PUBLICATIONS D’ENTOMOLOGIE AGRICOLE
Le mémoire n” 48 qui est accompagné de 8 planches et de figures intercalées dans le texte, est une étude monographique détaillée des Cécidomyies des céréales contenant de nombreuses observations originales sur la mouche de Hesse et sur les espèces de la môme famille nuisibles aux céréales. L’auteur s’est attaché surtout à fixer par des expériences le cycle évolutif de la Cécidomyie sous notre climat, la connaissance exacte de la succession des générations ayant une grande importance au point de vue des mesures préventives qui doivent être observées. Pendant l’invasion qui sévit en Vendée, l’auteur se rendit dans la région dévastée pour observer sur place l’évolution de l’Insecte et les dégâts causés par ses atteintes; il découvrit en outre une espèce nouvelle qu’il nomma Cecidomyia avenæ et qui enl894 ravagea les cultures d’Avoine du Poitou.
Malgré l’importance des caractères morphologiques différentiels présentés par les larves des deux espèces, on pouvait toutefois encore hésiter et se demander si la Cécidomyie de l’Avoine n’était pas une simple variété de la Cécidomyie destructive déterminée par la plante nourricière. Pour résoudre la question, les expériences suivantes furent instituées. Le 19 mars 1895, sur une terrasse de l’Institut agronomique, une caisse fut ensemencée presque entièrement en Avoine et pour une faible partie en Blé. La caisse fut recouverte d’une grande cage formée d’un bâti de bois sur lequel avait été tendue une mousseline très fine ; de nombreux pieds de Blé secs et
festées par Cecidomyia avenus y furent introduites. Les Diptères qui sortirent des pupes à la fin d’avril, pondirent sur le Blé et sur l’Avoine, mais avec une préférence marquée pour cette dernière plante. Le fl mai, il ne fut pas trouvé trace de la Cécidomyie sur aucun pied de Blé ; sur la plupart des pieds d’Avoine se trouvaient au contraire quelques larves, petites encore, il est vrai, mais dont quelquesunes avaient déjà dépassé de beaucoup la taille qu’elles ont au sortir de l’œuf et avaient pris la teinte blanche succédant à la teinte orangée du premier âge.
Il résultait donc des expériences précédentes : 1” que la Cécidomyie destructive ne se développait pas sur l’Avoine ; 2“ que la Cécidomyie de l’Avoine ne se développait pas sur le Blé. Ces deux Cécidomyies formaient donc deux espèces nettement distinctes.
Au point de vue pratique, la distinction de Cecidomya avenæ et l’étude de sa biologie permirent de donner des indications précises sur les règles à suivre pour l’alternance des cultures.
Le même mémoire contient un grand nombre d’observations intéressant la science pure et la biologie générale. Le développement des Hyménoptères parasites y est longuement traité.
Voici en quels termes, M. Howard, l’éminent directeur de la Division d’Entomologie au Ministère de l’Agriculture des États-Unis a jugé ce travail dans le journal « Science ».
« This paper, which bas just corne to hand, is, taking it ail in ail, « the most important contribution to a knowledge of the Hessian % « in Europe which bas ever been published. It eontains also studies « of a very great biologie interest, especially with regard to the larval « development of certain of the parasites of the larva of the Hessian « fly, and it is especially in relation to these observations that this « review is submitted... Careful studies are given of other species of a Cecidomyiidæ affecting grasses and grains in Europe and else- « where, and especially of Cecidomyia menæ, a closely allied form « which the author has differentiated from the Hessian fly.
« The observations made on the biology of parasitio insects are « nothing less than remarkable. »