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IV. — Genèse des granités et des gneiss

La genèse des granités et des gneiss soulève un grand nombre de questions à la fois stratigrapbiques et pétrographiques. L’étude des massifs granitiques du Plateau central, et notamment du Charollais et du Beaujolais, avait démontré que, le plus souvent, ces massifs apparaissent au Jour par érosion, au centre des principaux anticlinaux. Quand la denuuauon a ete intense, on voit les granités injecter, lit par lit, les gneiss et les micaschistes voisins; dès 1877, M. Michel- Lévy a appelé l’attention sur ces gneiss granitiques et granulitiques, et ses idées, d’abord combattues par une partie de l’École allemande, paraissent recevoir des confirmations et des adhésions de plus en plus nombreuses.

11 a, en outre, montré que le mécanisme de production de ces roches hybrides est en tout conforme à celui des schistes de tout âge, feldspathisés au contact des dykes de granité. Seulement, lorsque ces dykes s’élèvent, traversent les couches successives de l’écorce terrestre et ne sont pas décapés très profondément, la zone des schistes feldspathisés diminue d’épaisseur et fait place à celle des schistes micacés, en tout analogues aux micaschistes.

L’étude des schistes précambriens de Saint-Léon et de l’Auvergne, siluriens et dévoniens de Flamanville a permis de préciser le mécanisme de production des gneiss, micaschistes, leptynites, pyroxénites, amphibolites et éclogites, aux dépens des schistes, grès, marnes et calcaires de tous âges. En même temps le granité de contact subit d’intéressantes modifications endomorphes, se chargeant, par exemple, de pyroxène et d’amphibole au contact des strates basiques; car il se fait sa place par dissolution lente de ses alentours et l’exemple de Flamanville démontre qu’il dérange fort peu les strates voisines malgré les formes souvent arrondies de ses massifs.

Dès lors, le lien paraît trouvé entre le métamorphisme de contact et le métamorphisme général : le granité apporte avec lui sa température et ses minéralisateurs sous pression. Dans les zones profondes où le métamorpbi,sme général étend son action, la température doit être voisine de celle où les magmas granitiques sont susceptibles de se ramollir; les granités et les gneiss granitiques prennent naissance simultanément aux dépens des strates exposées à cette température et aux minéralisateurs convenables.

Ces idées reçoivent actuellement une précieuse confirmation, tant en Bretagne que dans les Pyrénées, grâce aux études de MM. Barrois

En résumé, M. Michel-Lévy a cherché à démontrer que le métamorphisme de contact donne la clef des phénomènes de transformation dus au métamorphisme général etqu’il explique la genèse des roches cristallophyllienues aux dépens de dépôts élastiques d’âges divers. Dans certaines régions, les dépôts stratifiés prennent une telle épaisseur que leur base dépasse la zone-de profondeur correspondant à la température de fusion hydrothermique des magmas granitiques. Dès lors il doit y avoir remise en mouvement de la partie inférieure de ces strates per ascensum. C’est l’idée opposée à celle de Cordierqui supposait au refroidissement terrestre une évolution sulfisamment rapide pour produire constamment des consolidations durables per descensum.

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