Du nom générique des Caïmans à plastron Osseux
[Bull. Soc. sool. France, t. XV11L, p. 2i7 ; U novembre 1893.)
52 *.—Le « Krocodile noir du Niger » des Collections du Muséum.
[Bull. Muséum Hist. ml., t. .111, p. 362, — Réunion du 21 décembre 1897.) -
53*. —Contribution à l'étude des Emydosauriens. Catalogue raisonné (fes Jacaretinga et Alligator delà Collection du Muséum.
Ces notes et ce mémoire sont relatifs h des études de collection, ayant pour but principal la recherche des types vus par les auteurs et d’en établir d’une façon certaine et durable l’existence dans nos galeries.
Dans ce dernier travail, une première partie renferme des considérations sur la classification générale des Emvdosauria ou Crocodiliens. Les vues de M. Zittel sur ce groupe, inspirées des classifications d’Owen, d’Huxley, surtout de Gray, y sont exposées et résumées dans un tableau destiné à faire saisir l’importance des différents groupes. Mais, d'accord en cela avec Strauch et M. Boulenger, j’ai cru devoir ramener les divisons à Une plus grande simplicité en n’admettant qu’une famille unique, pour les espèces actuelles, laquelle renfermerait cinq genres. Les deux premiers d’entre eux Jacaretinga et Alligator sont seuls étudiés dans ce travail. Le premier renfermerait cinq espèces, le second, deux.
On sait combien les travaux de Cuvier ont jeté de jours sur la connaissance des Crocodiles et que,le premier, il est arrivé à définir nettement la plupart des types spécifiques. J’ai pu retrouver presque tous les individus types qui ont servi à ses descriptions, il en est de même pour ceux vus par Duméril et Bibron, lorsqu’ils publièrent leur Erpétologie générale. Enfin un examen attentif des textes m’a permis de retrouver sur quel exemplaire Adanson avait établi son Iirocodile noir, c’est un Jacaretinga irigonatm, et aussi celui d’après lequel Daudin avait décrit sôn Crocodilus laliroslris. Tous ces exemplaires, aujourd’hui pourvus de numéros individuels, d’après le système introduit dans le laboratoire en 1863 par Auguste Duméril, pourront être facilement retrouvés sans donner lieu à aucune confusion.
L’examen d’un crâne d 'Alligator sinehsis, figuré dans le travail, a attiré mon attention sur une disposition anatomique qui peut avoir son importance pour la distinction des sexes d’après l’examen du squelette. La portion ptérygo-palatine des cavités olfactives s’y dilate en ampoule d'une façon notable. J’ai observé cette même disposition sur deux crânes du Crocodilus porosus et sur un crâne de Gavialis Gangeticus. Dans cette dernière espèce, la comparaison de deux têtes, l’une d’un mâle, l’autre d’une femelle, pièces appartenant au Muséum des sciences de Cambridge, m'a montré que la dilatation ampulliforme n’existait que chez le premier. Ce serait donc un caractère du mâle.
5-i. — Sur le Crocodile fossile d'Amboulintsalre (Madagascar).
(En collaboration avec M. Alfred Grandidier.)
' , (Ç. fi. Acad. 8c., t. LXXV, p. «0; 1S juillet 1872.)
38. — Remarques sur le Crocodilus robustus, Vaill. et Grand., de Madagascar.
•jjj A (C. fi. Acad. Sc., t. XCVU, p. 1081 ; 12 novembre 1883.)
Les ossements de ce Crocodile ont été rapportés par M. A. Grandidier. Ils ont été signalés pour la première fois dans une note
présentée à l’Académie des sciences le 14 décembre 1868 par ce naturaliste. Avec eux se trouvaient des débris d’Æpyornis, d’Hippopotame et de Tortues gigantesques (n° 40).
Les pièces sont assez nombreuses et plusieurs d’entre elles permettent d’arriver à une détermination aussi approchée que possible. C’était un animal de grande taille et excessivement robuste, appartenant très certainement au genre des Crocodiles proprement dits ; la formule dentaire “ —j|, la présence d’une gouttière latéromaxillaire pour recevoir la quatrième dent inférieure, justifient ce rapprochement ; toutefois l’intermaxillaire ne présente pas de perforation pour le passage de la première dent inférieure, et même la fossette, qui reçoit celle-ci, est peu profonde ; le museau était court, élargi.
Une première déduction à tirer de cet examen fut que cet animal diffère du Crocodilus madagascaricnsis , Grand., remarquable au contraire par la gracilité et l’élongation de son museau. En second lieu, si l’on cherche les Crocodiles actuels avec lesquels il offre le plus de rapports, on trouve qu’il a surtout des analogies avec le Crocodilus /laluslris , Lesson, des Indes, comme il en diffère par plusieurs caractères, nous lui avons imposé le nom spécifique de Crocodilus robustus.
