RÈGNE DE DARIUS
9. — Le long règne de Darius nous fournit un certain nombre d'empreintes qui vont nous confirmer ce que nous avons déjà avancé sur l'attachement profond des habitants de la Babylonie aux traditions du passé.
Nous trouvons, d'abord, un contrat daté du 29® jour du mois d'Adar (février) de la quatrième année de Darius^ (^19); sur la tranche à droite, on voit deux empreintes (pi. III, fig. i5).
^ Darius ne s^est rendu maître de Babylone qu'en 619. Cest peut-être de cette époque quMi faut dater les contrats.
La première est incomplète, mais elle nous offre, avec les autels que nous connaissons, un personnage nouveau: il est imberbe, il présente de la main droite une coupe, et delà gauche il porte un panier. La légende nous donne ainsi le nom du propriétaire de ce cachet :
Kunuk Nabu - edir - napaaii • tip - sar.
(t Cachet de Nabu-edir-napsati , scribe, t»
C'est le huitième témoin de la liste.
La seconde empreinte n'est pas complète; nous y voyons encore le personnage barbu , en adoration devant l'autel surmonté du croissant , mais nous ne savons pas comment cette scène était terminée. La légende nous fournit ainsi le nom du propriétaire de ce cachet :
Kunuk Mu - se - sih - Marduk tip - sar.
ff Cachet de Musesib-Marduk , scribe, d
Sur un fragment de la tranche à gauche, nous voyons (fig. i6) encore les deux autels avec le croissant et l'étoile, puis le dragon, tels que nous les avons déjà remarqués sur une empreinte du temps de Nabonid.
Un autre fragment que nous pouvons rapprocher de la partie manquante nous donne l'empreinte dans son entier (pi. III, fig. 17).
C'est toujours le personnage barbu, en invocation devant les autels, et le dragon, tels que nous les avons décrits. Le propriétaire de ce cachet est ainsi désigné :
Kunuk Busa - Marduk - napsat tip - sar,
«Cachet de Busa-Marduk-napsat, scribe. >?
Après la date, nous lisons la mention que nous avons déjà constatée entre les coups d'ongle apposés sur les tranches :
§u - pur Bel - hahal - idinna
na - di - in kim - ma kunuku su.
(T Ongle de Bei-habal-idin apposé comme sod cachet, t?
Il y a, en effet, sur la tranche inférieure, les trois marques de coups d'ongle que nous avons signalées sur la plupart de ces contrats.
Ce personnage est le sixième témoin ; la comparaison de ces deux mentions nous montre que l'idéogramme *^J ^ yr I If que l'on transcrit ordinairement par le nom du dieu Hea , se lit Bel dans ce nom composé. Le sixième témoin se nomme
Bel-idinna, fils de Nadinu, fils de (le nom est effacé),
scribe.
10. — Cette belle tablette sur laquelle nous allons nous arrêter maintenant est datée, à Babylone, du 6* jour du mois d'Airu (avril) de la douzième année de Darius, roi de Babylone, roi des nations (5ii). On trouve sur chaque tranche, deux fois répétée , une empreinte qui n'est visible qu'une fois dans son entier (pi. III, lig. 18).
L'empreinte de ce même cachet se trouve sur un contrat de la même année et du même roi, conservé au musée du Louvre sous le n° mnb, 1 126.
Le personnage barbu est en adoration devant un autel surmonté d'un croissant; sur un autre autel, repose un monstre à la tête et au poitrail de cheval, terminé par une queue de poisson. Le sujet doit être complet; son développement me
paraît de nature à couvrir la surface du cylindre. Au haut des tranches, on lit, en caractères cursifs, cette mention qui nous fait connaître le nom du propriétaire :
Kunuk Ziknr - Mnrduk tip - snr.
«Cachet de Zikar-Mardiik , scribe. r>
Enfin , sur les tranches du sommet , on voit les coups d'ongle traditionnels.
11. — Je suis obligé de faire ici un emprunt à une collection étrangère au Musée Britannique pour citer encore une empreinte qu'on voit sur un contrat de la même origine (pi. lll,fig. 19).
