chapitre reconnaissant célébrait son aiuûversaire le 1 1 janvier
On faisait le 10 février l'anniversaire de Mathieu Roy, chanoine de la cathédrale, qui légua à son église les ornements de velours vert qui servaient aux fêtes doubles des confesseurs.
Le 18 mars 1486 mourait Pierre de Langerycs, chanoine de la cathédrale et archiprètre de Sainte-Maure, laissant à l'église de Tours mille livres pour son œuvre et la solennité du culte.
L'anniversaire de Yves Mesnagier, chanoine et pénitencier de l'église de Tours, par qui avaient été légués plusieurs livres à la bibliothèque du chapitre, se faisait le 27 mars.
Le chapitre métropolitain établit le 4 avril un anniversaire perpétuel pour Roger Haultpain, chanoine et archiprètre d'outre-Loire, parce qu'à ses frais avait été rebâtie une maison canoniale dans le cloître de l'église, et qu'il avait légué à Saint- Maurice de Tours un grand calice doré du poids de quatre marcs et demi.
Le 11 mai 1416 mourut maître Georges Henri de Rahyn, prêtre d'Ksclavonie, du diocèse d'Aquiiée, maître ès-arts et es-droit canon, chanoine et pénitencier de Saint-Gàtien de Tours, qui, de sa propre main, écrivit et nota plusieurs livres à l'usage de son église, et lui légua ses biens mobiliers pour la fondation d'un anniversaire, le lendemain de la tète de saint Jérôme.
Jean d'Argouges, archiprètre, doyen élu et trésorier de l'œuvre de la cathédrale, pour laquelle il légua 778 livres tournois, avait son anniversaire le 16 juin.
Au 12 septembre on solennisait l'obit de noble demoiselle Jeanne Marchalle, femme de noble écuyer Alain Hossart, qui fonda une chapelle de quarante livres de rente à l'autel de la Vierge dans la chapelle Saint-Biaise, et donna un calice d'or du poids de 5 marcs, ainsi que des ornements pour le maitreautel.
L'anniversaire de Jean le Fuzelier, chanoine, qui donna à la cathédrale Jéricho, près Saint-Loup, avait lieu le 22 octobre.
Le 9 octobre, dans la seconde moitié du xv« siècle, mourut l'un des insignes bienfaiteurs de l'église cathédrale de Tours. Raoul Segaler, licencié ès-droit civil et canonique, chanoine et archiprètre de Sainte-Maure en l'église de Tours, lit des legs considérables à son église; il lui laissa la dime d'Esvres, d'environ 100 livres de rente pour la fondation de quatre anniversaires. Il donna encore une rente de 10 livres pour un cinquième anniversaire, et une autre de 16 livres pour la fondation d'une chapellenie à l'autel Saint-Michel. De plus, il légua au chapitre divers livres de droit civil et canonique, et une somme de 1260 écus d'or, avec laquelle la bibliothèque fut construite, la plus grande partie des verrières restaurée, et les fondations de la grande porte de la petite tour terminées ; enfin il laissa encore 12 marcs d'argent dont il abandonna la disposition par moitié à l'église et à ses exécuteurs testamentaires On en lit les statues de saint Jean-Baptiste et de saint Pierre, où reposent leurs reliques.
Le 10 décembre 1334, Jean le Breton, citoyen de Tours, maître en théologie, trésorier et chauoine de l'église métropolitaine, donna une tapisserie où étaient figurées, avec des fils de soie tissés avec art, les histoires de la Passion et de la Résurrection de Jésus-Christ ; et il la fit tendre autour du chœur.
Nous terminerons par Guillaume de la Guierche, maître charpentier de l'œuvre, dont l'obit est marqué au 17 octobre.
Ces notes, choisies entre un grand nombre d'autres, suffiront pour faire apprécier l'importance de ce martyrologe, que nous avons copié en entier.
Nous allons terminer par un exposé très-rapide des autres manuscrits ou pièces que nous avons trouvés au British Muséum.
Nous signalerons d'abord le récit d'un combat singulier qui eut lieu à Tours, le 5 février 1447, entre Jean Chalons, anglais, et Louis de Bueil, français, dans lequel celui-ci fut tué. Les manuscrits 285 de la collection Lansdowne, et 69 de la collectiou
Harléienne nous ont fourni deux copies auxquelles on devra joindre les deux de la bibliothèque de Middlehill, n° 8528.
