PHARMACIE
Sur la conservation du chloroîorme et sur un dispositif indicateur de son altération accidentelle (en commun avec M. P, Wooo). Comptes rcnilns, t CXUII, j!)06, p. i 195)
On sait que le chloroforme pur se décompose, sous l'inllucnce de Pair et de la lumière, en acide chlorhydrique et en phosgène ; ce dernier produit est éminemment toxique. Pour l’anesthésie, on doit donc employer du chloroforme rigoureusement rectifié, absolument exempt de produits de décomposition.
Jusqu’ici, pour empêcher l’altération du chloroforme, on a indiqué les procédés suivants : suppression absolue soit de l’air, soit de la lumière, ou encore addition de petites quantités d’alcoolj de toluène, d’éther, de soufre, d’huile d’œillette.
Il m’a paru intéressant de rechercher si d’autres substances ne permettraient pas de conserver, 6 la lumière diffuse, du chloroforme, sans , qu’il soit indispensable de le renfermer dans des flacons en verre coloré.
Parmi les très nombreuses substances que j’ai essayées, les suivantes sont, h la dose de 2 h 4 millièmes (c’est-à-dire dans les mêmes conditions d’emploi que l’alcool absolu, conservateur exclusivement employé jusqu’ici), particulièrement recommandables : essence de térébenthine, blanc de baleine purifié, menthol, terpinéol, citronollol, géraniol, salicylates de méthyle el d’amyle, gaïacol, thymol, safrol, ionone, aldéhyde mélhylprotocaléchique.
Pouvant dès lors conserver du chloroforme dans dés flacons en verre blanc, il devenait très intéressant de chercher à mettre en évidence toute trace de décomposition accidentelle. J’ai donc imaginé un dispositif coloré indicateur de cette trace d’alléralion.
Sachant que la plus légère altération du chloroforme sc manifeste par l’apparition de produits chlorés acides, j’ai d’abord observé que, entre autres produits, le rouge Congo, le vert dé méthyle, la cyanine ou l’éosine en solution alcoolique, pouvaient, par virage ou décoloration, servir d’indicateurs très sensibles :