ANALYSE DES TRAVAUX DE PHYSIQUE
MISE EN ÉVIDENCE DE PHÉNOMÈNES NOUVEAUX NE POUVANT ÊTRE PRÉVUS PAR LES PHÉNOMÈNES CONNUS ANTÉRIEUREMENT.
Influence d’un métal sur la nature de Ta surface d’un corps placé à petite distance.
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, l. .XCiV, 1882, p. 1247. — Journal de t. CXXIII, 1896, p. 104; t. CXXVr. 1898, p. 1338.)
Au cours des recherches que j’ai faites sur la différence de potentiel des, couches électriques qui recouvrent deux métaux en contact, j’ai reconnu l’existence d’un phénomène curieux : une surface métallique A étant placée très près d’une autre surface métallique parallèle B, mais non au contact, modifie la nature chimique de la surface de B, ce qui était révélé par la variation de la différence de potentiel apparente entre le métal B ainsi modifié et un autre métal non modifié.
Presque tous les métaux à des degrés divers se sont montrés capables de modifier par leur présence la nature de la surface d’un métal voisin ; le plomh et le fer sont les plus actifs ; le zinc seul parmi les métaux étudiés n’a produit aucun effet appréciable.
J’ai constaté depuis que l’acier et le plomb placés très longtemps à une très petite distance d’une plaque photographique au gélatinobromure, dans une obscurité absolue, impressionnent la plaque de façon à donner une image au moment où l’on révèle celle-ci par les procédés ordinaires.
Après la découverte de M. Becquerel sur les rayons uraniques, on pouvait se demander si l’impression était due à des rayons de ce genre. J’ai constaté que la cause qui produisait l’action photographique dans le cas du fer ne traversait pas une lamelle de verre extrêmement mince.
Il faut conclure de ces expériences que les métaux émettent à la température ordinaire des substances volatiles capables de se déposer sur les corps voisins et d’en modifier chimiquement la surface.
Polarisation réelle des diélectriques placés dans un champ électrique. {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, l. CXXVIII, 1889, p. i3i2. — Journal de
Physique, t. IX, 3" série, 1900. p. 3i3. - Annales de Chimie et de Physique, t. XVIII,
J’ai constaté par une expérience directe l’existence d’une polarisation réelle acquise par un diélectrique placé pendant quelques instants dans un champ électrique (M. Bouty avait admis à titre d’hypothèse que la polarisation fictive, qui sert dans certaines théories à expliquer le pouvoir induc-
L’expérience que j’ai faite pour cela a consisté à séparer en deux un bloc d’ébonite après l’avoir soumis à l’action du champ et à constater : 1“ que ta charge totale d’.une des deux parties était nulle; 2“ que chacune des deux faces de cette partie était recouverte d’une couche d’électricité, les couches étant égales et de signes contraires, ce qui est la définition même de la polarisation. Cette polarisation réelle diminue avec le temps en dehors du champ électrique et finit par disparaître.
J’indique sommairement plus loin les nombreuses conséquences de ce
Frottement anisotrope éprouvé par la matière radiante dans un champ magnétique intense.
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXXXIII, 1901, p. laoo;
En étudiant l’action d’un champ magnétique sur les tubes à gaz raréfiés, j’ai constaté que le flux cathodique et le flux anodique éprouvent de la part d’un champ magnétique intense une action qui est comparable à un frottement anisotrope, le frottement étant considérable dans le sens per-
térieur des pièces polaires, à cause de la résistance qu’il éprouve à couper les lignes de forces.
Obliquité des stratifications dans un champ magnétique.
J’ai reconnu que les stratifications de la lumière anodique devenaient obliques à l’axe dans un champ magnétique. La loi de cette obliquité est la suivante ;
La strate monte de la gauche à la droite d’un obseroateur placé suivant l’axe de la lumière anodique et regardant dans le sens du champ.
D’après cette loi, le phénomène dépend du sens du champ, mais est indépendant du sens de la décharge.
RECHERCHES AYANT POUR BUT DE TROUVER LES LOIS DE PHÉNOMÈNES MAL CONNUS OU DE METTRE EN ÉVIDENCE DES PHÉNOMÈNES DOUTEUX.
1° PhÉSOMÈNES se EATTACIUNT a I.A THÉORIE DE LA PILE.
Sur la polarisation des piles à un liquide.
Les résultats de ce travail sont les suivants :
Une pile du type Volta étant polarisée par la fermeture du circuit se ' dépolarise spontanément quand le circuit est ouvert. Pendant cette période, la force électromotrice est une fonction exponentielle du temps: d’où l’on déduit la loi suivante :
La vitesse de dépolarisation spontanée est proportionnelle à l’écart entre la force éleclromolrice normale et la force électromotrice actuelle.
l’on pouvait, à la rigueur, attribuer à ces dernières quantités la totalité de l’effet observé.
J’ai pu, pour la première fois en 1887, démontrer que deux métaux mis au contact présentent bien réellement une différence de potentiel de l’ordre de grandeur du volt, ayant trouvé, pour cette différence de potentiel vraie entre le mercure et l’amalgame de zinc, le nombre o">",49. La méthode que j’ai employée pour cela est fondée sur les phénomènes électrocapillaires.
