Le secret médical
(Étude de déontologie médicale, appuyée sur les traditions, sur la législation etila jurisprudence, 1887, 1 voi. in-16 de S46 pages.)
Peut-on synthétiser les caractères propres au secret médical, ou préciser ce qui les constitue dans la majorité des cas? Pour nous, il y a trois éléments principaux constitutifs du secret médical ; nous ne disons pas qu’ils sont les seuls, mais ils sont essentiels pat eux-mêmes. Ce sont :
t" La nature de la maladie, les affections vénériennes, appelées honteuses ou secrètes dans le langage populaire, puis toutes les maladies réputées héréditaires.
2’ L’avenir, le pronostic de la maladie, constitue le second élément du secret. Bans une maladie en évolution, ce n’est pas seulement sa nature qui constitue le secret, c'est son pronostic. Révéler qu'un homme est cardiaque, diabétique, albuminurique, c’est indiquer la probabilité d’une échéance fatale, plus ou moins éloignée. La maladie peut avoir des rémissions très prolongées ; c’est presque interdire au malade d’en profiter dans ses intérêts d ambition ou d’argent que d'avertir le public que l’avenir lui est dès maintenant limité dans une parcimonieuse mesure.
.1” Enfin, il est des circonstances de fait qui font un secret d'une
maladie ou d’un accident qui, dans des conditions étrangères à celle-ci, pourraient être librement divulgué. Une blessure par un coup de feu n’est pas, par sa nature, de la catégorie des affections secrètes ; mais si elle a été reçue dans un duel clandestin (affaire Saint-Pair), dans une, insurrection (réponse de Dupuytren, 6 juin 1832), elle peut le devenir. Il en est de même d'une mort subite survenue dans une maison mal famée, etc.