CHAPITRE V
Application des caractères anatomiques à la détermination des drogues végétales et à la recherche des falsifications.
I.c micriiscope joue, comme on le sait, un rôle fort important dans l'examen des produits alimentaires et des drogues d’origine végétale, l’analyse inieioseo[iique conslituaiit le plus soiuent un coniplément indispensable de l’analyse chimique. Se trouv<^-t-on en possession d’un lambeau de teuille, d’une parcelle de lige, de radium ou d écorce, les caractères histologiques que l’on peut y déceler en ce qui concerne, par exemple, la forme des cellules épidermiques et <ies poils, la nature des éléments sécréteurs, le mode de cristallisation de l’oxalale de calcium, mcllenl rapidement sur la voie de la délerminalion de l’espèce il’oé provient l’échantillon examiné.
L’élude microscojiiqiie fournil, par là même, les moyens de déceler les talsirications et, à cet égard, en ce qui concerne les drogues végétales, j’ai eu l’occasion, en maintes circonstances, de mettre à profit mes cohnais-
Falsiflcatlon des feuilles de Belladone {Bull. Sc phunnacnlogiques. \S . liKIS, 21:1-222, 11 11g.) ; en collahoialion avec M. (luillaume.
Nous appelons l’àllenlion, dans celle Note, .M. Guii.lai'Mi; et moi, sur les falsifications nn.xquclles donnent lieu, dans le commerce des plantes médicinales, les feuilles de Belladone.
L’écorcs de Ptelea (rifoliata L. ; sa substitution à celle d’Emnymas alropurpareus Jacq. {Union pharmaceutique, avril 1918, 113-117, 2 flg.)
Les droguistes ont éprouvé les plus grandes difficultés à se procurer, dans le courant de 1918, les écorces die VEvonymus alropurpureus Jacq., Célastr acée des régions septentrionales et occidentales des Etats-Unis. Elles se trouvaient presque constamment remplacées, soit en totalité.' soit en partie, par des écorces d'une odeur particulière (odeur rance et de réglisse) et d'une épaisseur plus considérable (jusqu’à 8 millimètres), que l’étude anatomique nie permit de rapporler à une Butacée, le Ptelea irifoliata L., arbuste des mêmes régions que l'Evonymus atropwpweus Jacq.
Ces deux écorces se distinguent surtout par la structure de leur péri-
soluble. Toutefois, les recherches ultérieures de Barger (1902) ont établi, pour la Saponaire, que ce corps n’est pas un hydrate de carbone, mais un glucoside.
Sur la présence d'un Champignon dans l’Ivraie (Lolium temulentum I.) Ass, française pour l’avancement des Sciences, Nantes, 1898).
Sur la présence d’un Champignon dans l’Ivraie (Lollum temulentum L.) {Journ. de Botanique, XII, n- 15-16, 1898, 230-238, 5 flg.)
On connaît, depuis très longtemps, les propriétés vénéneuses de l’Ivraie,
il semble permis de supposer que le Champignon pénètre par la partie intérieure de l’ovaire. Dans cette région, les filaments mycéliens sont en effet très abondants, et de là on les voit ramper dans la portion de la paroi ovarienne le long de laquelle l’ovule est largement inséré.
De bonne heure, le nucelle ovulaire est complètement envahi par le mycélium, qui se trouve ensuite refoulé par l’albumen qui a pris naissance dans le sac embryonnaire.
La zone fongique du L. tenmlenium L. existe-t-elle chez d’autres espèces de l.iilium ? Mes observations ont porté sur de nombreux échantillons de L. iicienne I.., parmi lesquels un seul s’est trouvé parasité. Des échantillons lie D. aruense Wilh. (var. du L. temulentum) étaient également envahis par le Champignon, de même que le L. Unicola Sond. Le L. italicum Braun on était absolument dépourvu.
Or, les espèces réputées vénéneuses étant les seules qui possèdent la couelio mycélienne, il y a lieu de se demander si elles ne doivent pas leurs propriétés toxiques à la présence du Champignon, de nature pathogène, ou dont l’action consisterait à transformer en substances nocives les matières azotées situées dans la région périphérique du grain.
Quoi qu’il en soit, le Champignon de l’Ivraie n’est nullement comparable
Il ne parait pas douteux ([ue ces poils aient pris naissance en vne de protéger la plante contre les hôtes nombreux de ces domaties, et la présence de poils glanduleux excessivement nombreux dans les cryptes des espèces citées précédemment, apparaît comme un nouvel argument en faveur de l’hypothèse admise par certains auteurs, qui consiste à voir dans les poils épidermiques secreteurs, grflce aux hudes essentielles et aux-résines qu’ils laissent exsuder, une arme de défense pour la plante contre l’attaque des
A propos des expertises relatives au commerce des houblons /tonales delà Brasserie et de la nistillerie, XV, 1912, 217-227, 241-248, 12 phol.l;en collaboration avec M. H. Gautier.
Ce travail, tait en collaboration avec M. II. Gai •ni-.n, est une discussion des méthodes suivies pour appiécier la valeur des houblons.
A la suite de très nombreuses observations sur des échantillons de provenances les plus variées et d’une authenticité incontestable, nous avons montré combien est insuffisant le procédé basé sur l’écartement moyen des bractées sur l’axe du cône, pour déterminer la finesse d’un houblon.
Etant donné que, dans un lot de houblon, on rencontre des cônes dont l’écartement varie le plus souvent entre des limites très éloignées, on se rend compte de l’impossibilité qu’il y a à déterminer, par celte méthode, la provenance d’un échantillon, encore plus de courlure à un mélange et surtout à la pro()orlion des éléments du mélange.
L’appréciation d’un houblon, il’après sa teneur en graines, ne constitue pas une méthode plus sûre que la précédente.
L’analyse chimique ne peut fournir non plus aucune indication précise sur la provenance du houblon ; encore moins permettrait-elle de conclure & un mélange de variétés dans ce produit.
En résumé, de tous les caractères sur lesquels on se base pour l’examen d’un houblon, J'arome reste, en définitive, le seul critérium pour l’appréciation de ce produit.
PUBLK.ATIONS DIVERSES
Les connaissances acluelies sur la fécondation chez les Phanérogames (Thèse d'Agrégation des Écoles supérieures de Pharmacie, Paris, 1904,160 p„ 31 fig., 1 pl.).
Comme collaboratem' de la Revue Scienliliquc depuis 1907, j’ai donné a ce journal plusieurs articles, constituant la mise au point de diverses questions relatives à la biologie végétale, la culture et la récolte de certaines plantes :