à 3000, « de sorte, dit-il, que l’on peut faire plus de 200 pas sur leur dos ou sur leur carapace, pour parler proprement, sans mettre le pied à terre ». Dans ses recherches sur la disparition de la faune de celte île, M. Alphonse Milne-Edwards, d’après un très curieux document des archives du Ministère de la Marine, intitulé : Relation de l'île Rodriguez , et rédigé, peut-on croire, vers 1730, montre que les Tortues terrestres y étaient encore abondantes; des renseignements.officiels, cités dans le même travail, prouvent d’ailleurs que de 1759 à 1761, pendant l’espace de dix-huit mois, 30000 de ces Chéloniens furent apportés de cette île à la Réunion et à Maurice. On s’explique par cette exploitation abusive, et par d’autres causes accessoires, mais non moins directes, ainsi l’introduction des Chats et des Rats, animaux friands de ces Tortues au sortir de l’œuf, que l’extinction ait marché avecune rapidité telle, que l’abbé Pingré, débarqué sur cette île en 1761 pour l’observation du passage de Vénus, ait insisté sur leur rareté relative, surtout en ce qui concerne les individus de grande taille, et qu’à la fin du xvui" siècle ou vers le commencement de celui-ci, ces Reptiles eussent si complètement disparu, qu’il devenait impossible d’en indiquer l’espèce.

C’est à une époque tout à fait récente, en 1874, que les fouilles exécutées à Rodriguez par M. Edwards Newton mirent au jour des ossements de Chéloniens terrestres dans lesquels on put reconnaître

deux Tortues précédemment décrites, l’une par Fitzinger, Testudo Vosmaeri, l’autre par Duméril et Bibron, Testudo pellastes. Ces espèces n’étaient connues que par quelques carapaces : pour la première, une au Musée de Leyde, une seconde et un squelette au Muséum d’Histoire naturelle de Paris ; pour la secondé, une seule, carapace, appartenant à ce dernier établissement.

Il y a une quinzaine d’années, à ces pièces intéressantes s’en joignit une des plus précieuses, c’était un magnifique exemplaire mâle, en peau, appartenant à la Bibliothèque Ste-Geneviève, et que feu FerdinandDenis, alors conservateur-administrateur, fit céder au Muséum. Cet objet faisait partie du célèbre cabinet des Génovéfains, mais il a été absolument impossible d’en déterminer l’origine avec exactitude.

Si l’on joint à cela un os (le radius droit) de cette Tortue de Vosmaer, envoyé autrefois par Déjardins à, Cuvier, et que celui-ci donna comme trouvé à l’ile Maurice, tandis qu'il provenait en réalité de Rodriguez, os conservé dans nos collections de Paléontologie, on aura l’énumération complète des pièces connues pour représenter les Tortues de Léguât avant les fouilles de M. Newton.

Le Muséum possédait, on le voit, les documents sans contredit les plus anciens et les plus complets sur ce sujet, en particulier cet exemplaire entier du Testudo Vosmaeri , unique sans doute à tout jamais, aussi, ai-je cru bon, dans ce volume destiné à rappeler la fondation de notre établissement, de donner, avec l’iiistorique de la question, pour lequel le journal manuscrit de l’abbé Pingré, conservé à la Bibliothèque Ste-Geneviève, m’a été d’un très précieux secours, la description et la figure4e ces pièces rarissimes.

On sait que Commerson, ce remarquable et infortuné explorateur, avait rassemblé entre autres documents un nombre considérable de dessins exécutés tant par lui-même que par son compagnon de voyage, Jossigny, dessins qui, fort heureusement, ont été remis et sont conservés à la bibliothèque du Muséum. Ceux concernant les Poissons ont été utilement employés, d’abord par Lacépède, puis par Cuvier et Valenciennes, mais, sauf quelques indications vagues consignées dans l 'Erpétologie générale de Duméril et Bibron, l’atlas des Reptiles parait avoir été jusqu’ici négligé.

J’ai donc saisi avec empressement l’occasion d’examiner les cro-

quis, au nombre de dix-sept, se rapportant à ces animaux et qui fournissent de curieuses donnée» sur la faune de Madagascar et des Marcareignes.