Elle est répétée plusieurs fois sur les deux tranches d'une tablette datée de la dix-septième année de Darius (5o6); le texte est, du reste, d'une mauvaise conservation. Toutefois, je n'ai pu en juger que par une photographie reproduite dans le IV® volume, i*^ partie, des Transactions de la Société d'archéologie biblique. Ce document appartenait à Lady Tite, qui en a fait cadeau à la bibliothèque de la Société.
12. — Il me reste à mentionner, en revenant aux documents du Musée Britannique, quelques fragments sans date et sur lesquels on remarque des empreintes qui offrent encore un certain intérêt.
C'est, d'abord, un fragment sur la tranche gauche duquel on devait trouver l'empreinte de plusieurs cachets (pi. III, fig. 20).
La première empreinte a disparu ; il ne reste plus que les lignes qui renfermaient le nom du propriétaire du cachet, et
qui viennent se confondre avec Tempreinle suivante. Ce nom devait commencer par Zikar.
La seconde empreinte nous donne un sujet facile à restituer : c'est le personnage imberbe, en adoration devant des images symboliques, le croissant, le sceptre à deux branches, et, enfin, sur un autel, un animal qui peut être un chien ou un léopard. Le nom du propriétaire du cachet est plus difficile à restituer ; il ne laisse voir ou deviner que les premières lettres.
Sur la tranche à droite , on aperçoit encore la partie d'une empreinte qui indique le personnage barbu en adoration devant les autels.
Je passerai sous silence une foule de fragments de la même époque sur lesquels on aperçoit des parties plus ou moins considérables des sujets que nous avons indiqués, mais qui ne sont pas accompagnés d'une date précise , de sorte qu'il est impossible de les classer d'une manière rigoureuse, bien qu'ils appartiennent à la même époque.
Voilà donc certains sujets bien définis dont nous trouvons l'emploi à des dates précises et déterminées par la signature des contrats qui embrassent une période de soixante-quatorze ans au moins. L'étude de ces empreintes nous révèle des faits qu'on peut élever à la hauteur d'un principe et dont il est possible de tirer d'utiles conséquences.
La première application que nous pouvons faire ici des observations qui précèdent porte sur des cylindres dépourvus d'inscriptions. Aucun indice ne pouvait nous renseigner jusqu'ici sur leur provenance. Mais les indications des contrats vont nous permettre immédiatement de nous prononcer et même d'étendre notre jugement sur un grand nombre de cylindres ayant des sujets analogues, en les rapprochant des empreintes que nous avons rencontrées.
Les textes que nous avons cités et l'observation d'un grand
nombre de fragments de la même époque nous permettent d'apprécier précisément un sujet dont nous reproduisons ici l'empreinte (pi. IV, 6g. 21).
C'est le personnage imberbe en adoration devant les autels. Il 6gure sur un cylindre gravé dans les planches du livre de F. Lajard sur le culte de Mithra, et nous le donnons d'après lui.
Suivant la notice de Lajard, ce cylindre est en calcédoine résinée et appartenait à la collection du prince Poniatowski , à Florence. Je possède précisément un moulage de ce cylindre qui m'a été donné par M. Meuret, de la Bibliothèque nationale, et c'est vraisemblablement sur cette empreinte que le dessin de F. Lajard a été exécuté. J'ignore ce que l'original est devenu.
Je trouve l'indication d'un autre cylindre qui représente identiquement la même scène, dans le catalogue de la collection Raifé, rédigé au moment de la vente de cette collection par M. F. Lenormant.
Un cylindre portant un sujet semblable appartient à M. Bel- Ion, un amateur fort distingué qui habite la ville de Rouen et qui a bien voulu me le communiquer. C'est un cylindre en jade de 38 millimètres de hauteur, d'un travail fort remarquable par la pureté du dessin et le fini de l'exécution.
