II. - IIEPRODUCTION ET ÉVOLUTION DES HYMÉNOPTÈHES SOCIAUX
La reproduction et tévolution, des Guêpes sociales.
Ce mémoire est une étude monographique de la biologie des Guêpes, faite au point de vue de la biologie générale, et, dans l’esprit de l’auteur, c’est à ce point de vue que devrait toujours être traitée l’histoire biologique des Insectes. Dans les travaux qui se proposent ce genre de recherches, on doit retrouver sans cesse la même préoccupation de débrouiller ou d’expliquer sans idée préconçue, les phénomènes dont la connaissance est réellement utile, soit pour l’histoire évolutive de l’espèce et de la société, soit pour la connaissance en elle-même d’un grand fait biologique.
L’étude de la reproduction chez les Hyménoptères sociaux étant la clef de l’histoire biologique tout entière de leurs sociétés et de leurs instincts, c’est elle qui a fourni les principaux éléments du travail de l’auteur. Ses expériences et ses observations ont porté sur 31 nids de Guêpes. Après les renseignements techniques nécessaires sur la capture des nids et sur l’élevage des Guêpes en captivité, l’auteur étudie la reproduction des Guêpes souterraines et des Guêpes à nids aériens en abordant tour à tour les questions relatives à la différenciation des sexes et des castes, puis l’évolution des dispositions instinctives liées à la reproduction.
Parmi les faits les plus intéressants signalés dans ce mémoire on doit relever les suivants ;
1“ La ponte parthénogénétique est normale, mais à un faible degré chez les ouvrières du genre Yespa, et les individus ainsi engendrés par parthénogénèse sont toujours du sexe mâle.
2“ La ponte parthénogénétique s’exagère d’une façon extraordinaire par le seul fait de la suppression de la reine ou de l’arrêt de sa ponte. On peut ainsi la provoquer en captivité jusqu’à obtenir un
tiers d’ouvrières fécondes, et, dans un guêpier où la reine avait eu une longue interruption de ponte, plus de la moitié des ouvrières furent trouvées fertiles ; leur ponte, dans ce cas, était tellement abondante, que, la place leur manquant, on trouvait jusqu’à 10 œufs dans la même cellule, et que de nombreux œufs étaient pondus dans les interlignes
qui séparaient les opercules (fig. 9). Ainsi donc les ouvrières n’ayant plus de jeune couvain à nourrir résorbent les liquides nutritifs qu’elles
auraient donnés aux larves, et, sous l’influence de cette résorption, les ouvrières font retour au type primitif, en même temps qu’elles sont sevrées des fonctions sociales qui sont leur raison d’être ; eu un mot, elles deviennenffécondes, perdant ainsi le caractère négatif, il est vrai, mais en somme fondamental de leur différenciation, la stérilité.
3“ Sous rinfluence.de la suppression de la fonction de la reine, toutes les ouvrières pourtant ne peuvent pas indifféremment faire.
retour au type fécond originel. 11 faut pour que les ouvrières deviennent fertiles qu’elles ne soient pas écloses depuis un temps trop long, et la tendance à la fécondité chez l’ouvrière sous l’influence de l’éloignement de la reine ou de l’interruption de la ponte de cette dernière est d’autant plus marquée que cette ouvrière est plus jeune.
4“ Le guêpier souterrain comprend deux ordres de cellules, les petites et les grandes (fig. 8). Les dernières constituent les gâteaux in¬
férieurs du nid et ne sont construites qu’à partir de la deuxième
Au point de vue de la différenciation des alvéoles et du pouvoir électif que possède la reine pour répartir les sexes dans ces alvéoles, la Guêpe représente un stade d’évolution inférieur à celui de l’Abeille.
Dans les petites cellules la reine pond toujours indifféremment des œufs femelles ou des œufs mâles. Elle a, par contre, le pouvoir de déterminer à coup sûr le sexe femelle des œufs qu’elle pond dans les grandes cellules à la fin de la saison, et d’en exclure par conséquent le sexe mâle.
5" Pour interpréter les faits connus et ceux qui sont exposés dans ce mémoire, il est nécessaire de modifier la théorie de Dzierzon en subordonnant la faculté que possède la reine de commander à son réceptacle séminal à l’état d’activité plus ou moins grande de ce dernier.
En se basant sur les observations et les expériences contenues dans ce travail, l’auteur retrace l’histoire de la différenciation progressive des castes, et l’évolution des instincts ou des réflexes plus ou
I tératogénie expérimentale produii itenus par la sélection naturelle.
Observations sur les Polistes.
jrésentent au point de vue de l’évolut très primitif. Le type ouvrière y est les cellules sont toutes semblables e:
observer la première cellule d’un nid îu d’être hexagonale et elle réalisait îellule primitive des Hyménoptères; que le type de la cellule hexagom de la Guêpe et qu’il n’est, suivan' ,e résultat de l’association de plusieui nt et de la régularité du travail des mémoire des détails sont donnés s
La castration nutriciale chez les .Hyménoptères sociaux.
Parmi les facteurs qui ont présidé à l’évolution des castes chez les Hyménoptères sociaux, le régime nourricier tient la première place; et la pauvreté de la nourriture donnée à la larve est actuellement considérée par bien des auteurs, (Herbert Spencer, Emery) comme un des éléments les plus importants de la-détermination du iy'ÿc ouy-néTO (castration alimentaire).
Ce facteur est en effet de premier ordre, mais il en existe aussi un autre présentant une. grande importance au point de vue dont il est question. Ce deuxième facteur réside dans la fonction de nourrice exercée par les Hyménoptères adultes. Les observations de M. Marchai ont en effet démontré que l’une des principales causes de la stérilité des ouvrières chez les Guêpes réside dans ce fait que les jeunes femelles doivent se consacrer aux soins réclamés par une nombreuse colonie larvaire, et remplir vis-à-vis d’elle la fonction de nourrice; or cette fonction, ainsi qu’il résulte d’expériences variées faites par l’auteur, entraine la régression des œufs. Le phénomène par lequel la stérilité se trouve ainsi déterminée peut être désigné sous le nom do castration nutriciale et il est d’autant plus manifeste que le degré d’évolution sociale est moins avancé.