Notice sur les travaux scientifiques
Mémoire sur un nouveau genre de seU obtenu par l’action de l’hydrogène sulfuré sur les arséniates (en commun avec M. Bouquet).
(Comptes-rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. XIX, p. uoo, 1844 .
- Annales de Chimie et de Physique, 3* série, t. XIII, p. 44-)
Beritélius avait constaté la formation d’un sulfosel par l’action prolongée de l’acide sulfhydrique sur la dissolution d’un arséniate alcalin; il y avait réduction complète ou plutôt remplacement de tout l’oxygène par une quantité équivalente de soufre.
Dans ce travail, la substitution n’a pas été poussée aussi loin : une partie seulement de l’oxygène de l’acide a été remplacée par du soufre ; on a obtenu un sel à composition définie, parfaitement cristallisé, dont
l’acide a été désigné sous le nom A’acide sulfoxyarsénique, mais qu’il conviendrait mieux d’appeler acide dithionarsénique.
Cet acide n’a pas été obtenu à l’état libre; quand on essaye de l’isoler, il se décompose en soufre et en acide arsénieux.
La composition du sel correspond exactement à celle de l’arséniate acide de potasse.
A l’époque où ce travail a paru, on ne connaissait pas de composés de cette nature. C’est le premier exemple d’un acide contenant à la fois comme élément électronégatif de l’oxygène et du soufre; depuis, M. Wurtz a obtenu des produits analogues avec le phosphore, ce corps dont la plupart des combinaisons correspondent à celles de
Il existe, en outre, un certain nombre de sels semblables, mais appartenant à des genres différents. Je citerai notamment le séléniosulfate de potasse, que j’ai obtenu en chauffant du sélénium en poudre line avec une solution concentrée de sulfite neutre de potasse.
Sur le chlorosulfure d'antimoine.
(Annales de Chimie et de Physique, 3« série, t. XXX, p. 374; i85o.)
Ce composé, analogue au chlorosulfure de phosphore de Sérullas, s’obtient, comme ce dernier, par l’action de l’bydrogène sulfuré sur le perchlorure négatif; la réaction donne lieu à une élévation de température; il se dégage de l’acide chlorhydrique, et l’on obtient finalement une matière fondue solidifiable par le refroidissement : c’est le chlorosulfure eu question. Comme ses congénères, il est peu stable ; l’bumidité le décompose rapidement. 11 en èst de même des alcalis; la nature des produits formés dans ces conditions reste à examiner.
Recherches expérimentales sur ta 'riitrificiuion.
Recherches sur la nitrification et considérations générales sur le rôle des nitrates dahs la végétation.
(LSçons 'de Chimie professées en r'861 à là Société Chimique de Paris, p’, iiï,
J’ai établi dans ces recherches la formation du nitre par le passage d’un courant d’air purifié convenablement sur divers corps poreux imprégnés d’une solution de carbonate de potasse pur.
La nidification est un phénomène très-(complexé résultant de diverses causes, qui opèrént ensekniile ou sépàVéméht; parmi cés causes, je crois pouvoir citer, comme ayant la plus grande part d’infiuefice :
1° La présence de l’acide nitrique dans l’air;
2° La formation du mêmé acide par la combinaison direct'e dé l’azote avec l’oxygètte, dans les nombreux phénomènés naturfels d’oXy'dation oh l’air intervient, l’acide nitrique sé formant dans ce cas par une sorte d’ehtrâîneihertt;
3" La production de l’acide nitrique dahs le sol par l’oxydation de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux;
4“ Enfin la formation du même acide aux dépens de raz'ote des matières organiques azotées; ou des engrais ehfouis dans le sol.
Ce travail avait pour but essentiel de montrer que là prbdilction de l’acide nitrique pouvait avoir lieü dans les expériences ihstitüées par M. Ville pour démontrer l’assimilation directe de l’azote dé l’air par les plantes. 11 est probable que, si la question était examinée de nouveau, elle serait jugée différemment qu’elle ne l’a été par la Cdmmis.slon dé l’Académie des Sciences; car il est incontestable que la production d’un nitrate dans les conditions qüfe j’ai indiquées etitache d’èrrebi- les résultats des expériences faites pour résdtidre la questioh.
