‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 5 sur 10 · II. — Alpes de Glabis · texte numérisé non relu

II. — Alpes de Glabis

En étudiant l’important ouvrage de M. Heim sur les Alpes de Glaris et sur le mécanisme de la formation des montagnes, j’ai été frappé de l’analogie que présentaient les coupes de M. Heim avec celles du bassin houiller franco-belge, tefles que les a données M. Gosselet. Cette analogie était restée inaperçue, surtout à cause des différences de langage employé, tout d’un côté étant expliqué par des failles et tout de l’autre par des plis ou des étirements.

En suivant le rapprochement dans toutes ses conséquences, on est amené à concevoir la possibilité de grouper autour d’une hypothèse

nouvelle les principales anomalies de la géologie dé la Suisse [8] : des Alpes de Glaris aux Alpes de Savoie, les terrains des sommets do la chaîne seraient descendus sur ses versants, formant une nappe de recouvrement continue, de plus de 3o k “ de largeur. Si l’on veut parler de plis, c’est l’hypothèse d’un pli unique substituée à celle du double pli de M. Heim, ce pli central formant comme un dais immense audessus de ceux de la bordure. La dénudation a ensuite plus ou moins entamé et fait disparaître la nappe de recouvrement : tantôt le substratum, composé de terrains plus récents, est mis au jour par des trouées locales et limitées: tantôt il est entièrement découvert, et l’ancien manteau superposé n’a laissé que des témoins isolés, ou même seulement des blocs épars à la surface du sol [41].

Dix ans plus tard, M. Schardt a été amené de son côté à une hypothèse semblable; on commence seulement aujourd’hui à essayer de la préciser ou de la combattre par des arguments et des observations de détail. Quel qu’en doive être le résultat, l’hypothèse aura été utile en appelant l’attention sur le rôle important et général des déplacements horizontaux, et elle m’a aidé à reconnaître la trace de phénomènes semblables dans une province française où rien ne les laissait soupçonner.

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