La présence simultanée dans ce gisement de deux espèces perdues YÆpyornis maximus , et Y Ilippopotamus Lemerlii, avaient induit à penser que le Crocodilus robustus devait être également éteint, les recherches de M. Humblot dans les grands lacs de l’intérieur de 111e, ont démontré qu’il n’en est pas ainsi. Plusieurs dépouilles de ce Reptile ont été rapportées par ce zélé voyageur, dont l’une, mesurant environ 6 mètres, a été déposée dans les galeries du Muséum ; on aurait vu des individus encore plus gigantesques.
L’examen de ces dernières pièces confirme de tous points les conclusions déduites de l’étude des débris d’Amboulintsatre quant à la légitimité de la distinction spécifique et aux rapports avec le Crocodilus palus Iris.
36. — Sur les Crocodiliens fossiles de Saint-Gérand-le-Puy, (C. R. Acad. Sc., t. LXX1V, p. 872; 2o mars 1872.)
57. — Étude zoologique sur les Crocodiliens fossiles tertiaires de Saint-Gèrand-le-Puy.
(Am. Sc. géologiques, 1.111, art. n° 1 ; 1872.)
Ce travail a pour objet de faire connaître les espèces de Crocodiliens, auxquelles se rapportent les nombreux débris que l’on rencontre dans les dépôts tertiaires de Saint-Gérand-le-Puy.
Plusieurs naturalistes, Geoffroy Saint-Hilaire (1835), M. Pomel (1846-1847-1853), entres autres, avaient déjà signalé dans ces couches les restes de Crododiles ; ce dernier même, dans son Catalogue méthodique et descriptif des Vertébrés fossiles, découverts dans le bassin hydrographique supérieur de la Loire, donne les caractères sommaires d’une espèce, pour laquelle il a fondé le genre Diplocynodon. Ces travaux, dont le plus complet n’est qu’iin simple prodrome, étaient loin de suffire pour des déterminations exactes. Les riches matériaux rassemblés par M. Alphonse Milne-Edwards m’ont permis d’étudier plus complètement la question.
Un premier point était de dresser le catalogue des espèces auxquelles on devait comparer les Crocodiles de Saint-Gérand. Ces derniers appartenant à la section des Procœliens, on peut laisser de côté les Crocodiliens de la craie ou plus anciens, d’autre part la conformation générale de leur tète les éloignant des espèces actuelles, il n’y a à considérer que les animaux tertiaires et quaternaires. Cette révision faite avec le plus de soin possible, non seulement en vue du travail actuel, mais dans l’espérance d’être utile aux zoologistes qui entreprendraient des recherches analogues, comprend quarante-neuf espèces appartenant à différents genres ; on devrait les réduire à quatorze ou quinze, en déduisant les doubles emplois, dus à la présence d’un même animal dans deux genres ou sous deux noms différents, et surtout en supprimant les espèces nominales établies d’après des matériaux insuffisants. Sur ce nombre, en n’ayant pas non plus égard aux espèces appartenant aux genres Gavialis, Plerodon et Pristkhampsus, dans lesquels les Crocodiles de Saint-Gérand-le-Puy ne peuvent être placés, comme le prouve l’exa-
men le plus sommaire, il n’en reste que six assez voisines pour qu’il soit nécessaire d’établir une diagnose différentielle.
On peut admettre le genre Diplocynodon, Pomel, qui, cependant n’est sans doute qu’une simple section des Crocodiles proprement dits, mais utile à conserver au point de vue paléontologique, les différentes espèces qu’il renferme paraissant se trouver dans des niveaux très rapprochés. Son caractère distinctif est de même ordre que celui admis pour différencier les Crocodiles dés Caïmans. Contrairement à ce qu’on connaît dans ces deux genres, la troisième dent inférieure ou mandibulaire est notablement développée, d’un volume presque égal à celui de la quatrième, elles sont ou non logées dans une échancrure latérale de la mâchoire supérieure.
