‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 4 sur 23 · Première partie. —HISTORIQUE ; p · texte numérisé non relu

Première partie. —HISTORIQUE ; p

I J’ai apporté à la rédactioa de l’historique les soins tes plus minutieux; je me suis efforcé de réunir tout ce qui a été écrit sur le sujet de mes études. Il m’a semblé qu’il y aurait graud intérêt pour le lecteur à avoir ainsi sous les yeux toutes les pièces du procès, avec l’infinie variété des récits, leurs contradictions fréquentes, et souvent aussi leurs répétitions instructives. J’ai cru devoir prendre le parti de rapporter textuellement les paroles des auteurs cités ; je me suis défié des analyses même les plus consciencieuses; il m’est arrivé de voir plusieurs fois, dans .mes recherches bibliographiques, les affirmations d’un auteur transformées en négations par une hérie de traductions et d’analyses. Du reste, des chapitres de résumé et de critique reposent l’esprit du lecteur; mais du moins chacun des faits qui y sont affirmés trouve sa preuve dans les extraits qui précèdent. » (Préface, p. vi.)

Titre 1". — DIMINUTION DE PRESSION.

Chapitre préliminaire.— Les régions élevées du globe ; Revue géographique.

Chapitre I*'. — Les voyages en montagnes : Récits de voyageurs où il est question des accidents de la décompression, du mal des montagnes ; Amérique méri. dionale, centrale et septentrionale, Etna, Pic de Ténériffe, Alpes, Pyrénées, Caucase, Arméuie, Perse, Asie centrale, Afrique, Volcans du Pacifique.

Chapitre IL — Ascensions en ballon: Récits de toutes les ascensions à grande hauteur.

Chapitbe ni. — Explications théoriques et expériences : Long et, à mon sens, fort curieux exposé d’abord de toutes les théories qu’ont mises en avant les physiciens, les physiologistes, les voyageurs, les habitants des hauts lieux, pour expliquer les accidents dus à la raréfaction de l’air, et en second lieu, des expériences tentées pour résoudre cette importante question.

Chapitre IV. — Résumé et critiques. - Ceci est œuvre plus personnelle et peut suffire au lecteur de la partie historique. Ma conclusion, relativement aux explications théoriques, est que :

«Beaucoup d’entre elles n’ont pu supporter l’examen critique auquel je tes ai soumises; que d’autres, dont l’exactitude est peu vraisemblable, attendent pour être jugées definitivement le contrôle expérimental; que d’autres, enfin, et eelle-là même qui nous semble la plus solidement établie, celle de Vanoxyhémie de M. Jonrdanet, ne pourront entraîner la conviction qu’après l’intervention du juge souverain : l’expérience. »

Titre II. — AUGMENTATION DE PRESSION.

Chapitre I“. Portes pressions. — Exposé des sensations et des accidents éprouvés : l” dans les cloches à plongeur; 2“ dans les appareils construits d’après la méthode Triger pour le forage des puits, te fondage des piles de ponts, etc.; 3” dans les scaphandres.

Chapitre II. Paibles pressions. — Il s’agit ici des appareils employés par les médecins dans un but thérapeutique, et oit la pression ne dépasse pas en tout deux atmosphères.

Chapitre 111. Explications théoriques et expériences. — Exposé analytique très-complet.'

Chapitre IV. Résumé et critiques. — J’y montre la confusion qui s’était établie entre les accidents qu’on pourrait attribuer au séjour dans Tair comprimé,'et ceux qui proviennent de la décompression brusque.

J’y prouve que lors même que les physiciens ou les médecins ont rencontré une part de la vérité, ils n’ont rien démontré expérimentalement.

Seconde partie. —EXPÉRIENCES; pages 523-1040.

« J’ai, dans la rédaction des expériences, qui sont au nombre de six cent soixante-dix environ, employé la méthode énumérative; toutes celles qui m’ont paru présenter de i’intérét ont été exposées tout au long. Celte méthode a pour avantages d’abord de fournir la preuve do toutes les affirmations, ensuite de permettre parfois au lecteur de trouver dans le récit des expériences

leurs la connaissance rapide des résultats obtenus. » (Préface, p. vu.)