Le manuscrit 26 du fonds Arundel contient quelques pièces importantes sur les guerres des Anglais dans le Maine, l'Anjou et la Touraine en 1424. On donne l'énumération des places et châteaux non tenables et qui doivent être démolis, comme aussi des forteresses défendables qui peuvent être conservées.
Les catalogues m'avaient indiqué dans le fonds de R. Bruce Cotton, un manuscrit du xnr 5 siècle, coté Vitellius E. Xllb dans lequel se trouvait, au folio 204, la copie des décrets d'un concile de Tours ; mais ce manuscrit est aujourd'hui à moitié brûlé, et le folio indiqué n'a pu être retrouvé.
Nous devons encore signaler les manuscrits 1230, 1583 et 1761 de la collection de R. Harlay, comme contenant beaucoup de pièces concernant la famille de Rohan, qui a longtemps possédé le duché de Montbazon en Touraine.
Nous mentionnerons aussi dans le môme fonds, n° 902, un recueil de pièces pour prouver les droits du roi de France, Charles Y11I, sur le royaume de Sicile.
Nous ne pouvons oublier deux lettres autographes de René Descartes, l'une du 17 avril 1646, et l'autre du mois de février 1640, que nous croyons inédites, et qui sont contenues dans les n°* 4933 et 4936 de la même collection.
Nous avons copié une lettre du 13 mars 1652, qui renferme des détails curieux sur la réception du cardinal Mazarin à Tours, où il séjourna avec le roi les 10, 1 1 et 12 de ce mois : cette lettre se trouve dans le manuscrit 4468 de la collection Harlay.
Le manuscrit 6873, du nouveau fonds du British Muséum, contient plusieurs lettres autographes des rois et reines de France, parmi lesquelles nous avous transcrit : 1° une lettre du 30 novembre 1560, de Catherine de Médicis à Philibert Babou ; 2 e uue lettre autographe de Marie de Médicis au cardinal Borghèse, du 24 août 1616, par laquelle elle joint ses instances à celle du roi, son fus, pour faire donner le chapeau de cardinal à Sébastien Galligaï, abbé de Marmoutier ; 3° une lettre du
23 décembre 1616 de Marie de Médicis au pape, écrite en entier de la maiu de Richelieu, qui était secrétaire d'État pour l'intérieur et pour la guerre : cette lettre est pour le même objet que la précédente ; 4° une lettre autographe et signée du duc de Luynes, en date du 25 octobre 1620, par laquelle il remercie le pape du bref qu'il a bien voulu lui envoyer ; 5° une lettre autographe et signée de Louis XIII, datée de Tours le 20 août 1620, dans laquelle il demande au pape la promotion au cardinalat de l'archevêque de Toulouse et de Richelieu, évéque de Luçon; 6° le duc de Luynes lui-même, reconcilié avec Richelieu, appuie cette demande par sa lettre du 4 décembre au cardinal Borghèse ; 7° et 8° enfin, le roi écrit encore le 4 décembre de la même année deux lettres, l'une au pape, l'autre au cardinal Borghèse, pour leur recommander les deux promotions qu'il a déjà sollicitées.
Nous citerons encore une lettre toute littéraire de Georges Babou de la Bourdaisière, datée du mois d'août 1606, à Jules Conrad, professeur de langue hébraïque, contenue dans le manuscrit 365 du fonds Burney.
Une déclaration donnée par Àmirault de Bourgueil se trouve dans le même manuscrit.
Enfin si nous joignons à cette énumération l'indication d'une réfutation des erreurs de Béranger, par Guimond, archevêque d'A versa, manuscrit 188 du fonds Arundel ; d'une histoire des croisades de Baudry, n° 3707 du fonds Harley ; de divers traités d'Alcuin, n°» 91, 140 et 218 de la collection Arundel ; n M 293 et 309 du fonds Burney, et 3070 du fonds Harley ; de plusieurs opuscules et lettres d'flildebert, ou qui lui sont attribuées, n M 25, 292 et 596 du fonds Arundel ; et enfin de divers extraits de Grégoire de Tours dans les n M 52 et 93 d' Arundel, nous croyous avoir indiqué, à peu près, tout ce qui se rapporte à la Touraine dans les manuscrits du British Muséum.
Après mes travaux au Musée Britannique, mes investigations se portèrent sur les archives de la Tour de Londres.