Presque toutes ces espèces sont facilement reconnaissables et leur détermination né présente aucune difficulté, lien est une, toutefois, qui fait exception et offre d’autant plus d’intérêt qu’elle porte comme indication : « Tortue de terre de Rodrigue » ; c’est-à-dire appartient à cette faune, on vient de le voir, aujourd’hui

D’après les notes très précises qui accompagnent les dessins, c’était un individu de grande taille, car sa dossière ne mesurait pas moins de 84 centimètres. Elle diffère des deux espèces connues de cette lie : Testudo Vosmaeri , T. peltastes ; par plusieurs caractères, mais surtout par la longueur réduite de sa plaque abdominale, dont la dimension antéro-postérieure mesurée à la suture médiane, atteindrait très peu plus du quart de la longueur du plastron, tandis que dans les deux autres, cette même dimension est respectivement de plus du tiers ou de près de moitié. En tant qu’espèce nouvelle, cette Tortue peut prendre le nom de Testudo Commersoni.

Les autres de ces travaux relatifs à l’étude des Tortues gigantesques ont plutôt pour but de fixer certains points de l’histoire de celles qui babilaient les Mascareignes et les Seychelles, en nous montrant que, malgré tous les soins des différents gouverneurs, il a été impossible d’arrêter la destruction de ces animaux, qui, à

l’île Maurice comme à la Réunion, ont disparu avant la fin du

Le dernier Mémoire contient des recherches sur la première de ces espèces scientifiquement établie, la Tortue des Indes de Perrault, disséquée, par ce naturaliste, présentée à l’Académie des Sciences dans sa séance du 26 février 1676, et qui est peut-être celle de toutes, sur laquelle les renseignements sont le moins nombreux, dont l’origine est la plus mal connue. Les seuls documents qu’on possède sur cet intéressant Chélonien sont d’abord le Mémoire de Perrault avec les planches qui l’accompagnent, puis un dessin assez médiocre d’Aubriet, lequel est conservé parmi les vélins du Muséum, enfin la description donnée par Duméril et Bibron dans leur Erpétologie générale, d’après une carapace, réduite à la dossière, faisant partie de la Collection et inscrite sous le numéro 7819. MM. Günther et Rothschild, qui dans ces derniers temps sont venus consulter les pièces que nous possédons des Tortues gigantesques, en vue d’un travail qu’ils poursuivent sur ce sujet, ayant émis des doutes sur l’authenticité de cette dossière, comme provenant de l’individu disséqué par Perrault, j’ai cru utile de reprendre l’étude de ces documents. Les principales objections qu’on faisait, sont en premier lieu que, les mesures données par Perrault diffèrent sur certains points de celles de la dossière, puis, que sa figure d’ensemble ne répondrait pas exactement à l’original. Pour le premier point, en examinant les choses de plus près, on voit que ces différences de mesures s’expliquent par l’état actuel de la pièce, privée de son plastron, ce qui modifie la hauteur, et par le mode suivi dans l’estimation de la largeur, les points d’où l’on peut partir variant suivant les méthodes adoptées. Quant h lafigure, elle n’est pas sans doute faite avec la correction qu’on apporte aujourd’hui à ces sortes de travaux, cependant dans son ensemble elle offre bien l’aspect général de la carapace que nous étudions aujourd’hui. Si Ton joint à cela quelle présente des accidents, des éraflures des écailles et quelques autres particularités individuelles, juste en des points où Perrault en signale de semblables, on ne peut douter de l’identification. Sans insister davantage sur celte étude de détails, développée longuement dans le travail, je pense être arrivé à démontrer que cette carapace, à tous égards, doit être

regardée comme celle de l’individu dont il est question dans le Mémoire sur la Tortue des Indes et a servi, avec quelques autres documents sans doute, pour le vélin d’Aubriet. Quant à ce qui est de VErpétologie générale , la chose n’a pas besoin d’être discutée.

Ces recherches sont de nature à faire ressortir l’importance de la conservation des types authentiques dans nos grandes collections.

40. — Remarques complementaires sur les Tortues gigantesques de Madagascar.

41. — Sur les reptiles provenant des fouilles exécutées par M. Grevé à Madagascar.

[Bull. Muséum Hist. m (., t. 1, p. 91. — Réunion du 29 mars 1898.)

Avec les débris d 'Æpyornis, à'Hippopolamus Lemerln, de Crocodilus robustus , M. A. Grandidiera trouvé à Étséréet Amboulintsatre, les restes de Tortues gigantesques, représentées par un nombre considérable de fragments de la boîte osseuse et quelques os des membres ; il les a fait connaître sommairement. Le rétablissement effectué par M. Stahl, sous ma direction, des carapaces presque entières, permet de se faire une idée fort exacte de ces animaux et confirme la présence de deux espèces : Tune à carapace épaisse et à plaques cornées saillantes, fortement striées, l’autre à carapace mince et à plaques cornées lisses. La première, la plus grande, n’ayant pas moins de 1",21 de longueur, est de forme orbiculaire, surbaissée; la seconde, au contraire, est plus élevée, les parois costales sont presque verticales. Une différence, qui n’est pas sans importance au point de vue des rapports à établir avec d’autres Chéloniens gigantesques, c’est, que pour l’une des espèces, la première vertèbre amphicyrtienne cervicale est au troisième rang, chez l’autre elle occupe le quatrième. On sait, d’après M. Günther, qu’en ayant égard à la position de cette vertèbre, on pourrait établir une différence entre les Chéloniens terrestres d’Aldabra et ceux des Mas-