CiuriTKE I". —^Bes conditions olmniqnes de là mort, en vases clos, des animaux soumis à diverses pressions barométriques.

Voici les conclusions auxquelles m’ont conduit les analyses d’air confiné dans lequel j’ai laissé périr, sous des pressions, tantôt inférieures, tantôt supérieures à celle d’une atmosphère, des animaux appartenant à divers types du règne animal : l’air employé variant dans la proportion de ses divers éléments et dans sa tenipé-

A. —Dans l’air ordinaire :

a. — Aux pressions inférieures à celle d'une atmosphère, la mort des animaux survient lorsque la tension de l’oxygène de l'air (la tension d’un gaz représentée parle produit de sa proportion centésimale que multiplie la pression barométrique) est réduite à une certaine valeur constante (qui pour les moineaux équivaut en moyenne à OxP=3,6) ;

b. —Pour les pressions comprises entre 2 et 9 atmosphères environ, la mort arrive lorsque la tension de l’acide carbonique s’élève à une certaine valeur constante (qui pour les moineaux équivaut en moyenne à ('.0’'xP=26) ;

c. — Pour les pressions très-élevées, la mort est due exclusivement à la tension trop considérable de l’oxygène ambiant. Elle arrive rapidement quand la tension de ce gaz atteint 300 ou 400;

d. — Pour les pressions de '1 à 2 atmosphères, la mort semble être due surtout à l’abaissement de la tension d’oxygène, mais en partie également à l'augmentation de la tension de OT;

e. — K partir de 3 ou 4 atmosphères, l’intervention funeste de S’oxygène commence à se faire sentir et devient Irès-mauifeste vers 9 ou 10 atmosphères.

B. — Les expériences faites soit avec des mélanges gazeux plus ou moins riches en oxygène, soit en présence d’alcalis capables d’absorber l’acide carbonique à mesure qu’il se forme, nous amènent à donner à ces formules un caractère de généralité bien plus grand encore, et nous pouvons les exprimer de la manière suivante (en les appliquant, pour plus de clarté, aux moineaux).

La mort arrive :

a. — Quand la tension de l’oxygène s’abaisse au-dessous de 3,6, que la pression barométrique soit supérieure ou inférieure à la pression normale : il faut, bien entendu, dans le premier cas, se débarrasser de l’acide carbonique par un alcali ;

è.—Quand la tension de l’acide carbonique s’élève au-dessus de 26, que la pression soit supérieure ou inférieure à la pression normale : il faut, bien entendu, dans ce dernier cas, employer des mélanges suroxygénés ;

c.— Quand la tension de l’oxygène arrive aux environs de 300, quelles que soient

la composition centésimale et la pression (celle-ci ne pouvant être évidemment inférieure à 3 atmosphères, avec l'oxygène pur) ;

d. — Ces genres de mort peuvent se combiner deux à deux, a avec i et é avec c, suivant les pressions et les compositions gazeuses employées.

La mort a est une véritable as-phyxie par privation d’oxygène ; la mort b est un empoisonnement par racide carbonique; la mort c est \m empoisonnement par l’oxygène.

C. — On voit, et c’est làlerésultatleplus général auquel nous arrivions, quedans tous les cas, la pression barométrique, dans ses variations, n’est jamais directement, par elle-même, la cause des phénomènes. Elle n’est qu’une des conditions qui font varier la tension des gaz, et l’autre facteur, ta composition centésimale, peut parfaitement, s’il marche en sens inverse, en contre-balancer les effets, de même qu’il les augmentera rapidement, s’il marche dans le même sens.