Ce n'est pas sans surprise que j'ai retrouvé la même scène identiquement gravée sur un cylindre du Musée Britannique. Le travail est absolument le même que celui de M. Bellon; la matière seule est différente, il est en jaspe vert et noir. Le Musée Britannique l'a acquis le 1**^ mars 1869. Enfin, on m'a signalé un troisième cylindre qui reproduit également le même sujet; mais je n'ai pu le vérifier, ni en retrouver le propriétaire.
En rapprochant les empreintes que nous avons décrites des sujets représentés sur ces cylindres, il est évident que ces types
appartiennent au dernier empire de Chaldée, et qu'on les avait considérés à tort comme particuliers à la Médie. La fréquence de ces types sur les cachets , la possession de plusieurs cylindres identiques qui répondent aux empreintes antiques , n'ont rien de surprenant.
Ce n'est pas, du reste, le seul exemple de cylindre dont les sujets soient identiques qui soit parvenu jusqu'à nous. Il ne faut pas en conclure que l'un soit la contrefaçon de l'autre. Je me contente de l'affirmer ici ; pour le prouver, il faudrait entrer dans l'examen des ty|)es qui étaient employés antérieurement sous le premier empire, et je ne pourrais le faire sans sortir des limites de cette communication.
Nous avons passé ici d'une scène représentée sur les empreintes aux cylindres qui avaient pu la produire. Nous croyons devoir faire un pas de plus et fixer la provenance de certains cylindres dont les sujets sont analogues à ceux que nous avons examinés. Il nous suffit, pour ne citer qu'un exemple, de rapprocher l'empreinte qui figure sur le contrat du 6® jour du mois d'Airu de la douzième année de Darius, et que nous donnons ci-après (pi. IV, fig. 29), de celle qui est produite par un cylindre en sardoine 'grise de la collection du Louvre et que nous enregistrons également dans nos planches (pi. IV, fig. 28).
Il est évident qu'il y a là deux monuments d'une origine identique. C'est bien le même personnage. C'est bien le même monstre. Le croissant, l'étoile et le symbole divin se retrouvent comme des accessoires obligés des cylindres de la même provenance; l'époque de ce cylindre est donc parfaitement déterminée; il figure dans le catalogue de M. A. de Longpérier sous le n° 643.
Je rapprocherai des empreintes qui se trouvent sur le contrat de la 26^ année de Nabuchodonosor (pi. IV, fig, 2/1),
et que nous reproduisons, un cylindre dont le sujet a été publié par F. Lajard dans ses recherches sur le culte de Mithra (pi. XXXIV, fig. 4), et que nous reproduisons également (pL IV, fig. 2 5). C'est un cylindre en calcédoine translucide qui figure aujourd'hui dans la collection de la Bibliothèque nationale sous le n° 2609. Sur ce cylindre, nous voyons, comme sur notre empreinte, le même chien accroupi sur un autel. Les personnages ont disparu, mais nous retrouvons encore l'autel surmonté du croissant, et, sur un autre autel, un symbole qui peut être quelque animal accroupi vu de dos. Je citerai encore dans l'ouvrage de F. Lajard un sujet représenté dans la planche LU (fig. h). Mais la scène est plus compliquée et ne s'explique pas suffisamment par les empreintes antiques que nous avons citées.
On comprend par ces quelques rapprochements que nous sommes en présence de monuments de la même origine. Les contrats nous ont donné la date et la provenance des cachets. Les cylindres que nous observons maintenant nous permettent d'apprécier le travail du lapicide et la matière de ces bijoux. En rapprochant les empreintes produites par les cylindres qu'il est facile de rouler aujourd'hui sur la terre plastique comme les anciens habitants de la Chaldée faisaient il y a vingt-cinq siècles, nous pouvons apprendre à juger par l'empreinte seule la nature du travail de l'artiste, nous prononcer sur ses procédés et fixer par ces constatations la culture artistique à laquelle on était arrivé à un moment donné; car alors nous avons un point de comparaison certain et il est possible de se décider sans recourir à des hypothèses (|ue les raisonnements les plus spécieux ne peuvent étayer.