Cette étude a été complétée par les deux Mémoires suivants.
Sur la différence de potentiel d’un métal et d’un sel du même métal
(Comptes rendus de t'Académte des Sciences, t. CVtlI, 1889, p. 667. - Annotes de
Chimie et de Physique, 6' série, t. XIX, p. 56o. - Journ. de Phys., série, t. IX,
En faisant écouler en gouttelettes des amalgames liquides de différents métaux, assez riches en métal allié au mercure pour se comporter dans une pile comme le métal solide lui-même au milieu d’une dissolution d’un sel de ce métal, j’ai constaté qu’il n’existait aucune différence de potentiel entre l’amalgame qui s’écoule et celui qui s’est écoulé et qui est immobile au fond du vase à écoulement. Il n’en est plus de même quand l’écoulement a lieu dans une dissolution d’un sel d’un autre métal que celui qui entre dans l’amalgame. Ces expériences conduisent à la loi suivante :
La différence de potentiel normale entre un métal et une dissolution d’un de ses sels en contact avec lui est nulle.
Le Mémoire des Annales ou du Journal de Physique prévoit et réfute quelques objections qu’on pourrait faire à la légitimité de cette conclusion.
On peut déduire do cette loi, par la considération de ce qui a lieu dans une pile du type Daniell, la loi suivante :
La somme de la différence de potentiel des dissolutions de deux sels de même acide et de métaux différents au contact, et de la différence de potentiel de ces métaux mis au contact, est proportionnelle à la quantité de chaleur dégagée par la substitution d’un des métaux à l’autre dans le sel de l'acide considéré.
On peut voir par là comment la théorie de la pile dite du contact s’accorde avec la théorie dite chimique, sans qu’on soit obligé de supposer que
(quelques microns) est assez faible pour qu’on puisse considérer les formules comme très bien vérifiées par l’expérience.
Sur la variation des constantes diélectriques avec la température.
{Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXXVII, 1898, p. Hi-)
La mesure de la constante diélectrique à diverses températures a été faite au moyen de l’appareil que j’ai imaginé à cet effet et qui est décrit
Elle a donné le résultat suivant : la paraffine a une constante diélectrique qui diminue légèrement quand la température s’élève, tandis que l’ébonite subit un accroissement dans sa constante diélectrique, quand sa température augmente, à peu près proportionnel à l’élévation de température. Le coefficient de variation moyen a été trouvé égal à 8,8. io“‘. Nous verrons plus loin l’importance de ce résultat..
( Voir en outre, plus haut, aux Phénomènes nouveaux, l’élude de la polarisation réelle.)
3“ Phénomènes se rattachant a l’action d’un champ m,vgnétique sur le flux
CATHODIQUE ET SUR LF. FLUX ANODIQUE.
Contribution à l’étude des stratifications.
Je montre dans ce travail que les stratifications ne peuvent pas être attribuées a l’interférence d’ondes électriques directes et réfléchies, comme on serait très tenté de le croire à leur aspect. En plaçant un tube à stratification perpendiculairement aux lignes de forces d’un champ magnétique peu intense, l’onde électrique d’un certain sens est séparée de l’onde en sens inverse, comme je m’en suis assuré par une expérience directe et conformément aux lois de l’Électromagnétisme. Or, on ne voit aucune séparation de ce genre dans le cas d’un tube de Geissler à électrodes intérieures, et le mince filet auquel le champ magnétique réduit le faisceau anodique peut présenter des stratifications.
( Voir plus haut, aux Phénomènes nouveaux, le reste de mes études sur ce sujet.)
que le son du téléphone ne fût plus perçu par l’oreille, j’obtenais une limite à laquelle était inférieure la plus petite énergie sonore perceptible.
J’ai trouvé ainsi une limite extraordinairement petite. Pour en donner une idée, l’énergie correspondant à une petite calorie lancée convenablement dans un téléphone pourrait entretenir un son nettement perceptible pendant loooo ans. On peut juger par là de l’extrême délicatesse de
sateur peut, par suite des oscillations, atteindre jusqu’à trois fois la valeur de la différencè de potentiel primitive.
Si le diélectrique du petit condensateur est suffisamment mince, il peut être ainsi percé au moment de l’inversion.
J’ai surtout signalé ces phénomènes, parce qu’ils donnent lieu à une expérience de cours très facile à répéter et montrent bien un des effets curieux des oscillations électriques, l’accroissement des différences de potentiel qui peut en résulter.
Perte d’èleotrioitè par évaporation de l’eau électrisée.
Application à l’électricité atmosphérique.
(Comptes rendus de l’Acadimie des Sciences, t, CXXVIir, 1899. p. .69. - Journal
d’eau électrisée avec une charge même faible (huit ou dix fois la charge moyenne du sol) perd de l’électricité par évaporation de l’eau. Les expérienees ont été croisées, car c’est seulement comme cela qu’on peut constater la perte d’électricité par évaporation. Il est absolumént indispensable,