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Notice sur les travaux scientifiques

J’ai publié, dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 18 février 1889, la découverte d’un signe nouveau des fractures du crâne, qui pénètre dans la caisse du tympan ou le conduit auditif extérieur : c’est récoulemenl par l’oreille d’une quantité variable, mais quelquefois considérable, d’un liquide aqueux, d’abord légèrement sanguinolent, et bientôt tout à fait incolore et limpide, à la suite d’une percussion de la voûte du crâne. Suivant moi, ce signe annonce à lui seul : 1° une fracture du rocher pénétrant dans le crâne; 2° la disposition de celte fracture en simple fêlure, car une fracture plus large laisse passer tout le sang extravasé et n’agit pas à la manière d’un filtre; 3" dans tons les cas bien observés jusqu’ici, un épanchement de sang en contact avec la fêlure du rocher.

Ce signe est tellement positif, que jamais, depuis que jel’aifait connaître, sa présence n’a eu lieu sans fracture du crâne dans les conditions que j’ai signalées plus haut. On l’a vu faire établir un diagnostic précis de ces fractures chez des individus qui, frappés peu d’heures auparavant sur la voûte du crâne, et n’ayant pas cependant perdu connaissance, venaient à pied à la consultation de divers hôpitaux consulter un chirurgien sur les suites du coup reçu, qui leur avait laissé quelques douleurs et pesanteur de tête. Leur mort, survenue, non pas constamment, mais trop souvent quelques jours après leur admission, a justifié complètement le diagnostic. Mais il

faut que la fracture soit une simple fêlure*, car si les bords de l’os brisé sont écartés de quelques lignes, il peut s’écouler abondamment dn sang, mais il ne s’écoule pas de liquide aquetix, lors même que l’écoulement du sang a cessé. J’ai vu des fractures du rocher avec issue de la substance cérébrale par l’oreille chez des individus, qui survivaient quelques jours à l’accident, ne pas donner lieu à l’écoulement aqueux. Les membranes avaient cependant été déchirées alors.

La source de ce liquide est encore un sujet de débats entre les chirurgiens. La plupart croient pouvoir conclure de l’abondance de l’écoulement et de la nature chimique du liquide que c’est le liquide de Magendie; de sorte que certaines fractures du rocher donneraient la démonstration de l’existence et de l’abondance de ce liquide, si cette vérité n’était pas depuis longtemps établie par l’illustre physiologiste. I! faut avouer que cette origine de l’écoulement aqueux de l’oreille a pour elle une grande probabilité. Toutefois n’est-il pas remarquable que, pour l’oreille au moins, aucune observation n’ait pu servir à montrer directement la voie que ce liquide aurait suivie, et qu’il y ail absence de cet écoulement dans les cas où la substance cérébrale elle-même de la base du cerveau s’échappe par le conduit auditif?

Eu l’absence de toute communication visible entre la caisse du tympan et le siège du liquide céphalo-rachidien, et après avoir admis le premier que l’écoulement aqueux était celui du liquide de Magendie, j’avais été conduit à indiquer une autre source de l’écoulement aqueux de l’oreille après les percussions de la tête. Divers chirurgiens ont présenté d’autres explications. Quoi qu’il en soit de ce point de physiologie pathologique, que la méthode expérimentale pourrait sans doute résoudre, la dissidence d’opinions relative à l’origine du liquide n’ôte rien é la valeur du signe que j’ai fait connaître pour la détermination de certaines fractures du crâne.

Loi de Jormation des abcès locaux primüifs après les fractures par contre-coup des os longs, et les luxations compliquées de leurs extrémités articulaires.

11 y a un rapport évident entre les fractures des os longs par contre-coup et les luxations de leurs extrémités articulaires, c’est le déplacement soudain plus ou moins considérable que subit, dans la luxation, l’extrémité ar-

naissance du siège présumé de l’abcès est encore un guide sûr dans l’appli cation des autres moyens de traitement. {Archives de Médecine, 1846.)

De La saignée des os. — Nouvelle méthode de traiter l’ostéite par saignée interstitielle.

l.’idée de cette méthode m’est venue en observant l’analogie que l’inflammation opère entre le tissu osseux et les parties molles. Pendant l’ostéite, vascularité plus grande, augmentation de volume, ramollissement du tissu osseux. Quand elle a cessé, disparition des vaisseaux nouveaux, diminution du volume accidentel de l’os. Si elle persiste, suppuration et gangrène dite nécrose. L’analogie des lésions ne conduisait-elle pas à une thérapeutique semblable? Mais comment pratiquer la saignée sur les os? Leur situation profonde n’avait jusqu'ici permis que la saignée générale ou locale dérivative. La saignée directe pouvait paraître impossible ou dangereuse. Elle était possible cependant et n’offre aucun danger; mais, à vrai dire, personne n’y avait songé. On,pouvait la faire de deux manières : 1° en pratiquant l’artériotomie sur le périoste dans les points où il est superficiel, comme aux condyles du fémur où des aitérioles d’un volume notable rampent à sa surface avant de pénétrer dans le tissu osseux ; a» en pénétrant directement, à l’aide d’un perforateur approprié, dans l’os lui-même, et à diverses profondeurs, jusqu’au canal médullaire. Je n’ai pas choisi la première opération, à cause de la difficulté d’intéresser ces vaisseaux du périoste en travers sans diviser aussi des organes importants du mouvement. Je suis loin de penser cependant quil soit impossible de la mettre en usage avec utilité. Toutefois, jusqu’ici j’ai donné la préférence à la méthode qui consiste à diviser l’os lui-même et à ouvrir les vaisseaux nouveaux développés dans son tissu sous l’influence de l'inflammation. Était-il possible de tirer de cette manière une quantité notable de sang? Après avoir imaginé et fait fabriquer un perforatif à ventouse que je ne décrirai point ici, j’ai fait un premier essai à Alfort sur le tibia d’un cheval. La quantité desang attirée dans le verre de la ventou,se m’autorisa à penser que d’Unos malade il en viendrait encore davantage; l’instrument dont je fais usage permet de saigner le tissu spongieux d’un os à diverses profondeurs dans la même séance. Je réitérai mes essais sur un condyle du fémur atteint d’ostéite, et j’ai pu reiirer 3o, 4o,

