‹ Notice sur Philothée O'Neddy [pseud.]Chapitre 4 sur 10 · LES DEUX LAMES · texte numérisé non relu

LES DEUX LAMES

Un montagnard avait une excellente épée, Qu'il laissait se rouiller dans un recoin obscur. Un jour elle lui dit : Que ce repos m'est dur I

Guerrier, si tu voulais! ma lame est bien trempée.

Dans tes rudes combats, sur la côte escarpée, £lle vaudrait, au bout de ton bras fermé et sûr, Les autres espadons qui brillent sur ce mur : Pourquoi seule entre tous est-elle inoccupée?

Je suis comme ce glaive, et je dis au Destin : Pourquoi seul dans mon type ai-je un sort clandestin ? Ignores-tu quelle çst la treippQ de mon âme?

1. Je trouve encore dans son manuscrit un huitain sur la Liberté avec cette note : o Un confiseur, ami des lettres, a daigné imprimer ce huitain parmi les devises de ses bonbons. »

Elle pourrait jeter de glorieux reflets, Si ta droite au soleil faisait jouer sa lame I Elle est d'un noble acier ! Destin, si tu voulais I

Voici maintenant les fragments de la pièce : Une Fièvre de F époque, qui commence ainsi :

II est depuis longtemps avéré que nous sommes,

Dans le siècle, environ six mille jeunes hommes

Qui du démon de l'Art nous croyant tourmentés,

Dépensons notre vie en excentricités;

Qui, du fatal Byron copiant les allures.

De solennels manteaux drapons nos encolures.

Esprits du second rang, poëtes incomplets, Moins artistes, hélas 1 qu'artistiques reflets, Qu'aux portes de la Gloire une commune audace Inconsidérément tous à la fois entasse.

Or chacun d* entre nous, dans sa prose et ses vers, A quotidiennement le malheureux travers De mettre à nu son moi, de décrire les phases De son cœur, d'en trahir les occultes emphases.

A l'excès, pour ma part, j'ai ce tempérament : Je prends mon moi pour thème avec emportement.

Voici l'un de ces chants : mon moi^ ma fantaisie, Ont un fidèle écho dans cette poésie.

Artistes incomplets, mes frères, puissiez-vous Y sentir palpiter le mal qui nous tient tous !

11 peint donc l'état d'énervement où il est plongé'. Puis il peint aussi les réveils et les élans de sa pensée. Il se gourmande alors lui-même : il faut vouloir, il faut agir : .

Mais, vrai Dieu I le moyen ? tout encbaÎDe ma force ; La Providence et moi paraissons en divorce.

Métaphoriquement je suis comme un nocher Au milieu de la mer perdu sur un rocher.

Debout dans mon manteau, l'œil plongé dans l'espaoej Fataliste anxieux, j'attends qu'un vaisseau passe. Ha ! que de mon désir l'opiniâtre aimant L'attire donc bientôt, ce damné bâtiment!

Ha ! qu'il vienne, qu'il vienne, et sans retour m'enlève Aux désolations de cette aride grève.

Fermement je te jure, ô Puissance d'en haut, Qu'à ton aide mon cœur ne fera pas défaut...

• J'agirai I...

Il deviendra le chef, il conduira le navire et le mènera au port , ou bien il le fera sauter avec lui :

Oui, je veux l'action, l'aventure, la lutte,

Puis l'orgueil du triomphe, ou l'orgueil de la chute!

Hâte-toi, hâte-toi! viens, naviro sauveur!...