J'espérais y trouver nombre de documents anciens émanés
des rois d'Angleterre comme comtes de Touraine et d'Anjou, mais mon espoir a été entièrement déçu. Malgré les indications précises de D. Housseau sur quatre chartes (t. i. n°* 240, 243; t. il, n* 400; et t. xxi), copiées, dit-il, d'après les originaux conservés à la Tour de Londres parmi les Titres des comtes d'Anjou, malgré les recherches actives faites soit dans les catalogues, soit parmi les liasses non cataloguées, il n'a pu être trouvé aucune charte ayant rapport à nos anciens comtes : je n'ai donc pu glaner que quelques pièces.
L'une d'elles mentionne une trêve signée à Tours, en 1444, entre la France et l'Angleterre. Une autre contient un mandement du 10 juin 1639, d'Édouard III à Guillaume Felton, son sénéchal en Poitou, pour faire restituer le lieu de Chazelles Savari, pris traîtreusement pendant la paix, à Jean le Maingre de Bouciquaut, maréchal de France, alors en mission auprès du roi d'Angleterre pour l'accomplissement de la dite paix.
J'ai relevé dans les rôles gascons et normands quelques autres pièces sur notre illustre Bouciquaut, et enfin après avoir copié quelques chartes sur les prieurés anglais de Marmoutier, j'ai quitté les archives de la Tour de Londres, avec l'intime persuasion de n'y rien laisser d'important relativement à la Touraine.
Ce résultat presque négatif et un essai infructueux tenté aux archives de Carlton Ride, me persuadèrent de renoncer à toute recherche dans les autres dépôts d'archives de la ville de Londres.
Libre de tout travail à Londres, je me hâtai de me diriger vers le château de Middlehill, dans le comté de Worcester, où m'appelait une bienveillante invitation de sir Thomas Phillipps, baronet.
La bibliothèque du savant bibliophile est une des plus riches qu'ait jamais possédées un particulier, et son catalogue énumère plus de douze mille manuscrits. Nous ne pouvons faire
connaître ici que ceux d'entre eux qui intéressent la Touraine : du reste sir Thomas Philipps a fait imprimer dans son château son catalogue, et Dom Pitra, en qui semble revivre la science et l'ardeur au travail des anciens bénédictins, a déjà décrit dans son rapport au ministre de l'Instruction publique une partie des richesses de cet immense trésor.
Nous avons commence nos travaux par la copie des chromques de Touraine ; le manuscrit n° 1852 a été, en effet, notre plus sur guide pour la Grande Chronique de Tours, la Chronique abrégée de Tours et la Chronique des Archevêques. Aussi avons-nous donné une description complète de ce manuscrit aux pages xxx^i à xxxv de notre introduction au Recueil des chroniques de Touraine.
Notre examen s'est ensuite porté sur trois volumes qui contiennent 235 quittances et ordonnances de paiements, originales et scellées des élus de la ville de Tours, pour travaux faits aux fortifications de la ville de Tours, et aux turcies de la Haute-Varenne de Tours. Ces dépenses se rapportent principalement aux années <420 à 1423, et \U7 et 1448.
Dans le n° 9279 nous avons trouvé des statuts des apothicairesépiciers de la ville de Tours, présentés en 1565 à l'homologation du roi, mais qui ne mentionnent point son approbation.
Nous avons copié la partie tourangelle d'un compte des émoluments des monuaies de Tours, Loches et Chinon en Touraine, de l'Anjou, du Poitou, de la Saintonge, du Berri et de l'Auvergne, pour Tannée 1420-142! ; ce manuscrit, incomplet de plus de la moitié, est inscrit sous le n° 231 du catalogue.
Nous avons aussi relevé dans le n° 1758 une copie écrite au xvv siècle de la taxe payée à la cour de Rome par l'église métropolitaine et les monastères du diocèse de Tours.
Noos n'aurions eu garde d'oublier un catalogue des chevaliers de l'ordre de Jérusalem du prieuré d'Aquitaine, avec les preuves de noblesse qu'Us étaient tenus de produire pour entrer dans l'Ordre; nous y trouvions en effet les généalogies de 50 familles nobles de Touraine, au xvi e et au xvir* siècle. Mais
comme il n'est que la copie d'un registre semblable, plus ancien, qui est conservé à la bibliothèque de l'Arsenal de Paris, nous nous contenterons de signaler ici le manuscrit 9459 de sir Th. Phillipps.
