C. - ronHIATION dks espèces sous l’influence du
PAR.ASITISME CHEZ' LES HÏMÉNOPTÈHES.
Les Sphécodes sont de petites Abeilles qui ont des affinités étroites avec d’autres Abeilles solitaires connues sous le nom d’Halyctes. Jusqu’alors on considérait les Sphécodes comme approvisionnant leurs nids de miel et de pollen, comme le font les Halyctes. Les observa-
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llons de M. Marchai ont au contraire démontré leur parasitisme aux dépens des Halyctes. Cette constatation a une portée considérable au point de vue de la théorie évolutionniste du parasitisme. Ici la ressemblance étroite des Sphécodes et des Halyctes ne peut en effet s’expliquer par le mimétisme, et l’on se voit alors obligé de conclure que le type Sphécode est dérivé du type Halycte par le parasitisme, ainsi que Pérez l’avait soutenu pour divers Apiaires. Pour expliquer cette origine on peut admettre que les individus qui ont constitué la souche originelle des Sphécodes devaient être, d’une façon ou de l’autre, mal dotés au point de vue de la nidification et que leur lignée, grâce à ses facultés instinctives, a pris une voie de dérivation lui permettant d’échapper à l’extinction dont elle était menacée ; cette voie n’était autre que le parasitisme aux dépens de ses propres congénères.
D. - IMPOIITANCE DU ClUTÉRIUM BIOLOGIQUE AU POINT DE VUE
Pour distinguer les espèces voisines, le critérium biologique basé sur l’expérimentation est seul dans certains cas capable d’entraîner la conviction. C’eSt ainsi que l’auteur a pu établir d’une façon expérimentale la distinction d’une espèce nouvelle de Cécidomyie {C. vaeme), voisine de C. destructor, en démontrant que la Cécidomyie destructive ne se développait pas sur l’Avoine et que la Cécidomyie de l’Avoine ne se développait pas sur le Blé (n" 32).
Dans certains cas, l’impossibilité du croisement peut être démontrée chez des espèces très voisines, et il y a là un critérium do premier ordre pour établir leur autonomie; c’est ce que M. Marchai a fait voir par l’expérience pour deux espèces de Guêpes très voisines, Vespa mlgaris et Vespa germanica (n” 36).
Enfin dans d’autres cas l’étude des mœurs d’une espèce peut jeter la lumière sur ses affinités; c’est ainsi qu’en reconnaissant que les larves de Lampromyes creusent dans le sable des entonnoirs pour y
cale. Cette courbe s’observe en particulier bbez les Insectes qui se signalent par leurs dégâts dans les cultures (Cécidomyie destructive, Army-Worm, Sésamies, etc.); elle est déterminée par une cause destructive atteignant l’espèce périodiquement et la réduisant à un minimum très faible, sans pourtant l’anéantir. Cette cause destructive doit .en général être cherchée dans les parasités. L’espèce parasite présente une courbe d’évolution numérique qui lui est propre et qui côtoie celle de l’hôte pendant la période ascendante; il arrive un moment où la courbe du parasite rencontre celle de l’hôte et il en résulte une chute, brusque verticale des deux courbes confondues qui marquerait l’extermination de l’hôte entraînant celle du parasite, si une condition adaptative spéciale de l’espècè hôte n’intervenait.
L’espèce n’est pas entièrement anéantie par le parasite parce que, dans les cas dont il s’agit, elle possède une grande variabilité dans la durée nécessaire au développement de l’individu. Grâce à cette variabilité, il y a toujours des réserves échappant en majeure partie à l’action destructive des parasites et permettant à l’espèce de reprendre sa progression, après être descendue à un taux numérique
G. - KIDIfICATIONS ET INSTINCTS DES HYMÉNOPTÈBES
Outre les monographies dont il a été question plus haut et qui ont trait à la biologie des Hyménoptères, M. Marchai a publié des observations sur la nidification et les mœurs des Crabro, des Lindenius, des Solcnius, des Bembex, du Spheœ splendidulüs et du Chalicodoma Perezi.
La reproduction asexuée peut se manifester chez les Insectes à différents stades de l’ontogénèse. Tantôt ce sont des larves qui reproduisent par bourgeonnement à l’intérieur de leur corps de nouvelles larves (pédogénèse) ; tantôt ce sont des adultes qui donnent naissance à de nouveaux individus se développant dans les ovaires des parents (parthénogénèse des Pucerons). M. Marchai a découvert chez les Hyménoptères parasites un nouveau mode de reproduction qui complète cette série de phénomènes dont il constitue en quelque sorte le premier degré; chez VEncyrtus fuscicollis qu’il a. observé, c’est en effet au début de l’ontogénèse, dans l’œuf lui-même, que se produit la dissociation du corps, et c’est aux dépens d’un œuf unique que l’on voit se constituer un nombre d’embryons très grand, pouvant dépasser cent et tous destinés à devenir des Insectes parfaits qui, en général tout au moins, sont de même sexe.
'VEncyrtus fuscicollis dépose ses œufs dans les œufs mêmes de l’IIyponomeute du Fusain. L’amnios de l’œuf parasite s’allonge de façon à former un long tube épithelial que plus tard on trouve flottant dans la lymphe de la chenille de l’Hyponomeute. Quant aux cellules qui se trouvent à l’intérieur de l’amnios, au lieu de se constituer en un seul embryon, comme c’est le cas habituel, elles se dissocient de façon à donner naissance à toute une légion de petites masses cellulaires qui s’organisent en embryons et se disposent en file à l’intérieur du tube amniotique commun.
Le mode de reproduction qui vient d’être brièvement résumé est entièrement nouveau chez les Arthropodes.
Ce travail a été traduit en entier dans I^atural Science (May 1898).