La première espèce, le Diplocynodon gracile, n. sp., se distingue, comme son nom l’indique, par ses proportions grêles et la formule dentaire H les troisième et quatrième dents de la mâchoire inférieure passent dans une gouttière de la mâchoire supérieure. La seconde, assimilée au Diplocynodon Ratelli , Pomel, est au contraire remarquable par les saillies et les rugosités des os crâniens, la force de ses mâchoires et ses troisième et quatrième dents reçues chacune dans des fossettes spéciales ; la formule des dents donne M -m - celles de la mâchoire inférieure sont placées en dedans des supérieures et non entre elles lors du rapprochement des mandibules, contrairement à ce qui a lieu chez le Diplocynodon gracile. La troisième espèce appartient aux Crocodiles proprement dits, c’est le Crocodilus æduicus, n. sp.;' la quatrième dent, seule très développée, s’engage dans une simple gouttière latérale ; la formule dentaire n’est que $ - jf. Ces quelques mots suffisent pour indiquer les principales différences entre ces espèces; leurs caractères sont d’ailleurs exposés en détail, avec figures, dans le travail ici analysé; il en est de même pour les distinctions à établir entre ces Crocodiliens de Saint-Gérand et les fossiles analogues de différentes contrées.
L’abondance des pièces a permis d’étudier d’uiîe manière toute spéciale différentes particularités anatomiques des parties osseuses. Dans la diagnose de son genre Diplocynodon , M. Pomel avance que l’intermaxillaire chez ces animaux porte «six dents, dont la seconde et la cinquième sont les plus grosses et la sixième la plus petite ».
Le fait serait d’autant plus extraordinaire que chez tous les Crocodiliens, tant vivants que fossiles, cet os n’en porte que cinq. L’examen d'un grand nombre d’intermaxillaires provenant des deux espèces de Diplocynodon montre que c’est là une erreur dont on peut s’expliquer l’origine. Sur certains fragments, en effet, lafossette de réception pour la première dent inférieure est non seulement très profonde, mais encore, au lieu de se trouver en arrière de la série dentaire, se place, surtout chez le Diplocynodon gracile, au niveau des autres dents; on comprend qu’il soit dans ce cas possible de la prendre pour une alvéole ; cependant, sur des échantillons convenablement nettoyés, la forme en dôme du fond de la cavité empêche toute confusion.
Avec un squelette entier du Diplocynodon gracile, qui a servi dè type pour cette espèce, avaient été trouvées un grand nombre d'écailles dermiques provenant de ce même individu. L’étude de ces organes, a été ordinairement négligée par les zoologistes, quoique, dans ces derniers temps, quelques-uns, Huxley en particulier, aient donné sur ce point de précieux renseignements. Le Crocodilien de Saint-Gérand présente six formes distinctes d’éeailles, ou plutôt cinq, puisque deux sortes de ces pièces, en se réunissant deux à deux, constituaient des écailles composées ventrales. 11 possédait : des écussons cervicaux, réunis probablement en un bouclier; des écussons dorsaux de deux variétés; des écussons arrondis, sans doute de la nuque ou des flancs ; des écussons composés ventraux ; enfin de petites pièces, qui devaient se trouver au centre d’écailles imparfaitement ossifiées. La remarque la plus importante à faire sur ces diverses parties est que les écussons dorsaux et ventraux, présentant sur leur partie extérieure une facette de glissement à l’un des bords, se recouvraient en s’imbriquant, comme on l’observe encore dans les espèces des groupes Caïman et Jacaretinga, tandis que chez les Crocodilus, les Gavialis, ces pièces sont simplement placées les unes à côté des autres.
La facette de glissement est au bord antérieur pour les écailles dorsales, au bord postérieur pour les écailles ventrales. Cette dernière remarque est ici rectificative, car dans le mémoire j’avais admis, avec les auteurs, que la facette de glissement était antérieure chez les unes comme chez les autres écailles osseuses. L’exa-
men du bouclier ventral AesJacaretinga actuels prouve le contraire, comme je l’ai depuis montré dans mes cours.
De cette étude peut se tirer la conclusion, qu’à l’époque du dépôt de ces ossements à Saint-Gérand-le-Puy existaient trois espèces de Crocodiles, intermédiaires par leurs caractères aux Crocodiles, aux Caïmans et aux Jacarés, une d’entre elles plus voisine, par la disposition de son armure dermique, de ces derniers, qui sont des Reptiles exclusivement américains à l’époque actuelle.
58. — Description d’une espèce nouvelle de Chamæleon de Madagascar (En collaboration avec M Alfred Grandidier.)
(Bull. Soc. philom. Paris, T* série, t. IV, p. 148 ; SI avril 1880.)
Chamæleo furcifer, voisin des Chamæleo bifurcus , Brong. et G. minor, Günt., se distingue par un prolongement nasal bifide à l’extrémité, simple à la base.
. Pour indiquer plus clairement la position de cette espèce dans le genre, qui n’en comprenait pas moins d’une cinquantaine déjà, un tableau emprunté au cours fait au Muséum dans l’année scolaire 1879-4880, se trouve reproduit dans cette note :
Le Chamæleo furcifer appartient à l’avant dernière section.