et jusqu’à 4^

mes expériences qu’uue pareille appréciation doit être tirée. Or, que! en a été le résultat? Une femme a subi trois fois la perforation du cubitus malade d’ostéite. Quoique le sang extrait n’ait pas été de plus de 20 à 3 o grammes, dès la première opération, cessation des douleurs nocturnes, qui avaient résisté à tout jusque-là. Après la troisième application de l’instrument, possibilité pour la malade de reprendre ses occupations très-pénibles pendant deux ans entiers. C’est le fait communiqué à l’Académie des Sciences par M. Arago. J’ai répété les essais de cette méthode chez diyers malades : dans tous les cas, j’ai obtenu un soulagement immédiat des douleurs, et jamais le moindre accident ne s’est manifesté. Cette méthode est devenue d’ailleurs un très-bon moyen de diagnostic de l’état réel du tissu osseux; elle m’a fait reconnaître la nécrose à une époque où elle ne donne d’autre signe de son existence que les douleurs ressenties par le malade et le volume de l’os. Dans ce cas, le perforatif pénètre dans un tissu privé de vaisseaux, qui ne donne pas une goutte de sang, mais seulement quelques parcelles d’os nécrosé. Or

liciile blanchâtre, très-mince, dont l’épaisseur peut varier cependant. Mais celte pellicule n’existe pas seulement là où est déposé le charbon, elle s’étend également sur les autres bourgeons charnus de la plaie. Ce n’est donc pas un phénomène local dû à la présence du corps étranger ; c’est le produit d’un travail physiologique que celui-ci n’a point entravé. Les jours suivants, la teinte du charbon est moins tranchée, parce que de nouvelles couches de lymphe sont sécrétées; il paraît s’enfoncer dans ce tissu de nouvelle formation à mesure que celui-ci augmente d’épaisseur.

Plus tard, lorsque la cicatrice est achevée, quelques taches bleuâtres, assez exactement en rapport avec la situation des parcelles de charbon, m’ont semblé la trace de son incarcération dans le tissu cicatriciel; mais j’avouerai qu’il ne m’a pas été donné d’en faire l’extraction.

line autre preuve de la stratibcation, c’est l’organisation des diverses couches à mesure qu’elles sont déposées. Sur le sommet des bourgeons charnus, on voit à l’œil nu de petites taches rouges, comme des ecchymoses, mais qui, étudiées à la loupe, se résolvent bientôt en filaments vasculaires très-ténus. A chaque nouvelle couche produite, ce travail d’organisation recommence dans une plaie saine. J’ai vu souvent sur les granulations d’une plaie des canalicules légèrement ondulés, brusquement

face de cette membrane en même temps que le pus. Est-il admissible que la même surface membraneuse, parfaitement bornogène, donne à la fois, oti même à de très-courts intervalles, deux produits, la lymphe coagulable et le pus, de nature tout à fait dissemblable ? N’est-il pas évident plutôt que l’un de ces produits, la lymphe, si elle n’est pas le pus to.ut entier, à un état diffèrent, est au moins l’im de ses éléments, et par conséquent sécrétée avec lui? Cela; n’est pas contraire aux idées des chimistes et des physiologistes sur la sécrétion du pus, car ils admettent qu’il vient de la liqueur du sang, qui, entre autres éléments, contient la fibrine en dissolution. Or la lymphe coagulable est de la fibrine. Babingtou a déjà dit que le pus n’est autre que la lymphe coagulable à l’état de division extrême ; on peut au moins admettre qu’elle existe dans le pus à cet état de division. Il favorise le dépôt de la lymphe en couches minces organisables; mais celles-ci, pour être organisées, ont besoin de rester molles et souples.

L’humidité des plaies était nécessaire à leur souplesse, et c’est de cette manière que l’idée de Hunter, qui avait soupçonné l’utilité de l’humidité des plaies par la présence du pus, quoiqu’il ne connût pas d’autre usage à ce fluide, se trouve justifiée.

Les conclusions de ce Mémoire sont les suivantes :

1. L’organisation de la membrane des bourgeons charnus continue après la formation de ces bourgeons, comme avant leur développement, et il en résulte son accroissement en épaisseur.

2. L’accroissement de la membrane des bourgeons charnus a lieu par stratification de couches de lymphe organisables.

3. La suppuration est un mode du travail adhésif approprié aux conditions des plaies exposées.

4. Le pus sécrété par les bourgeons charnus contient un élément plastique, qui sert de gangue aux vaisseaux des couches stratifiées de la membrane des bourgeons charnus.

Mémoire sur Vanatomie pathologique de la membrane des bourgeons charnus.

Dans un premier Mémoire, j’ai établi le mode d’accroissement dé la membrane des bourgeons charnus par déposition successive de couches de lymphe coagulable, et l’organisation immédiate de ces. couches par déve-

gulable non stratifiée, dont le dépôt peut affecter diverses formes, mais qui .n’est pas organisable comme dans l’état sain.

Pourriture d'hôpital. — On connaît deux formes principales de la pourriture d’hôpital, la forme ulcéreuse et la forme pulpeuse. Elles diffèrent par les caractères anatomiques au point qu’on serait tenté de croire qu’elles n’appartiennent point à la même maladie.

