‹ Notice sur quelques monuments assyriens à l'Université de ZurichChapitre 10 sur 12 · AT · texte numérisé non relu

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Le catalogue la définit ainsi : « Hermaphroditen Idol aus Thon, Hohe 250 mm. » S'il y a une science difficile et où le culte de l'incompétence soit le plus a craindre, c'est celle des figurines orientales. L'horreur des responsabilités, qui est, dit-on, une des caractéristiques les plus significatives de la démocratie, m'a suggéré de m'adresser a M. Léon Heuzey, l'auteur du catalogue classique des FiL;urines nntifjucs du Lomre, qui, dans une lettre^ très intéressante, rectifie une foule de notions erronées. Je suis heureux de pouvoir citer ce document important, que je dois a l'amabilité de l'éminent savant qui a posé les bases de l'archéologie chaldéenne. M. Heuzey, examinant deux statuettes du lo^uvre, du même type que la nôtre, a bien voulu m'écrire : « Ces statuettes étaient déjà au Musée en 1869, lorsque j'ai été à la conservation; elles avaient, je pense, été acquises récemment par mon prédécesseur I^ng-

pcrier, car elles ne figuraient pas encore sur les inventaires, lillcs sont en pierre calcaire grisâtre, et, sans en connaître la provenance exacte, je les ai classées tout de suite parmi les antiquités asiatiques. Seulement, elles n'ont pour moi absolument rien de babylonien, ni d'assyrien, ni de chvpriote ; je les croirais plutôt de la région syro-phénicienne, sans pouvoir désigner une localité plutôt qu'une autre. Ce sont des figures d'hommes nus, coiffées d'une sorte de turban, avec la barbe étalée «c en collier ». Le geste de relever symétriquement les deux bras vers la poitrine tient uniquement a la difficulté éprouvée par le sculpteur à détacher et a placer les bras de sa figure. Je ne saurais y voir rien de féminin, et par conséquent aucune raison de songer à une représentation hermaphrodite. J'y reconnaîtrais plutôt de simples figures d'adorants, telles que l'on en consacrait en ex-voto dans les anciens sanctuaires, ou tout au plus des statuettes funéraires, dérivation loijitaine et grossière des (ntsluibtion aux bras croisés des sépultures égyptiennes, comme je l'ai indiqué, je crois, dans l'introduction de mon catalogue de figurines orientales. Mon opinion est toujours que ce geste et la diffusion des (nishabliou trouvées parfois dans les tombeaux de la Phénicie ont produit de nombreuses imitations m:\les ou femelles, dont l'attitude a fini par se confondre avec celle de la fameuse déesse nue qui se tient la poitrine. Ici, nous ne sommes pas encore à cette confusion ; ce n'est qu'une figure d'homme, ressemblant à un vieux Sémite barbu et qui n'a rien d'hermaphrodite. »

Il résulte de ce qui précède que la figurine de la collection zurichoise devra j'K)rter, dans le catalogue pr<Khain, l'indication suivante :

« Statuette de la région syro-phénicienne, représentant un adorant, calcaire grisâtre, hauteur 250 mm. >

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