‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 8 sur 16 · ANATOMIE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

ANATOMIE VÉGÉTALE

Type nouveau de tiges anomales.

La structure de la tige chez les dicotylédones présente un certain nombre de variations ; les Crassulacées, plantes spéciales comme aspect et désignées souvent sous le nom de planter grasses, ont été à ce point de vue étudiées par plusieurs anatomistes : une particularité importante leur a cependant échappé.

M. Cornu a découvert, chez certains Sempervwum exotiques, dans l’écorce des tiges florifères (H3), des corps ligneux supplémentaires ayant la structure de la tige elle-même et parfois réunis au nombre d’une centaine. Dans certains Greenovia on rencontre en outre des corps ligneux médullaires.

Celte structure constitue un type nouveau et ne se présente, non à la base, mais au sommet seulement des tiges florifères ; elle est sans doute destinée à assurer la solidité de ces tiges, relativement grêles, couronnées de lourdes rosettes et d’inflorescences chargées de nombreuses fleurs.

Des photographies représentant des sections grossies de ces tiges ont été mises sous les yeux de l’Académie des sciences.

Sur les caractères spécifiques des organes.

La structure anatomique ne dévoile pas forcément les soudures des organes (81) : celte soudure s’opère enire des parties extrêmement jeunes, et le développement ultérieur peut modifier les rapports réciproques de ces parties. L'axe qui supporte l’inflorescence du Tilleul, et celui du Chailleüa-wAés, chacun à un organe appendiculaire, celui des Borraginées et des Solanées beaucoup plus complexe encore et sur la nature desquels il n’y a aucun doute possible, permettent déjuger la question.

M. Ducharlre, dans la même séance de la Société botanique, a cité un cas très-simple où la soudure de deux axes n’était pas reconnaissable anatomiquement.

Lésions anatomiques produites dans lanthracnose.

Le Champignon redoutable qui est la cause de l’anthracnose [Phoma uvkola) détermine des lésions assez diverses sur la vigne : M. Cornu en a fait line étude générale (98).

Le début de ces lésions est la mort locale de la région occupée par le parasite, région qui est toujours herbacée au début.

Sur les tissus qui demeurent dans cet état, il s’étend de proche en proche, parfois limité par une couche depériderme cicatriciel.

Sur les régions en rapport avec des tissus générateurs, il est la cause de perforations considérables, conséquence partielle des tractions provenant do l’accroissement.

Malgré la diversité des effets,.tous les cas peuvent se ramener à ces deux types d’altération.

Altérations des organes des plantes sous r influence des anguillules.

Certaines anguillules parasites déterminent des nodosités spéciales sur les organes radicellaires des plantes : ces petits êtres se glissent dans les méats intercellulaires ou dans la cavité des vaisseaux et sont la cause de modifications considérables et d’hypertrophies très-volumineuses; l’or-

gane très-affaibli finit par périr. L'auteur a donné l’anatomie de ces nodosités et des explications accompagnées de figures, dans sou troisième mémoire sur le phylloxéra (n° 96, p. -153; pl. IX et XVI).

On trouvera au même endroit des détails sur la structure anatomique des tubercules radicaux des Légumineuses qui, d’après les travaux de M. Woronine, sont dus à des organismes parasites intra-cellulaires.

Ces recherches auraient pu être publiées dans un mémoire à pari ; l’auteur a pensé qu’il valait mieux les réunir aux autres affections des

Altérations des organes de la vigne sons l’influence du phylloxéra.

(N- 26, 28, 32,39, 40, 41, 43, 44, 63, 67, 68, et 96, f partie, 16 planches.)

L’auletir a étudié ce sujet pendant six années; les altérations peuvent se diviser en deux groupes : elles sont en rapport : 1“ avec un tissu générateur (cambium ou périderme)-; 2° avec un tissu en voie d’élongation.

Dans le premier cas, il y a hypertrophie au niveau de l’insecte; dans le second cas, il y a arrêt de développement à ce niveau, courbure et renflement de l’organe autour du parasite (renflements, galles de tiges, de feuilles, de pétioles).

M. Cornu formule même une théorie générale des galles basée sur des principes semblables.

Il a suivi le développement des renflements radicellaires, depuis leur formation jusqu’à leur mort, sur les mêmes radicelles : il en a donné de nombreuses figures.

Quant à l’altération anatomique, il établit, par le premier développement des renflements, la prépondérance des causes mécaniques de déformation : la dilatation des éléments précède leur segmentation ; cette segmentation se produit dans un ordre déterminé.

La mort du renflement est le résultat de l’exfoliation normale de l’écorce primaire de la radicelle, exfoliation s’exerçant dans un organe modifié par l’action de l’insecte.

La dénomination exacte dos diverses parties de ces recherches est assez, difficile, une partie descriptive serait de l’organographie, si la slructuro anatomique n’y intervenait sans cesse.

Cetlo question est d’abord du ressort de l’anatomie pure ; puis la destruction des radicelles exige l’étude du fonctionnement de l’organe, et la solution devient une question de physiologie intimement mêlée à la première.

Il est impossible d’analyser ici, même brièvement, les nombreases notes publiées par l’auteur sur ce sujet et la première partie de son mémoire où cette anatomie est traitée avec détail : la table des matières de celte première partie donnera un aperçu général de l’ensemble.

Page 1