Dans la forme ulcéreuse, les premiers effets de la pourriture portent évidemment sur les vaisseaux des bourgeons charnus. A chaque point attaqué une sorte d’alvéole se forme et se remplit d’un ichor brunâtre et tenace ; les bourgeons charnus d’hémisphériques sont devenus coniques, et beaucoup plus petits; leur sommet est ecchymosé, et cette ecchymose contenue sous la pellicule superficielle des bourgeons ne peut être enlevée par le lavage ou le frottement. Leur circulation et leur nutrition ont subi une altération profonde, mais il n’y a point là gangrène, et l’ulcération avec perte de substance admise par tous les auteurs ne me parait pas même encore démontrée.

En effet, un groupe de bourgeons ne peut .diminuer de volume dans une plaie saine, sans qu’au siège qu’il occupe ne se montre une dépression alvéolaire. Chaque affaissement partiel des bourgeons charnus produira l’alvéole, qui dans.la pourriture d’hôpital a été considérée comme une ulcé-

Quant à la stratification de lymphe et à la production des vaisseaux dans la membrane des granulations, elles sont complètement suspendues tant que dure l’espèce de retrait atrophique subi par les bourgeons charnus. C’est là

matiou des plaies la petitesse actuelle des granulations, leur changement de forme, l’ecchymose de leur sommet, la sécrétion de l’ichor sanguinolent, et enfin la disparition complète des bourgeons charnus opérée par une sorte d’épuisement hémorragique.

Dans .la forme pulpeuse, les bourgeons charnus prennent et gardent, pendant un ou deux jours, une teinte légèrement violette. Bientôt un voile demi-transparent les recouvre, et les dérobe incomplètement à la vue. Cette

pital. L’accroissement en épaisseur de lafausse membrane pourrait s’expliquer alors par la superposition de couches inorganisées dues à l’action répétée, maisincomplète, des bourgeons charnus. Leur membrane, qui s’accroît, ainsi queje l’ai dit, par stratification, périrait elle-même par une sorte de décortication qui finirait par atteindre les couches profondes, et détruirait ainsi les granulations. Cette décomposition, d’abord partielle, de leur membrane, ne ferait pas seulement mieux comprendre le degré d’intimité qui existe entre la fausse membrane etles couches sous-jacentes; mais aussi, quand la maladie s’arrête, la rapidité avec laquelle les bourgeons vasculaires reprennent et achèvent l’oeuvre de la cicatrisation.

Gangrène sénile des bourgeons charnus. — J’ai observé dans certains ulcères une altération des bourgeons charnus tellement analogue à la gan-

bourgeon charnu; c’est sur elle et autour d’elle que la gangrène se montre par l’arrêt de la circulation, et elle envahit tout le bourgeon, quand les anastomoses fines, qui l’unissaient aux bourgeons voisins, cessent de suppléer à son vaisseau nourricier principal oblitéré. »

C’est ainsi que dans la gangrène, dite sénile, une artère principale étant oblitérée, la mortification arrive peu de temps après, quoique la vie se soit, pendant ce temps, maintenue à l’aide d’anastomoses artérielles bientôt insuffisantes (i).

tr réflexion dans le cristallin. — Ordre de leur ',r cataracte, — Affaiblissement et disparition de ces sans opacité de cette lentille.

Le cristallin ne produit pas seulement des images par réfraction, qui peignent les objets sur la rétine; trois images de la flamme d’une bougie sont formées par réflexion dans un oeil dont la pupille est suffisamment dilatée par l’observation; l’uue droite et antérieure par la cornée transparente, les deux autres par le cristallin, car elles ne sont pas formées si celui-ci a été extrait ou déplacé. De ces deux images, l’une est virtuelle, droite et dans un plan vertical, qui contient celle de la cornée, l’autre est réelle, renversée, et toujours située à l’extrémité du diamètre du cristallin

vm.

Découverte d’une nouvelle méthode d’opérer la cataracte par aspiration ou succion.

Dans les méthodes dites par extraction et abaissement, la cataracte est considérée uniquement comme obstacle à la vision, comme une sorte d’écran qu’il faut abaisser ou enlever, indépendamment des conditions physiques qu’elle peut présenter. On aurait lieu de s’étonner que ces conditions n’aient pas servi de base aux méthodes, s’il n’était connu que celles-ci sont entrées dans l’art chirurgical longtemps avant que l’on eût des notions exactes, non-seulement sur la nature de la cataracte, mais même sur son

sieurs de mes confrères (MM. Morel-Lavallée, Desniarres) recommandent cette méthode à l’attention des chirurgiens. Elle est devenue une modification avantageuse de l’abaissement, lors même que la cataracte ou son noyau seulement sont trop consistants poitr être aspirés, et que l’aiguille n’entraine qu’une portion de l’humeur aqueuse ou de l’humeur vitrée. Le résultat de cette aspiration est alors de faire dans la chambre postérieure une place à la cataracte déplacée, de diminuer les chances de réascension, et de modérer la tension du globe de l’œil à la suite de la piqûre, dont l’effet est souvent de produire une hypersécrétion de ses humeurs et un véritable étranglement.

Il faut remonter à Albueasis pour trouver les traces d’une méthode analogue opérée à travers la cornée transparente. On ne sait pas au juste ce que pouvait être cette opération, dont Albueasis ne parle que par ouï-dire ; elle devait se rapprocher de la division par kératonixis, plutôt que de la succion ; mais comme elle était appliquée à une époque où l’on ne savait pas même ce que c’était que la cataracte, quel était son siège, et que, de plus, elle a été complètement oubliée depuis, au point de ne pas être mentionnée dans les ouvrages classiques, j'ai le droit de penser et de dire que la méthode de succion, que j’ai proposée, dont j’ai posé les principes et que j’ai soumise à des règles, est une méthode nouvelle.