D. — Si maintenant nous laissons de côté l’acide carbonique produit, pour nous placer dans des conditions plus voisines de celles où se présente, dans la nature ou l’industrie, le problème qui nous occupe, nous en arrivons ù conclure:

1° Que trois animaux, dont l’un épuise par sa respiration un espace clos plein d’air ; dont le second est contraint de respirer dans un courant d’air de moins en moins riche en oxygène ; dont le troisième est soumis à une diminution graduelle de pression, — sont tous les trois, par ces procédés si divers, menacés des mêmes accidents et de la même mort, de la mort par privation d’oxygène, par véritable asphyxie ;

2" Que deux animaux, dontl’un respire dansun courant d’air de plus en plus riche en oxygène et dont l’autre est soumis à une pression barométrique croissant de 1 à 5 atmosphères, sont dans des conditions identiques. Que, au delà, l’animal qui respire de l’oxygène pur à 2, 3, 4 atmosphères, etc., est dans les mêmes conditions que celui qui respire de l’air pur à lO, 15, 20 atmosphères : tous deux sont, par ces procédés divers, menacés des mêmes accidents et de la même mort, de la mort par excès d’oxygène, d’un empoisonnement d’une espèce jusqu’ici inconnue.

Pas assez doxygène en tension, ou trop doxygène, toute l'influence que les modifications barométriques exercent sur les animaux, se résume,en ces termes.

Chap. II. — Des gaz contenus dans le sang aux diverses pressions barométriques.

S.-chap.ï. — Méthodesopéraioiresetciitiqueexpérimentale{'toq.-a*y<.\dll\cHll%lS\l\).

S.-chap. IL — Des gaz du sang sous des pressions inférieures a celle dune atmosphère.

Expériences faites sur des chiens maintenus dans l’air raréfié et renouvelé, sous des pressions qui ont été abaissées jusqu’à 7 centimètres de mercure.

Conclusion :

Quand la pression diminue, la quantité des gaz (oxygène, acide carbonique, azote) contenus dans te sang diminue également, mais en proportion un peu moindre que celle qu’indiquerait la loi de Daltoii ; le sang perd ainsi relativement plus d’oxygène que d’acide carbonique.

S.-ckap. III. — Des gai du sang sous des pressions supérieures à celle dune atmosphère.

Il s’agit encore de chiens; les pressions employées se sont élevées jusqu’à 10 atmosphères.

Conclusion :

Chez l’animal vivant, lorsque la pression barométrique augmente, l’oxygène augmente dans le sang artériel, mais avec une extrême lenteur; l’azote augmente plus vite, mais pas autant, à beaucoup près, que le voudrait la loi de Dalton ; quant à l’acide carbonique, il diminue presque toujours.

S.-chap. lY. — Des gaz du sang dam l’asphyxie comparée à la diminution de pression.

Chiens respirant en vases clos, l’acide cirbonique étant absorbé au fur et à mesure de sa formation.

La diminution de l’oxygène et de l’acide carbonique dans le sang se fait exactement comme dans la diminution de pression.

S.-chap. V. — De la quantité d’oxygène que peut absorber, aux diverses pressions barométriques, le sang tiré des vaisseaux.

Les conclusions du travail classique de M. Fernet, exactes dans les conditions où avait opéré ce physicien, ne le sont plus quand on agite je sang avec de l’air très-raréfié ou très-comprimé, surtout à la température du corps.

L’hémoglobine se sature d’oxygène aux environs de 5 atmosphères. Au-dessous, l’oxyhémoglobine se dissocie de plus en plus vite quand on approche du vide ; au-dessus, l’oxygène se dissout dans le sang suivant la loi de Dalton.

Chap. 111. — Phénomènes présentés par les animaux soumis à des pressions inférieures à celles de l’atmosphère.

Je passe en revue les grandes fonctions physiologiques: respiration, circulation, digestion, locomotion, innervation, nutrition (diminution dans la quantité d’acide carbonique et .d’urée excrétés, abaissement de la température), limite inférieure de pression et phénomènes de la mort (rigidité cadavérique très-rapide)

Je compare ensuite ces phénomènes avec ceux de l’asphyxie, en vases clos, sans acide carbonique, et je montre la concordance parfaite, sous égale tension d’oxygène.

