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I3t NOTICE SUR M. DAUNOU.
déprime^ et ce qui est simple devient bas; voilà Tune des causes de l'ennui profond qu'on éprouve en lisant les longs poëmes de cet âge^ par exemple, le roman de la Rose : l'expression y est toujours audessous de la pensée, quoique la pensée elle-même ne soit pas très-élevée'. » Le passage relatif à l'histoire du style ne mérite pas moins d'être rapporté, ce Le style, dit M. Daunou, prend en chaque siècle, le caractère des études dominantes. On le voit timide et presque servile lorsque, après de longues ténèbres et aux premiers jours où se renouvelle une instruction saine et classique, l'imitation des anciens modèles semble être encore l'unique talent et la seule perfection possible. Il se hérisse de citations et de science, aux époques oii l'érudition récemment éclose, d'autant plus fastueuse qu'elle est moins riche, obtient de l'ignorance qu'elle étonne de superstitieux hommages. Il se montre au contraire léger, précieux^ maniéré, si c'est à la subtilité des pensées et aux expressions équivoques ou ambitieuses que les noms de talent et d'esprit s'attachent. Il devient figuré, passionné, emphatique, quand la poésie et les arts d'imagination, par la hardiesse de leurs premiers élans, séduisent et entraînent le plus grand nombre des lecteurs et des auteurs. Dans un âge plus heureux et plus mûr, la poUtesse des mœurs publiques et le génie des grands écrivains lui rendent ses grâces naturelles, son énergique simplicité, ses couleurs antiques*. »
i. Tome XVI, p. 157 et 458. i