[Revue médico-chirurgicale, janvier 1847.)

Guérison de la fistule lacrymale par la route artificielle ouverte aux larmes dans le sinus maxillaire.

L’opération de la fistule lacrymale par le séton, ou par la canule, est loin d’être toujours efficace; elle est tombée, aux yeux de quelques chirurgiens, dans un tel discrédit, qu’ils préconisent, comme préférable, l’oblitération du canal nasal, c’est-à-dire la suppression de^ voies lacrymales. Sans tomber dans de pareilles exagérations,.,on doit reconnaître qu’il est assez souvent nécessaire de créer aux larmes une route artificielle. Frappé des insuccès de la route créée en perforant l’os unguis, j’ai proposé de perforer la paroi externe du canal nasal et de faire arriver les larmes dans le sinus maxillaire. Cette perforation se fait à l’aide d’une tige de trocart coudée à angle obtus, qui sert à percer ou à détruire, dans une

grande étendue, la paroi mitoyenne aux deux cavités,- sans y placer de canule ou autre corps étranger. J’ai cru trouver la raison de l'insuccès fréquent de la perforation de l'os ungiiis dans l'étroitesse du point correspondant de la fosse nasale, l’obliquité et la longueur du trajet de la route artificielle, l’épaisseur de la membrane muqueuse qui le tapisse. Du côté du sinus maxillaire, se trouvent des conditions opposées : cloison très*mince, aussi fragile que l’os unguis, mais cavité large, trajet court et direct, membrane muqueuse presque fibreuse. Des exemples assez nombreux de perforations accidentelles et involontaires de cette cloison avec un stylet ou la canule de Dupuytren montée sur son mandrin, ont prouvé que la crainte de la rétention des larmes dans le sinus maxillaire, ou autres accidents graves à la suite de cette perforation, n’est point fondée.

Cette nouvelle roule artificielle a été rejetée théoriquement par quelques auteurs, parce qu’ils ont cru à tort : que je proposais de laisser une canule à demeure dans l’ouverture faite au sinus maxillaire, ce qui leur faisait redouter des accidents; 2° que cette canule ou un autre corps étranger était indispensable à la persistance de l’ouverture. Ces suppositions ont été démenties par les faits. Des canules introduites involontairement dans le sinus maxillaire à travers la cloison commune de ce sinus et du canal nasal n’ont pas laissé que de produire, sans accident, la guérison des fistules lacrymales ; et l’opération que j’ai proposée sans corps étrangers à demeure a donné jusqu’ici la proportion de quatre succès sur cinq. Quelle est donc la méthode de guérir la fistule lacrymale qui donnerait de meilleurs résultats? (Archives de Médecine, i83o.)

Sur un signe nouveau dans Vhistoire des hernies étranglées, à l’aide duquel on peut reconnaître si l’intestin est compris dans le sac herniaire, et à quelle portion du canal intestinal appartient l'anse étranglée.

(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 1. X, p. 870; 1840.) Chacun sait que dans l’étranglement intestinal, le bout supérieur, c’està-dire la portion d’intestin comprise entre l’estomac et le siège de l’elranglement, se distend par les boissons, les gaz, les matières alimentaires et fécales, tandis que le bout inférieur s’affaisse, et contient à peine quelques

aies où la gangrène esl plus l’opérer; car si, par le déve-

3ur le malade. Or un météo-

Ces considérations ne portent du reste ancnne atteinte au principe général qui consacre l’utilité des opérations qui ne sont pas tardives. Elles ajoutent seulement une donnée de plus au problème.

8° C’est dans les jours qui précèdent la péritonite générale qu’il faut étudier les caractères du météorisme indiqués plus haüt : ils sont, à cette époque, plus tranchés.

C’est l’observation clinique qui m’a conduit à formuler ces diverses propositions, et plusieurs opérations de hernies étranglées m’ont servi à en vérifier l’exactitude. La lecture des observations d’Astley Cooper les a confirmées, notamment en ce qui concerne l’épiplocèle étranglée.

Découverte d’une nouvelle espèce de hernie crurale à travers la partie moyenne du ligament de Gimbernat.

En i833, cette hernie se présenta à mon observation dans l’état d’étranglement, et avant l’opération je la distinguai de la hernie inguinale par sa position au-dessous du ligament de Fallope, et de la hernie fémorale ordinaire par la distance très-notable de son col et des vaisseaux cruraux. Une péritonite ayant enlevé la malade après l’opération, non-seulement le siège

xn.

Découverte d’un signe de la Usion .de V intestin par h bistouri dmts l'opération de la hernie étranglée au moment de l’ouverture du sac herniaire,

Qu£(nd le chirurgien iprpcède à l’ouverture du sac avec les précautions indiquées par l’art, il peut arriver que le sac et l’intestin soient intitneine»t unis par des adhérences. On conçoit de quelle importance il doit être alors d’avoir un signe positif qui avertisse que le tranchant du bistouri a dépassé le feuillet péritonéal du sac, celui de hntestin, et pénètre dans la paroi intestinale. La surface de l’intestin étant pour ainsi dire combinée avec celle du sac, il n’y a pas lieu d’observer alors, pour le distinguer de parties contenues comme lui dans le sac, l’aspect lisse qu’il a lorsqu’il est libre, non plus que la disposition particulière de ses ramihcations vasculaires; après avoir entamé l’intestin, ©n ne pourrait pas non plus, comme on l’a cru, apprécier en l’incisant une tunique charnue à double plan de fibres ; l’intestin est trop altéré par l’ecchymose, qui lui donne une teinte uniforme. L’incision des capillaires.artériels et veineux de l’intestin fournit un sang très-noir, qui coule en nappe, et remplit le fond delà petite plaie à mesure qu’il est épongé. Si malgré cet indice on continue à inciser, une nouvelle

dont les mucosités plus'ûu moins colorées s’échappent.