De ces considérations se tire une méthode très-simple pour conjurer les accidents

- ■ ir. -

de la décompression. Elle consiste ii respirer un air suffisamment oxygéné pour que la tension du gaz reste, malgré la dépression, à la valeur normale qu'elle adans l’air ordinaire. J’ai expérimenté sur moi-même cette méthode, et je présente ici deux tracés caractéristiques.

Dans l’un (fig. 1), les respirations d’oxygène ont été intermittentes,et ont motivé des variations brusques et non sans inconvénients dans le nombre des battements du

Dans l’autre (fig. 2), la respiration d’oxygène a été eontinue, et la circulation, ainsi que les autres fonctions sont devenues absolument régulières pendam toute l’expérience; je me suis cependant abaissé à 24 centimètres de pression, ce qui correspondait à une hauteur de plus de 8800 mètres. (Crocé Spinelli et Sivel sont morts à 26 centimètres).

Chap. IV. — Action de l’air comprimé sur les animaux.

S.-chap. 1. — Action toxique de l’oxygène à forte tension.

Cette action révélée par les expériences du chapitre 1, et dont la découverte constitue la partie ta plus intéressante de mes recherches, est ici analysée comme s’il s’agissait de celle d’un poison ordinaire. Elle est terrible et donne lieu à des convulsions violentes.

Voici les conclusions de cette étude :

•1“ L’oxygène se comporte comme un poison rapidement mortel, lorsque sa quantité dans le sang artériel s’élève à environ 35 centimètres cubes par 100 centimètres cubes de liquide; c’est ce qui arrive lorsque la pression, dans l’air ordinaire, s’élève à 20 ou 25 atmosphères, c’est-à-dire lorsque la tension de l’oxygène OxP atteint 400 ou 450:

2” L’empoisonnement est caractérisé par des convulsions qui représentent, suivant l’intensité des accidents, les divers types du tétanos, de la strychnine, de l’acide phénique, de l’épilepsie, etc. ;

3“ Ces accidents, que calme le chloroforme, sont dus à une exagération du pouvoir excito-moteur de la moelle épinière;

¥ La consommation d’oxygène, la production d’acide carbonique et d’urée, la destruction de laglycose dans le sang, sont considérablement diminuées; la température s’abaisse. Ainsi, la suroxygénation du sang et des tissus arrête les oxydations ;

5" Les actes chimiques de la nutrition sont non-seulement ralentis, mais modifiés; car leur simple diminution ne pourrait expliquer la violence et surtout la persistance des accidents ;

6" Les accidents et la mort surviennent de même chez les animaux invertébrés, chez les animaux aquatiques; ils ont donc une cause générale et ne dépendent pas d’un mécanisme particulier.

S.-Chap. II. — Action de tair comprimé à de faibles pressions.

Il s’agit ici de pressions ne dépassant pas 5 atmosphères.

Une première série d’expériences, faites sur moi-mème, m’ont montré qu’ii 2 atmosphères la ventilation pulmonaire ne change pas, tandis que la capacité pulmonaire maximum augmente considérablement rque la quantité d’acide carbonique et d’urée excrétés est plus forte qu’à la pression normale.

Ces résultats ontétécorroboréspar des expériences faites sur les animaux. J’ai vu en outre : 1“ que le maximum de production de l’acide carbonique est au voisinage de 3 atmosphères ; 2° que l’augmentation dans la capacité pulmonaire maximum correspond exactement à la diminution du volume des gaz intestinaux; 3“ que les variations de la pression aérienne intra-thoracique, dues à la respiration, sont moindres dans l’air comprimé; 4“ que la pression du sang y augmente, ainsi que l’oscillation produite par l’influence respiratoire, effets dus non à l’action de l’oxygène absorbé en plus grande quantité, mais à la pression, en tant qu’agent d’ordre mécanique.

Enfin le séjour prolongé d’animaux inférieurs, et particulièrement d’œufs et de larves, dans de l’air comprimé ou suroxygéné, à la pression normale, m’a démontré que l’augmentation de la tension de l’oxygène au-dessus de sa valeur normale n’a jamais présenté d’avantage, et que lorsqu’elle a quadruplé elle a amené un résultat funeste.