Une heure sonnera dans ma vie, où peut-être

D'abandonner ce sol je ne serai plus maître;

Où, lentement usé par la lime du sort,

L'acier de mon vouloir n'aura plus de ressort;

Où d'un loisir trop long l'engourdissante glace Fixera tristement mes deux pieds à leur place. Dieux! si quand tes marins s'en viendront me chercher, . Comme une huître, j'allais tenir à mon rocherl

Et à peine il a jeté ce cri d^irapati^nce irritée qu'il se le reproche : la pièce se termine par un sonnet dont voici le début et le thème : n Frères, nous avons tort! n où il reconnaît que ce n'est pas la plainte qui sied à qui n'a pas fait ses preuves, mais le silence, jusqu'au jour où il aura gravi avec effort

Le sommet des grands monts, premier degré des cieuxl

Je passe au}^ œuvres en prose de Dondey.

Ce sont d'abord trois romans très-courts : VAbhé. de Saint-Or, épisode publié en octobre 1839 dans V Estafette ; — V Histoire d'un anneau enchanté, roman de chevalerie, dans la Patrie, mars 18ù2 ; — le Lazare de Vamour, aussi dans la Patrie, à partir du 31 janvier 1843. VAhbè de Saint Or n'est qu'un fragment en deux feuilletons qui a paru avec cette indication : •

a Les quatre paragraphes de cet épisode forment les 47, 48, 49 et 20* chapitres d'un roman inédit, intitulé : Sodome et Solime, »

Et en note :

a Le fragment que V Estafette a publié dans son feuilleton du 30 mai dernier, sous le titre de V Escarcelle et la Rapière, fait partie du même roman ; il en est le premier chapitre. C'est par oubli que cela n*a pas été indiqué. »

Il y a un sonnet inédit, intitulé : Actions de grâces, qui explique le titre : Sodome et Solime, Il y remercie celle dont l'amour lui apporte le bonheur dans le désespoir, et qui fait sortir pour lui, par un miracle,

Solime de Sodome et le ciel do l'enfer 1

On lit dans la Lettre à Asselineau :

« C'est le roman qui est annoncé sous le titre : Eîitre , chien et loup, à la fin de Feu et flamme, »

A la même place était annoncé aussi : La lame et le fourreau, poème romanesque, dont je ne vois de trace nulle part.

V Escarcelle et la Rapière n'est qu'une anecdote assez piquante. V Histoire d'un anneau enchanté a été tirée à part et publiée comme faisant partie d'une collection intitulée: VEarope lillèravre, collection universelle des meilleurs romans, etc. Paris,

Boulé et C'% éditeurs, 18/|2. Cette plaquette de ^6 pages est le seul livre, si on peut l'appeler ainsi, que Dondey ait publié depuis Feu et Flamme. Dans cette réimpression, le roman est enrichi d'une Préface en vers.

Ces romans sont signés : Dondey de Sanleny :

a De Santeny n*est aucunemenl un nom seigneurial, mais seulement un surnom de famille (comme Dupré)^ déjà porté par le père d'0*Neddy. » (Leitre à Âsselineav^,

Les romans ou nouvelles de Dondey ne sont que le développement du rêve d'amour dont son imagination était possédée. Chacun de ses héros est une image de lui-môme, un personnage enivré d'amour, et recourant toujours, afin de mieux jouir, à l'idée de la mort, comme au repoussoir le plus puissant

pour lui faire sentir la vie. VAbH de Saint^Or est l'histoire très- bizarre d'une pécheresse, la belle Regina, libertine également au sens ancien du mot et au sens moderne, qui a été la maltresse de Ga^ Sliostro et qui l'a laissé empoisonner son mari. Elle a eu la fantaisie d'aller entendre un sermon, celui du jeune abbé Octobrin de Saint-Or, et elle n'a pu s'empêcher d'être touchée. Elle a besoin de s'épancher, et choisit précisément pour cela son amant d'hier, Cagliostro, son maître en débauche et en