Recherche de l’iode libre dans l’air atmosphérique.
(Bulletin de la Société Philomathique, 1857. — Journal l’Institut, 1857,p. 192.— Recueil.
des travaux de la Société d’Émulation pour les Sciences pharmaceutiques, t. II, p. 45.)
C’est un travail accessoire à celui de l’auteur sur la nitrification.
Faits relatifs aux divers états du soufre séparé de ses combinaisons. (Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. XLVI, p. 485, et t. Xivn,
tiques, t. n, p. 149. — Journal l'Institut, i858, p. 85.)
Ce travail a été entrepris pour montrer qu’il n’y a aucune relation entre le rôle électrochimique que l’on fait jouer au soufre dans ses combinaisons et les diverses modifications que ce corps présente à l’état de liberté.
11 y a encore aujourd’hui des chimistes partisans des théories électrochimique, dualistique ou d’antagonisme, qui considèrent certains corps simples comme pouvant exister dans leurs diverses combinaisons sous deux états opposés, jouant, dans les uns, le rôle dexorps ou d’élément électronégatif ou comburant, et dans les autres, au contraire, le rôle do corps électropositif ou combustible.
Le soufre, par exemple, offre le premier de ces états dans ses combinaisons avec l’hydrogène et les métaux, tandis que, dans les compo.sés nombreux qu’il forme avec l’oxygène, le chlore et le brome, il est dans un état électrique opposé, c’est-à-dire électropositif.
On a pu se demander si les états électriques, essentiellement relatifs, des corps combinés se manifestent par des différences sensibles dans les propriétés des corps séparés de leurs combinaisons. Pour ce qui concerne le soufre en particulier, existe-t-il une relation constante entre le rôle que l’on fait jouer à ce corps dans ses combinaisons et les diverses modifications qu’il présente à l’état de liberté ?
Dans un travail fort remarquable de M. Bcrtlielot, cette question a été résolue affirmativement. D’après ce savant chimiste, « les dilférents états du soufre libre peuvent être ramenés à deux variétés fondamentales, correspondant au double rôle du soufre dans ses combinaisons; si ce corps remplit le rôle d’élément électronégatif ou comburant, analogue au chlore, à l’oxygène, il se manifeste sous forme de soufre cristallisé, octaédrique, soluble dans le sulfure de carbone; au contraire, s’il joue le rôle d’élément électropositif ou combustible, analogue à l’hydrogène et aux métaux, il se manifeste sous forme de soufre amorphe insoluble dans les dissolvants proprement dits >.
De nombreuses expériences, faites sur ce sujet intéressant, ne m’ont pas paru confirmer les relations admises par M. Berthelot; j’ai été conduit par suite à considérer les diverses modifications du soufre séparé de ses combinaisons, comme devant être attribuées le plus souvent aux conditions physiques dans lesquelles ce corps prend naissance et quelquefois aussi à l’influence des agents chimiques qu’il rencontre au moment de sa séparation.
Je crois avoir établi que l’on peut, en général, extraire à volonté d’une même combinaison sulfurée du soufre insoluble ou soluble, suivant que l’on opère brusquement ou lentement; en d’autres termes, l’état du soufre séparé d’une combinaison dépend moins de la nature de la combinaison elle-même que du procédé employé pour opérer la séparation : il n’y a conséquemment aucune relation entre l’état de solubilité ou de non-solubilité du soufre libre et le rôle êlectrochimique de ce corps dans les combinaisons.
Production d’acide nitrique et de nitrates par l’action du permanganate de potasse sur les matières organiques azotées (en commun avec M. Guignet).
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. XLVH, p. 710; i858. - Annalen der Chemie und Pharmacie, Bd. CVIll, s. 878.)
