‹ Notice sur René Macé et ses œuvresChapitre 2 sur 2 · IL. — Voyage de Charles Quint par la France · texte numérisé non relu

IL. — Voyage de Charles Quint par la France

Ce poème, qui porte aussi le nom de Bon Prince, par allusion à Charles-Quint dont le poète fait l'éloge, est de beaucoup l’œuvre la meilleure de R. Macé. Ayant affaire à des hommes et à des événements de son époque, le Petit Moine est parfois intéressant; et les détails intimes et familiers qu'il nous donne sur les personnages de son temps, viennent d'un témoin véridique et bien informé (2). Nous connaissons trois mss. de ce poème : Le premier est dans l’ancienne bibliothèque de Sir Thomas Phillipps : il figure à la col. 810 du Répertoire de G, Hænel. C’est sans doute le ms. que le Père Lelong (n° 17572) et La Monnoye (3) disent avoir appartenu à Foucault. Le second, signalé par M. L. Delisle (4), appartient à

(1) Une note de Duchesne sur la garde du ms. 4966 attribue à tort l'ouvrage à G. Crétin : les premiers vers du Prologue nous disent au contraire que l'auteur a « ensuyvi le chemin» de Crétin.

(2) Nous nous proposons d'imprimer très-prochainement ce poème qui fera revivre devant nous un certain nombre de personnages de la cour de François Ier,

(3) Lacroix du Maine, Bibliothèque françoise, 1. 370.

(4) Bulletin de la Société d'Histoire de Paris, U (1875), p, 22-23.

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la Bibliothèque Méjanes d'Aix en Provence. Le troisième (Bibl. nat, ms. fr. 14992) est un ms. sur vélin de 44 feuillets, incomplet à la fin. Le poème entier a. 1700 vers divisés en trois parties d’égale grandeur à peu près.

Telle est l’œuvre de Macé que nous présentent les manuscrits qui sont à notre disposition, mais les ouvrages qu'il a composés ont dû être en nombre bien plus considérable, comme on peutle supposer d'après différents indices. C’est ainsi qu'en marge du ms. 14992, Macé parle d'une épigramme (1), que nous n'avons pas retrouvée dans les manuscrits. De même Geofroi Tory, dans son Champ fleury mentionné plus haut, met sur le compte de R. Macé une méprise relevée ailleurs (2), d'après laquelle Dante et les frères Greban auraient vécu à la même époque. Un moment nous avons cru être sur la trace de cette erreur, car nous voyons dans l’'Index auclorum de Du Cange (3), sous le nom de Renatus Vindocinensis, le ms. de la Bibliothèque du roi, n° 1069. Ce ms., qui a porté le n° 10149 dans l'inventaire de Clément, et actuellement a le n° 5896 dans le Catalogue imprimé, est une Histoire de Florence. Florence et Dante, ces deux

(1) Fol. 27 vo, Macé nous dit qu'il a donné une interprétation du ravissement de Ganymède « en l’epigramme commençant: Ganimedes en ung champ. »

(2) Voy. l'Introduction p. x du Mystère de La Passion d'Arnoul Greban, publié par Gaston Paris et Gaston Raynaud (pour paraître

incessamment).

(3) Ed. Henschel, var (1850), p. 419,

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SUR RENÉ MACGÉ 15 noms s'expliquaient l'un par l'autre; malheureusement, après vérification, le ms. latin 5896 n'est autre que l’Æistoire de Florence de Leonard Bruni d'Arezzo (1), mort en 1444, et n'ayant pu jamais connaître les Greban. Ce sont donc deux ouvrages inconnus à ajouter à la liste de ceux de Macé, le premier auquel renvoie Geofroi Tory, le second que Du Cange désigne par le n° 1069, sans doute fautif.

Pour finir, il nous faut parler d'une Chronique rimée de Vendôme, que M. Achille de Rochambeau a trouvée dans la collection Clairambault de la Bibliothèque nationale (2). et qu'il a attribuée à René Macé. Cette Chronique, que M. de Rochambeau a publiée (3), se termine, il est vrai, à une époque où R. Macé vivait encore; mais rien ne peut faire supposer qu'elle soit son œuvre; la langue et les expressions sont celles du xvr° siècle, mais nous y trouverions difficilement la manière de Macé qui, en général, offre un style plus prétentieux et plus contourné que celui qui paraït dans ce poème. Le nom de Vendôme ne suffit pas non plus, à notre avis, pour faire attribuer la paternité de cet ouvrage à R. Macé, et, en attendant la preuve contraire, nous n'ajouterons pas ce nouveau poème au bagage littéraire du bénédictin de Vendôme.

(1) Imp. Strasbourg, 1610, in-f°.

(2) Clairambault, 1160, Coll. St-Esprit, 50, fol. 127 à 154 ro. «

(3) Galerie des hommes illustres du Vendômois, René Macé. 1869, in-S0,

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