Ohap. V. — Influence des modifications de la pression barométrique’ sur les végétaux.

S.-Chap. I. — Pressions inférieures à celle dune atmosphère^

La germination et la végétation se font d’autant plus lentement que la pression est plus basse; cette action est due à la faible tension de l’oxygène.

La limite inférieure de la germination est aux environs de 7 centimètres de pression, ou de la tension de 2,5 d’oxygène. C’est sensiblement le même degré où meurent les animaux à sang froid.

S.-Chap. II. — Pressions supérieures à celle d’une atmosphère.

Dès 2 atmosphères, la germination est ralentie ; à 5 atmosphères ou dans l’oxygène pur, ce retard est extrêmement considérable ; à 7 atmosphères, les graines ne font que jeter quelques radicules; à 10 atmosphères, elles meurent et ne peuvent plus germer quand on les ramène à la pression normale.

La végétation donne les mêmes résultats.

Ch*p. VI. — Action des modifications de la pression barométrique sur les ferments, les venins, les virus et les éléments anatomiques.

S.-Chap. I. — Fermentations par organismes.

La putréfaction, la coagulation du lait, l’altération de l’urine, la fermentation

alcoolique el aciStiquo régulière, le développomciU rie la fleur du vin et des moisissures, etc., sont arrêtés complélemeni par l’oxygène sufflsaniinent comprimé. Les ferments sont tués, et le retour à la pression normale laisse intactes les substances fermentescibles employées, si l’on empêche l’accès des poussières de l’air.

Quand la putréfaction est tout à fait empêchée, la consommation d’oxygène et la formation d’acide carbonique sont réduites à des quantités inappréciables. L’importance de ces phénomènes chimiques est en rapport avec l’intensité de la putréfaction. Une étude détaillée montre que celle-ci est à son maximum aux environs de 3 atmosphères, comme la respiration des animaux.

Il se fait dans les matières ainsi protégées contre les ferments des altérations tentes curieuses à étudier. Dans les fruits, il se forme de l’alcool et de l’acide acétique; ce dernier acide, et aussi les acides formique et lactique, apparaissent dans le pain mouillé; les acides sarcolactique et butyrique, ainsi que la tnméthylamine, dans les matières animales.

S.-Chap. IL — Fermentation diastatique.

La diastase salivaire, la pepsine, la pancréatine, le ferment inversif de la levûre, la myrosine, l’émulsine, conservent leurs propriétés après un long séjour dans l’oxygène comprimé.

S.-Chap. III. — Propriétés des éléments anatomiques.

La moelle épinière, les nerfs, les muscles, le cœur, perdent rapidement leurs propriétés caractéristiques dans l’oxygène comprimé. Les éléments constitutifs d’une queue de rat et les globules sanguins y sont tués, comme le démontrent les méthodes de la greffe animale el de la transfusion du sang.

S.-Chap. IV. — De Iemploi de toxygène a haute tension comme méthode expérimentale.

Il permet de savoir aisément si un phénomène donné appartient h la classe des fermentations par organismes, auquel cas l’oxygène en tension l’empêchera de se produire, ou s’il est dû à une fermentation diastasique ou à une simple oxydation. Application à l’étude des venins, des virus, du blettissement et de la maturation des fruits.

S.-Chap. V. — Résumé.

CuAP. VIL — Des effets des lohangements brusques dans la pression barométrique.

S.-Chap. I. — Influence des augmentations brusques dépréssion.

Aucun effet sérieux.

S.-Chap. II. — Influence de la diminution brusque de pression à partir d'une atmosphère.

Autopsie d'animaux tués par vide soudain : pas de gaz dans le sang. Détails sur les poissons à veine natatoire ouverte.

S.-Chap. 111. — Influence de la diminution brusque de pression à partir de plusieurs atmosphères.

Grand nombre d’expériences faites sur des mammifères, des oiseaux, des vertébrés aquatiques, et dans lesquelles la compression a été poussée jusqu’à 10 atmosphères ; décompression tantôt d’un coup, tantôt en plusieurs temps.

