XXX. —Ablation des branchies et des poumons chez xm axolotl
La respiration cutanée aquatique suffit pour entretenir la vie de ces animaux pendant les saisons d’hiver et de printemps : en été, non.
L’axolotl a besoin de venir respirer à la surface de l’eau pour vivre.
E. — Innervation.
XXXI. — Sur la propriété gu'ont les nerfs sensitifs de transmettre dans les deux sens une excitation portée en un point de leur parcours.
(Soc. * Siolojie, 1803 i Acad. *s science!, 1871.)
En 1863 j’avais fait l’expérience suivante :
Écorché sur 2 à 3 centimètres de longueur le bout de la queue d’un rat; intro-
duil ce bout sous la peau du dos de l'animal; après la cicatrisation (quinze jours) coupé l’anse. Six mois après, la sensibilité reparaît dans le bout pendant au dos.
J’en avais conclu que dans les nerfs de sensibilité l’impression peut se transmettre dans la direction centrifuge, en sens inverse du cours normal, et c’était un grand argument en faveur de l’unité de propriété des nerfs, soutenue par M. Vulpiau.
Mais des recherches plus récentes ayant changé les idées des histologistes sur le mode de reproduction des nerfs séparés de leurs centres trophiques, j’ai modifié mon expérience pour répondre aux objections possibles.
Je ne fais la section de l’anse caudale que huit mois après l’opération autoplastique. Dans ces conditions, immédiatement après la section, le bout périphérique de la queue est sensible; la sensibilité disparaît les jours suivants par dégénéres-
Je considère donc comme inattaquables mes conclusions de d863.
L’expérience nouvelle a montré de plus que les relations des nerfs avec les centres sensibles s’établissent plus vite qu’avec les centres trophiques.
XXXI Ms. — Sur une parliculaiité de la transmission des excitations dans les nerfs sensitifs.
(Soc. lie biologie, 1877.)
La queue d’un rat est écorchée annulairement au milieu de sa longueur, puis passée en séton sous la peau de son dos; la cicatrisation faite, l’anse est coupée entre le dos et l’anus, et toute sensibilité disparaît aussitôt dans les deux tronçons.
Six mois après, la sensibilité y revient, mais plus tôt et plus fort dans le gros bout (sens inverse du cours normal) que dans le petit (sens direct).
XXXil. — Sur la question de savoir si tous les animaux voient les mêmes rayons
Cette question a été étudiée en soumettant aux diverses régions du spectre solaire de petits crustacés microscopiques; il m’a amené aux conclusions suivantes:
A. Tous les animaux voient les rayons spectraux que nous voyons;
B. Ils ne voient aucun de ceux que nous ne voyons pas ;
C. Dans l’étendue de la région visible, les diflérences dans le pouvoir éclairant des différents rayons colorés sont les mêmes pour eux et pour nous.
Eu d’autres termes, il existe entre la force vive de certaines vibrations éthérées (entre huit cents et trois cents millionièmes de millimètre) d une part, et, d’autre
pari, la constitution de la matière nerveuse, envisagée soit dans certaines de ses terminaisons périphériques, soit dans certains centres nerveux, des rapports tels, que cette force vive puisse se transformer en impressions et donner naissance à des sensations et à des perceptions identiques pour chaque vibration prise en particulier.
XXXII bis. — Sur le Daltonisme des animaux inférieurs.
(Soc. debiologU,tm.)
Des expériences faites sur des poissons, des crustacés, des araignées, des insectes, des myriapodes, des mollusques, m’ont montré que ces animaux, bien que voyant le rouge, en sont moins impressionnés que par les autres couleurs.
XXXII ter. — Sur les animaux dits à tort lucifuges.
(Soc. de biologie, Wi.)
Il n’y a pas d’animaux lucifuges. Tous recherchent la lumière, bien qu’à des degrés d’intensité très-divers.
{Soc. de biobgie, 4876 et 1877.)
Les lanternes vertes vues à grande distance paraissent très-souvent bleues, surtout quand l’air est humide. Le virement se fait tout d’un coup.
Ce fait est resté inexpliqué, malgré les tentatives d’oculistes distingués.
XXXIV. — Sur les erreurs d'imitation des couleurs quand on les regarde à travers un milieu coloré.
(Soc. de biologie, 1878.)
On dit d’un peintre qui peint jaune ou violet qu’il voit jaune ou violet. Or, il est facile de s’assurer expérimentalement que tels ne seraient pas les défauts d’un peintre qui réellement verrait avec une prédominance de jaune et de violet.
Expériences de copies de peinture faites soit sous des lumières colorées, soit avec des lunettes de couleur.
Elles montrent qu’un peintre qui voit rouge, par exemple, ne peut saisir ni les nuances du rouge, ni celles de la complémentaire verte, avec des diflérences suivant qu’on voit le rouge sur fond clair ou obscur, etc., etc.
Applications à la critique d’art.
KXXV. — Sur les prétendus orgams auditifs des crustacés décapodes.
Les organes que les naturalistes allemands ont décrits comme des organes auditifs, et sur les filaments mobiles desquels Helmholtz a établi sa théorie de l’audition, peuvent être détruits chez les crabes sans que ces animaux cessent d’être sensibles
XXXVI. — Action de la section des nerfs pneumogastriques chez les animaux vertébrés aériens sur lerhythme respiratoire.
Tracés graphiques très-nombreux montrant, chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, l’influence de la section d’un ou des deux pneumogastriques sur le rhytnme respiratoire, les animaux étant ou non endormis par le chloroforme. Ces tracés révèlent des détails curieux, qui expliquent certaines contradictions des nombreux auteurs qui ont étudié ce sujet.
La section d’un seul pneumogastrique produit des effets analogues, mais à un très-faible degré.
