PRONONCÉ A L*ÉGOLE DES CHARTES
les abbayes de Ck)nche8, de Grasse, du Bec, de la Chaise-Dieu, de Boupgueil, du mont Saint-Michel ^ de Redon , de Sorèze , de Marmoutier, de la Daurade de Toulouse et beaucoup d'autres. Celle de Saint- Germain des Prés était la plus célèbre de toutes et comme le centre commun de la congrégation. Le roi Louis XIII ayant repris Corbie en 1636, les nombreux manuscrits que renfermait l'abbaye de cette yille et qui se distinguaient moins encore par leur nombre que par leur ancienneté, furent transportés à Saint-Germain des Prés , et composèrent le fonds le plus précieux de la bibliothèque de ce monastère, la plus riche de France en manuscrits, après celle du roi. Les bénédictins y trouvèrent une mine presque inépuisable pour leurs publications , qui bientôt se succédèrent avec rapidité , et que nous allons passer en revue. Les Acta sanctorum ordinis Sancti Benedicti du P. d'Achery et du P. Mabillon suivirent le Spicilegium; puis vinrent les Annales de Tordre de Saint-Benoît, le Vetera analecta, et la Diplomatique, publiés par le même Mabillon ; le Concilia Rotomagensis provincisBy de D. Bessin; le Thésaurus anecdotorum j çXVAmplissima collecHo, par Martène et Durand; les anciens Rits de l'Église , par D. Martène seul ; le Recueil des lettres des papes , par D, Constant; le Gallia christiana^ par le P. de Sainte- Marthe et ses continuateurs; l'Antiquité expliquée, avec le supplément, et les Monuments de la monarchie française , par Bernard de Montfaucon ; le Bibliotheca bibliothecarum, par le même; la nouvelle édition du Glossaire de Ch. Du Gange, avec le sup-
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plément^ par D. Dantine et D. Carpentierf l'Histoire littéraire de la France, par D. Rivet et ses oontinuateurs; le Nouveau Traité de Diplomatique > par D. Toustain et D. Tassin ; le Recueil des Historiens de la Gaule et de la France, par D, Bouquet et ses continuateurs. Parmi les histoires particulières des provinces, des villesi des églises ou des monastères, nous distinguerons THistoire des Abbayes de Saint* Ouen de Rouen, de Saint ^Amand de la même ville, et de Sainte-Catherine du Mont, par D. Pommeraye; THistoire des archevêques de Rouen, et celle de l'église cathédrale de la même ville, par le même; l'Abrégé de l'histoire de l'ordre de Saint-Benoît, par Bulteau ; l'Histoire de Notre-Dame de Soissons, par D. Germain ; l'Histoire de l'abbaye de Saint-Denis , et celle de la ville de Paris, par D. Félibien, cette dernière continuée par D. Lobineau ; THistolre de Saint-Germain des Prés, par D. Bouillart; l'Histoire de Bretagne et la Vie des saints de cette province , par D. Lobineau; l'Histoire du Languedoc, par D. de Vie et D. Vaîssette; celle de Bourgogne, par D. Plancher et 1). Merle; celle de Bretagne, par D. Morice; l'Art de vérifier les dates, par D. Clément; l'Histoire de Coucy et celle de l'église de Meaux, par D. Toussaint-Duplessis ; la Description de la Hautes Normandie, et les nouvelles Annales de Paris, par le même ; l'Histoire de la ville de Bordeaux , par D. de Vienne d'Agneaux, etc* : en tout, 40 auteurs environ et plus de 1 60 volumes , la plupart in-foHo, Si nous ajoutons à ces ouvrages, qui se rapportent tous aux sciences historiques, les éditions des écri-
PRONONCtt À L'ÊGOLË DES CËÂRTES. li^
vaing ecclésiaBtiques et laïques ^ H les autres livres de tous genreB que nos bénédictins ont mis au jour, nous trouverons une masse d^écrits formant la matière de plus de 400 Volumes in-folio. Enfin, si nous faisons enti*er dans notre calcul les ouvrages qu'ils ont laissés en manuscrit, et dont quelques-uns sonttrès^considérables^ nous devrons plus que doubler le chiffire que nous avons obtenu , et porter au moins à 1 000 volumes in-folio les écrits des religieux de la Congrégation de Saint-Maur.
A là Vue de tant et de si grands travaut ^ qui d'une part ont enrichi surtout l'histoire du moyen âge, et qui feront à jamais honneur à la France^ et qui, de l'autre, ont procuré des bénéfices énormes à notre librairie, on ne peut s'empêcher de déplorer l'anéantissement de cette illustre congrégation , qui n'a jamais troublé l*Étât et qui s'est autant distinguée par sa piété que par son amour pour l'étudej et l'on éprouve un sentiment pénible d'entendre l'un de ses plus savants religieux, à la fin d'une carrière qu'il avait consacrée aux lettres et à la pratique de toutes les vertus chrétiennqft , demander , au nom de ses frères, que, pour prix de leurs services, on veuille bien les admettre au nombre des citoyens utiles.
Ver» le milieu du siècle dernier, la congrégation de Saint*-Maur étendant de plus en plus le cercle de ses travaux, entreprit de doter notre pays de l'histoire et de la topographie particulières de chacune des provinces dont il se compose; et, pour mettre plus d'ordre ddns l'exécution de cette grande entre^ prise , elle partagea tout le royaume entre ses ou-^
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vriers les plus habiles. La Nonnandie et le pays Chartrain échurent à D. Lenoir, la Picardie à D. Caffiaux et à D. Grenier, TOrléanais et la Touraine à D. Geroux, la Bourgogne et la Bresse à D. Villevieille, le Berri à D. Turpin, les autres provinces à d'autres de leurs confrères. Il me suffira, pour donner une idée de la tâche que s'étaient imposée ces religieux, de dire que le travail exécuté par D. Grenier sur la province de Picardie, et qui nous a été conservé en liasses et en portefeuilles, remplirait seul plus de cinquante volumes in-folio. Ajoutons que nos bénédictins, par surcroît de besogne, avaient, en outre, accepté la principale part qui leur avait été dévolue dans le travail exécuté par Tordre et sous les auspices du gouvernement pour la collection des chartes et diplômes. Toutes ces vastes entreprises littéraires semblaient donc assu« rer pour longtemps à la France la supériorité dans les sciences historiques qui concernent le moyen âge, lorsque tout à coup la révolution de 1789, qui régénéra notre ordre social, vint arrêter les progrès de l'érudition. Ce sera une source éternelle de regrets pour la science que le temps ait manqué à nos bénédictins : leur suppression précipitée a déshérité la France de trésors inestimables pour l'histoire, et, j'ose le dire, pour la civilisation. Leurs grands ouvrages, dont quelques-uns seulement seront continués, non sans beaucoup de difficulté et de frais, resteront la plupart inachevés, comme un monument du mérite de leurs auteurs et de notre impuissance , et témoigneront assez haut à