FACTÜS. .MILES. IN EADEM. COHORTE. DO- MITIANO II. COS
BENIFICIAR. TETTlENI. SERENI. LEG. AVG.
VESPAS. X. COS.
CORNICVLAR. CORNELI. GALLICANE LEG.
AVG. EQVESTRIB.
STIPENDIIS. DO MIT. VIIII COS. I. T * M.
MINICI RVFI. LEG ATI. AVG.
EVOCATVS. AVG. DO MIT. XIIII. COS. CEN- TVRIO. J MP. NERVA. II. COS. T. P. I.
Celte inscription contient deux erreurs de date. Cela surprendra peu , si l’on songé aux fautes de ce genre que commeitoient fréquemment, à Rome même, et à plus forte raison dans les provinces, les ouvriers chargés de la gravure des inscriptions. Ligne 3., au lieu du Dixième Consulat de Ves-
padcn, il faut lire le Neuvième, pendant la durée duquel Vespasieo mourut, l’an de Rome 83 a , et 79 de J. C. Ligne 6. , au lieu du Second Consulat de Nerva, qui répond à l’an 84 a de Rome , 90 de J, C. , je lis le Troisième , qui suivit de quatre mois l’instant ou Nerva fut revêtu du titre d’Erapereur et de la puissance tribunitienne , mentionnés l’un et l’autre dans l'inscription. La première année do la Puissance triluinitiennc de Nerva commença an mois de Septembre de l’an de Rome 8 •»;); et son troisième consulat, au 1." Janvier 85 o. La date indiquée se rapporte donc aux huit premiers mois de cette année 85 o (97 de J. C. ); et comme nous l’allons voir, elle est ici de quelque importance.
Son expression, d’ailleurs, nous autorise à remplir la lacune qui se trouve dans la ligne cinquième, en y lisant, comme dans la sixième, I. T. P. (I. Tribunhiæ potestalis. ) : une observation attentive fait eucore découvrir des traces du P qui n’a disparu que parce qu’il étoit gravé au point de jonction des deux pierres dont la table est formée. Pions savons que Dotniiien parvint à l’empire en Septembre 8&o de R. ( 87 de J. C.); investi dèslors de Li Puissance tribunitienne , il entra dans son IX.* Consulat, au mois de Janvier suivant. Notre leçon se trouve ainsi conforme à la chro^ pologie.
Dans la troisième ligne , le nom de Tettieniua est mutile' : nous le rétablissons d’après une inscription rapportée par Gruter (l).
Si l’on admet ces corrections , nous croyons pon^ voir ezpliqner ainsi l’inscription qui contient quinze années de la vie militaire de M. Caranlius.
« Marcus Carantius 1 , Macrinus , Centurion dans » la première cohorte urbaine ®.
» Entré comme soldat dans celte même Cohorte: » ( sous le) IL* Consulat de Domitien (8a6 deR. » 73 de J. C. ).
u Bénéficiaire 3 , ( par la nomination ) de 4 Tet- » tienius Serenus , Lieutenant impérial 6 : neuvième )t Consulat de Vespasien ( 83a de R. 79 de J. C. ).
« Cornicularius * de Cornélius Gallicanus, lieu- » tenant impérial, avec la solde de cavalerie 7 : » IX.* Consulat de Domitien, première année de » sa puissance tribunitienne ( 836 de Rome , 83 » de J. C. ).
» Evocatus d' Auguste 8 de M. Minicius Rufus, » lieutenant impérial : XIV.' Consulat de Domitien » ( 8‘*i de R. 88 de J.C.).
» Centurion.. : III.* Consulat de l’Empereur » Nerva-, première année de sa puissance tribu- » nitienne 9 . ( 85o de R. 97 de J. C. ) »
(1) Gruter, Corpus iajcriplionum , pag. ccc. , inscript, t.
OBSERVATIO
I . M. Carantius. Ou trouve t inscription relative à C. Garanti la tribu l'ollinia y vétéran , natif i pliine, et contemporain de Ve:
être de la meme famille que c daus l'inscription trouvée près dt a. Première Cohorte urhairu urbaines t formant ensemble »
avoient été’ créées par Auguste défense et à la tranquillité de dans la ville , elles éloieni co ■Prcetor tutelaris, Préteur de I Ce corps fut dans la suite porté ou dix-huit mille hommes : daus sur yégèce, Stevechius rapporte ra <re de Cornélius Marcianus , z *ème cohorte urbaine (a).
3. Beneficiarius. Il ne peut t-ton d’un vétéran, doté parl’Eir bénéficiaire y et tel que les s
( 1 ) Gruter. Corpus inscript, i., etc-.
( a ) God. StewecZiii Comm ntarius * tc - 1 5 1 6) , pag. 8o. — Voici I
trouvée à Borne : d. m. Comclio l h °re. xn. URB. Benef. Tribun. Qui
** a rente St
Pompée, qufc César (de Bello civili lïl. 88.) appelle Beneficiarii , et que roppeloit sous les drapeaux le zèle ou l’espoir d’une récompense. Carantius vient d’entrer dans la carrière. Son nouveau titre désigne donc un des premiers degre's de l’avancement militaire. L’inscription, citée toutà-l’heure, témoigne que Cornélius Marcianus , mort à l’âge de vingt-cinq ans, e’toil déjà Bénéficiaire. « Les Bénéficiaires , dit Végèce ( 1 ), sont » ainsi appelés, parce qu’ils sont avancés (pro- » movenlur ) par le bienfait de leurs tribuns. » Cet auteur les compte au nombre des principaux soldats ( milites principales ) , exempts du service, ou plutôt des corvées auxquelles le reste de la troupe étoit assujetti. C’est par l’expression seule de cette immunité que Festus (a) définit les bénéficiaires. Comme Végèce les nomme avec les portefiammes (signiferi) les metatores , les librarii, et les mensores , dont les fonctions rappellent celles de nos vaguemestres, de nos sergens-majors et de nos caporaux-fourriers, nous pensons qu’ils occupoienl un rang distingué parmi les sous-officiers. Ce grade, au moins avec cette désignation, étoit peut-être d’institution nouvelle : Asconius ne le
(t) Flavii Vegelii. Ve Re Militari. Lib. II. , cap. 7.
(a) Sext. Fompeius Festus. de Ferborum significations , verbo Beneficiarii .
cite poior dans un passage où il énnmcre plusieurs des grades que Ve'gcce assimile à celui-là. ( Ascon. in Cic. orat. 111. ado. V errem ).
4. Bénéficiaire de ... On s’intitulait Bénéficiaire du Tribun, du Prêteur, etc., suivant la dignité du magistrat auquel on devoit son avancement. Carantius a soin d’indiquer de celte manière, pour chacun de ses grades, le Lieutenant impérial qui le lui a fait obtenir.