En chauffant une matière organique azotée avec une dissolution de permanganate de potasse, on obtient constamment du nitrate de po-
tasse; l’afotfi^de üammpnjaque s’pxydp tje la ip^imp. mpniprp^.mais en partie seplement, ppe portion, de qet élément, sp dégageant à.lîétat, de liberté.
Ces expértençes ont servi à é,claire,r et, à, compléter la théorie ép la nitrificatipn. Il n’y a pps dp pertnangappte dp po,tasçp,dans,la terre,nitrifiable, mais on y, tropv.e, en général, des,ox,y,de,s dp.fpr et de,manganèse qui agissent.de la mpme manière ep cérfantde Çpxygène aptt matières, organiques avec lesquelles ils sont e,n,contact.
Le peym.ePgsnptp de pptasse.est très-souv,e,ut employé,-,aujonréihui dans les laboratoires,CO,mine moy.en.d’oxydalipn ; c’est,un réactif précieux qnel’indnstrie pourra certainement utiliser avec prpfit.
Présence de l'acide nitrique libre et des composés nilreuæ, oxygénés dans l’air atmosphérique.
(Comptes „rendns des séances de fAçadémie des Sciences, t. LD,, p. 527. — Jonmal
" ' ' ■ Vlmtitut, 1861, p. ic6. - Chemical News, t. IV, p', n85.)
L’auteur a obtenu une quantité notable de nitrate alcalin, en faisant, passer de l’air ordin.tire dans une solution de carbonate de potasse pur. La proportion d’acide, nitrique libre contenu dans l’air est quelquefois assez grande pour rougir le papier bleu de tournesol.
Ce travail sé rattache aux recherches antérieures de l’auteur sur la nitrification et sur l’emploi du papier ioduro-amidonné comme réactif
On a nié la présence de l’acide nitrique libre dans l’air; mais, les expériences, répété,es plusieurs fois, ayant donné toujo.prs les mêmes résultats positifs, je maintiens résolument le fait annoncé dans ce
Action de la lumière sur le papier ozonométrique ioduro-amidonné. Emploi de ce papier comme réactif de l'ozone.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Seienoes, t. XLIII, p. 38; i856. — Annales de Chimie et-de„Phy6i<i»e, S”, série, t. L, p. 8o.)
Les nombreuses observations ozonométriques recueillies depuis une trenlaine d’années n’ont donné, jusqu’ici que des résultats.contradictoires; il devait en être, ainsi a/inpn d’après la nature du réactif employé;
Ce réactif, en effet, ne se colore pas seulement sous l’influence de l’oxygène ozoné, mais encore par plusieurs autres causes signalées .par l'auteur.
Les composés acides oxygénés de l’azote qui se trouvent dans l’air, l’acide formique résultant de l’oxydation lente d’une foule de substances organiques, les huiles essentielles hydrpcarbonées, et oxygénées sont, les causes les plus fréquentes qui contribuent à la coloration du papier dit ozonométrique.
Mais, en l’absence même de ces corps, le papier ioduro-amidonné peut se colorer dans l’air humide sous l’influence de la lumière solaire. C’est un fait important établi par l’auteur, fait que l’on pouvait d’ailleurs prévoir d’après les expériences que M. Chevreul a fait connaître dans ses Recherches chimiques sur la teinture.
Sur l’origine de l’ozone atmosphérique. État de Voxygène dégagé par les plantes.
(Comptes rendus .des. séances de l’Académie des Sciences, t. XLIII, p.. 761. — Annales
de Chimie et de Physique, 3' série, t. L..—. Bulietin de ia Société chimique de Paris,
On a cru pendant longtemps, et quelques chimistes admettent encore que l’oxygène provenant de la décomposition de l’acide carbonique par les parties vertes des plantes, sous l’influence de la lumière;
est toujours plus ou moins ozoné : c’est une erreur que j’ai signalée et démontrée dans mon travail, à l’aide d’expériences variées aussi précises et rigoureuses que le sujet le comporte.
