‹ Notice sur M. le Vicomte de BonaldChapitre 1 sur 13 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

« Bonum virum facile crederes, « Magnum libenter. »

(Tacit. Vita Agric.

Louis-Gabriel- Ambroise, vicomte de Bonald, naquit le 2 octobre 1764, à Milhau en Rouergue, (aujourd'hui département de Y Aveyron) d'une ancienne famille, fort considérée dans cette province^ et plus recommandable encore par une longue tradition

de vertus publiques et privées , que par son ancienneté même. Plusieurs membres de cette famille avoient , il y a plusieurs siècles, occupé les premières charges de la magistrature dans le Parlement de Toulouse ; et l'un d'eux , Etienne de Bonald , a voit épousé la sœur du célèbre Buranîi ,, premier président de ce Parlement , massacré sous la Ligue en défendant avec tant de courage et d'héroïsme l'autorité royale , et qui expira en levant les mains au ciel pour ses bourreaux (1). Théodore de Bèze , dans son Histoire de l'église reformée, parle de cet. Etienne de Bonald comme d'un magistrat fort zélé pour la religion catholique , et nommé par le Parlement pour s'opposer à l'irruption de la réforme religieuse dans Toulouse.

Le père de l'illustre auteur de la Législation primitive , Antoine-Sébastien de Bonald,

(1) Cette mort héroïque est le sujet du beau tableau de Paul Delaroche , qui excita tant d'admiration , lorsqu'il fut exposé au Louvre pour la première fois. On voyoU , avant la révolution , le mausolée du président Duranti dans l'église des Grands- Cordeliers de Toulouse, avec cette inscription : Floruit Jlorcnle , cecidit cadente regno. Sa statue est au Capitole , dans la grande galerie appelée la Salle des Illustres.

que son fils connut à peine (1) , car il n'était âgé que de quatre ans lorsqu'il le perdit , avoit servi avec son frère, chevalier de Malte, dans le régiment de Condé , commandé par le marquis d'Hautefort , et fait avec lui les campagnes d'Italie sous les maréchaux de Coigny et de Broglie. Les deux frères , qui s'aimoient tendrement, s'étoient trouvés ensemble , en 1 734 , à FafFaire meurtrière de Guastalla, puis à la bataille de Parme , où le père de M. de Bonald reçut plusieurs balles dans ses habits, et eut la douleur de voir blesser mortellement son frère , qui succomba à ses blessures quelques jours après. « Et je ne » pus, écrivoit-il, rendre les derniers de- » voirs à ce frère chéri , parce que je fus » obligé de suivre Farinée qui poursuivoit les » ennemis, » François de Bonald , Fonde de noire écrivain , avoj't fait ses caravanes à Malte , et s'étoit trouvé au siège de Candie.

(1) J'ai lu ces mots dans le livre de famille : <-- Au- » jourd'hui 2 octobre 1754, jour des saints Anges- » gardiens 7 à neuf heures du soir, il a plu à Dieu >» de me donner un troisième fils ; on lui a donné » les noms de Louis-Gabiïel-Ambroise. dieu veuille

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