Les conclusions sont les suivantes :

La décompression non ménagée, à partir de plusieurs atmosphères, amène des accidents d’une gravité variable suivant le degré de la compression, la rapidité de la décompression, les espèces animales, les individus, l’état actuel de l’individu en expérience.

Ces accidents doivent être attribués au dégagement de l’azote qui s’était en excès emmaganisé dans l’organisme suivant les exigences de la loi de Dalton.

Ce gaz repasse à l’état libre dans les vaisseaux sanguins, les divers liquides organiques, l’épaisseur même des ti.ssus; il peut ainsi, suivant les cas, arrêter la circulation pulmonaire, anémier et amener au ramollissement certaines régions des centres nerveux et particulièrement le renflement lombaire de la moelle épinière, dilacérer les tissus, produire des tumeurs ou un emphysème plus ou moins étendu. La gravité des accidents dépend tout à la fois du siège et de l’étendue de ces désordres multiples.

Une décompression ménagée de 12 minutes par atmosphère est nécessaire pour mettre les chiens à l’abri des accidents, lorsque la compression s’est élevée aux environs de 10 atmosphères.

Une recompression immédiate ou consécutive à la respiration d’oxygène, dans le cas où l’on constate des gargouillements au cœur, est le seul moyen de combattre efficacement les accidents de la décompression.

Chap. VllI. — Questions diverses.

Acide carbonique, asphyxie, gaz du sang.

Troisième partie. — FAITS RIÏCENTS, RÉSUMÉ ET CON¬ CLUSIONS (p. 1041-1153).

Chap. I®’. — Diminution de pression.

S.-Chap. I. — Observations, théories et critiques récentes.

C’est l’historique des faits observés et des théories mises en avant depuis le moment où j’ai commençé mes travaux. J’y réponds aux critiques dont mes idées avaient déjà été l’objet.

S.-Chap. II. — Résumé et applications pratiques.

Étude approfondie, basée sur le résultat de tous les faits compris dans le livre, des conditions dans lesquelles se trouvent les aéronautes, les voyageurs en montagne, les habitants des hauts lieux. Moyens pratiques de conjurer les accidents.

Chap. II. — Augmentation de pression.

S.-Chap. 1. — Observations et critiques récentes.

Bésmné de l’historique récent.

S.-Chap. n. — Résumé et applications pratiques.

Étude approfondie et condensée des effets : 1" des fortes pressions; 2“ des faibles (1 à 5 atm.) pressions; 3° des décompressions brusques. Applications à l’hygiène et à la thérapeutique.

Chap. 111. — Conclusions générales.

A. — La diminution de la pression barométrique n’agit sur les êtres vivants qu’en diminuant la tension de l’oxygène dans l’air qu’ils respirent, dans le sang qui anime leurs tissus [anoxyhémie de M. Jourdanet), et en les exposant ainsi à des menaces d’asphyxie.

B '. — L’augmentation de la pression barométrique n’agit qu’en augmentant la tension de l’oxygène dans l’air et dans le sang.

Jusqu’à 3 atmosphères environ, cette augmentation de tension a pour conséquence des oxydations intra-organiques un peu plus actives.

Au delà de 5 atmosphères, les oxydations diminuent d’intensité, changent probablement de nature, et s’arrêtent quand la pression s’élève suffisamment.

11 en résulte que tous les êtres vivants, aériens ou aquatiques, animaux ou végétaux, complexes ou mono-cellulaires; que tous les éléments anatomiques, isolés (globules du .sang, etc.) ou groupés en tissus, périssent plus ou moins rapidement dans l’air suffi.saniment comprimé. Cette formule ne paraît souffrir d’exception que pour les corpuscules reproducteurs de quelques êtres microscopiques (1). Pour les animaux dits supérieurs, la mort est précédée de convulsions toniques et cloniques d’une violence extrême.

Chez les vertébrés, les accidents dus à la trop grande tension de l’oxygène ne commencent à se manifester qu’au moment où l'hémoglobine étant saturée d’oxygène, ce gaz entre à l’état de simple dissolution au contact des tissus. On peut donc •dire que les éléments anatomiques sont anaérobies (2).

