Épidémie de mette du Poitou, en
On trouvera les détails sur cette grave épidémie dans le rapport. Je la signale surtout parce qu’elle a été la première tentative faite par moi pour aller combattre sur place une épidémie étendue. Cinq départements étaient pareillement envahis : la Vienne, l’Indre, la Haute-Vienne, la Charente et les Deux-Sèvres. L’épidémie avait débuté en mars. Le Comité ne fut prévenu que le 1“' juin.
La direction fut donnée au D' Thoinot, auquel furent adjoints six internes des hôpitaux de Paris. Tous les instituteurs furent chargés de recueillir chaque jour tous les renseignements sur les cas nouveaux survenus dans leur commune. Tous les jours, les gendarmes portaient le matin les renseignements aux internes postés chacun en des cantons différents. Le sôus-préfet de Montmorillon concentrait les documents qui étaient remis à M. Thoinot.
Les internes et M. Thoinot veillaient à l’isolement des malades dans la mesure du possible, faisaient désinfecter les logements d’abord à. l’acide sulfureux, puis par le blanchiment des murs à la chaux, enfin procédaient à la désinfection des linges par un lessivage au sulfate de cuivre.
Ces moyens étaient d’une exécution difficile, impossible pour la literie. C’est alors que je revins à Paris et priai MM. Geneste et
Herscher de construire des étuves qui, au lieu d’être fixes comme celles construites depuis deux ans sur nos indications, seraient mobiles. Huit jours après, ces étuves étaient construites et nous avons pu dire, pour l’application des désinfections dans les campagnes : L’étuve mobile est ce que nous connaissons de plus pratique.
L’épidémie cessa vers le commencement d’août et nous avons été autorisés à croire que notre intervention, bien que trop tardive, avait eu une certaine efficacité.