LE GRAND PINGOUIN
(Alca impennis L.)
Nous n'aurons (jue peu de choses à dire au sujet de cet oiseau dont I histoire est bien connue.
Le Grand Pingouin de Bulfon*'*', Aka major de Brisson'^', Alca impennis de Linné Piîiguinm impennis de Bonnaterre^^', Plautus impennis de Steen-
(1) Newion, op. ch.
Dawson Rowley, op. cit.
(3) 'S o\v American Naturalist, t. il, p. BaS (août 1868), el t. III (sept. 18G9); Dawson Rowiev, op. cit.; Forest and Stream (numéro du k mai 1876); E. Coucs, Key N. A. Birds, 1879 , p. 991.
(*) Histoire naturelle des Oiseaux, 1783, t. IX, p. 39,3 et pl. XXIX.
(•'') Ornithologie, 1760, t. VI, p. 85 el pl. VII.
C'' Systema Naturee, éd. 12, 1766, t. I,
Tableau encyclopédique, 1790,1.!, p. 98.
strup'^-, Geirfugl des Danois et des Norvégiens, Garejowl des Anglais, Brillenalk ou Riesenalk des Allemands, a été, en effet, l'objet de publications tellement nombreuses que la liste des notes et des mémoires consacrés soit à la description des spécimens montés, des squelettes et des œufs conservés dans les musées, soit à l'histoire de l'espèce et de sa disparition, remplirait plusieurs pages. Au lieu de rééditer des renseignements bien connus, nous préférons renvoyer nos lecteurs à quatre travaux principaux où se trouvent condensés à peu près tout ce que l'on sait au sujet de YAIca impennis, c'est-à-dire à la notice, accompagnée d'une planche, insérée par M. H. E. Dresser dans son Histoire des Oiseaux (VEurope^'^\ à deux Mémoires de M. le docteur W. Blasius^'^' et à des observations très intéressantes publiées sur M. Frédéric A. Lucas dans le Rapport annuel des Directeurs de l'Association smithsonienne^^\ et nous nous attacherons surtout à décrire le spécimen monté et les œufs qui figurent dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris.
Ce spécimen, qui est indiqué comme venant des cotes d'Ecosse et ayant été acquis en 1882, est parfaitement adulte et représente un individu en plumage d'été. Comme la plupart des spécimens qui figurent dans les collections publiques, et comme celui qui a été représenté sur une planche du Mémoire de M. Lucas il a été monté dans une attitude trop droite, et la peau, particulièrement dans la région du cou, paraît avoir été un peu distendue, ce qui a exagéré la longueur totale de l'oiseau. Cette longueur est de o m. 820, tandis qu'elle n'est que de o m. -760 dans le spécimen du Bntish Mmenm figuré par H. E. Dresser ^''l Son aile mesure
Naturh. Foren. Vidensk. Meddel, i855, p. iih.
A History of ihe Birds of Europe , 1871- 1881, t. VIII, p. 563 et pi. Gso.
Ueber die letzten Vorlcommnisse des Riesen- Alks [Alca impennis). Ver. f. Naturw. z. Braunsctivceig , III Jahresher. f. 1881/1882 und 1882/188.3 et Zur Geschichte der Ueberreste von Atca impennis, Journ. f. Ornitfi., i884, n" 1.
( The Expédition to Funk Island, xvitJi ob-
servations upon tlie History and Anatoniy of the Great Autc, Ammal Report of the Board of Régents of the Smithsonian Institution , for tfie year ending june 3o 1888, Washington, 1890, p. A93.
^^"i Op. cit., pl. 62. Ce spécimen, venant crislande, appartient au Musée national des États-Unis. Il a été remonté, dans ces derniers temps, dans une autre attitude, ce qui a sensiblement diminué sa hauteur.
'''' Pl. 620, figure de gauche.
o m. 1 ()o de long et est, par conséquent, un peu plus longue que celle du spécimen du Brittsh Muséum, où l'aile n'a que cm. iSa ou 6 pouces; sa queue, o m. i oo ; son bec, le long du culmen, o m. 09 5 sur o m. o^5 de hauteur maximum; le tarse a 0 m. oh ; le doigt médian, o m. oyo sans l'ongle et 0 m. 08 5 avec l'ongle. Le bec présente sur la mandibule supérieure six sillons, sans compter les deux sillons basilaires, et sur la man- <libule inférieure neuf sillons, ce qui indique un adulte en plumage de noces; il est d'un noir uniforme, de même que les tarses, les doigts et les membranes interdigitales.