C. — Les diastases, les venins, les virus vrais (vaccine, morve), résistent à l’aclion de l’oxygène à haute tension.

D. — Les effets fâchenx de la diminntion de pression peuvent être elQcacement combattus par la respiration d’un air suffisamment riche en oxygène pour maintenir à la valeur normale (20,9) la tension de ce gaz dans l’air.

Ceux de l’augmentation de pression le seront en employant de l’air assez pauvre en oxygène pour arriver au même résultat.

E. — D’une manière générale, les gaz favorables ou nuisibles (oxygène, acide carbonique, etc.) n’agissent que suivant la tension qu’ils possèdent dans l’atmosphère ambiante, tension qui se mesure en multipliant la proportion centésimale par la pression barométrique. L’augmentation de l’un des facteurs peut être compensée par la diminution de l’autre.

F. — Lorsque les animaux possèdent des réservoirs d’air, soit complètement clos (vessie natatoire des poissons acanthoptérygiens, etc.), soit en communication avec l’air pendant la décompression seule (vessie natatoire des cyprins, intestins des vertébrés aériens, etc.), soit en commuiiicalion avec l’air pendant la compression comme pendant la décompression, mais par des orifices trop étroits (poumons des vertébrés aériens, ete.), la diminution ou l’augmentation de pression peuvent avoir des effets physico-mécaniques.

G. — La décompression brusque à partir de plusieurs atmosphères n’a d’effet (sauf réserve pour quelques cas compris dans la conclusion F) qu’en laissant revenir à l’état libre l’azote qui s’était, à la faveur de la pression, dissous en excès dans

H. — Les êtres actuellement existants à l’état sauvage sur la surface du globe, sont accommodés, au degré de tension oxygénée sous laquelle ils vivent: toute diminution, toute augmentation parait leur être défavorable quand ils sont dans l’état de santé.

La thérapeutique peut tirer un parti utile de ces modifications dans divers états pathologiques.

I. — La pression barométrique et la proportion centésimale de l’oxygène n’ont pas toujours été les mêmes sur notre globe. La tension de ce gaz a vraisemblablement été et continuera sans doute d’aller eu diminuant. C’est là un facteur dont on n'a pas encore tenu compte dans les spéculations biogéniques.

La puissance de réaction contre ces diverses modifications conduit à supposer que les êtres microscopiques ont dû apparaître les premiers et qu’ils disparaîtront les derniers, lorsque la vie s’éteindra par insuffisance de tension d’oxygène.

IC.— 11 est inex act d’enseigner, comme on le fait d’ordinaire, que les végétaux ont dû apparaître sur la terre avant les animaux, afin de purifier l’air de la grande quantité d’acide carbonique qu’il contenait. En effet, la germination, même celle

des moisissures, ne se fait pas dans l’air assez chargé d’acide carbonique pour être mortel aux animaux à sang chaud.

11 l’est tout autant, ainsi que je l’ai fait observer il y a longtemps, d’expliquer l’antériorité des reptiles par rapport aux animaux à sang chaud, par l’impureté de l’air souillé de trop d’acide carbonique ; les reptiles, en effet, redoutent ce gaz plus encore que les oiseaux, et surtout que les mammifères.

Vil bis. — histruction aux voyageurs en haute montagne.

Indication de deux expériences simples dont les résultats pourraient être d’un grand poids dans la question de l’acclimatement sur les hauts lieux.

1” L’acclimatement tiendrait-il à une augmentation dans la faculté qu’a le sang d’absorberl’oxygène? Pour juger celle hypothèse, il suffira de recueillir 100 grammes de sang défibriné d’un animal acclimaté pour faire ultérieurement, la putré faction n’ayant aucune action (Jolyet) sur cette propriété, l’étude de sa capacité respiratoire.

