MONOGRAPHIES
51 . Recherches historiques, zoologiques, anatomiques et paléontologiques sur la Girafe.
Ce travail a été présenté, le Î5 août 1845, à l'Institut de France. Il a été imprimé en entier dans les Mémoires de la Société d’histoire naturelle de Strasbourg (1 vol. in-4» de 124 pag., avec U pl. lithog. par M. N. Joly).
Raconter l’histoire monumentale et littéraire de la Girafe, décrire sa conformation
tant extérieure qu’intérieure; faire connaitreses mœurs et ses affinités zoologiques ;
enfin dire quelques mots des espèces de Girafes aujourd’hui perdues, tel est le but
que se sont proposé les auteurs de ce travail, tel est le cadre qu’ils se sont tracé (4).
Sur la manière dont ce cadre a été rempli, voir le rapport de M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Compt. rend, de l’Acad. des Sciences de Paris, séance du 13 octobre
De ce rapport, je me bornerai à transcrire le passage suivant :
« Nous citerons surtout comme dignes d’éloges, les recherches de MM. Joly et Lavocat sur un système d’organes jusqu’alors à peine. étudiés chez la Girafe, les ligaments, et surtout leur travail sur les muscles qui donnerait h lui seul un très grand prix à l’ouvrage que nous analysons. Non seulement les muscles sont décrits avec soin, mais ils sont partout comparés à leurs analogues chez le Cheval et chez les Ruminants domestiques, en sorte que, soit pour la précision des résultats, soit pour la méthode suivie, la partie myologique de l’ouvrage de MM. Joly et Lavocat peut être mise à côté des meilleurs travaux que la science possède en ce.genre. »
52 . Éludes sur les mœurs, le développement et les métamorphoses d’une petite Salicoque d’eau douce (CaridinaDesmaresth, Nobis), suivies de quelques réflexions sur les métamorphoses des Crustacés décapodes en général.
Crustacés décapodes subissent de vraies métamorphoses, eette assertion fut repoussée par les zoologistes. M. Westwood composa même un long Mémoire pour en prouver toute l’inexactitude (1).
Le docteur Ratke,qni venait de faire ses curieuses observations sur le développement de l’Ecrevisse ( Astacus flmiatilis), s’exprima ainsi : « Il n’est pas vrai que, comme l’a prétendu Thompson, les Décapodes sortent de l’œuf dans m état fort imparfait, et les changements qui se passent encore pendant l’accroissement ne méritent point le nom de métamorphoses. •
Enfin, dans son Histoire naturelle des Crustacés (tom. 1, p. 199, note), sans rejeter entièrement l’opinion de M. Thompson, M. Milne-Edwards crut « qu’elle n’était pas
Telle était encore, ou à peu près, l’état de la question, lorsque nous trouvâmes, dans le canal du Midi, une petite salicoque d’eau douce ( Caridina Desmarestii,HoUs ), dont nous suivîmes, jour par jour, le développement dans l’œuf et hors de l’œuf.
Nous arrivâmes aux résultats suivants :
1» La Caridina Desmarestii sort de l’œuf sous une forme très différente de celle de l’adulte, et se trouve alors privée de plusieurs organes, très bien développés chez ce dernier franchies, pieds^mdchoires, fausses pattes, armure stomacale, etc.).
2» * Dans son premier état, c’est-à-dire au sortir de l’œuf, la Caridine ne possède que trois paires d’appendices buccaux, tandis que l’adulte en a six paires, et que cette espèce de larve n’a que trois paires de pattes, bien qu’à l’état parfait, elle en aura cinq paires. Sous le rapport dti système appendiculaire, la jeune Caridine ressemble donc à un insecte plutôt qu’à un crustacé normal^ et un autre fait qui vient pleinement confirmer la belle théorie de M. Savigny, relativement à la transformation des parties homologues en organes variés, C’est que les trois paires de pattes delà jeune Caridine se changent eu mâchoires auxiliaires, tandis que les cinq paires de pattes, proprement dites, se forment de toutes pièces (2) » ;
3« Les changements qu’elle subit avec l’âge constituent donc de vraies métamor-. phoscs, des métamorphoses beaucoup plus complètes que celles qu’éprouvent les insectes Orthoptères, les Hémiptères et certains NÉVKoraÈnES.
4» En rapprochant nos assertions de celles de Thompson éi du capitaine Ducasse, nous nous croyons autorisé à admettre, par voie d’analogie, que la plupart et peutêtre même tous les Crustacés décapodes, sont sujetsà de semblables transformations,
De tout ce qui précède, il résulte donc que nous avons été sinon le premier, du moins l’un des premiers à mettre hors de doute la réalité des métamorphoses ches les Crustacés décapodes. MM. Valenciennes et Coste, qui n’ont publié leurs'observations sur le même sujet, le premier qu’en 1888, le second qu’en 1858, sont donc venus bjen longtemps après nous.