La section des deux nerfs récurrents, l’arrachement des deux spinaux ne produisent rien.
Les animaux auxquels on a coupé les deux pneumogastriques meurent beaucoup |)lus facilement sous diverses influences; ils peuvent être anesthésiés très-facilement, bien qu’on ait affirmé récemment le contraire.
XXXVI bts. — Sur les effets de la section dans le crâne des racines des nerfs pneumogastriques
(Soc. de biologie, 1868; Legom, p. 452.)
On avait dit qu’elle a pour conséquences la suppression immédiate de la respiration et la mort rapide des animaux. C’était une explication de la mort parla section du nœud vital de Flourens.
J’ai montré qu’il n’en est rien, quand on prend des animaux nouveau-nés qui ne redoutent pas la perte de sang.
XXXVII. — Des effets de l'excitation de eenains nerfs sur h respiration.
{Soc. (le Uolcgie, 1808; p. lO-WOB.)
Ces nerfs sont ceux que j’ai appelés les nerfs sentinelles de la respiration : nasal, laryngé supérieur, pneumogastrique. Leur influence sur la respiration a été découverte par Traube, Cl. Bernard, M. Schifi. Mais les divergences les plus singulières s’étaient élevées entre ces expérimentateurs éminents.
Depuis les importants travaux de Rosenthal (1862), les physiologistes admettaient qu’il existe un antagonisme fonctionnel entre les nerfs pneumogastriques d’une part, les nerfs laryngés supérieurs et nasaux d’autre part. L’excitation des premiers ayant pour effet, lorsqu’elle est assez énergique, d’arrêter la respiration en tétanisant les muscles inspirateurs et en paralysant les expirateurs, celle des seconds ayant un résultat exactement inverse. D’où avait été déduite une théorie très-ingénieuse pour l’explication du rhythme respiratoire.
Le présent travail et les graphiques qui en sont la base ne permettent plus d’accepter cet antagonisme. A la formule de Rosenthal il convient de substituer celle-ci : toute excitation suffisamment énergique de l’un quelconque des trois nerfs susnommés arrête la respiration au moment même où elle est appliquée sur ce nerf, que ce soit en inspiration ou en expiration.
Voici, du reste, les conclusions de mon travail :
■1° La respiration peut être arrêtée par l’excitation électrique ou traumatique des nerfs pneumogastriques, du larynx, des narines ;
2“ Cet arrêt peut avoir lieu soit en inspiration, soit en expiration, par un quelconque de ces nerfs ;
3“ Une excitation faible accélère la respiration ; une excitation plus forte la ralentit; une excitation très-forte l’arrête. Ces mots « faible » et « fort » n’ayant qu’Un sens relatif, pour un animal donné et dans des conditions données ;
4“ Quand les mouvements respiratoires sont complètement arrêtés, il en est toujours de même des mouvements généraux de l’animal, qui reste immobile ;
5“ La respiration revient pendant l’excitation même, et, lorsqu’on cesse celle-ci, elle s’accélère presque toujours;
6“ L’arrêt en expiration est plus facile à obtenir que celui en inspiration; il y a même des animaux sur lesquels il est impossible d’obtenir celui-ci ;
7“ Si l’on emploie une excitation assez forte pour arrêter la respiration en inspiration, on peut faire cesser instantanément les mouvements respiratoires au moment même où l’excitant est appliqué (inspiration, demi-inspiration, expiration), en agissant sur un quelconque des trois nerfs sentinelles ;
8“ L’arrachement préalable du nerf spinal est sans influence sur ces phénomènes.
9” Ces effets peuvent être obtenus même en expérimentant sur des animaux chloroforinisés.
Le travail que je résume ici contient un très-grand nombre de représentations graphiques, qui ont été obtenues en mettant en expérience des mammifères, des oiseaux ou des reptiles.
Ces expériences ont été, depuis la publication de ce travail, fréquemment répétées devant de nombreux auditoires. Ç’a été ma seule manière de répondre aux critiques dont mon travail a été l’objet de la part de physiologistes suisses et allemands.
XXXVII bis. — Sur une cause de mort subite non encore signalée.
Cette mort rapide, sans convulsions, qu’on obtient assez aisément chez certains oiseaux et chez les mammifères affaiblis (tube dans la trachée, galvanisation d’un nerf pneumogastrique, serrement du larynx ou pincement du nez), n’est pas due à l’asphyxie, car chez les canards, qui résistent de dix à douze minutes à la strangulation, la perte de tout mouvement réflexe arrive en une ou deux minutes au plus. Il y a là une action centripète influençant directement et épui-
Oes résultats s’obtiennent beaucoup plus facilement après la section des nerfs pneumogastriques; cette section donne, du reste, une énergie plus grande à la plupart des causes de mort; le chloroforme, le curare, etc., tuent à plus faiWe dose les animaux dont les deux nerfs vagues viennent d’être coupés.
Applications pathologiques. Elles ont même été exagérées par certains mé-
XXXVIIL — Sur la cause de la mort gui suit la section des deux nerfs vneumogastnques.
Il est peu de questions sur lesquelles aient plus discuté les physiologistes. Le nombre considérable d’expériences que j’ai faites sur les conséquences de la section et de l’excitation des nerfs pneumogastriques m’a amené à cette conclusion ;
La mort n’a pour raison ni la suppression des filets nerveux qui vontà l’estomac, ni celle des filets cardiaques, ni même celle des filets moteurs pulmonaires; il faut
l’attribuer exclusivement à la suppression des filets pulmonaires centripètes. Ces nerfs enlevés, le rhythme respiratoire est troublé parce que le centre nerveux respiratoire ne communique plus avec les poumons, et de lè viennent les altérations connues et la mort qui les suit.