Le chirurgien qui n’a point, en général, de motifs pour ouvrir l’intestin dans l’opération de la hernie étranglée, peut donc tirer du signe que j’ai indiqué un avertissement précieux, et peut arrêter l’instrument à temps. {Bulletin chirurgical, t. Il, p. Soi,.)

S^ne nouveau de lafracture par pénétration du col dufémur.

Dans ces fractures, il y a pénétration d’un fragment par l’autre fragment. Elles ont des signes particuliers, mais plusieurs de ceux qu’on leur a attribués jusqu’ici ne sont pas véritablement caractéristiques : tels sont la déviation modérée du membre en dehors, qui quelquefois même n’existe pas dans les fractures par pénétration, et le raccourcissement modéré. Un

meilleu» signe, présumé par W,Smith, est la difficulté de rendre au membre sa longueur; seulement, au lieu de difficulté, il aurait fallu dire impossibilité de rendre au membre sa longueur par des efforts convenablement employés.

Le signe que j’ai fait connaître en i854 [Gazette des Hôpitaux, p. 237) résulte des changements opérés dans la longueur, et surtout la direction du col qui présente une saillie en avant très-marqjjée. L’étude des pièces anatomiques avait fait connaître quelques, variétés de cette disposition, mais on avait négligé son examen clinique. Or il est extrêmement facile, non pas de reconnaître sur le vivant les détails de l’inclinaison inutuelle:des fragments, mais dlapprécier la. différence de forme que la fracture; par pénétratio» apportedans la région inguino-crurale, en comparant le côté maladeetle côté sain. Au niveau du col du fémur fracturé, au-dessous diu ligament de Poupart, on trouve, aussitôt après la chute, une tumeur dure, évidemment osseuse, irréductible soit par la pression directe, soit par des tractions exercées sur le membre. Le creux inguinal est conablé par cette tumeur osseuse qui soulève les muscle» psoas et iliaque;. Elle est constante dans les. fractures par pénétration et ne laisse aucune incertitude sur son existence. [Gcoxlte des BôpUaux, i854, p. 337.)

Nouvelle espèce d’étranglement dans la hernie vaginale du testicule et d’étranglement interne.

La cause de l’étranglement dans la tunique vaginale était un repli circulaire, adhérent par sa base au pourtour de l’orifice supérieur du canal inguinal et ayant 15 lignes de hauteur. Ce repli flottant, en forme de doigt de gant tronqué, passait à volonté par le collet du sac, l’ouverture de la tunique vaginale, soit dans la cavité de celle-ci, soit dans la cavité du péritoine. C’est à travers l’ouverture de ce repli que l’intestin, s’était étranglé, et le taxis pratiqué sans violence, avec ménagement, par l’interne de service, avait suffi pour déchirer une bandelette circulaire de ce repli, qui avait accompagné l’intestin réduit, et constitué ainsi une nouvelle cause d’étranglement interne. Un repli semblable existait à l’orifice supérieur du canal inguinal du côté opposé, et constituait une véritable prédisposition à ce mode d’étranglement, et à un étranglement interne consécutif par le taxis.

Aucun autre exemple de cette variété anatomique n’a été, que je sache, publié jusqu’ici. {Bulletin chirurgical, 1.1, p. SSg.)

Pansement des plaies avec la solution de gomme arabique et la baudruche.

Il y a dix ans, j’ai proposé le pansement des plaies par la gomme arabique et la baudruche, et j’ai adressé à l’Académie des Sciences un Mémoire sur les avantages de ce pansement. J’avais la pensée, à cette époque, qu’il suffisait de soustraire complètement au contact de l’air et des pièces d’appareil mobiles les plaies exposées, pour diminuer la durée de la cicatrisation. Depuis ce temps, un long usage du même mode de pansement a étendu et modifié mes idées sur sa valeur. J’ai pu le comparer aux autres modes de pansement des plaies, et juger en quoi il leur est préférable. Le coton en ouate, fort vanté dans le pansement des brûlures, parce qu’il passe pour calmer les vives douleurs des premiers jours, perd bientôt cet avantage quand la suppuration est établie. Laissé en contact avec la plaie, il cesse d’étre poreux et léger ; imbibé par le pus, il se concrète et subit une véritable transformation, qui le rend bien inférieur au pansement ordinaire : ce n’est bientôt plus qu’une plaque dure, imperméable, adhérente intimement aux bords de la plaie qu’elle blesse par son contact. J’ai vérifié un très-grand nombre de fois que la solution de gomme arabique et la peau de baudruche étendue sur la plaie et collée sur ses bords arrêtaient les douleurs très-rapidement, rendaient le sommeil, et sauvaient des malades dévoués à une mort certaine, bien qu’on les eût traités jusque-là par le coton. Cette baudruche, appliquée sur les plaies, forme comme un épiderme nouveau tellement protecteur, qu’après le pansement il est possiïde de promener les doigts sur une plaie ainsi recouverte sans causer au blessé la moindre sensation douloureuse.

La transparence de ce pansement est d’ailleurs très-commode pour l’observation; on peut constater l’état de la plaie sans lever la baudruche. En certains points on voit la cicatrisation déjà obtenue ; en d’autres points la suppuration plastique ou liquide s’accumule, et forme des foyers que l’on peut vider en incisant la baudruche; le pus écoulé, on instille la solution de gomme, et on réapplique un feuillet par-dessus le premier, ou on

En'résumé, le pausement des plaies exposées à laide de la solution de gomme et de-la baudruche-est le pansement par occlusion le plus exact que l’on puisse désirer.