Les parties supérieures du corps offrent une teinte très foncée, im brun fuligineux qui passe au noir à peine glacé de verdâtre sur le milieu du ventre, la nuque et le dos, et qui est recoupé, de chaque côté de la tête, entre Fœil et le bec, par une tache ovale blanche, nettement définie, mesurant o m. oko de longueur sur 0 m. 020 de hauteur. Les ailes, très courtes, mais pointues, sont d'un brun sombre avec un liséré blanc très étroit sur l'extrémité des plumes secondaires. La queue est d'un brun noirâtre et toutes les parties inférieures du corps sont au contraire d'un blanc pur, depuis un point situé à o m. 10 environ de la base du bec, sur la partie inférieure du cou, jusqu'à la région caudale exclusivement.
Chez le jeune, dont le Musée de Newcastle possède un spécimen^'', le seul que l'on connaisse de cet âge, les parties supérieures du corps sont d'un brun moins foncé, les taches des cotés de la tête d'un blanc moins pur, et, sur le devant du cou, où la teinte brune descend moins bas, on distingue, ainsi que sur la poitrine, quelques mouchetures brunâtres.
Enfin chez le poussin, dont on ne connaît actuellement aucun représentant, le duvet serait, d'après Fabricius^^^, d'une teinte grisâtre.
Les Galeries d'Anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle renferment aussi un beau squelette A Alca imponnis qui malheureusement ne porte aucune indication d'origine, mais qui, dans tous les cas, comme l'a
Ce sprcinien a été fijfuré par M. Dresser, op. cit., pl. G20, figure de droile. — Fauua Gioenlandica , 1780, p. 89; H. E. Dresser, oj). cit., p. 5G3.
fait observer M. Alfred Newton a dû être tiré d'un individu fraîchement tué, venant peut-être de Terre-Neuve. Ce squelette ne présente pas de particularités qui méritent d'être signalées après la description ostéologique détaillée faite par feu le professeur R. Owen dans les Transacitons de la Société zoologique de Londres et les remarques publiées par M. Frédéric A. Lucas
Enfin la collection du Muséum, dans laquelle il existait depuis longtemps un œuf de Grand Pingouin, provenant, dit-on, de l'ancienne collection de l'abbé Manesse, s'est enrichie en 1878 de deux autres œufs, acquis du Lycée de Versailles et venant de Saint-Pierre (Terre-Neuve), ainsi que le constate une inscription manuscrite sur la coquille.
De ces trois œufs, l'un, le plus ancien, est fortement aminci à l'une des extrémités et mesure 0 m. laS de long sur o m. 070 de diamètre transversal maximum; il est d'une teinte crème pâle et offre, dans sa partie renflée, quelques larges taches brunes, variées plus ou moins de rougeâtre et irrégulièrement découpées sur les bords, et quelques taches plus petites, tandis que la partie fortement amincie est presque dépourvue de maculatures.
Un des œufs acquis en 1878 mesure o m. laS sur o m. 07b; il est d'un blanc légèrement jaunâtre, à coquille un peu plus rugueuse que le précédent et marqué, au milieu et vers la pointe, de raies ondulées ou brisées et de petites taches brunâtres, et au gros bout, vers l'extrémité, d'une couronne de raies irrégulières couleur d'encre, mélangées de quelques raies brunes.
Enfin le troisième œuf, de forme très allongée et mesurant o m. 1 ^10 sur o m. 070, offre un aspect crayeux et ne porte que quelques grandes taches allongées, d'un noir plus ou moins franc, et quelques raies ferrugineuses au gros bout, à quelque distance de l'extrémité.
Aucun de ces œufs n'offre exactement l'aspect, le dessin et le mode de
Transactions of the Zoological Society of London, 1805, t. V, p. 317 à 335 et pi. Ui et Un.
Op. cit., Ann. Hep. Smiths. Instit.,
1890, j). 5i5. Voir aussi Sliufeidt, Contrib. to the comp. Osteoloffij and Anaionii/ of water liirds [Jouni. anal, et phi/s., 1888, t. XXIII, p. 1).
coloration de Yun ou l'autre des quatre œufs qui appartiennent à M. le baron d'Hamonville et dont ce dernier a publié des figures coloriées dans les Mémoires de la Société zoologique de France en 1888^'', aussi bien que des deux œufs de la collection de M. 0. des Murs, représentés dans la Revue et Magasin de zoologie en i863'^'. On sait d'ailleurs que les œufs des Petits Pingouins (^Alca torda L.) présentent également de très grandes variations sous le rapport de la forme et du dessin de la coquille.