, ; philosoph.
33. Histoire d’un petit Crustacé ( Autemia sauna) auquel on a faussement attribué la coloration en rouge des marais salants méditerranéens, suivie de Recherches sur la cause réelle de cette coloration.
Après avoir étudié, avec un très grand soin, les mœurs, l’anatomie et l’embryogénie de l’ Àrtemia salina (Leach), nous prouvons, contrairement à l’opinion de MM. Audouin et Payen, que ce Crustacé ne contribue en rien à la rubéfaction des marais salants. Contrairement aux assertions de MM. Dunal et Turpin, qui avaient attribué cette
qu’elle a pour véritable cause la présence d’une innombrable quantité de Monades,
Notre opinion est aujourd’hui généralement admise.
Voir Dujardin, Hist. nat. des infusoires.
A. et Ch. Morren, Recherches sur la rubéfaction des eaux , etc. Bruxelles,' 4841. Âmals of natural history, tom. iv, p. 357. Ànnals and magazine of natural history . Décembre 4840, p. 317.
54. Recherches zoologiques, anatomiques et 'physiologiques sur Hsaura cycladoides, nouveau genre de Crustacé à test bivalve , découvert aux environs de Toulouse.
Mémoire présenté .à l’Institut, le 6 décembre 1841. Annales des Scienc. natur.,
Dans ce Mémoire, nous étudions la forme extérieure, les habitudes, l’organisation interne et la physiologie de Ylsaura ; puis, nous examinons son développement dans l’œuf et hors de l’œuf, et, par suite, le mode de formation et d’accroissement de sa coquille.
Entre autres faits très-singuliers, nous avons constaté que cette coquille, du reste, si parfaitement semblable à celle des Mollusques bivalves, n’est d’alors rien autre chose qu’un prolongement latéral des anneaux du thorax. [Plus tard, et en vertu d’un pli longitudinal que forme lô corps tout entier, la coquille rapproche ses bords latéraux, jusqu’alors étendus horizontalement, et prend l’aspect d’un test
bivalve , dont il n’existait pas la moindre trace au moment même de la
Pendant la série de ses métamorphoses, l’Isaura rappelle successivement la forme
des Ârtemia, des Bronchipus et des Apus, encore très-jeunes ; puis celle des
Daphnies, des Lyncées, des Cypris, des Umnadies et des Cytiques, parvenues à l’état
Quoique ce Branchiopode subisse des mues très fréquentes, sa coquille, loin d’étre caduque, comme celle de tous les autres CnusTACés à test bivalve, persiste pendant la vie entière de l’animal et ressemble aussi, sous ce rapport, à celle des Mollusques.
Elle s’agrandit à la manière de la portion nacrée du test des Molacozoaires, c’est-, à-dire par l’addition de couches successivement plus grandes et plus internes, dont les bords épaissis forment à la surface extérieure de véritables stries i'aecrois-
, Dans son article Organogénie de l'Encyclopédie nouvelle, p. 55, M. Serres a cité mes observations sur les métamorphoses de Utaura comme confirmation de ses vues théoriques sur l’Embryogénie.
•*)5. Recherches zoologiques, anatomiques, physiologiques et mèdi-. cales sur les OEslrides, et principalement sur les OEslres qui attaquent l’homme, le cheval, le bœuf et le mouton.
les Mémoires de la Société d’Agriculture, Sciences et Arts utiles de Lyon (t84S). Dn vol. in-4« de tsopag., avec 8 pl. lithog.
Avant la publication de ce travail, la Science ne possédait aucun document relatif à l’anatomie des OEsmudes. Pour combler cette lacune, nous avons eu bien des difficultés à vaincre, surtout quand il s’est agi de l’œstre du bœuf (Hypoderma borne), insecte tellement rare à l’état parfait, que Linné et Fabricius ne le connurent pas; que Yallisnieri n'en eut jamais qu’un seul individu en sa possession; que Réaumur lui-même ne put s’en procurer que trois, malgré le . traité de commerces qu’il avait conclu avec le pâtre de l’abbaye de Malnoue, et qu’enfin il n’existait pas, il y a quelques années, dans les riches collections du Muséum.
Malgré le beau travail de Bracy-Clark, l’histoire des OEsmudes renfermait encore bien des erreurs que nous avons fait disparaître, en y ajoutant des faits nouveaux et souvent pleins d’intérêt; par exemple, la longue résistance à l’asphyxie, expliquée par l’énorme développement du système respiratoire; l 'hypermitamorphosi constatée par nous chez la larve de l’OEstrus equi, longtemps avant que M. Fabre i’eùt observée chez les Méloïdes, etc., etc. L’ouvrage est terminé par un Essai