A ce titreil préserve les plaies des brûlures d'une- vive douleur; et paraît les garantir de la contagion miasmatique de la pourriture d’hôpital j il favorise l’action organique nécessaire à la cicatrisation dans les ulcères atoniqnes et calleux; sa transparence permet d’examiner et de traiter par place les différentes parties de l’étendue d’une plaie. En6n, Inapplication de la solution de gomme etde deux ou trois feuillets de baudruche constitue un véritable-appareil inamovible, applicable aux luxations et fractures, avec ou sans plaie, des phalanges-des doigts etdés orteils, et peut servir à rendre immobile, dans un but thérapeutique, tout autre organe d’un petit volume.

Suture des fragments d’une fracture ancienne de l’humérus après leur résection oblique.

J’ai pratiqué, le 9 mars dernier, à l’Hôtel-Dieu, une opération assez rare et assez importante par ses résultats pour qu’un exemple de-plus de sa réussite soitdigne d’attirer l’attention des savants. J’ai fait pour uneancienne fracture de l’humérus; droit non consolidée, datant de deux ans, et traitée sans- succès en divers- pays, la suture des fragments après leur résection. Aujourd’hui, la consolidation est déjà avancée, etavec une régularité parfaite du membre.

Gn compte les- exemples de resection et de suture des fragments de fractures.

Il est à remarquer que jusqu’ici la résection des fragments a toujours été faite dans une direction perpendiculaire à l’axe de la diaphyse. M. Flaubert a émis la pensée qu’il y aurait peut-être plus de chances de guérison, si l’on sciait chaque fragment ohliquement pour les faire correspondre par une plus large surface, idée qui n’avait pas été mise à l’épreuve.

L’opération que je viens de pratiquer a réalisé cette pensée, mais j’ai.été conduit à remarquer que l’avantage signalé par M. Flaubert n’est point le véritable, et même n’est pas réel, au moins d’une manière générale ; la section oblique a deux avantages d’une plus grande importance ;

1“ De ne pas produire un raccourcissement de l’os;

Tératologie. — Tumeur congéniale de la région sacrée. — Monstruosité par inclusion cutanée, guérie par V extirpation, sur un enfant de 11 mois.

Cette tumeur était arrivée au volume de la tète d’un fœtus, quand la petite fille qui la portait fut confiée à mes soins. L’enfant était fort amaigrie et paraissait dévouée, dans un temps assez court, au marasme et à la mort. La présence manifeste de parties osseuses dans la tumeur me donna l’idée d’une monstruosité par inclusion, et après avoir constaté, autant que possible, que son adhérence avec l’autosite était seulement fibreuse, je l’enlevai. L’enfant a survécu, se porte bien et a aujourd’hui 26 mois en-

La dissection, faite avec beaucoup de soin, a démontré que les parties dures de la tumeur étaient bien des fragments osseux, non pas des incrustations osseuses, mais de véritables os; l’un d’eux paraissait une portion de côte, l’autre représentait évidemment une moitié de corps de vertèbre avec un arc costal ou vertébral. (Pour plus de détails, voir les Comptes rendus de l’académie des Sciences, i 855 ; séance du 16 avril, p. 897.)

Réflexions sur les tumeurs qui deviennent pulsatives après la ponction exploratrice.

Une ponction, pratiquée dans une tumeur de nature douteuse, a fait naître des pulsations qui n’étaient point manifestes avant cette opération. Dans quelles circonstances ce changement remarquable a-t-il pu se présenter? Cela est d’autant plus intéressant à connaître que, si la tumeur occupe une région où se trouvent de grosses artères, on peut croire après la ponction, et lorsque les pulsations se montrent, que la tumeur était un anévrisme, d’abord méconnu, ou que la pointe du trois-quarts a blessé quelque artère voisine volumineuse, telle que la carotide primitive, la fémorale, etc. Il se peut cependant que ces pulsations viennent plutôt de la nature particulière de la tumeur, par exemple de sa nature érectile. Des observations authentiques prouvent qu’une ponction faite dans une tumeur

érectile a produit dans son intérieur ou le tissu cellulaire voisin une sorte de kyste sanguin animé de battements isochrones au pouls. On peut en dire autant de quelques tumeurs encéphaloïdes très-vasculaires. La ponction de certains goitres contenant des kystes sanguins a donné lien, après la Sbrtie dn liquide contenu, à celle de sang-d’uii ronge vif et à des pulsations du kyste, de nouveau rempli par le sang de quelque branche thyroïdienne qui rampe dans la paroi du kyste.

On peut dire, d’une manière générale, que les pulsations des tumeurs produites par leur ponction supposent les circonstances suivantes :

i" La division d’une ou plusieurs artères ou artérioles qui font partie de la tumeur ou sont accolées à son tissu ;

a” La formation d’une poche sanguine accidentelle dans le tissu même de la tumeur, ou le tissu cellulaire voisin, qui reçoit le sang de l’artère

3° Ou l’existence antérieure d’un kyste dans leqnel le sang s’épanche.

. {Bulletin chirurÿic'al, t. II, p. 3o4.)

Mémoire sur les adhérences congéràales du prépuce et du gland chez, les nouveau-nés, sur la rétention d’urine qui en résulte, et leur traitement {Archives, i83i).

L’objet de ce Mémoire est de prouver que, contrairement aux idées de J.-L. Petit et de Lisfranc, c’est la circoncision qu’il faut pratiquer dans ce cas, et non pas la dissection du prépuce et de ses adhérences, comme on pratiquerait celle d’un sac herniaire adhérent aux viscères. Cette dissection, quelque habileté qu’on ait, est très-douloureuse, très-lente, et souvent même impossible sur une verge aussi petite que celle d’un nouvean.né. La circon- Oision faite d’un seul coupde ciseaux apprend tout de suite le siège précis et l’étendue des adhérences; elle permet de juger d’emblée sillon peutséparer les deux couches muqueuses, celle du gland et celle du prépuce.

