DÉCLIN PRÉCOCE
L'arbre de ma jeunesse a senti de sa force Au feu des passions les éléments tarir;
Sous la menteuse ampleur de son altière écorce Bien peu de sève cncor se meut pour la nourrir.
Vainement l'esprit lutte, en vain l'âme s'efforce De tout reprendre en moi, de tout reconquérir; Mon être, hélas! contient cet absolu divorce : Une âme qui veut vivre, un corps qui veut mourir,
Que demande cette âme à ce corps qui décline? - N'a-t-elle pas chez lui préparé la ruine? N'a-t-elle pas été son incessant bourreau?
La voilà bientôt veuve et seule, la superbe! Il est certain, selon le moderne proverbe, Que la lame a fini par user le fourreau.