Nous avons pris copie, avec tout l'intérêt qu'elles réclament, de deux belles chartes originales du xi e siècle, concernant les prieurés de l'abbaye de Marmoutier dans le Maine. La première, datée du 7 août 1067, a été publiée par d'Acheri dans son Spicilége (t. m, p. 406, ed. in-fol.), mais l'original nous a fourni des variantes et des additions. La seconde, est la confirmation, par Ernaud, évèque du Mans, des possessions de Marmoutier dans son diocèse, à savoir : Saint-Guingalois de Château-du-Loir, Vivoin, Daval, Saint-Maclou de Sablé. Cette charte, donnée en 1068, fut confirmée quelques années plus tard dans le chapitre de Marmoutier, en présence de Raoul I er , archevêque de Tours, qui était venu pieds nus à l'abbaye avant de partir pour Rome avec levèque Ernaud.
Le manuscrit 1840, écrit au xi° et au xm e siècles, ne contient presque que des vies de saint Martin, ou des recueils des miracles dus à son intercession. On y trouve les écrits de Sulpice Sévère, de Grégoire de Tours, et les traités attribués à Odon de Cluni et à Herberue, ainsi que plusieurs antres récits sans nom d'auteur. Enfin il se termine (page 205 à 320), par une série de lettres qui se rapportent au voyage que fit, de 1 180 à 1183, Guibert de Gembloux en Touraine, pour y visiter le s lieux illustrés par le séjour de saint Martin. Ces lettres, quoique citées par plusieurs auteurs, semblent encore inédites (Histoire littéraire de la France, t. XVI) ; nous en avons donc pris copie.
Comme nous espérons plus tard publier quelques vies de saint Martin, encore inédites, nous ne donnerons qu'une courte analyse de ce manuscrit important.
La première lettre adressée par Philippe, archevêque de Cologne, à l'abbé de Marmoutier et au doyen de Saint-Martin de Tours, recommande à leurs bons offices Guibert, moine de
Gembloux, qui, après avoir écrit une vie de saint Martin, désire visiter son tombeau et les lieux habités par le saint évéque de Tours pendant sa vie (1).
Hervé, abbé de Marmoutier, ne répond que quelques mots à la lettre de l'archevêque dé Cologne ; il dit que trois églises à Tours racontent la gloire de saint Martin ; la première est l'église cathédrale consacrée par lui avec le sang des martyrs d'Aganne ; la seconde, située à Chateauneuf, conserve dans une chasse d'or le corps vénéré de son illustre patron ; eniin Marmoutier a été fondé par le saint lui-même.
La troisième lettre est la réponse faite par le chapitre de Saint- Martin de Tours à Philippe de Cologne. Les chanoines exposent avec détail la légende qui concerne les fioles de sang que saint Martin rapporte d'Agaurae, et avec lesquelles 0 consacre les églises cathédrale de Tours et d'Angers (2). Ensuite, après avoir raconté l'histoire des diverses églises qui ont été bâties successivement sur le tombeau de leur vénéré patron, ils ajoutent que dans la nuit qui précède le 4 juillet, triple fête où l'on célèbre en même temps son ordination à l'épiscopat, la translation de son corps et la dédicace de sa basilique, saint Martin vient luimême, assisté d'un grand nombre de saints qui forment son cortège, célébrer les saints mystères dans le temple qui lui est consacré, et ils rapportent trois apparitions à l'appui du prodige qu'ils racontent.
Dans une seconde lettre, le chapitre de Saint-Martin donne
(1) Le poème, en petits vers rimés, que Guibert composa sur la vie de saint Martin, est conservé parmi les manuscrits de la bibliothèque royale de Bruxelles, et est encore inédit.
(2) Le récit fait par les chanoines de Saint-Martin a été publié par Surius, par Mann, et par lés Bollandistes. Ces savants hagiographes résument ainsi *eur opinion sur ce point : « La tradition des Tourangeaux , sur le sang des « martyrs de la légion Thébéenne, sorti miraculeusement de terre par les prières
• de saint Martin, est mêlée de récits modernes , entourée de fables, et ne pa- « rait pas devoir être crue par des hommes prudents , de même que celles qui
• se rapportent aux Ûolea des églises d'Angers et de Cande. •
le récit de plusieurs miracles contemporains opérés au tombeau de saint Martin. Les chanoines exposent ensuite l'institution des fêtes célébrées chaque année dans leur église en l'honneur du saint évèquc. Le 42 mai on fêtait à la fois la réception des reliques des martys d'Âgaune, et la délivrance de Tours lorsque les Normands sont mis en fuite par la châsse protectrice du saint. Nous avons dit le but de la fête du 4 juillet.