2° Tient-il à ce qu’il se fait des économies sur les usures intra-organiques, et qu’il se forme par suite moins d’acide carbonique dans un temps donné? Le rhythme respiratoire ne changeant pas, il suffira de remplir avec de l’air expiré un petit flacon qu’on bouchera avec soin, pour y rechercher ensuite la proportion centésimale de l’acide carbonique. Si sa quantité n’a pas changé, la proportion centésimale devra avoir augmenté dans le rapport inverse de la dépression.

D. — Respiration (chimie physiologique).

1“ Les différents tissus d’un même animal, exposés à l’air ou plongés dans du Ig artériel et placés dans des conditions identiques, n’absorbent pas des quantités

égales d’oxygène; ils so placent dans la série décroissante suivante : muscles, centres nerveux, reins, rate, testicules, os.

2“ Les mêmes tissus provenant d’animaux différents ne consomment pas des quantités égales d’oxygène. Le muscle d’un animal à sang chaud en consomme plus que celui d’un animal à sang froid; celui d’un chien plus que celui d’un lapin; celui d’un animal adulte plus que celui d’un nouveau-né, etc.

3" Il n’y a aucun rapport constant entre la quantité d’oxygène consommé et celle d’acide carbonique exhalé dans l’atmosphère.

4° La quantité d’oxygène absorbé augmente avec la température, dans les limites physiologiques.

La connaissance de ces faits rendra des services pour l’établissement de la théorie de la re.spiration ; elle éloigne déjà l’idée de combustions simples. Elle sert aussi à expliquer certaines différences dans la résistance à l’asphyxie de quelques animaux.

IX. — Sur la richesse oxygénée du sang artériel d'un même animal, soumis à des conditions différentes, et du sang ([animaux différents stnimis à des conditions identiques.

1" Le sang artériel d’un animal à jeun est plus riche en oxygène que celui d’un animal en digestion.

2“ La richesse oxygénée du sang artériel et veineux augmente avec la richesse en oxygène du milieu respiré; la combinaison de l’oxygène et de l’hémoglobine n’échappe pas entièrement à la loi de Dalton.

3" Le sang artériel d’un animal endormi par le chloroforme est plus oxygéné au début du sommeil qu’il ne l’était avant l’action du poison.

4“ Le sang artériel d’un chien contient plus d’oxygène que celui d’un lapin, etc.

5" Le sang artériel de l’animal nouveau-né contient beaucoup moins'd’oxygène que celui de l’adulte.

IX bis. — Observations nouvelles sur les gaz du sang.

iPrmw»,r. 1028.)

C’est jle 'résumé de plus de cent analyses de gaz [du sang que j’ai été amené à faire dans mes expériences sur la pression barométrique.

20*. du diaphragme et de l’expiration; 21», contractilité pulmonaire; de la pression intra-pulmonaire ; 22*. nombre des mouvements respiratoires chez divers animaux ; 23«, influence de certaines conditions sur le rhythme respira-

La moyenne (gaz du sang artériel de chiens) a été pour l’oxygène 19,4 volumes de gaz pour 100 volumes de sang, et pour l’acide carbonique 40,4 ; avec écarts pour le premier gaz de 24 à 14,4, et pour le second de 50,4 à 33.

IX ter. — Rapports ente la rutilance du sang et sa richesse en oxygène.

(Soc. (le biologie, 187*.)

La rutilance du sang indique simplement la richesse en oxygène de la combinaison oxyhémoglobique, mais non la richesse en oxygène du sang lui-même.

Le sang des nouveau-nés, très-rutilant, contient peu d’oxygène.

IX guater. — Sur fêtât dans lequel se trouxe facide carbonique du sang artériel, du sang veineux et des tissus.

(Soc. de biologie. 1877; Preetion, p. 1036).

Une méthode expérimentale très-simple me permet d’affirmer que les alcalis du sang et des tissns ne sont jamais saturés par l’acide carhonique; en conséquence sa sortie dans l’acte respiratoire est toujours un fait de dissociation des hicarbonates et des phosphocarhonates.

Si l’on amène artificiellement la saturation, les accidents toxiques se manifestent aussitôt qu’il y a dans le sang de l’acide carbonique dissous.

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