careignes ou des Galapagos. A Madagascar on rencontrerait à la fois les deux dispositions.

La première espèce doit prendre le nom de Testudo Grandidieri Vaill., la seconde conservant celui de Testudo abrupta, qui lui avait été donné par M. Grandidier.

. Grevé, qui devait être une des premières victimes des Hovas à Madagascar lors de la conquête dernière, a, peu de temps avant sa lin malheureuse, envoyé au Muséum divers ossements provenant de fouilles, fort habilement conduites à Ankévo et Bélo, sur la côte occidentale de l’tle. On y remarque un humérus gauche du Testudo Grandidieri , long de 335 millimètres, qui est de beaucoup le plus grand que l’on connaisse à l’heure actuelle et indique l’existence d’individus d’une taille tout à fait gigantesque.

42. — Sur une Tortue terrestre despèce nouvelle, rapportée par M. Humblol, au Muséum dHistoire naturelle.

43. — Description d'une espèce nouvelle de Tortue terrestre rapportée par M. Humblot.

4Bull. Soc- philm. Paris, 7» série, t. IX, p. 118 ; 27 juin 1885.) ,

44. Description d'une Tortue terrestre despèce nouvelle (Testudo yniphora)

Nom. Anh. Mus. Hist. m t., 3* série, 1.1, p. 161, pl. XII à XV ; Paris, 1889.)

45. — Exemplaire du Testudo yniphora, Vaillant, rapporté de Madagascar par Gaimard.

(C. R. des séances Soc. philom. de Paris, 8' série, t. VU, p. 42 ; H mai 1895.)

Cette Tortue, dont le volume est celui d’une Tortue rayonnée de forte taille (M. Humblot en aurait vu des exemplaires de dimension

au moins double), appartient au groupe des Chersina, caractérisé par la présence d’une écaille gulaire simple ; c’était un individu mâle. La forme particulière du plastron, prolongé en une longue pointe recourbée en soc, d’où le nom de Testudo yniphora , ne permet de la confondre avec aucune autre espèce.

D’après les renseignements fournis par les matelots arabes, auxquels ces Tortues avaient été achetées, on avait pu croire qu’elles provenaient d’un Ilot situé vers le N.-N.-Ii. des Comores, dans la direction d’Aldabra.

Toutefois des renseignements reçus depuis parM. Grandidier rendaient plus probable que cette espèce se trouve sur la côte N.-O. de Madagascar, à Bali, lorsque, d’une manière inattendue, le fait s’est confirmé par l’étude d’un individu depuis longtemps déposé dans nos galeries et dont l’âge et sans doute le sexe avaient fait méconnaître la signification en tant qu’espèce.

Ce curieux exemplaire faisait partie des collections recueillies dans le voyage de l 'Astrolabe (1826-1829). Il est trèsjeune, caria dossière ne mesure pas plus de 16 centimètres de long, et n’a pâs encore pris les caractères si nets de l’animal adulte. Les auteurs de l'Erpétologie générale Vivaient assimilé au Testudo angulata , C. Duméril, du cap de Bonne-Espérance. Étant donné ce que nous connaissons aujourd’hui du Testudo yniphora, c’est à cette dernière espèce qu’il convient certainement de le rapporter. Ceci- ne permet plus de douter que ce Chélonien n’appartienne bien à la faune madécasse. Comme ce petit spécimen paraît être une femelle, on peut présumer que dans ce sexe l’éperon sternal est moins développé que chez le mâle.

46. — Noucelle espèce du genre Geoemyda (G. nuchalis) trouvée

au Ton/cin par S. A. le Prince Henri d’Orléans.

{Bull. Soc. philom. Paris, 8' série, t. VI, p. 68 ; 9 juin 1894.)

47. — Sur la signification taxinomique du genre Emys, C Dumérn

iAnn. Sc. mt., 7» série, t. XII, p. Si ; 189).)