Opération de pupille artificielle par un procédé nouveau.

Céfte opération ne compte pas, et bien à tort, au nombre des opérations de pupille en usage. Celle-ci sont : i» l’incision de l’iris, 2° l’excision d’un

lambeau de cette membrane, 3° son décollement. Ce sont là des routes artificielles. La. méthode que j’ai employée est la destruction des adhérences du contour froncé de l’ancienne pupille à des restes de la capsule antérieure du cristallin.

Woolhouse avait essayé, il est vrai, de diviser les fibres blanchâtres qui rendaient l’iris adhérent, et de rouvrir ainsi la pupille à l’aide d’une aiguille

tentative, effacée par la méthode de Cheselden, était complètement oubliée et rejetée de l’histoire de la pupille artificielle, au point qu’elle y tenait à peine la place d’un document historique, lorsque j’eus l’idée de rouvrir la pupille naturelle par l’aiguille introduite à travers la cornée. EHe fut dirigée vers le centre de l’iris, dont la pupille avait complètement disparu, et servit à agir sur ce centre comme avec un levier.

Une large déchirure quadrilatère fut immédiatement produite, et se maintint au point de permettre au malade de distinguer sans lunettes les couleurs et de jouer aus cartes avec facilité. I.,e fait fut constaté par un grand nombre de médecins.

Cette méthode convient surtout dans, les cas où l’oblitération de la pupille suit l’opération de la cataracte. Son but est le rétablissement du cours naturel de la lumière. [Gazette médicale, ï835, p. 4o6.)

Bandages inamovibles en papier amidonné pour le traitement des fractures des membres.

Des bandelettes de papier amidonné sont disposées comme dans le bandage de Scultet, et forment trois couches superposées. Le membre est placé sur elles comme sur le bandage de Scidtet, et après la réduction les bandelettes sont appliquées. D’autres bandelettes de papier également amidonné sont roulées autour du pied, ou vont du pied à la jambe, de manière à constituer une hotte exactement moulée sur cette partie. Après la dessiccation, qui s’obtient en douze heures en été, en vingt-quatre heures en hiver, à l’aide de boules ou de briques chauffées, cet appareil forme un moule trèssolide et très-léger, qui permet au malade de se mouvoir dans son lit. Avant la dessiccation, ce bandage est plus solide que le bandage de Scultet ordinaire : il exige toutefois la docilité du malade pendant quelques heures ;

il ne peut jamais être trop serré, convient à toutes les périodes de la fracture, et peut servir même dans les fractures compliquées de plaies; mais il faut alors environner préalablement le membre de taffetas gommé, d’une seule pièce, pour préserver le papier du contact du pus, qui le ramollirait. I.fis chirurgiens qui ont su l’appliquer, ce qui n’exige pas une longue habitude, se sont loués de son emploi. On peut l’approprier à tous les usages de la méthode inamovible : entorses, tumeurs blanches, luxations réduites, etc., etc. Ce n’est pas toutefois un bandage compressif; son utilité principale est d’assurer l’immobilité des fragments et des parties douloureuses. Il se recommande aussi par sa légèreté et le peu de frais qu’il occasionne : circonstance de quelque poids chez les pauvres, dans les campagnes et dans les établissements de charité mal pourvus de linge. (Mémoire sur ce sujet. Bulletin chirurgical, 1.1, p. io5.)

Moyen de déterminer la longueur des rétrécissements du rectum qui ne vont pas jusqu’à l’oblitération.

Il est de la plus grande importance de connaître la longueur d’un rétrécissement du rectum avant de se décider à proposer l’opération de ce rétrécissement par incision. La distance du rétrécissement à l’anus est connue par le toucher, etc. On connaît la hauteur de son extrémité supérieure par le procédé suivant, que j’ai proposé et appliqué ; Un petit sac de peau de baudruche est fixé sur l’extrémité vésicale d’une sonde n" 6, dont les yeux s’ouvrent dans la cavité du sac. La sonde flexible ainsi garnie est portée à travers le rétrécissement et au delà; l’insufflation du sac dans lequel l’air est retenu par le pouce appliqué sur l’aulre bout de la sonde s’oppose au mouvement exercé pour la retirer du rectum. On trace avec l’ongle sur la sonde, et au niveau de l’anus, la distance de cet orifice à la partie supérieure du rélécissement contre laquelle appuie le sac de baudruche insufflé. La différence de cette longueur et de la distance du rétrécissement à l’anus est la longueur de la stricture. {Bulletin chirurgical, 1.1, p. aoS.)

Mémoire sur l’excision des plis de la marge de l'anus pour la guérison des hémorro'ides internes.

J’ai substitué cette opération simple et sans danger à l’ablation des hémorroïdes elles-mêmes, ablation fort dangereuse. Je la crois aussi préférable à la cautérisation qui, appliquée à des veines, peut être suivie de phlébite.

Mémoire sur cette question ; « Üopération du trépan sur les vertèbres, dans le cas de fractures compliquées de paraplégie, doit-elle dans tous les cas être bannie de la pratique chirurgicale?

Méthode nouvelle de faire cette opération, qui la rend facile et sûre; elle a été faite sur le vivant. Cette méthode consiste à placer la couronne du trépan, non pas sur les lames de la vertèbre, mais sur la base de l’apophyse épineuse, afin de pénétrer dans le canal vertébral sans intéresser les articulations des apophyses articulaires. Il faut, dans la région dorsale, faire sauter préalablement l’apophyse épineuse de la vertèbre supérieure, si l’on ne trouve pas cette apophyse brisée. On doit choisir une couronne de trépan de dimension moyenne ou plus petite. Avec cette modification ou ne peut invoquer contre l’opération du trépan sur le rachis la profondeur où il est situé; on ménage l’articulation des apophyses, on fait une section symétrique, et, en pénétrant par la ligne médiane, on ne risquepoint de détruire les nerfs rachidiens.