Nous sommes très-affirmatif lorsque nous nous prononçons sur la provenance d'un cylindre dont nous trouvons des em-
prcintes idcnti(|iics ou analogues sur des contrats datés; mais il faut être très -circonspect ([uand nous n'avons pour nous guider qu'un détail qui, par lui-môme, ne peut caractériser une provenance.
Si nous n'avions pas une dalcî précise pour nous fixer sur l'époque à laquelle le cylindre dont nous trouvons l'empreinte sur le contrat daté du 1 3* jour du mois Arah-samna de la G*" année de Cyrus a été employé, comment pourrions-nous lui attribuer celte origine (pi. IV, fig. 26)?
PrLs isolément, chacun des sujets de cette trop courte scène n'a pas de date. Le personnage imberbe , la main droite dans la pose de l'adoration, est de tous les temps. Le croissant figure sur un grand nombre de cylindres, ainsi que le symbole de la divinité; mais, aujourd'hui, si un cylindre analogue se présente devant nous, nous pouvons en affirmer l'origine puis([ue nous avons un [)oint de comparaison et que nous pouvons être guidés par l'examen de la pierre et par le travail de l'artiste. Il y a, en effet, une différence dans la manière de traiter et de comprendre les mêmes types sans s'éloigner toutefois des données que la tradition avait imposées.
L'hésitation est plus grande encore en présence de l'empreinte que nous trouvons sur le contrat du 29 Adar de la 4* année de Darius (pi. IV, fig. 27).
Ce personnage est fréquent sur des cylindres dont on hésite à préciser la provenance. D'un autre côté, on le rencontre quelquefois sur les bas-reliefs assyriens. Le panier aux offrandes, soit simple, soit ornementé, figure souvent à la main des personnages qui s'avancent vers les symboles sacrés pour y accomplir un sacrifice, et, à défaut de point de comparaison, on pouvait être tenté de donner aux cylindres qui renferment ce type une origine assyrienne. Aurait-il été transporté de l'Assyrie en Chaldée par les contpiérants Achéménides ? On aurait pu le soutenir; mais s'il en a été ainsi, ces fiers conque-
ranls, qui n'ont rien produit d'autochthone dans le domaine des arts, auraient ramené à son point de départ un type qui, pour être fréquent à Ninive et à Nimroud, n'en appartient pas moins à la Mésopotamie inférieure. J'ai trouvé, en effet, le même personnage sur des contrats datés du premier empire de Chaldée et j'ai pu constater qu'il était populaire sous la domination sumérienne. Il en est de même de tous les détails qui composent chaque scène et que nous pourrions examiner successivement.
C'est en vain que nous voyons tous ces symboles sculptés sur les rochers de Bavian , probablement à l'époque où Sennachérib y fit graver le récit de ses exploits (pi. V, fig. 98). C'est en vain que nous retrouvons tous ces symboles sur les stèles et suspendus comme des décorations sur la poitrine des rois d'Assyrie (fig. 99). Rien n'est autochthone dans le cours supérieur du Tigre et de l'Euphrate. *
Je citerai encore à l'appui de cette affirmation les images symboliques du dragon que nous avons vues figurer sur ces contrats et que nous retrouvons sur un bas-relief de Koyoundjik, à côté d'un autel où brûle le feu sacré (pi. V, fig. 3o). Le [costume des personnages diffère, mais nous y retrouvons [uelque chose qui nous rappelle singulièrement la disposition le la scène du document de Lady Tite (pi. V, fig. 19).
En résumé, tous ces symboles sont peut-être consignés dans un passage traditionnel de la grande inscription de Nabuchodonosor qui énumère les seize images sculptées resplendissantes, les délices des Dieux de Borsippa qu'on exposait à certains jours de fête dans les temples de Marduk et de Zarpanit. On peut croire que c'est précisément parmi ces iniages que chacun choisissait, pour le faire graver sur son cylindre, le sujet sous la protection duquel il voulait plus spécialement se placer. C'étaient les antiques symboles d'un culte dont nous
ne pouvons encore pénétrer l'origine. C'étaient ceux dans lesquels les rois du premier empire avaient eu confiance et que nous retrouvons sur les antiques monuments de cette époque reculée, comme nous les voyons sur ceux de l'époque plus récente .à laquelle nous nous sommes arrêté un instant.
