Lieutenant impérial. Legalus augu/stalis
Ce titre donné aux trois chefs qui concoururent « l'avancement de Carantius , semble indiquer que les commandans des cohortes urbaines étuient tous, au moins à cette époque, des Lieulenans impériaux. Cela est probable : ce corps devoit jouir d'une considération proportionnée à l’importance de ses fonctions.
6. Cornicularius. O.Ticier attaché au tribun , et destiné à le' soulager des détails du service, tels que les rondes, la visite des corps-de-garde, etc. Ses fonctions répondoient à peu près à celle d'aidemajor. Son titre étoit dérivé d’un petit cor dont il se servoit pour transmettre les ordres aux soldats. On a supposé tinssi qu’il indiqnoit la ligme du cimier que portoit le Cornicularius ; en elet , les cimiers des casques avoient souvent, à cette époque,
la forme de cornes (1). A l’appni de cette seconde étymologie, que je crois la véritable, je remarquerai qu’en Abyssinie, le Fil-auraris , ou premier aide-de-camp d’tiD commandant, porte sur son casque une corne de métal , signe bien couuu du grade dont il est revêtu (a).
7 . Avec la solde de cavalerie. Payé comme un cornicularius de cavalerie, Carantius jouissoit d’une double solde : telle étoit la proportion entre la solde des deux armes sons les Empereurs. Cette faveur, jointe à la promotion au grade de Cornicularius , prouve que celui de Bénéficiaire étoit déjà assez considérable.
8. Evocatus Augusti. Galba donna ce titre à de jeunes chevaliers romans qu’il choisit pour faire, à la place des soldats, la garde autour de sa chambre. Celte institution lui survécut ; le grand nombre d’inscriptions où on lit , Evoc. Aug. , ne permet pas d’en douter. Mais on voit par celle-ci , que cette garde d’élite , au lieu d’être composée uniquement de chevaliers romains, se recrutoit parmi les officiers des autres corps. Les simples gardes ( evocati ) y dévoient recevoir une paie supérieure . ou au moins égale à la solde d’un offi-
(1) Encyclop.méthod. Antiquités , art. Cornicula. Voyez Plia. Hisl. nat. X , 43.
(2) Bruce, goyage aux sources du Nil.
çier de cavalerie, puisque c’est celle dont jouissoit déjà Carantius.
9. Nous avons e'tabli que Carantius fut nommé Centurion dans les huit premiers mois de l’an 97. On sait que les soldats prétoriens , gorgés de richesses par Domilien, supportoienl impatiemment sa mort ; ils finirent par se révolter ouvertement pour le venger. Les gardes ( evocati), que la confiance ou plutôt les libe'ralités de ce monstre avoient attachés à sa personne , prirent sans doute part à la révolte, et sûrement restèrent très -suspects à Nerva. L’un d’eux, Carantius , est éloigné de la garde du prince, par sa promotion à un grade supérieur , dans le corps où il servoit précédemment. Cettp mesure fut probablement prise après le soulèvement des Prétoriens, et avant que l’arrivée de Trajan, adopté par Nerva, eût mis ce priqce à portée de réprimer, par des movens plus énergiqnps^ies vengeurs de Domitien. Toutes ces circonstances répondent exactement à la date indiquée. Peut-être , tout en conservant son titre et les avantages qui y étoient attachés, Carantius fut-il epsuite éloigné de Rome par la sage politique de Trajan, puisque dous le voyons venir déposer ses cendres aux bords de l’Arve , sans doute dans son pays natal.
V AJ