D'après M. le professeur Vilhelm Blasius il existait en 1 884 , dans les grands Musées et dans quelques collections particulières, en Europe, en Amérique et à la Nouvelle-Zélande, 77 spécimens montés q squelettes et 68 œufs à'AJca impcnnis; mais, pour les squelettes, le nombre s'est sensiblement accru, dans ces dernières années, à la suite de l'expédition du Grampus h l'ile Funk, (jui était jadis l'un des endroits de nidification du Grand Pingouin, dans les parages de Terre-Neuve. L'expédition a rapporté environ 9 mètres cubes de terre entièrement pétrie d'ossements iVAlca impcnnis, et, avec ces ossements, on a pu reconstituer 7 squelettes entiers dont un a pris place dans la collection publique du Muséum national des Etats-Unis à Washington, un autre a été remis au Musée de zoologie comparée à Cambridge (Massachusetts), un autre au Musée d'histoire naturelle de New-York, un autre a été cédé à un marchand et a été ac(|uis par le Musée d'Edimbourg, un autre a été donné en échange au
Pl. V et VI. Voir aussi, au sujet de ces mêmes œufs, L. d'Hamonviile, Bull, de la Soc. zoologique de France, 1891, t. XVI, n" 1, p. 3/1.
Zur Gesclikhte der Ueherreste von A Ica impcnnis. Antérieurement M. W, Preyer [Journ. f. Ornith., 1869, p. 77) et M. le docteur V. F i\ùo [Bull, de la Soc. ornith. suisse, 1868, t. n, part. 1, p. 80, et part. 2 , p. 1^7) avaient déjà publié des listes des restes (YAlca impennis existant dans les Musées d'Europe.
Savoir: 7 en France?, 90 en Allemagne, 2'j en (irande-Hrelajjno et en Irlande, 9 en
Belgique, 9 en Hollande, 3 en Danemark, 9 en Suède, 1 en Norvège, 3 en Suisse, 5 en Italie, h en Autriche, 1 en Russie, 1 en Portugal et h aux Etats-Unis.
Savoir: 1 au Muséum d'histoire naturelle de Paris, h en Grande-Bretagne, 1 en Allemagne, 9 en Italie, 1 aux Etats-Unis. Dans ce nombre n'étaient pas compris des fragments de squelettes ou des os séparés.
Savoir: 1 1 en France, /i5 en Grande- Bretagne, k en Allemagne, 9 en Hollande, 1 en Danemark, 1 en Suisse, 1 en Portugal, 9 aux Elats-Unis et 1 à la Nouvelle- Zélande.
Musée de Sydney (Australie), et les deux derniers ont été conservés en réserve au Musée national des Etats-Unis^''.
On croyait naguère encore que le Grand Pingouin avait occupé, dans le nord de l'ancien et du nouveau monde, une aire géographique très étendue, mais les recherches récentes ont démontré que si quelques individus de cette espèce s'égaraient jadis de temps en temps sur les côtes d'Irlande d'Ecosse, d'Angleterre, de Norvège, de Suède, et, ce qui est beaucoup plus douteux, sur les côtes de France, les véritables domaines de \Alca imjminis (et par domainos nous entendons ses lieux de reproduction) ne comprenaient guère en Europe que les iles Fâroër, Tilot d'Eldey et quelques îlots voisins, Saint-Kilda et peut-être les Orkneys, et, dans le nouveau monde, la baie du Saint-Laurent, Terre-Neuve et ses dépendances (spécialement l'ile Funk), et peut-être les côtes du Labrador et du Groenland méridional^'*'. Cette distribution géographique extrêmement restreinte a singulièrement facilité la destruction de l'espèce que Ton peut considérer aujourd'hui comme entièrement anéantie
Aux îles Orkneys, le dernier spécimen d'AIca impennis fut obtenu en 181 2 ^*''. A Saint-Kilda, on captura encore un Grand Pingouin vivant, en 1821 ou 1822 et, en i83/i, un autre individu, également vivant, fut pris dans le havre de Waterford sur la côte méridionale d'Irlande '^'. C'est entre ces deux dernières dates qu'aurait été capturé, sur la côte d'Ecosse, ou peut-être plutôt sur quelque île voisine, en 1882, le spécimen qui figure dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle. Ce spécimen ne saurait donc être, comme M. W. Blasius était tenté de le supposer'^', l'an-
Voir Lucas, o/>. cit., et Ibis, 1891, p. 981.