Ce travail a pour but de rechercher quelle doit être l’acception réelle du genre Emys, créé par Constant Duméril en 1804, dans

son Traité élémentaire d'histoire naturelle et adopté par Brongniart, en 1803. Lorsque les auteurs ont subdivisé cette coupe générique, le terme Emys a été très formellement réservé pour les espèces avec plastron rigide, d'une seulepièce, on nepeutdonc, commel’ont fait plusieurs zoologistes modernes, à l’imitation de M. Strauch, l'appliquer à la Cistude d’Europe ( Testudo orbicularis, Linné), chez laquelle cette partie de ia carapace est divisée en deux battants mobiles. L’étude historique montre que le type du genre doit être 1 ’Emyspicta, Schœpff.

48. — Remarques sur les caractères qui peuvent permettre de-distille guer le Sternothærus nigricans, Lacêpède, du Sternothærus castaneus, Schweigger.

Les espèces de Tortues pleurodères appartenant au genre Sternothærus sont, de l’aveu de M. Boulenger, d’une distinction très difficile, cette note montre, que l’observation d'animaux vivants peut, dans certains cas, être alors d’un grand secours. Chez les deux Sternothères ici étudiés, la coloration de l’iris diffère notablement, celui-ci étant uniformément brun chez le Sternothærus nigricans , tandis qu’il a son bord pupillaire cerclé d'argent chez le S. castaneus. D’autres caractères fournis par l’éeaillure de la tète et du cou s’ajoutent à cette différence pour justifier la; distinction spécifique, non admise dans le Catalogue du British Muséum. Les caractères sont résumés sousformede tableau à la fin du travail.

49. — Note sur quelques Tortues pleurodères jeunes , provenant : : de l’Afrique occidentale.

(Bull. Soc. philom. Paris, S' série, t.ll, p. 171; 28 juin 1880.) î

Ces animaux ont été rapportés du Congo français par la Mission de l’Ouest africain. Ils appartiennent au moins à deux espèces du genre Sternothærus, mais, vu leur âge, la détermination précise en est impossible ; il y aurait intérêt à ce que les voyageurs s’effor-

cassent de recueillir des séries de tailles aussi variées que possible d’un même type, pour permettre de s’éclairer sur les changements que l'êge peut apporter et qui ne sont pas probablement sans importance.

.gO. Sur le genre Pïychogaster, Pomel.Chélonien fossile de Saint-

Gèrand-le-Puy.

(C. B. Acad. Se., t. XCVH.p. 1152; 19 novembre 1883.)

Le gisement de Saint-Gérand-le-Puy renferme une grande quantité d’ossements de divers Reptiles et en particulier de Tortues, dont une espèce, appartenant à la famille des Tesludinida, est particulièrement abondante. M. Alphonse Milne-Edwards en a rassemblé une nombreuse collection comprenant, avec plusieurs carapaces complètes, des os des membres, des vertèbres, particulièrement celles de la région cervicale, un crâne presque intact avec sa mâchoire inférieure, ce qui a permis de reconstituer un squelette à peu près entier de l’animal.

M. Pomel a créé pour elle le genre Ptyehogaster, basé sur la mobilité de la partie postérieure du plastron, articulé à la jonction des pièces hyosternales et hyposternales. L’examen des exemplaires si complets de la collection justifie cette manière de voir ; on reconnaît de plus, que cette mobilité devait être faible à peu près comme pour la tortue mauritanique ( Testuda pusilla Shaw.), car dans les Ptyehogaster, comme dans celle-ci, la suture articulaire osseuse ne se correspond pas exactement à la jonction des écailles cornées, ce qui a lieu lorsque le mouvement est étendu, comme chez les Cistudes et les Sternothères.

La disposition des vertèbres cervicales, parmi lesquelles la quatrième et la huitième sont amphicyrtiennes, la septième amphicœlienne avec les cinquième, sixième et septième articulations en ginglymes, donne pour cette espèce la composition articulaire connue chez le Cistudo orbicularis, Linné. La forme de la tête, la gracilité des os des membres, l’angle presque droit sous lequel se réunissent l’omoplate et l’acromion, enfin la présence de deux écailles sus-caudales rapprochent le genre Ptyehogaster des an-

ciennes Élodites cryptodères ; il doit être regardé comme un des passages entre les Cistudo et les Emys.

M. Pomel a admis plusieurs types spécifiques, mais l’étude de nombreuses carapaces montre que les variations signalées dans la forme de la première écaille vertébrale, la courbure et le rapport des diamètres de la dossière, doivent plutôtêtre considérées comme des variations individuelles et l’on ne devra admettre qu’une seule espèce, le Plychogaster emydoides, Pomel.

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