‹ Notice sur les travaux scientifiques suivi d'un complément de 4 p. de 1906Chapitre 5 sur 8 · I.c théorème dont je donne la démonstration est le suivant · texte numérisé non relu

I.c théorème dont je donne la démonstration est le suivant

•Si une surface fermée est telle que le potentiel de tous ses points augmente ou diminue à la fois d’une même quantité {a) (de façon que la différence de potentiel de deux points reste constante), le potentiel de tout point situé à l’intérieur de la surface augmentera ou diminuera de la même quantité (a), et les phénomènes électriques qui peuvent se

produire à l’intérieur de la surface sont complètement soustraits à l’influence des phénomènes extérieurs.

Il en résulte immédiatement qu’une surface conductrice fermée, homogène ou hétérogène, est un écran électrique parfait pour les phénomènes d’équilibre électrique, puisque, dans l’état d’équilibre, la différence de potentiel de deux points de la surface reste toujours la même.

Sur la cause de l’électrisation des nuages orageux.

(Ce Mémoire a été complété dans le Recueil de Mémoires publiés par la Société philo-

J’ai pu rendre compte de l’électrisation des nuages orageux, sans avoir recours aux hypothèses souvent très hasardées par lesquelles quelques auteurs ont essayé d’expliquer les orages, en invoquant simplement les phénomènes d’influence que la charge électrique du sol doit produire sur les nuages. Ces phénomènes d’influence, qui ont lieu nécessairement, suffisent, comme je le montre par des nombres, à expliquer l’immense longueur des étincelles électriques qui constituent les éclairs, ainsi que l’énergie des coups de foudre. Enfin, cette explication fait voir que les phénomènes orageux ne peuvent se produire que quand l’air est agité par un tourbillon. (Ce complément ne se trouve pas dans le premier Mémoire publié en i885 à ce sujet.)

Voici un aperçu de celte explication :

On sait que par le beau temps le potentiel augmente quand on s’élève dans l’atmosphère à partir du sol, d’où l’on conclut que celui-ci est couvert d’une couche d’électricité négative. C’est presque toujours l’inverse par la pluie. Mais la moyenne annuelle des charges positives et négatives du sol en un même endroit est toujours une charge négative; suivant la remarque de sir W. Thomson, la Terre est un globe électrisé négativement à sa surface. Plusieurs causes tendent à transporter une portion de cette électricité négative dans les couches d’air voisines du sol ; mais celui-ci ne saurait perdre complètement sa charge négative, car la pluie a pour effet de ramener cette charge au sol, la pesanteur triomphant de la répulsion

Quand un nuage se forme dans un ciel primitivement serein, il est électrisé par l’influence de la charge du sol et par celle des couches d’air, posi-

; la chlorophylle ne présente aucune bande [i même dans le rouge, et, par conséquent,

Méthode permettant d’évaluer en valeur absolue les très basses températures.

( Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. CXXXIII, 1901, p. gai.)

Les travaux de plus en plus nombreux aux très basses températures font désirer qu’on puisse mesurer celles-ci sur l’échelle absolue. Le thermomètre à hydrogène cesse de donner la valeur absolue de la température avec exactitude au-dessous de — 100 ” et ne peut plus même fournir une indication grossière aux plus basses températures qu’on a obtenues.

J’ai pensé que le phénomène Peltier permettrait d’obtenir en valeur absolue une température quelconque, même très basse. Dans une Note, j’ai indiqué la méthode et les moyens de la mettre en œuvre. Absorbé par des recherches plus importantes, je n’ai pas encore eu le temps de l’essayer.

Variation de la tension superficielle d’un liquide avec la température.

( Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXVIII, 1894, p. i igS.)

En m’appuyant sur les principes de la Thermodynamique et sur le fait d’expérience que la tension superficielle d’un liquide décroit quand la température s’élève, je montre que :

Pour accroître la surface libre d’un liquide en contact avec sa vapeur saturante, tout en maintenant constante la température, il faut lui fournir de la chaleur.

En outre, si l’on fait l’hypothèse très vraisemblale a priori et justifiée a posteriori que la capacité calorifique d’une masse liquide ne dépend pas de l’étendue de sa surface, je montre que :

La tension superficielle doit être une fonction linéaire de la température thermodynamique;

A la condition toutefois que réchauffement du liquide soit un phénomène réversible, ce qui n'a plus lieu si le liquide est le siège d’une réaction chimique non réversible.

Ces conclusions sont pleinement d’accord avec les expériences de MM. Ramsay et Schields.

Kenversement des raies spectrales. — Métliode pour déterminer la température du Soleil.

{Batlelin de la Société philomathique, 7* série, t. XI, 1887.1

Une tranche gazeuse incandescente d’épaisseur dx, étant traversée normalement par un faisceau lumineux ayant l’unité de section, absorbe une portion d’une lumière simple de ce faisceau qui peut être représentée par PeUidx, D étant la densité du gaz, i l’intensité de la radiation incidente considérée et A un coefficient que j’appelle le pouvoir absorbant spéci-

D’autre part, cette tranche émet par unité de section une quantité de la lumière simple à laquelle se reporte A, qui peut être représeqtée par EDT' dx, T étant la température absolue et E un coefficient qui peut dépendre de la température, et que j’appelle le pouvoir émissif spécifique.

Si la tranche a une épaisseur finie x et reçoit une lumière simple d’intensité i'o, on trouve aisément que l’intensité de cette lumière à l’émergence

La considération de l’équilibre mobile des températures montre que le rapport j du pouvoir émissif spécifique au pouvoir absorbant spécifique est une quantité qui ne dépend pas de la nature du gaz considéré. Il devient bien vraisemblable alors que cette quantité ^ est, pour un même gaz, indépendante de la radiation considérée. Or, si la tranche a une épaisseur infinie, la formule ci-dessus montre que l’on a f = ^ T* ; par conséquent, si ^ est indépendant de la nature de la radiation, on aura la même intensité i pour toutes les radiations; c’est-à-dire que le spectre d’une source gazeuse d’épaisseur infinie serait continu comme celui d’un corps solide, les raies caractéristiques ayant disparu. C’est bien ce que quelques auteurs ont cru pouvoir avancer d’après leurs expériences sur l’élargissement des raies

spectrales.

Il résulte encore de la formule qu’une tranche gazeuse d’épaisseur finie, étant éclairée par de la lumière blanche, donnera à l’émergence un faisceau lumineux qui présentera les raies caractéristiques du gaz, en brillant sur fond sombre ou en sombre sur fond brillant, suivant que l’intensité de la lumière blanche incidente est inférieure ou supérieure à l’intensité lumi-

d’une façon simple et rigonreuse comment la mesure de l’aberration a nomique doit fournir le même résultat dans le cas d’une lunette p d’eau ou dans celui d’une lunette pleine d’air, comme l’ont trouv astronomes do Greenwich. Les explications données jusqu’alors de ce nomène étaient un peu vagues.

(Depuis la publication de cet article, j'ai constaté que M. H. Poincaré, dans son Cours d’Oplique publié auparavant, s’était précisément appuyé sur le résultat obtenu par les astronomes de Greenwich pour établir les formules de l’entraînement de l’éther.)

lîir

Page 1