Alf. Newton, Ahslrad of M. J. Wollet/s Researches in Ireland, respcctiiig ihe Gare-fowl or Great Auk (Ibis, 1861, p. 874, et Zoologist, 1882, t. XX, p. 8108).
Martin, Voyage to Saint-Kilda, 1698; Dixon, Ornith. of Sainl-Kilda [Ibis, i885, p. 90).
Voir Blasius, op. cit., et Lucas, op. cit. '''' Voir A. Newton, The Gare-fowl and ils
-Historians (^Nat. liist. Rev., oct. i8G5, p. /1G7 à 1x88).
C'est le spécimen qui, après avoir appartenu à M. Bullock, fijfure aujourd'hui dans la collection du Musée britannique.
H. E. Dresser, A Historij (f tlie Rirds of Europe, p. 505. Voir aussi W. Blasius, Ucber die h'tzten Vorkommnisse der Riescn-Alks , op. cit. , p. 91.
Zur Geschichte der Ueberreste von AIca impennis, p. 1 o'i.
cien exemplaire de la collection Réaumur, dont Brisson a donné la description^'^ et qui, ayant passé dans le Cabinet du Roi, se trouverait aujourd'hui encore dans la collection du Jardin des Plantes-
Au Groenland, on n'a plus revu de Grands Pingouins depuis 181 5, et sur les côtes de Terre-Neuve l'espèce avait entièrement déjà disparu avant 18^2 ^'K
A l'ile Funk, où ils formaient jadis des colonies tellement nombreuses que la terre est littéralement pétrie de leurs ossements, leur extermination remonterait probablement à une date encore plus reculée, et l'on admet généralement que ce sont les marins de Jacques Cartier qui, les premiers, ont porté la mort et la désolation dans les Rooknies de ces pauvres Pingouins qu'on appelait alors des Margaulx '^l
L'ÉMEU OU ÉMOU NOIR.
(DuoMAïus ATEu VieiHot.) Planche V.
A la fin de décembre 1809 , les corvettes le Géographe et le Naturaliste, sous le commandement de l'amiral Baudin, arrivèrent à l'île des Kangourous, située au sud de l'Australie, par iBB" 38' long. E. et 33° /i3'lat. N., et y séjournèrent jusqu'au 1" février i8o3. Durant ces deux mois, les naturalistes attachés à l'expédition, Pérou, Maugé, Lesueur et Levillain, explorèrent l'ile que Flinders avait découverte et que Baudin appela île Decrès : ils n'y découvrirent aucune trace du séjour de l'homme, mais ils y
(1) Oniiili., t. VI, p. 85 et pl. 7.
Ricliard Bonnycastle {Neafoundland in t. I, p. 239) constate que le Grand Pingouin, qui, moins de cinquante ans auparavant, se trouvait en abondance sur les côtes de Terre-Neuve, en avait totalement disparu.
Jacques Cartier, de Saint-Malo, aborda à l'île Funk en i536. L'bistoire de ses voyages a été publiée à Paris, en 1698, sous le titre de : tr Discours du voyage faici
par le capitaine Jacques Cartier aux terres neufves du Canada.'^ Voir aussi Hakluyt, Coll. qf Voyages, t. III, p. 201 à 219 et 212 à 232 : The Jirst relation of Jacques Cartier of S. Malo, of the new land called New France, neivlij discovered, in the year of our Lord i53ù, et A Short and briefe narration of the navigations madc hij the commandement qf the King of France to the islands qf Canada, etc.; Lucas, op. cit., p. ^98, 3 3/1 et 32 5.
