‹ Notice sur M. DaunouChapitre 58 sur 70 · DISCOURS D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

DISCOURS D'OUVERTURE

qu'on appelle la science de la diplomatique. Ce sont les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur qui , les premiers, en ont découvert les principes et tracé les règles ; ce sont eux qui les premiers ont su en former un corps de doctrine , et qui Font portée au degré de certitude où elle est parvenue. La science est moderne et ne date véritablement que de Mabillon. Avant lui on suivait, dans la critique des diplômes, une marche peu sûre; on procédait plutôt par instinct que par science, et moins par principes que par routine. Le P. Papebroch , jésuite , avait à la vérité établi des règles , dans son Propylseum anaquarium y pour déterminer la date et l'authenticité des manuscrits; mais ces règles étaient ineertaines, inexactes et souvent fausses. Mabillon, qu'une jm^ mense lecture de chartes et de manuscrits da tous les genres avait initié à tous les secrets de U paléographie, reconnut aussitôt les erreurs du savant Bollandiste. Il les combattit avec force, quoique avec mesure, et, posant lui-même les vrais principes de la science, il éleva sur des bases inébranlables et sous le titre modeste de De Re diplomatieaf un ma* nument aecomph d'érudition et de critique, que les attaques les plus vives nWt pu atteindre, et qui doit rester à jamais comme un guide et une autorité infaillibles pour tous les savants. Disons à rhonneor du jésuite Papebroch que, sacrifiant son amourpropre au respect dû à la vérité, il s'empressa, malgré ses amis, d'avouer qu'il s'était trompé, et de couvrir de son imposant suffrage l'œuvre de l'illustre bénédictin. Quoique la diplomatique ne remonte vérita-

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blement oomme seienoe que jusqu'à Mabillon , de grands travaux» qui supposent dans leurs auteurs une parfaite intelligence des manuscrits et des di* plômes y avaient été exécutés sur le moyen âge longtemps avant lui, et même avant la naissance de la congrégation dont il est Tune des principales gloires. Déjà le chartreux Surius avait publié un recueil des vies des saints ; le cardinal Baronius, les Annale ec* clésiastiques; Canisius, les Antiquœ lectiones^ dont Bapnage a donné une seconde édition sous le titre de Thésaurus monumentorum ecclesictëticarum. Déjà Bongars avait mis au jour les historiens des croisades; Marquard Freher et Melchior Goldast, les historiens des Germains et d'autres peuples du nord ; André Dnchesne, ceux de la France; le jésuite Sirmond, la collection des conciles; les BoUandistes, les premiers volumes des Àcta sanctorum. Déjà le public avait été mis en possession des ouvrages d'Aubert Lemire, d'Ughelliy de Selden , de Spelman , de Lindebroge, et, parmi les nationaux ^ de ceux du greffier du Tillet, du président Fauchet, de P. Pithou, de Je* rôme Bignon, de Doublet ^ de Pasquier, et d'autres auteurs du même genre. Les noms du jésuite Labbe^ d'Hadrira de Valois, de Charles Du Cange devenaient célèbres, quand à peine la congrégation de Saint- Maur s'était fait connaître dans la carrière où elle s'est tant illustrée par la suite. Cependant elle nourrissait dans son sein, dès cette époque, des hommes d'un grand savoir; et l'on raeonte que le jésuite Sirmond, au lieu de se donner la peine de rechercher aux diverses sources les passages qui lui manquaient,

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allait à Tabbaye de Saint-Germain des Prés trouver le P. Ménardi qui lui indiquait sur-le-champ le livre et le chapitre de l'ouvrage où ils étaient imprimés. Mais jusqu'à Tannée 1655, date de la publication des premiers volumes du Spicilegium de D. Luc d'Achery, les bénédictins de la congrégation de Saint- Maur n'avaient encore mis au jour aucune composition ou compilation importante pour Thistoire du moyen âge. Il est vrai que cette congrégation ne faisait que de naître. La réforme de Tordre de Saint- Benoît, commencée en 1600, à Tabbaye de Saint-, Vanne de Verdun, s'était rapidement introduite dans plusieurs monastères de Lorraine et de France ; et comme il était difficile de les réunir tous en un même corps, on forma des monastères de France une congrégation indépendante de celle de Lorraine ou de Saint-Vanne, et on lui donna le nom de saint Maur, disciple de saint Benoît. Érigée par Louis XIII , en 1 61 8, elle fut confirmée en 1 621 par le pape Grégoire XV, et comprit bientôt un grand nombre d'abbayes. Les principales, dont il est bon de rappeler les noms , étaient Saint-Germain des Prés et les Blancs-Manteaux, à Paris; Saint-Denis en France, Saint-Remi et Saint-Nicaise de Reims; Saint-Ouen, Bonne-Nouvelle et Saint-Amand de Rouen, Saint- Faron de Meaux, Saint-Pierre de Jumiége, Saint- Vandrille, Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières en Gâtinais, la Trinité de Vendôme, Saint-Père de Chartres , Saint-Martin de Pontoise , Saint-Pierre de Corbie, Sainl-Médard de Soissons , Saint-Benoît^sur- Loire, Saint-Lomer de Blois, Saint-J^Iélaine de Rennes;

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