‹ Notice sur M. DaunouChapitre 30 sur 70 · Académie des Inscriptions, Histoire^ 1. 1, p · texte numérisé non relu

Académie des Inscriptions, Histoire^ 1. 1, p

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loin d'ttVdir rien perdu, a beaucoup gagbé entré les mains de M» ï)aunou« Quoiqu'il ne partage pas ton* tes led opinions de ses religieux prédécesseurs^ il leur rend toujours, avec un affectueuiL empresse^ ment^ la justice due à leur science comme à leur modestie, et ne s'éearte jamais de la route qu'ils ont tracée. Au caractère sévère de la composition^ au ton simple et réservé de l'auteur , à sa méthode^ à sa conscience^ à l'exactitude des faits et des citations, les lecteurs pourraient se croire encore avec les bé-* nédictins \ des qualités supérieures de style, avec une teinte plus philosophique, les avertissent seules de la présence d'un plus habile écrivain , qui sait mettre dans l'érudition tout ce qu'elle peut réclamer de la littérature. Lorsqu'il apprécie le mérite de ses personnages ou de leurs écrits^ évitant les lieux com^ muns de l'éloge ou de la critique^ il ne dit rien que de précis et de juste^ et ne parle pas avec moins de talent que d'équité* Par exeinple, a-t-il à porter un jugement sur S* Bernard, il s'exprime en ces termes : ^ Un cœur tendre et un esprit curieux égaraient Abàilard; SDU adversaire était préhiuni contré ces deul genres de séductions : contre le premier, par une vie austère ; et contre le second f par une adhésion ferme àux idées généralement reçues, par une invincible horreur de toute opinion nouvelle et même de recherches qui pouvaient conduire à quel-* que innovation \ » Mail il se plaît à déclarer que Bernard avait le émût noble et pur; qu'il n'a rieil

1 '. ttUtoiré littéfXLire ^ t. XHI ^ p. « 39.

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dit qu'il ne crût vrai, ni rien fait qu'il ne crût juste ^; qu'il a désiré pasBionnément le bonheur ded peuples, alors même qu*il les égarait • en prêchant la croisade. « C'est dans ses épîtres, dit-il, qu'on voit immiNliatement, et pour ainsi dire en face, l'apôtre et le réformateur de la profession religieuse, le dé-» fenseur des croyances universellement reçues, l'ami des papes et leur conseiller quelquefois sévère ; plus souvent le censeur des rois, et presque leur juge; partout un moine humble et puissant, un lévite ar-» dent et désintéressé^ un personnage actif et cdura^ geuxy un grand homme, dont les opinions ne sont pas toujours saines ni les démarches toujours pru*dentes^ mais dont les mœurs fortes et pures ne sont jamais que des vertus*. »

Son discours sur l'état des lettres a mérité surtout de grands éloges. Le savoir, en effet, la critiqué, le style, tout s'y réunit, pour en faire un ouvrage digne d'être admiré des érudits comme des littérateurs. La manière dont il parle des anciennes compositions en langue vulgaire montre en particulier avec quel tact et quelle finesse il traitait les questions de littérature, et notamment celles qui se rapportent au lan*gage. L'ancienne langue française, dit-il, a exprime en vers plus de détails, mais elle n'en sait relever aucun; elle affaiblit toujours ce qu'ils pourraient «voir de dignité ; elle ne laisse guère voir que ce qu'ils ont de trivial. Chez elle, ce qui est grand se

i. Hist. lift., t. Xin, p. 443.

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