rencontrèrent de nombreux Kangourous et quelques oiseaux dont ils rapportèrent des spécimens ou sur lesquels ils firent d'intéressantes observations. ffDe tous les oiseaux que cette île reçut en partage, dit Pérou dans la Relation du Voijage^^\ les plus utiles à Thomme sont les Casoars (pl. 66) : ces gros animaux paraissent exister sur Tile en troupes nombreuses; mais comme ils sont très agiles à la course et que nous mimes peu de soin à les chasser, nous ne pûmes nous en procurer que trois individus vivants, n
Comme ces trois Casoars ou plutôt ces Emeus ou Emous vivants se trouvent précisément mentionnés sur le Catalogue manuscrit de Texpédition Baudin {oiseaux de la NouveUe-HoUande recueUIis par Messieurs Mauge, Lesueur, Le vilain [sic] et Pérou) , Catalogue qui est conservé dans les archives du Laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux), nous sommes certains que ces oiseaux arrivèrent sains et saufs en France où, d'après le même document, ils furent ainsi répartis : un à la Ménagerie du Muséum et deux au château de la Malmaison, Ces derniers individus revinrent probablement plus tard au Muséum, soit du vivant de l'Impératrice Joséphine, soit après sa mort, car Vieillot parle de plusieurs Emeus de petite taille, vivant de son temps à la Ménagerie du Jardin des Plantes. Il existe d'ailleurs encore dans les collections du Muséum : i" un squelette conservé dans les Galeries d'Anatomie comparée et portant ces indications, erronées quant à la localité d'origine : rrA. 882/1. Casoar de la Nouvelle-Hollande, mort à la Ménagerie en mai 1822 , de l'île King, par Pérou et Lesueur, expédition du capitaine Baudin?:; 2° un exemplaire empaillé dans les Galeries de Zoologie, portant cette étiquette très ancienne et en partie inexacte : rrD/ o-
Voyage de découvertes aux Terres aus- Casoar austral [Casuarius australis). C'est
traies sur les corvettes le Géograplie, le Na- par suite de cette confusion que les Dro-
turalistc et la goélette la Casuarina, pendant niaius ont été désignés par les colons an-
les années 1800-180Ù , 2" édition, revue par glais sous le nom d'Emcus [Emus). (îe nom
M. Louis de Freycinct, 189A , t. III, p. 1 35. à son tour a été choisi par Vieillot et Lesson
Les Emeus ont été souvent confondus comme terme généi-ique, sous la forme
avec les Casoars qu'ils représentent sur la lùnou, peut-être un peu plus conforme à la
plus grande partie de l'Australie et parti- prononciation anglaise, niais moins correct
culièrement avec le Casoar à casque ou au point de vue de notre langue ({ue la
Casoar émeu (Casuarius galeatus) et avec le l'orme lùueu que nous adoptons ici.
maius ator V., Port-Jackson, Australie, expédition du capitaine Baudin-»?, et ayant, sous le plateau, cette inscription : rr Casoar de la Nouvelle- Hollande, Casuarius austrah's Lath., rapporté vivant de Port-Jackson par l'expédition du capitaine Baudin, mort en avril 1822. Le squelette est à Tanatomie. n Or, comme la dépouille montée renferme certainement une portion du squelette et que, d'autre part, le squelette des Galeries d'Anatomie est complet, on est forcé de conclure que deux individus ont été préparés au Muséum, où ils étaient morts peut-être à la même époque.
Quoi qu'il en soit, l'exemplaire exposé dans les Galeries de Zoologie et le squelette conservé dans les Galeries d'Anatomie viennent certainement de l'ile Decrès ou île des Kangourous, d'où ils ont été rapportés par Pérou, Maugé, Levillain et Lesueur, et ils ne sont originaires ni de Port- Jackson, ni de l'ile King.
Le spécimen monté représente un oiseau adulte, qui a dû vivre assez longtemps en captivité, comme en témoignent ses ongles passablement usés, et qui a même aux articulations des déformations pathologiques. Il
est de taille beaucoup plus faible que les Emeus ordinaires, dont le Muséum possède plusieurs exemplaires, et il s'en distingue aisément par son aspect général et par la coloration de son plumage. Chez cet individu, en effet, la longueur totale n'est que de 1 m. ko, tandis qu'elle atteint près
de 9 mètres chez un Emeu ordinaire parvenu à son développement complet; le torse a o m. 210 de large au lieu de o m. o3^; le doigt médian (sans l'ongle), o m. 080 au lieu de o m, io5; le doigt externe, o m. o/iB au lieu de cm. o55; le doigt interne, o m. o35 au lieu de o m. o5g; le bec, du front à l'extrémité, o m. 060 au lieu de o m. 062 sur o m. o35 au lieu de 0 m, o/i8 de largeur à la base.
La tête est couverte en dessus d'un toupet de plumes recroquevillées, dont l'extrémité revient en avant, et qui se continuent en arrière sur l'occiput et sur la nuque par une bande de plumes analogues, mais un peu plus allongées. Ces plumes diffèrent par leur nature laineuse et leur couleur noire des plumes piliformes, brunâtres, et des plumes frisées assez courtes qui revêtent le ventre et la nuque de l'Emeu d'Australie. Les