Le 1 1 novembre, l'église entière honore le jour où saint Martin échangea les misères de ce monde contre la gloire du ciel. Eufin le 13 décembre on célébrait le retour dans son église des reliques de saint Martin après leur long séjour eu Bourgogne.
La dernière lettre est écrite par Guibert à son évèque Philippe après son retour à Gembloux, pour lui rendre compte de ce qu'il a vu dans le long pèlerinage auquel il consacra une année entière.
II commence par raconter plusieurs miracles, auxquels il rattache l'institution de certains rits de l'église de Saint-Martin, tels que de chanter trois fois le Te Deum aux matines du 1 1 novembre, de dire à toutes les messes les collectes à voix basse et de chanter toujours ce qui précède la préface. Il raconte aussi ses visites aux principaux lieux habités par le saint dont il écrivit la vie. A Ligugé, on lui montre le lieu où saint Martin a ressuscité un mort, et l'humble et petite clochette qui servait de son temps à convoquer les frères. Les moines de Ligugé et les religieux de Saint-Hilaire lui racontent aussi un miracle opéré à Poitiers par saint Martin Un jour saint Hilaire vint à Ligugé visiter saint Martin et ses religieux, le pieux abbé reconduisit l'évéque jusqu'à la ville. Et l'heure étant venue de célébrer la messe, saint Hilaire demande si on a tout ce qui est nécessaire. On avait en effet apporté du monastère tout l'appareil du saint sacrifice, sauf le livre des prières. Hilaire se retournant alors vers le saint, le regarde sévèrement pour le blâmer de sa négligence. L'abbé ému de ce reproche cherche aussitôt quelqu'un pour lui apporter promptement ce livre, mais un ange apparaissant aux portes de l'église lui remet k missel et
disparut aussitôt L é**qœ témoin do miracle reubx en»-.» à Dieu, et traita déformai* Martin rK»n en divap*e mitif- *ïl mfrère. Guibert visita eoMiite l étrtae de Rivière, drôie?* Vis*- Dame, et dan* laqueJJe *aint Martin vint wmeut prier nraoaxi la nuit. Caade», dernière station de saint Martin su? k vr-ï avait droit à la visite et a la vénération de Guibert. qm * y r«kdit en effet. A pr»-s avoir vu une a**ez grande quautiié ét t&tveux du saint, et le ciliée sur lequel il mourut. Guiben interroge les chanoine* sur la maison dans laquelle il rendit le dernier soupir. • La, répondent-ils. où s'élève cet édifice enowr « inachevé, là existait la maison sanctifiée par sa mort et la « fenêtre par laquelle on a enlevé son corps. ■ fct en pariant ainsi ils désignaient l'église et l'autel de l'abside. La maison on mourut saint Martin avait été conservée jusqu'à leur temps, mais on avait été obligé de l'abattre, il y avait déjà cinq ans. parce qu'on ne pouvait plus y entrer sans courir risque de k vie (1). C'est en enlevant les fondations de la maison que l'on trouva, cachées sous une pierre, les reliques dont nous a v on* parlé, et une fiole de verre à demi remplie du sang desséche des martyrs de la légion théhéenne. Ils lui montrent aussi un cep de vigne provenant d'un sarment de vigne sur lequel saint Martin était mort. Guibert termina son voyage par Marmoutier, d'où, après un séjour de huit mois, il retourna à son monastère de Gembloux.
Nous avions réservé, pour la (in de nos travaux à Middlehill, les manuscrits qui nous intéressaient le plus, nous voulons dire les carlulaircs. La bibliothèque de sir Th. PhUlipps est, * croyons-nous, la plus riche qui existe en ce genre de documents, l'un des plus importants qui existent pour les recherches historiques.