impiété; elle va le voir à la Bastille, où il est enfermé , et elle lui dit tout ce qu'elle éprouve. Cagliostro lui suggère d'aller le lendemain, parée en courtisane, au confessionnal du prédicateur, et d'y étaler ses audaces et ses impuretés pour troubler le jeune prêtre. Elle y va, mais, loin qu'elle le trouble, il la domine, et ayant exigé d'elle, non pas aucune soumission morale, mais la promesse formelle d'accomplir, extérieurement et matériellement, la pénitence qu'il lui aura imposée, il lui commande de dresser dans sa chambre un lit de draps noirs , avec des cierges allumés de chaque côté d'une lête de mort, et de se coucher dans ce lit après avoir chanté le Miserere et le De Profundis, et après qu'elle aura répété mot à mot sa confes* sion Cynique et infâme. Regina, à la fin d'une journée qu*elle remplit par l*orgie, exécute fidèlement l'étrange pénitence, et» ce qui est plus étrange, elle ne peut résister à l'impression de cet appareil. Son sommeil n'est qu'un cauchemar, où la tête de moft prend la pai'ole et la confesse^ et d'où elle soî*t brisée et vaincue* Au point du jour, elle demande l'abbé de Saint- Or ; il était là qui attendait sOn réveil, et il reçoit sa confession, cette fois sérieuse et édifiante. — A travers la prose du récit est jetée une pièce d'une centaine de vers : c'est une vision.

dont la scène se passe dans le ciel, et où ou assiste au jugement de Dieu, qui prononce d'abord la condamnation, puis la grâce de cette âme extraordinaire.

Dans YHistoire (Tun anneau enchanté^ le sujet est beaucoup plus heureux. Cet anneau est le talisman qui, après avoir assuré à une femme pendant sa vie Tamour de Gharlemagne, le tenait encore attaché à elle après sa mort, si bien qu'il ne pouvait se séparer de son cadavre, préservé merveilleusement de la corruptiotf. Le talisman ayaht été enlevé et jeté dans le lac voisin, c'est du lac que l'empereur devint amoureux , et il bâtit sur ses bords Àix-la- Chapelle ^ Tout était fait pour Dondey dans ce sujet : d'abord les ardeurs et les fiertés d'un amour chevaleresque et romantique, puis surtout cette fidélité dans la mort, cette magie à la fois lugubre et amoureuse. 11 y a ajouté une autre curiosité magique, celle de l'Œuf de serpent*.

Enfin le Lazare de r amour est un amant qui, quoique profondément aimé, n'a rien pu obtenir de la vertu de sa maîtresse ; mais un accident extraor*

i. Voir h ce sujet V Histoire poétique de Charlemagne, de M. Gaston Paris.

2. Emprunté à Michelet, Histoire de France^ t. !•', p. 45, diaprés Pline, xxix, 12.

(Jinaire Payant fait passer pour mort, elle déteste sa sévérité, elle s'abandonne tout entière à son amour dans sa pensée, et quand l*amant 'ressuscite tout à coup, elle se livre à lui sans hésitation et sans scrupule. Par un autre accident, le mari meurt à son tour, mais tout de bon, pour faire au conte un

dénoùment.

Le sens de VHistoire cFun anneau enchanté est

assez clairement traduit dans le sonnet que Tau-

teur a placé à la dernière page :

Je possède un anneau dont Ton, divin miroir, Absorbe ma pensée et mon cœur et mon âme .

C'est un beau talisman de sympathique flamme, Que je tiens de Tamour d'une fée à l'œil noir.

Je possède un anneau dont le chaste pouvoir Rend laide à mes regards toute autre que ma dame, Et fait qu'elle à son tour pour moi seule étant femme, Mes seuls embrassements la peuvent émouvoir.

Je possède un anneau dont la sainte féerie De mes songes d'amour et de chevalerie  su réaliser tout l'idéal orgueil.

Je possède un anneau... Si Ton vient me le prendre Quand je serai couché dans la nuit du cercueil, Je ressusciterai pour me le faire rendre!

Mais le Lazare de V amour surtout est une confidence faite au public.

