‹ Notice sur M. Jos. O. Leprohon [microforme]Chapitre 8 sur 9 · ELEGIE SUR LA MORT DE M. J.-0. LEPROHON, PTRE., CURÉ DE NICOLET · texte numérisé non relu

ELEGIE SUR LA MORT DE M. J.-0. LEPROHON, PTRE., CURÉ DE NICOLET

Nicolet a perdu son guide et son pasteur !

Pauvre peuple .… aujourd’hui, tu pleures sur sa tombe ! La mort, en le frappant, a fuit saigner ton cœur ; Ah! pourquoi sous tes coups faut-il que tout succombe ! Ne pourrait-elle au moins respecter la vertu ! Vous n’aviez donc pas entendu, Seigneur, la prière touchante Que poussait vers le ciel un peuple tout en pleurs ? Vous n’aviez pas vu les douleurs D'une famille gémissante Qui tantôt s'adressait à vous ; Tantôt priait la mort de retarder ses coups ? En vain l’homme de la chaumière, Dans le temple est venu prier pour son soutien ; L'orphelin vainement supplia pour son père Et la veuve pour son gardien !

Et vous.…...vous qu’il nommait sa famille chérie, Vous que son cœur a tant aimés, Et que son zèle avait formés Pour l’autel et pour la patrie.

Dans votre cœur reconnaissant, En vain vous imploriez pour l’homme bienfaisant Qui vous avait donné vingt-cinq ans de sa vie ! Il est mort... et, depuis le ministre de Dieu, Depuis l’homme d'Etat qui lui redoit sa gloire, Jusqu'à l’heureux enfant croissant près de son lieu, Et qui gardait si bien sa touchante mémoire, Tous pleurent en ce jour, et désirent encor Pour calmer un instant leur angoisse profonde Baiser une fois leur mentor.

Dieu ! pourquoi l’avez-vous fait sortir de ce monde ? Etait-ce pour punir nos crimes, nos erreurs ? Oh ! non, mais le Dieu des justices Aime à récompenser ses dignes serviteurs ; 11 hâte leur trépas, pour hâter leurs délices. 0 pasteur, Dieu voulut couronner tes travaux En t’accueillant dans son repos.

Qu'il est beau le trépas du juste !

Voyez-le s’avançant devant l’Eternité ;

Ses yeux sont sans nuage et sur son front auguste

Brillent les doux rayons de la sérénité.

Mais chez le bon pasteur des âmes,

Le trépas semble encor plus sublime et plus doux,

Sa belle âme déjà s'élance vers l'époux ; Brülant de ces divines flammes

Dont elle a, sur la terre, embrâsé tous les cœurs. Il se montre au Dieu des pasteurs,

Pénétré du néant des vanités humaines

Et tout plein des vertus qu'il prêchait ici-bas. . La mort ..…. il en connait les peines, Les rigueurs ne l’étonnent pas :

Mille fois dans les jours de son saint ministère, Penché sur le sein du mourant,

Il a vu que la mort est aussi passagère, Îl peut la fixer en riant.

Oui, vanités du monde, à fumée ! 6 folie!

Il vous quitte avec joie ; il ne vous aimait pas. Il ne laisse, en quittant la vie,

Que l’heureux souvenir de la vertu bénie, Et l'exemple d’un beau trépas.

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