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TÉRATOLOGIE

Créée en quelque sorte par le génie d’E. Geoffroy Saint-Hilaire, enrichie par les remarquables travaux de son digne fils et par ceux de son ami, M. Serres, la Tératologie touche, de très-près, à tous les problèmes de la plus haute philosophie. Aussi attira-t-elle mon attention dès le début de ma carrière dans le professorat. Séduit par ces lois magnifiques qui me faisaient apercevoir l’ordre le plus admirable, là où,

à cette étude attrayante et sévère tout ensemble. Une riche moisson est venue récompenser mes efforts, et s’il est vrai que la découverte d’un nouveau genre est beaucoup plus rare en Tératologie que dans l’une quelconque desbranches delà zoologie (1), je puis m’estimer heureux de tant de bonnes fortunes qui me sont échues en partage.

En effet, « depuis dix ans, disait, en 4847, M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, une multitude de monstruosités se sont produites, et ont été observées avec tout le soin qu’on accorde maintenant, par toute l’Europe, aux recherches tératologiques? Combien, parmi toutes ces monstruosités, s’est-il trouvé de types génériques nouveaux ? Un

4° Une chatte Gastromile;

8» Un agneau Synote; un autre, Dirodyme; un troisième, Diradelphe; un quatrième, Trioeépkale;

6» Un mouton Mélomèle;

7° Une vache Pyytmèle;

8® Une mule et un mulet adulte, fissipèdes aux pieds antérieurs;

9» Un cochon et un veau affectés de polydadylie ;

il y aura lieu, les particularités les plus importantes, au fur et à ! présenteront, en reprenant la liste que voici :

56. Mémoire sur deux genres nouveaux de monstres Célosomiens que l’auteur propose de désigner sous les noms de Chelonisome et de Streptosome.

57.. Mémoire sur un nouveau genre de monstres Célosomiens pour lequel l'auteur propose le nom de Pracontisome.

Présenté à l’Institut le 8 mai (848.

58. Mémoire sur me Oie monstrueuse appartenant à la famille des monstres Poiyméliens : établissement, à son sujet, de deux nouveaux genres tératologiques, sous les noms d’AGNATOCEPHALE et d’IsCIIIOMÈLE.

Compt. rend..de l’Institut, tom. xlii, pag.342.

Jusqu’à présent, lapolymélie ne s’était rencontrée que sur des sujets lien conformés et viables. Le monstre observé par moi offre donc une exception très remarquable, puisqu’il est affecté, tout à la fois, de polymélie, de rhinocéphalie et d’agnacéphalie (absence de mâchoire supérieure), et qu’il n’a pas vécu. Du reste, en voici la caractéristique :

59. Établissement dun nouveau genre tératologique pour lequel l'auteur propose le nom de Rhinodyme.

62. Études tératologiques sur un Anencéphale anoure appartenant à l’espèce bovine.

animaux, que M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire déclare n’en pas connaître un seul Nous avons donc été le premier à établir cette authenticité.

63. Description d’un monstre pygomèle appartenant à l’espèce bovine, suivie de l’analyse du lait fourni par chacun des individus composants.

(En commun avec M. FÜhol).

Monstruosité des plus rares, en ce que l’individu parasite est d’un sexe différent de celui du sujet principal : c’est un taureau greffé sur une vache et, qui plus est, un taureau lactifère.

Or, les exemples de la coexistence des deux sexes chez les monstres doubles sont tellement, raresi qu’on a été jusqu’à révoquer en doute leur authenticité.

L’analyse chimique est venue confirmer notre détermination physiologique, en nous montrant des différences assez prononcées entre le lait de,l’autosite et celui de l’individu parasite.

64 El le t i itologiques sur une chatte Gastbomêle observée vivante à Toulouse.

Contrairement aux idées généralement reçues dans la science, nous avions établi, dans nos Etudes d’anatomie philosophique sur la main , etc., que chez les chevaux, le grand doigt n’est pas simple : qu’il est l’équivalent des deux grands doigts du porc et des ruminants; et que, par conséquent, il représente le 2®doigt (annulaire), et le 5® doigt de l’homme (médius).

Cette manière de voir était pour nous une conviction profonde : elle était basée sur la Théorie des analogues et sur le Principe des connexions ; mais elle ne s’appuyait pas sur le développement ostéogénique, au moins tel qu’il est connu jusqu’à, présent : elle ne pouvait donc être confirmée que par la Tératologie. Un hasard inespéré nous a fourni les preuves qui nous manquaient. Dans les hôpitaux de l’Ecole vétérinaire de Toulouse, une jument avorta : le foetus était polydactyle aux pieds antérieurs.

médius dans la région phalangienne. Cinq ans après (1887), un exemple de polydactylie plus concluant encore nous fut offert par un mulet, âgé d’un an 1 /2, appartenant au propriétaire d’une ménagerie ambulante, qui se trouvait alors à Toulouse. Nous fîmes l’acquisition de ce curieux animal, aujourd’hui conservé dans les collections de notre Faculté des Sciences, et en l’examinant avec soin, nous pûmes nous convaincre que les deux doigts qui, ordinairement réunis, constituent, selon nous, le grand doigt des Equidés, étaient parfaitement distincts aux deux pieds antérieurs. Leurs sabots né ressemblaient pas mal, pour la forme et pour les dimensions, à des cornes frontales plus ou moins recourbées. L’index était resté rudimentaire; mais l’auriculaire apparaissait au-dehors sous la forme d’une corne recourbée en faucille. ’

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