L’opération se compose de quatre temps :

1° Incision de plusieurs pouces sur la ligne médiane;

2“ Détacher à droite et à gauche les couches musculaires qui recouvrent les lames de deux vertèbres superposées;

3° Scier ou faire sauter avec des pinces incisives l’apophyse épineuse

4° Appliquer une petite couronne de trépan sur la base de l’apophyse, dont on respecte le sommet. {BuUelin chirurgical, 1.1, p. 4oj.)

( ÎS)

De la méthode naturelle dans le choix des amputations des membres.

Le but de ce Mémoire est de prouver qu’il y a pour chaque région, quand on étudie avec soin l.v conformation des parties, une méthode d’amputation soit dans la continuité, soit dans la contiguïté des membres, qu’il faut considérer comme la méthode naturelle à cette région.

Les conclusions sont :

1° 11 faut partir de ce principe, qu’il y a pour chaque région à l’état sain une méthode naturelle de séparation des membres en totalité ou en

a" Les méthodes circulaire à lambeaux et ovalaire, étant et paraissant devoir être les seules méthodes générales d’amputation et d’extirpation, les conditions que chacune d’elles comporte les rendent, suivant les régions, des méthodes naturelles ou d’un choix plus ou moins justifié par des circonstances accidentelles. (Bulletin chirurgical, t. II, p. 56.)

Exemple de ligature de la sous-clavière suivant la méthode de Brasdor.

Réflexions snr l’extension dont me semble susceptible cette pensée de Wardrop : qu’il suffit de diminuer la quantité du sang qui traverse un anévrisme pour en favoriser l’oblitération. (Bulletin chirurgical, t. Il, p. 89.)

Cette pensée conduit, en effet, à une méthode générale, dont la méthode de Brasdor n’est plus qu’un cas particulier, et qu’on pourrait appeler méthode par dérivation. On lierait l’une des iliaques externes dans un cas d’anévrisme de l’aorte ventrale, près de sa bifurcation en iliaques primitives, pour diminuer la quantité de sang dans la tumeur d’au moins un quart, à peu près comme on lie la sous-clavière, pour l’anévrisme du tronc innominé. Ch. Bell a vu l’anévrisme de la poplité guéri par la ligature de l’une des branches de la fémorale qui se divisait en deux troncs au-dessous de la protonde ; la quantité de sang dans l’anévrisme avait été diminuée de moitié, etc. Quel avenir serait réservé par cette méthode par dérivation au traitement d’anévrismes restés jusqu’ici anévrismes internes!

Réfleocims sur ks causes de la persistance de l'unus anormcd après l’entérotomie.

La conclusioD est :

1“ QueJa elestructioa complète de l’éperon qui sépare les deux bouts de l’intestin, leur coiumunicahon complète, n’est pas la condition unique delà guérison de l’anus contre nature,;

,a° .Quela trop grande longueur du cloaque qui,résulte de l’entérotomie est lun obstacle réel à.cette.guérison. (Bulletin chirurgical, t.II, p. Soq.)

Opération nouvelle pour la guérison du symbUpharon.

■T’ai l’honneur de soumettre au jugement de l’Académie une Note sur une opération nouvelle que j’ai pratiquée avec succès le ii octobre dernier, pour corriger une des cicatrices vicieuses les plus difficiles à guérir, celle qui réunit la face interne et le bord des paupières au globe de l’oeil en prenant insertion sur la cornée transparente elle-même.,Cette adhérence, connue sous le nom de symhlépharon, résiste ordinairement aux diverses opérations jusqiiMci pratiquées, ainsi qu’aux moyens iméc.aniques mis en usage pour en assurer le résultat. On divise les brides cicatricielles avec

pêcherde se reproduire, et, en dépit de cautérisations répétées et de l’interposition de plaques d’ivoire ou d’un oeil artificiel entre les paupières-et l’oeil, ces organes, temporairement devenus libres, sont bientôt aussi intimement unis qu’avant l’opération.

De ces dilBcultés sont nées plusieurs opérations, les unes simples, mais peu efficaces, telles que la section des brides par deux ligatures inégalement serrées, la réunion immédiate par glissement de la tranche oculaire du tissu cicatriciel ; les autres, très-sérieuses et compliquées, sans que le succès en soit plus assuré; je citerai la résection triangulaire de la partie de la

Une des grandes difficultés de la périnéoraphie est d’obtenir à la fois la réunion de la cloison recto-vaginale et du périnée. C’est à la base de l’éperon de la cloison que persiste l’orifice fistuleiix dans les succès partiels. En faisant l’opération en deux temps, il est plus facile d’en surveiller les suites, d’enlever les points de suture sans tiraillements dangereux pour le succès de la réunion, et de limiter l’inflammation.

uéutoplastie par transformation modulaire; nouvelle méthode opératoire pour achever la guérison des anus contre nature, après l’entérotomie.

(Présenté à l’Académie des Sciences le 8 août iSSg.)

Un but ordinaire de l’autoplastie, etsans doute le plus difficile à atteindre, est de boucher l’ouverture accidentelle et permanente d’un réservoir ou d’un conduit excréteur. Le procédé le plus habituel de l’art est de rafraîchir les bords de la solution de continuité et de les réunir, soit entre eux sans intermédiaire, soit aux bords ou au contour d’un lambeau emprunté à

des méthodes autoplastiques la transformation inodulaire d’un organe placé dans les mêmes conditions.

2° Ce mode de guérison devient une ressource précieuse dans le traitement des anus contre nature les plus larges, ’privés d’infundibulum et même ombilicaux.

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