PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
Etildes sur le protoplasma.
La formation et le cheminement de l’amidon et du sucre dans les végétaux ont soulevé de grandes discussions dans le sein de l’Académie des sciences il y a trois années.
On sait que les substances colloïdes ne traversent pas les membranes endosmotiques ; comment s’accumulent donc les substances atbnminoïdes dans les organes jeunes et dans les graines ; la fécondation chez les Phanérogames, qui s’exerce à travers la membrane du tube pollinique, est mise en question. M. Cornu a montré par un exemple très-simple (92) le cheminement direct du protoplasma à travers cinq ou six cloisons pour aller se concentrer en un point (1) ; cette concentration était un phénomène d’activité interne non lié à un phénomène végétatif ; l’exemple est puisé chez les Cryptogames où on en trouve d’ailleurs un certain nombre d’autres semblables.
La déhiscence des organes où se développent les corps agiles fécondateurs ou reproducteurs des Cryptogames (anthérozoïdes du zoospores) s’opère en vertu de causes inconnues.
La sortie des zoospores des Algues, le matin au lever du soleil ou dans la journée quand le ciel d’abord sombre s’éclaircit, était restée inexplicable. M. Cornu a montré (91) que toute cause donnant au proloplasnia un surcroît de vitalité (oxygène ou chaleur), favorise la sortie des corps agiles ; pour les Algues, le soleil à l’aide de la chlorophylle fournit un surcroît d’oxygène.
Fécondation.
Les Algues zoosporées présentent deux modes de reproduction : l’un asexué (zoospores), l’autre sexué qui par des procédés divers de fécondation aboutit à la formation de spores dormantes.
Dans une espèce nouvelle à’ülothrix émettant ses zoospores par gélification de la membrane générale, M. Cornu a observé un mode de fécondation très-spécial (51). Le contenude chaque cellule au lieu de s’organiser en deux zoospores se sépare en deux masses qui se réunissent ensuite pour former une spore unique, véritable oospore ; le Spirogyra mîVaW&présente le même fait (Petit, Observation inédite.)
L’auteur passe ensuite en revue les différents modes de fécondation des Algues et montre l’anthérozoïde et la gonosphérie tantôt très-différenciés et tantôt très-semblables, mobiles ou immobiles ; ils sont d’ordinaire séparés : dans les Rhynchonema, une cellule en apparence semblable à la suivante se conjugue avec elle : ici il y a une simplification de plus, la cloison qui sépare les deux cellules du Rhynchonema ne s’est pas formée dans l’f7Wn>, c’est le terme le plus simple possible de la série. La fécondation est masquée par la simplicité des moyens employés pour l’assurer.
Vitalité des spores.
Les spores des Algues perdent rapidement leurs propriétés germinatives quand elles ne sont pas conservées dans le sol à l’abri de l’air ou au moins garanties de l’action de la lumière.
Des spores de Sphæropka amulina, aliaohées par la dessiecalion aux parois d’un vase abandonné sur une fenêtre, n’avaient pas, après une année (53). perdu leurs propriétés germinatives ; elles possèdent une vitalité remarquable.
L’auteur les a vu germer encore les années suivantes.
Les spores des Equisétaoées et des Fougères germent aisément sur l’eau et à cet état elles, peuvent demeurer sans cesser de vivre pendant de longs mois même dans une demi-obscurité (12). Les spores qui perdent par la dessiccation leurs propriétés germinatives peuvent peut-être se conserver ainsi et être disséminées au loin sous cet état par les eaux.
Dans l’eau, les prothalles peuvent (91) se développer et donner des anthéridies.
Nutrition.
La manière dont les substances nutritives pénètrent dans les plantes est encore pleine d’obscurité : les expériences à l’aide des matières colorantes ont donné des résultats divers aux différents physiologistes.
MM. Mer et Cornu (100) ont montré en s’appuyant sur l’étude des matières colorantes que certaines matières absorbées sont fixées sur la membrane ; que de là elles se répandent dans les plantes ; que le plasma vivant peut se colorer et qu’il absorbe aussi ; que les parties épaisses internes se teintent vivement et que la matière colorante y est parvenue sans laisser trace de son passage.
Ils ont montré que ces substances sont, les unes inoffensives à haute dose et paraissent ne pas passer dans les plantes ; d’autres, au contraire, qui sont très-nuisibles, même à faible dose, sont celles qui y pénètrent ; qu’il faut distinguer le cas où la racine est entièrede celui où elle est sectionnée et qu’on a des résultats différents dans les deux cas. Les substances qui ne pénètrent pas dans la plante entière sont justement celles qui traversent rapidement lès organes sectionnés, contrairement aux autres qui n’y cheminent que lentement et li courte distance.
Ce classement préalable des substances en deux groupes est dû à M. Cornu (109) ; il a permis d’établir une distinction entre deux catégories do phénomènes qui paraissaient contradictoires.
Certaines substances se fixent sur les parois lignifiées ou épaissies, les autres ne s’y accumulent pas, mais se déposent sur le protoplasma : c’est l’état physique de la paroi et non la nature morphologique de l’organe quiintervientdans cette-fixatiou : celadonne aux phénomènes d’imbibition une importance plus grande encore dans la théorie de la nutrition et définit plus clairement le mode d’action dos parois cellulaires.
Physiologie des racines.
Un certain nombre des faits étudiés dans la destruction des renflements radicellaires de la vigne attaquée par le phylloxéra sont du domaine de la physiologie, il en est de même des méthodes employées pour les observations et les traitements ; les, notes relatives à ces points divers ne sont mentionnées ici que pour mémoire.
Effet physiologique du froid sur les plantes.
Les plqntes sont souvent attaquées par des parasites divers dans les automnes pluvieux et doux ; M. Cornu a montré qu’elles sont débarrassées de leurs parasites par la gelée qui frappe de mort les parties malades (50) en respectant les autres ; c’est à cette cause qu’il faut sans doute attribuer en grande partie ce fait reconnu par les praticiens, que les gelées sont favorables à l’agriculture.
Il a mis à profit cet effet salutaire dans la série des traitements proposés contre le Péronosporées (Hf) et une remarque semblable sur l’effet du repiquage.