Acide siUniosulfurique.
(Bulletin de la Société chimique, t. IV, p. 419.)
La constitution typique de l’acide hyposulfureux SO’S peut être assimilée à celle de l’acide sulfurique S0’‘0. Les modes semblables de production et de décomposition de ces acides autorisent cette manière de voir.
L’analogie bien connue du sélénium avec le soufre m’a conduit à essayer la production de l’acide séléniosulfurique au moyen du sélénium et d’un sulfite neutre alcalin, de la même manière qu’on forme l’acide tliiosulfurique ou hyposulfureux avec le soufre et un sulfite. L’expérience a confirmé complètement mes prévisions; j’ai obtenu un nouveau sel bien cristallisé, contenant du potassium, du soufre, de l’oxygène et du sélénium, pouvant être considéré comme un hyposulfite dans lequel la moitié du soufre se trouve remplacée par une quantité équivalente de sélénium.
Cristallisation de l’or et des métauic de la famille du platine.
(Bulletin de la Société chimique, t. V, p. i6u.)
Le nouveau moyen employé pour obtenir ces métaux cristallisés repose sur la formation et la décomposition en quelque sorte simultanée des chlorures par l’action d’une température assez élevée, mais inférieure à celle de la fusion du métal.
, On fait arriver un courant de chlore sec, pur ou mélangé de gaz .acide chlorhydrique, sur le métal laminé contenu dans une nacelle placée au milieu d’un tube en porcelaine chauffé au rouge ; il se forme un chlorure qui se décompose partiellement sur place, eu formant des
cristaux très-nets, appartenant au système cubique; une fraction du chlorure volatilisé, ou entraîné mécaniquement par le courant gazeux, se décompose presque entièrement au delà de la nacelle, en donnant lieu à la formation de cristaux très-beaux, généralement plus volumineux que ceux formés sur place.
Cette méthode a été employée avec succès pour la cristallisation de l’or, de l’iridium, du platine et du palladium : elle est applicable à tous les métaux dont les chlorures sont facilement décomposables par la chaleur.
Nouveau mode de traitement duspeiss et du kupfernickel.
' '' l’Institut, 1857, p. 4a3.) ’ ^ ’
La matière première employée pour la préparation du nickel métallique est ordinairement un arséniosulfure de nickel mélangé dé proportions variables de cobalt, de fer, de cuivre et d’antimoine.
L’élimination de l’arsenic contenu dans le produit naturel appelé nickeline ou kupfernickel, et dans le produit des usines connu sous le nom de speiss, se fait aisément en formant du sulfure d’arsenic soluble dans les sulfures alcalins, ou en produisant par oxydation de l’acide arsénique dont les combinaisons avec les alcalis sont solubles dans
Ce mode de traitement né débarrasse pas le nickel de tous les métaux qui se trouvent dans le minerai ; il kut le soumettre à un traitement supplémentaire compliqué pour lui enlever le cuivre, le plomb, le fer et le cobalt.
J’ai cherché à simplifier la méthode employée, en me basant sur l’action de l’acide sulfureux sur l’acide arsénique qu’il ramène à l’état d’acide arsénieux, et sur la précipitation complète et rapide de ce dernier corps par l’hydrogène sulfuré.
On soumet d’abord le minerai réduit en poudre fine à un grillage soigné, de manière à chasser le soufre et la majeure partie de l’arsenic; on traite à chaud le produit oxydé par l’acide chlorhydrique concentré ;
puis on ajoute à la solution decantee du bisulfite de soude en excës, on chauffe doucement pour achever la réduction de l’acide arsénique, puis on fait bouillir de manière à chasser l’excès d’acide sulfureux
Dans la liqueur acide encore tiède, on fait passer un courant d’acide sulfhydrique qui précipite l’arsenic, le plomb, le cuivre et l’antimoine. Une reste plusmélangé au nickel que le cobalt'et le fer, donfonsè débàirrasse facilement au moyen de la craie après tes avoir suroxydés.