Rimes vieilles et neuves
2. Ces vers sont du Dernier chant de Child-Harold ; mais Lamartine, le Lamartine de 1820, avait écrit :
Hors le culte éternel, vingt cultes différents, etc.
Dondey a supprimé le premier hémistiche, et il faut avouer qu'il semble n'être là que pour la forme, et qu'il n'est nullement dans l'esprit du morceau.
Mystica biblion est comme une réponse au titre : Erotica biblion, d'un livre obscène de Mirabeau. Carmes (carmina), i mot du xvie siècle, pour dire des vers.
que dans tout le recueil il n'y a que quatre pièces qui ne soient pas en alexandrins.
La principale inspiration de ces poésies est l'amour , je veux dire son amour. Il n'a guère fait de vers que pour répandre sa passion devant sa maîtresse, ou pour la savourer lui-même. Je parlerai d'abord du petit nombre de pièces qui sont en dehors de ce thème.
Voici un chant d'un caractère sévère et triste, mais où la tristesse a une sérénité qui est rare dans la poésie de Dondey ; elle est aussi d'une forme plus classique :
Cœurs d'élite et de race, Qui demandez au sort, Pour charmer votre audace, Une héroïque mort :
Non, la mort la plus belle, Mes frères, n'est point celle Qui de gloire étincelle Aux pompes des combats, Lorsque les clairons sonnent, Que les sabres résonnent Et que les canons tonnent Sur nos fronts, sous nos pas!
La mort est plus auguste, Plus sainte quand il faut, Pour une cause juste
Monter sur l'échafaud.
Là d'abord le courage
Est pur, stoïque et sage ;
L'ivresse du carnage
Ne peut plus le ternir.
Puis le sang, comme une onde,
Baigne, arrose et féconde,
Pour le bonheur du monde,
L'arbre de l'avenir !
Par son calme et sa grâce, Une troisième mort Des deux autres surpasse Le sublime transport.
C'est le trépas occulte Qui nous prend sans tumulte Près d'amis dont le culte Nous console à genoux, Et dont la voix fidèie, Parlant d'âme immortelle, Dans la sphère éternelle Nous donne rendez -vous *.
A douze ans, poëme d'environ trois cents vers (1839), est le développement étudié et amoureux du