Nous y avons d'abord trouvé le Livre Noir de Saint-Florent de Saumur, dont la reconstitution, faite avec tant de saga-
(i) Ce texte fl\o le commwuitiiuint do In construction de l'église si curieus*» de Candes. aux années II7& n H78.
cité et de travail, mérita à notre ami M. Marchegay la seconde médaille au concours pour les travaux des antiquités nationales en 1844. Ce précieux cartulaire dont récriture remonte à la seconde moitié du xi' siècle, sauf quelques additions du xii* siècle est parfaitement intact et contient 277 chartes inscrites sur 141 folios. M. Marchegay obtint en 1850 une mission du gouvernement pour faire en Angleterre la recherche de» documents concernant l'histoire de l'Anjou. Ce fut donc avec lui que nous copiâmes ensemble ce cartulaire en entier : je m'étais réservé les chartes tourangelles et celles qui intéressent l'état des personnes. Celles-ci, au nombre de vingtdeux, devront me servir dans le travail que j'ai commencé depuis longtemps sur les serfs en Touraine. Les autres chartes, au nombre de cinquante-neuf, des x' et xi* siècle, mériteraient une analyse que nous ne pouvons faire entrer ici. Nous nous contenterons de dire qu'on peut en tirer l'histoire complète des prieurés de Saint-Louans, près Chinon, et de Saint-Christophe, à ces époques lointaines. Nous appellerons aussi l'attention sur un problème curieux de géographie du moyen-àge, que ces chartes soulèvent. Nous y trouvons, en effet, la notice de la donation d'un moulin situé sur le Clain, dans le domaine de Fontenay, viguerie de Chinon, pagus de Poitiers. Toutes les autres chartes, où est mentionnée la viguerie de Chinon, la placent dans le pagus de Tours. Comment cette viguerie putelle faire partie de deux pagus à la fois ? Peut-être d'autres chartes du même cartulaire aideront-elles à résoudre ce cas intéressant ; elles nous font connaître que les limites des deux pagus se rencontraient dans un domaine nommé An ou Can, situé en partie dans le pagus de Tours, viguerie de Chinon, et en partie dans le pagus de Poitiers, viguerie de Chinon.
J'ai partagé également avec M. Marchegay la copie du grand cartulaire de Fontevrault, écrit an commencement du xm* siècle, et j'y ai trouvé environ soixante chartes sur les prieurés de Kelay, de Rives et de l'Encloistre, que ce monastère célèbre possédait en Touraine.
Enfin je me suis chargé seul de la copie du cartulaire, malheureusement très-mutilé, de la Trinité de Vendôme ; quoiqu'il n'appartienne pas à la Touraine, j'ai pensé qu'il le méritait à cause de son ancienneté, de son importance et des rapports nombreux qui ont toujours existé entre deux contrées si voisines.
Je n'ai plus, pour terminer rénumération des nombreux documents que j'ai recueillis dans ces deux voyages, qu'à citer la copie d'un cartulaire moderne et la transcription de notes et documents sur les prieurés de Newport-Paynel {alias Notre- Dame de Ty ckeford), de la Sainte-Trinité d'Yorck, de Withiham , de Cosham, d'Alerton-Maulevrier et d'Aston, dépendant de la riche abbaye de Marmoutier. Je me propose d'en faire l'objet d'un travail spécial.
Il ne reste plus maintenant eu Angleterre que deux manuscrits sur la Touraine, que nous regrettons vivement de n'avoir pu copier.
Le premier est uu martyrologe obituaire de la cathédrale de Tours, écrit au xn* siècle, mais avec des additions successives jusqu'au xv' siècle, avec lequel nous eussions complété celui que nous avions transcrit au British Muséum : sir Th. Phillips, malgré une recherche faite avec soin, n'a pu le retrouver dans son immense collection.
Enfin les vacances de l'Université de Cambridge nous ont empêché par deux fois de visiter la bibliothèque du collège Gorpus-Christi, où se trouve un manuscrit contenant la vie de saint Martin écrite par le célèbre Abbon, abbé de Fleury, et encore inédite.
Dans les deux visites que je lis à la magnifique bibliothèque lkxlleiénne d'Oxford, je ne demandai point à visiter la curieuse collection de Gaignières, où se trouvent deux volumes entiers dè dessins des tombeaux qui existaient en Touraine à la fin du xvn* siècle, parce que j'ignorais alors l'existence de ces cartons dans ce précieux dépôt.
Je ne puis terminer ce rapport succinct, sans exprimer ma reconnaissance bien sincère aux directeurs et conservateurs de tous les dépôts littéraires ou historiques que j'ai visites en Angleterre, pour la courtoise et la bienveillance avec lesquelles ils mirent à ma disposition toutes les ricbesses qui leur étaient confiées.