Le portrait du clievalier est comme une transfiguration de l'auteur; la description complaisante de la marquise est celle de la femme qu'il aime ; il lui donne môme en toute lettre ce nom de Vannina, dont il n'avait mis dans ses vers que l'initiale* ; certains détails rappellent la page 80 de Feu et Flamme; enfin mort et résurrection signifient sans doute maladie et convalescence.

Dans ce genre de roman tout à fait à part, VHisioire (Tun anneau enchante me paraît ce qu'il a fait de mieux. La réimpression qui en fut faite témoigne qu'il avait été goûté des lecteurs. Ils ont dû être séduits en effet, non- seulement par l'attrait de la fable, mais par ces deux qualités plus personnelles: la candeur de l'imagination et de la passion, et le travail curie.ux et puissant du style, qui frappe surtout dans le tableau intitulé : YŒuf de serpent. Ce n'était pas là un feuilleton ordinaire. Sa manière est si essentiellement poétique, qu'on regrette, tout en lisant, que ce qu'on lit ne soit pas en vers.

Les feuilletons de théâtre de Dondey sont en

1. Vannina ou Vanina est le nom de la femme de Sampiero ou Sampietro, celui qu^on a appelé TOthello corse.

bien petit nombre ; je n'en trouve que quatorze, savoir sept à la Patrie, du 17 janvier 1843 au 27 mars, et sept au Courrier français, du 29 mai de la même ^mnée au 23 octobre. C'est par le* roman-feuilleton, comme on Ta vu, qu'il était entré à la Patrie, La date de ces feuilletons leur donne un intérêt historique particulier. Champion enthousiaste de la gloire de Victor Hugo en général, et en particulier de celle de son théâtre, il prenait l'emploi du' feuilleton dramatique dans un moment qui était précisément pour ce théâtre le moment difficile. L'éclat que le génie de Rachel avait rendu depuis cinq ans à la tragédie classique tendait à diminuer la faveur du drame romantique ; d'ailleurs la gloire poétique de Victor Hugo étant à son comble, le public se lassait de Tadmirer. Les jeunes talents craignaient que la révolution littéraire n'eût été bien loin. Sans abjurer Tesprit nouveau, ils se rattachaient aux traditions , et Ronsard écrivait Lwrèce. Dondey, appelé à parler au public, confessa hautement la foi romantique, et prêcha avec vigueur el non sans habileté pour ses dieux; ce n'est pas un critique, c'est un apôtre. Tous ses feuil* letODS sont des feuilletons de combat. S'il rend compte d'une représentation de Rodogune, il plaidera que rhorreur du sujet y dépasse tout, et que,

par exemple, la scélératesse de Lucrèce Borgia n'égale p^s celle de Gléopâtre. 11 oublie que nonseulement Cléopâtre déploie du génie au service de Ba haine, mais qu'au moment où elle boit le poison qu'elle a préparé, elle est grande et héroïque à sa manière; qu'enfin son crime môme donne occasion à ses deux fils de faire éclater des sentiments généreux. 11 ne se rend pas bien compte de l'importance de la conscience dans le drame.

11 est au contraire dans la vérité, je le crois, lorsque, fatigué de certaines déclamations des classiques contre l'exagération et en T honneur du naturel, il ose écrire : « L'exagération môme est dans la nature », et demander qu'on permette au génie « le naturel de l'exagération » . Qui est-ce qui osera refuser cette permission à Eschyle ou à Corneille?

