CHIMIE MINÉRALE
Recherches sur les alliages de l’hydrogène avec les métaux.
(Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXVIU, p. 807 et 968. — Annales de Chimie et de Physique, 5" série, t. Il, p. v;i.)
Eu étudiant avec M. Troost les conditions de l’absorption de l’hydrogène par les métaux alcalins, nous avons constaté que l’hydrogène se combine à
ces métaux et que les composés obtenus ont, comme les alliages ordinaires, les propriétés caractéristiques des métaux. Ils répondent aux formules K ! H etNa’H.
L’étude du palladium hydrogéné de M. Graham nous a permis de reconnaître l’existence d’un alliage défini dont la formule est Pa ! H.
Graham avait cherché à déterminer la densité de 1 ’hydrogénium et obtenu des nombres variant de r, 708 à o, 733. Nous avons pu déduire de la densité des alliages de composition définie Na 2 !! et Pa ! H, pour la densité de l’hydrogène combiné au sodium, le nombre o,63, et pour celle de l’hydrogène combiné au palladium, le nombre 0,62. L’accord de ces deux déterminations permet de présenter leur moyenne, 0,625, comme une première approximation au moins probable de la densité de l’hydrogène allié aux métaux. Cette densité est très-voisine de celle de 0,09 du lithium, le plus légerde tous les
Le calcul donne, pour le volume atomique de l’hydrogène combiné au sodium, le nombre 1,59, et, pour celui de l’hydrogène combiné au palladium, le nombre 1,60. Le volume atomique de l’hydrogène est donc le plus petit des volumes atomiques connus.
Phosphore.
(Annales scientiBques de l’École Normale supérieure, 2" série, il II, p. 272. — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXVIII, p. 7 a.)
Dans les études sur les transformations du phosphore que nous avons faites en commun, M. Troostet moi, nous avons obtenu du phosphore rouge dans des états très-différents.
Préparé à 58o°, le phosphore rouge a manifestement éprouvé un commenct ment de fusion et présenté des cavités tapissées de petits cristaux de phosphore rouge ou remplies de phosphore en fines aiguilles formant un feutrage.
C’est seulement lorsque le phosphore rouge est cristallisé qu’il présente les caractères qu’on est habitué à rencontrer dans les espèces minérales définies, car le phosphore rouge amorphe présente des propriétés qui varient avec les échantillons. En effet, nous avons reconnu, par des mesures calorimétriques et de nombreuses déterminations de poids spécifiques, que la densité et la chaleur de combustion, ces deux caractères de l’espèce, varient d’une manière continue dans les échantillons formés à des températures graduellement croissantes.
Cyanogène et paracyanogène.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXVI, p. 7 35 et 79 5.)
Nous avons constaté, M. Troost et moi, que le paracyanogène passe à l’étal de cyanogène en présentant des phénomènes absolument comparables à la vaporisation d’un liquide, et que le cyanogène gazeux se transforme en paracyanogène dans certaines conditions de lempérature et de pression. Nous avons régularisé la préparation du paracyanogène aux dépens du cyanure de mercure; le rendement en paracyanogène pur a été porté à ^environ du cyanogène du sel de mercure. Nous avons étudié comparativement le paracyanogène extrait du cyanure d'argent et celui préparé au moyen du sel de mercure.
Acide cyanurique, cyamèlide et acide cyanique.
Nous sommes parvenus, M. Troost et moi, à préparer, aux dépeus de l’acide cyanique en vapeur, l’acide cyanurique ordinaire, cristallisé et soluble, et son isomère, la cyamèlide, sans passer par l’acide cyanique liquide, suivant le procédé décrit par M. Wohler.
Nous avons fait connaître les lois de la transformation isomérique de cette vapeur.
La facilité avec laquelle l’acide cyanique liquéfié se modifie avait empêché de fixer son poids spécifique, sa dilatation à l’état liquide et sa densité de vapeur. Les changements d’état de cet acide donnant à la mesure de sa densité, à des températures différentes, un intérêt tout exceptionnel, nous nous sommes attachés à les déterminer avec précision dans la plus grande étendue possible de l’échelle lherrpométrique.
Le coefficient de dilatation croit très-rapidement de — ao° à zéro. La densité de l’acide cyanique est i,i56à — 20° et i, i4o à zéro.
Nous avons mesuré la perte de chaleur qui accompagne la transformation de cet acide en cyamèlide, ainsi que l’énorme contraction qui l’accompagne.
On n’avait jusqu’ici, pour calculer les chaleurs dégagées ou absorbées dans les réactions où interviennent les composés cyaniques, d’autre donnée que la chaleur de combustion du cvanogene. déterminée parDulong. Les résultats de nos recherches sur les isomères de l’acide cyanique permettent de calculer les quantités de chaleur dégagées dans les réactions où les acides oxygénés du cyanogène prennent naissance ou se détruisent.
(Comptes i
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Sur la volatilisation apparente du silicium.
rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXIII, p. 443. - Annales de Chimie et de Physique, 5" série, t. VII, p. 454 .)
Nous avons constaté, M. Troost et moi, que le silicium, corps fixe à toutes les températures de nos fourneaux, peut se conduire comme une substance volatile lorsqu’on le chauffe en présence du fluorure de silicium ou du chlorure de silicium.
Le transport du silicium tient à ce que le fluorure de silicium forme, au contact du silicium libre, très-fortement chauffé, un sous-fluorure gazeux susceptible de régénérer, par abaissement de température, le fluorure de silicium et le silicium avec lequel ce gaz avait contracté combinaison. Nous avons constaté qu’une quantité limitée de chlorure de silicium peut transporter une quantité considérable de silicium, et que le mécanisme de Ce transport est la conséquence de la formation et de la décomposition d’un sous-chlorure de silicium.
Cette volatilisation apparente permet d’oblenirdu silicium cristallisé sans l’emploi des dissolvants métalliques.