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MALADIES DES VÉGÉTAUX CAUSÉES PAR DES CRYPTOGAMES

Urédinées.

Les Urédinées constituent ce qu’on appelle les rouilles; elles sont tort nombreuses en espèces, dont quelques-unes constituent un véritable fléau pour l’agriculture. Plusieurs d’entre elles présentent une alternance de générations.

a. — Cette alternance était encore révoquée en doute il y a une dizaine d’années. M. Cornu a fait un certain nombre d’expériences sur ce sujet à l’aide des Podisoma du genévrier Sabine qui détermine la rouille du Poirier, le Rœstelia cancellata (85) ; il a étudié l’un des Podisoma du genévrier commun et du genévrier oxycèdre (P. damriæforme), et il a pu produire la rouille de l’épine blanche, le R. lacerata (ÿl, 102) et déterminer même une forme spéciale de ce Rœstelia.

b. — Les Malvacées sont attaquées, depuis l’année 1873, par une maladie nouvelle causée par une ürédinée ; le Puccinia Malvacearum .Mont. M. Cornu signala le premier en Europe cette affection comme non mentionnée dans les Urédinées de M. Tulasne, et donna quelques détails sur ce parasite ; il présenta h la Société des Malvacées malades qui lui avaient été envoyées du Muséum par M^ Decaisne il cause de cette affection ; il en

avait déjà recueilli de semblables à Montpellier (n- 31 ; la note a été rédigée, non par l’auteur, mais par le secrétariat). On ne tarda pas à trouver cette maladie sur d’autres points de la France {Bull. Soc. bot ., 1873, p. 187), puis elle a envahi l’Europe; ultérieurement M. Durieu üt voir qu’elle est originaire du Chili.

Comment a-t-elle pu nous parvenir? L’auteur le montre par des expériences. Elle peut être semée et se reproduire sans alternance do générations (n" 54) après neuf jours ; un seul pied malade, une branche portant le parasite, a pu l’introduire en Europe.

üsHiagmées.

Les Ustilaginées sont des parasites connus sous le nom générique de charbons.

Répandus dans toute la plante, ils remplissent d’une poussière noire ou brune tout l’ovaire, comme la carie du blé ou celle de VAstragalm glyeyphyllos (Thecaphora affiné) (104) ou les anthères qu’il rend ainsi stériles.

Une curieuse modification est déterminée par YUstilago antherarum sarhLychnis dioica, qui devient hermaphrodite, et dont l’ovaire, quoiqu’un peu modifié de forme, se remplit de graines fertiles (3).

M. Cornu a retrouvé dans plusieurs localités le curieux üstilago hypogœa Tul., parasite sur les racines du Linaria spuria, qu’il tuméfie de façons diverses (74 bis).

Péronosporées.

Les Péronosporées sont des parasites redoutables pour nos cultures; l’un d’eux est la cause de la terrible maladie des pommes do terre vis-à-vis de laquelle l’agriculture est encore désarmée.

M. Cornu a étudié spécialement la maladie des Laitues, nommée le Meunier {P. gangliformis) qui dévaste les cultures maraîchères (110).

Il a donné l’énumération des Péronosporées de France (104), qui n’avait pas été faite encore, et a indiqué une série de mesures (111) à prendre

pour meltre les cultures à l’abri de la dissémination et du développement des spores de ces hôtes dangereux.

L’une de nos plantes les plus vulgaires, XErigeron canademe, est entravée dans sa multiplication (2,8,9) par une Péronosporée que l’auteur a découverte et décrite en collaboration avec M. Roze, et pour laquelle ils ont établi un genre nouveau Basiâiophora. Cette espèce est munie de zoospores.

En plusieurs points de ses notes, dès 1873, M. Cornu a insisté sur les craintes que doit inspirer l’introduction du redoutable Peronospura vüicota.

Un Peronospora nouveau attaque les Fraisiers sauvages P. Fragariœ Roze et Cornu (77).

Chytridinées.

I.es Synchylrium, parasites sans mycélium et pourvus de zoosporanges vivement colorés, sont des espèces très-curieuses et tout nouvellement étudiées [il a déjà été question plus haut (III), de plusieurs Chytridinées non parasites sur des Phanérogames vivantes].

L’auteur signale l’abondance du .S. Slellariæ, parasite sur le Mouron des oiseaux (Siellaria media) (17), qu’il rend stérile ; il décrit dans cette coraniunicatioii une espèce nouvelle, S. Alismatii; il indique en outre (95) d’autres espèces, notamment le parasite du Pissenlit (S. Taraxaci) comme fréquent dans nos montagnes.

Ascomycètes,

Chez les Ascomycètes, des groupes spéciaux, parfois des genres isolés sont parasites sur les plantes vivantes.

a. — Le Rhytisma acerimm produit des taches spéciales sur les feuilles des Érables. M. Cornu a montré (107) que ce parasite pénètre localement, qu’il est annuel et doit être semé chaque année ; il conclut, pour cette espèce et pour \e,Polystigma des Pruniers, à l’enlèvement des feuilles lors de leur chute.

b. — l-ii niiitadie des grappes observee dans le Narbonnais n’est pas due à la rosée ; l’auteur montre qu’elle est déterminée par un champignon parasite voisin des Stigmitea;(\\i\ a deux modes de reproduction, le Phoma lœieola Berk. et Curt. (87), et qui produit des effets désastreux (98); c’est probablement l’antliracnose décrite déjà par Dunal. Un autre champignon observé à Êlampes, également sur les raisins (90), est le Cladosporhtm mticolum, espèce beaucoup moins nuisible ; plusieurs espèces semblables attaquent diverses plantes indigènes.

c. — Les Pêchers sont atteints souvent, sous notre climat, d’une maladie grave, la cloque: produite par \Exoascus deformam ; M. Cornu a signalé l’apparition, près de Paris, en 1878, de \’E. Pruni, très-rare dans notre région (95) ; il a indiqué une affection semblable, assez rare également, sur les Poiriers [Taphnm bullata) et divers Exoascus et Taphrina de France (88).

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