Vient enfin la première représentation des Bw" graves, une journée mémorable pour Dondey. Il écrivait, vingt ans après, à Asselineau, qu'il avait eu alors a l'honneur bien précieux pour lui de rendre compte des Burgraves ». L'expression parait froide quand on lit l'article : ce n'est plus un compte rendu, c'est une effusion lyrique, où il s'est épanché en prose comme il aurait pu faire en vers. Je ne citerai qu'un alinéa ; je ne crois pas que le

poète lui-même ait pu souhaiter quelque chose au delà de cette appréciation :

a L'expression nous manque pour vous révéler quelque chose des splendeurs de la forme, des magnificences de la poésie et du style. On est là en présence d'une ampleur, d'une lumière, d'une force, d'un vol, d'un souffle, qui éblouissent, qui transportent, qui éiectrisent, qui terrassent. A chaque instant il vient sur vous des vers brûlants et merveilleux, qui vous envahissent, qui vous remplissent, qui vont vous courant de la tête aux pieds comme des flammes. Jamais peut-être la pensée, l'imagination, la passion, ne se sont formulées plus grandement, n'ont eu à leur usage plus d'éloquence et d'originalité. Si alors, au milieu des ivresses qu'il subit, l'entendement du ' critique se recueille et regarde sous cet éclal, sous celte harmonie, sous cette pompe d'imagQS et d'élans oratoires, il y découvre une solidité, une sûreté, une cohésion, une logique de langage, qui prouvent jusqu'à quel point Victer Hugo a étudié nos grands maîtres du passé, à quel point il s'est assimilé leur vitale et robuste substance, etquel 'soin, quelle conscience, il apporte incessamment à la contexture,à la fermeté, à la correction, à la durée de son style. £n somme, les Burgraves sont peut-être ce qu'a fait déplus complet cet homme prodigieux, qui, jeune encore, a fait déjà tant de choses complètes. »

Il suppose alors que son lecteur rinterrompt et lui demande s*il ne fera pas enfin la part des défauts; car il n'y a rien qui n'ait ses défauts:

a A quoi je réponds que le respect (et Tadroiration encore) me paraissent les seuls sentiments de mise devant de magnifiques défauts, qui ont une ressemblance toute fraternelle avec.. ceux de Rubens et de Michel- Ange. »

Ne croit-on pas entendre ici le maître lui-même, parlant de Shakespeare ou de quelque autre de ses grands ancêtres?

Victor Hugo répondit à ce feuilleton par l'envoi de sa pièce imprimée, accompagnée de ce billet :

« On dit plus de choses dans un serrement de main que dans dix pages de lettres. Venez me voir, de grâce, monsieur, que je vous remercie avec le regard et avec la voix.

» A bientôt donc, poëte. Vous avez écouté le drame : Voulez-vous lire le livre? — Le voici. — Votre ami, Victor Hugo.' »

Cependant tout n'était pas fini pour les Burgraves ni pour le critique. Au milieu des applaudissêmeûts de la première représentation, déjà une opiposition s'était produite ; le feuilleton même parlait de « deux ou trois velléités de murmure qui ont essayé de naître dans les quelques endroits où se tenait le petit nombre des universitaires, des politiques et des académîciens présents à la solennité » . Il signalait « certains eisprits bien faits », qai n'avaient pas craint

de « charbonner... le moi- mélodrame sur le mur de marbre de ce haut monument ». Cette opposition, comprimée quelque temps par les fidèles, finit par se déchaîner avec fureur ; il y eut des sifflets, des huées, toute une soirée d'insultes obstinées et éclatantes. Ce fut le sujet d'un nouveau feuilleton, intitulé : VÉmeute aux Burgraves, avec cette épigraphe de La Fontaine :

Ceci s'adresse à vous, esprits du dernier ordre, Qui y n'étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre.

Vous vous tourmentez vainement.

Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages

Sur d'aussi beaux ouvrages?

Ils sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant *■ !

Il raconte et étale hardiment ces indignités, les ricanements, les cris d'animaux, les paroles outrageantes :

« Cependant la sublime poésie du drame demeurait immaculée, vitale et immortelle, au sein de ces huées ignobles qui s'efforçaient de la souiller, de la tuer et de* l'anéantir. Elle ressemblait à ces belles martyres des légendes sacrées, qui par la grâce et la toute-puissance de

Dieu se maintenaient invulnérables et sans tache aux

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