Nous ajouterons ici quelques rapprochements d'une constatation facile, et, pour cela, nous ferons appel au monument si connu sous le nom de Caillou de Micliaux et à trois autres monuments analogues de la même époque. Ces monuments présentent un texte en caractères cursifs du style de Babylone, enregistrant des donations au profit de différentes personnes. Ils sont datés du règne de Marduk-idin-akhi, roi de Babylone au xn® siècle avant notre ère. Ces textes sont gravés sur des blocs de basalte assez grossièrement taillés. La gravure des signes est cependant soignée et les symboles qui ornent le sommet de ces documents sont enlevés en relief avec un certain talent.
J'ai reproduit ici (pi. V, fig. 3i) les emblèmes de l'un d'eux et on peut y reconnatti*e aussitôt les sujets les plus caractéristiques que nous avons rencontrés sur nos empreintes. Nous y voyons en effet les autels qui supportent différents symboles : des tiares comme à-Bavian; puis le chien, l'oiseau, la massue et ce symbole à deux branches qui prend un si grand développement. Les dragons sont sur l'un d'eux, celui de Michaux, avec une identité de forme qui en accuse la disposition traditionnelle. Enfin, nous voyons au sommet le croissant de la lune, le disque lumineux et l'étoile aux huit rayons.
Je ne rechercherai pas l'origine de chaque détail sur des monuments qui en assurent la filiation. Je dirai seulement que le Musée Britannique possède également de nombreux documents du premier empire de Chaldée qui ont été pour moi l'objet d'études sérieuses. Quelques-uns remontent à l'époque de la domination touranienne et portent, comme
ceux du dernier empire, des empreintes qui nous permettent de fixer avec certitude certains types que nous retrouvons sur des cylindres dont il ne nous était pas possible de déterminer la provenance.
C'est ainsi que Ton est obligé, pour se rendre compte du grand mouvement intellectuel qui s'est produit dans la Mésopotamie inférieure, de remonter à l'origine de l'occupation des Sémites. Je puis, en terminant, vous rappeler le beau cylindre de Segani-sarlih, roi d'Agadé, dont j'ai eu l'honneur de vous présenter une empreinte l'année dernière ^ Je suis heureux de le signaler de nouveau à l'attention des savants, car je puis encore aujourd'hui mettre sous vos yeux une empreinte photographiée qui reproduit le sujet d'un cylindre du Musée de New-York et qui est évidemment de la même époque et de la même provenance. 11 porte le nom de Bingani-sarlih.
Cette grande civilisation pré-sémitique nous est donc attestée par les traditions assyriennes, par sa littérature, ses sciences, par ses observations astronomiques, et, je ne crains pas de le dire, par les monuments impérissables de l'art le plus puissant qu'il nous soit donné d'admirer dans cette antiquité reculée.
Ces quelques citations suffiront, je crois, pour faire comprendre l'importance que l'étude des empreintes doit acquérir. C'est à l'aide de ces représentations figurées qu'on peut suivre les traces du développement artistique qui s'est produit en Assyrie et en Chaldée, et remonter aux mythes sous l'influence desquels il s'est produit à son origine. Chaque pas que nous faisons dans l'étude du passé recule les limites dans lesquelles l'histoire [)araissait enchaînée. Si l'on peut dire encore aujourd'hui qu'il y a de l'exagération dans l'appréciation de l'époque
' Séance du aO octol)ro 1877. — J'ai appris (jue ce cylindre, doiil j'ignorais alors le possesseur, ligure depuis ionglemps dans la rolleclioii de M. de Clera|.
à laquelle on fait remonter la culture inlellectuelle dans ces conln5es, nous pouvons affirmer dès maintenant que c'est cependant dans la Mésopotamie inférieure que nous devons aller surprendre les germes de la civilisation dont les développements se sont répandus pendant plus de vingt siècles avant notre ère dans toute l'Asie occidentale.
CYLIND