COMPOSÉS HOUVEAUX DU SILICIUM
(Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXIII, p 563. - Annales de Chimie
Le transport du silicium nous a conduit à la découverte du protochlorure de silicium et du sous-fluorure de silicium, et enfin à un très-intéressant mode de préparation d’un corps identique au sesquichlorure de silicium, que M. Friedel a obtenu par des réactions indirectes.
Le sous-fluorure de silicium se décompose avec une telle facilité par abaissement de température, qu’il ne peut être isolé qu’en faisant passer l’étincelle d’induction entre deux pointes de silicium dans une atmosphère de fluorure de silicium.
Quand on fait passer sur du silicium en fusion dans un tube de porcelaine un courant de chlorure de silicium, et que le refroidissement des vapeurs sortant du tube se fait brusquement, on recueille un mélange de bichlorure, de sesquichlorure et de protochlorure de silicium.
Toutes les fois qu’on chauffe fortement la vapeur du bichlorure de sili-
cium avec de l’air, on constate la formation de nombreux oxychlorures de silicium. Nous avons isolé six de ces corps; celui qui se produit le plus facilement, Si'O’Cl', avait été décrit par MM. Friedel et Ladenburg.
Nous avons reconnu que l’un quelconque de ces composés, soumis à l’action de la chaleur, se dédouble en bichlorure de silicium et en oxychlorures plus oxygénés. L’action de la chaleur sur un des oxychlorures permet, par suite, d’obtenir les oxychlorures plus complexes, avec condensatiqn progressive, par des réactions comparables à celles qui donnent les carbures hydrogénés les plus lourds, en partant de l’acétylène.
Nous avons décrit les éthers dérivés de quelques-uns de ces oxychlorures.
Recherches calorimétriques sur le silicium et le bore.
( P de Chimie et de Physique, 4’série’t. IX, p.71.)
Nous avons établi qu’un équivalent de silicium dégage plus de deux fois autant de chaleur qu’un équivalent de carbone en s’unissant à la même quantité d’oxygène, et plus de trois fois autant qu’un équivalent de carbone passantà l’état d’oxyde decarbone. La chaleurde transformation isomérique du silicium amorphe en silicium cristallisé se trouve également dans notre Mémoire.
Les propriétés des produits de l’oxydation du silicium rendent impossible toute détermination directe de la chaleur de combustion de ce corps. 11 faut nécessairement, pour obtenir celte constante, prendre une voie détournée et passer par des combinaisons intermédiaires. 11 nous a même fallu, dans une première série d’expériences, déterminer la chaleur dégagée dans la combinaison du bore avec le chlore, car le silicium ue se combine directement avec ce gaz qu’à la condition d’être mélangé avec du bore amorphe.
Sur quelques réactions des chlorures de bore et de silicium.
Les réactions signalées dans ce travail, fait en commun avec M. Troost, permettent d’expliquer les résultats complexes que l’on obtient chaque fois que l’on emploie les chlorures de bore et de silicium en vapeur dans des tubes de porcelaine.
Les vapeurs de chlorure de bore, en passant dans un tube de porcelaine
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vernie, agissent sur la couverte et donnent naissance à du chlorure de silicium et à du chlorure double d’aluminium et de potassium. Nous avons également constaté que le chlorure de bore décompose l’alumine pure, la silice pure, la zircone et l’acide titanique, en donnant des chlorures correspondants et de l’acide borique.
Le chlorure de silicium n’a pas d’action sur la couverte feldspathique. Il n’attaque pas l'acide .titanique; mais il attaque l’alumine libre et la zircone, c’est-à-dire les oxydes qui jouissent de la propriété de se combiner avec la
Action de Voxygène sur les chlorures de zirconium et de titane.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXIB, p. 565.)
En faisant passer dans un tube de porcelaine chauffé au rouge un mélange d’oxygène et de chlorure de zirconium, nous avons constaté, M. Troost et moi, que l’oxygène déplace une partie du chlore du chlorure de zirconium et donne un oxychlorure volatil dont la composition correspond à la formule Zr‘0 2 Cl 6 .
Chauffé dans les mêmes conditions, le chlorure de titane donne un oxychlorure dont la formule est Ti‘O e CI 1 .
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LX1X, p. 48.)
Nous avons établi, M. Troost et moi, par nos expériences sur l’acide arsénieux vitreux et sur les acides arsénieux octaédrique et prismatique, que les lois de la dilatation des corps isomères dimorphes doivent, au même titre que les densités, intervenir dans la prévision du sens des phénomènes calorifiques qui accompagnent la transformation isomérique ainsi que le changement de forme cristalline.
Nous avons obtenu, M. Troost et moi, un carbure de manganèse qui présente une structure cristalline; sa composition correspond à la formule Mn s C. Ce carbure, chauffé avec de l'acide borique, fournit un borure de
manganèse nouveau MnBo très-bien cristallise. 11 présente, comme le carbure, les propriétés thermiques de toute combinaison énergique.