SECONDE PARTIE
M. DauDou fut attiré dans la carrière des lettres par les concours académiques. Nous avons dit que son mémoire sur les limites de Tautorîté paternelle obtint, en janvier 1788, le premier accessit à TAcadémie royale de Berlin ; mais longtemps auparavant, en 1783, TAcadémie royale de Nîmes avait proposé pour sujet de prix cette question : Quelle a été Tin* fluence de Boileau sur la littérature française ? et le discours qu'elle avait couronné , dans sa séance solennelle du 5 mai 1786^ était celui de M. Daunou. Ainsi le jeune oratorien fit avec honneur son début dans la littérature, en se plaçant sous le patronage d'un grand maître dont il devait observer fidèlement les préceptes. Déjà l'une des qualités principales de ses écrits était le goût, qui, suivant lui^ exige la connaissance du vrai , et consiste dans le sentiment du beau \ Un esprit juste, une âme sensible, dit-il, voilà le goût*; appliqué à l'examen des ouvrages d'autruî, c'est la critique'; et du jugement appliqué à la littérature naît la pureté du langage, la justesse des expressions, la sagesse du style. Mais il y a encore d'autres qualités que te jugement ne suppose