‹ Notice sur un papyrus gréco-égyptien inédit appartenant à la bibliothèque de l'Université d'AthènesChapitre 7 sur 9 · ANNÉE 19. — COMPTÉ DES JUMELLES, —— COMMENCEMENT DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE 19. — COMPTÉ DES JUMELLES, —— COMMENCEMENT DE L'ANNÉE

Thout. (C'est le 1’ mois de l'année.)

[Acheté 2] d'Orus, fils de Psénobastis, deux othonia

Me Aire 2,00ù

Det aptes rade ere Cet née eee goû

Quatre serviettes... ....,......., RP 326 | Chœak, 20. (C'est le 4° mois de l'année.)

[Acheté ?] de Konnas et d'Akébès, deux othonia....,.,.,..,.. 1,400

Phamenoth, 4. (C'est le 7° mois de l'année.)

[Acheté ?] de Colluthus et de Nechthéraÿtis, deux tuniques. ... 5oo De Sosis, un othonion. ..................,...... Us 1,000

Pachon, 20. (C'est le 9° mois de l’année.)

{ Achcté ?] de Nikératos, un ofhonion..................,,.. 6oo Chaif dotés sretsscesse sa Tes code ue same 500 Mésori, 20. (C'est le 12° mois de l'année.)

Orus, fils de Psénobastis [a vendu ?] deux tuniques....... *.. 1,480

Cela fait, jusqu'au 30 mésori....... ‘8,700

exemple, p. 329 des Papyrus du Louvre, col. 1”, ligne 13 du papyrus LIIE, nou: avons imprimé : ciwdôves À F MEloopn K. Mais il est probable que le M qui suit le signe de la dra chme est une fausse lecture pour À, delta surmonté de la petite boucle qui lui donne la valeur de 4,000; ou bien, ce que le fuc-simile He.

atsse croire, le chiffre est effacé, et ce M appartient à quelque mot qui le suivait.

Ces 8,700 drachines représentent à talent, plus 2,700 drachmes. Or, dans le premier compte on avait omis l'othonion de Sosis, soit 1,000 drachmes, et le total marqué à la ligne 48 ne répondait plus à la somme des huit chiffres, qui seuls avaicnt été compris dans l'addition, comme l'a déjà remarqué M. Brunet de Presle dans une note sur ce passage !.

Malheureusement, si précieux qu'il soit, le texte que nous venons de tiaduire laisse place à quelques doutes : les noms de personnes qui précèdent chaque dépense y sont écrits, comme dans plusieurs autres comptes, tantôt au nominatif, tantôl au génitif, tantôt au datif, et cela pour le même article. Ainsi KoAïoÿÜns, que la ligne 43 nous présente au nominatif, est écrit KoXoÿfou, au génitif, sur la ligne 63 ; Nexbepaÿs est Jà au nominatif, ici il est au datif, Nexbepaëre. Kovvärs nat Axe6ncies de la ligne 41, 42, sont représentés par Kowr&s xa) Âxé@ns à la ligne 61, 62, ce qui ne permet pas de dire sûrement en quel rapport sont ces personnages avec la dépense cotée sous leur nom, Dès 1830, dans sa troisième Lettre à M. Letronne, sur les monuments grécoégyptiens du musée de Leyde, M. Reuvens, comparant les comptes de Leyde avec ceux de Paris, et reconnaissant qu'ils avaient une même origine, c'est-à-dire le Sérapéum de Memphis ?, signalait l'obscurité de ces rapports : « Les fonds (dont il s'agit) peuvent avoir appartenu : 1° au «temple même ou, comme Îles anciens disaient, à la divinité; 2° à Pto- « Jémce, chargé de gérer les affaires des Jumelles; 3° aux Jumelles elles- «mêmes et à d'autres desservants du temple. .... Je trouve là parmi «les dépenses non douteuses, et apparemment destinées à l'entretien «“ du personnel, toutes sortes de denrées, telles que froment, papyrus, «fruits, légumes, miel et chair d'oie; ailleurs des articles se rapportant «à l'exercice du culte, par exemple de l'encens, et des dépenses non

“spécifiées, faites pour la célébration de la pompe appelée proprement

! Ona, sur le papyrus LVI, un autre exemple d'erreurs ainsi rectifiées par le rédacteur même du compte. La Il° colonne du papyrus S de Leyde présente aussi un total supérieur de 200 drachmes à la somme réelle des cinq quantités portées en compte. M. Leemans (p. 108) s'en est aperçu; mais la correction qu'il propose, c'est-à-dire le changement d'u en x dans le total est peu vraisemblable. Heureuse. ment nous avons le fac-simile du compile en question (planche VI, n. 7 de cette publication), el il nous paraît plus facile de changer, dans l'avant-dernière ligne, un @, qui vaut 500, en un Ÿ, qui vaut 700, ces deux lettres élant de formes à peu près semblables : cela donne les 200 drachmes nécessaires pour compléter le total de 3,680. — * Voir le mémoire de M. Brunet de Presle, Sur le Sérapéum de Memphis, dans le tome II, 1"* série, des Mémoires présentés par divers savants à l'Académie

des inscriptions.

uxwpaoie, et qui était exécutée par les paslophores. Je trouve aussi des «indices de débours pour le service des bains chauds dépendants du «temple!..... Je trouve, réciproquement, d'autres articles au sujet «desquels je n'ose pas affirmer s'ils sont portés en dépense ou bien en «recette. On met, par exemple, en ligne de compte remunv dBoviou, le «prix de la toile. S'il s'agit de toile fabriquée au profit du temple, soit « pour en faire commerce, soit pour fournir à la contribution de cette «nature duc par les temples au fisc royal, contribution diminuée, mais «non totalement abolie par Ptolémée Épiphane”, cet article devra être «considéré comme recelte quant aux Jumelles. . ... Ailleurs cepen- «dant on dirait qu'il s'agit de toiles achetées pour servir à des vêle- «ments ou à quelque autre usage °.

« Nos registres présentent encore une autre difficulté considérable : «les abréviations de quelques noms appellatifs et les sigles cmployees «pour les poids et mesures, peut-être aussi pour le numéraire, sont en- «core inconnues; la confusion règne dans la disposition générale des «colonnes; l'écriture est interrompue par quelques lacunes, et des cr- «reurs dans le calcul en rendent la vérification extrêmement pénible et «purement conjecturale. » |

Pour quelques-unes de ces difficultés le papyrus Sakkinis semble ap porter peu de secours nouveaux à la critique. Ce qu'on y recueille de plus sûr et de plus intéressant pour l'histoire de la vie domestique chez les Grecs de l'Égypte, c'est la mention d'une vingtaine de dépenses qui ne figuraient pas sur les registres jusqu'ici connus. À vrai dire, ce qui pourrait le mieux faire avancer aujourd'hui l'interprétation de pareils textes, ce serait la publication des textes analogues rédigés en langue égyptienne, et qui existent, mais en petit nombre, dans les musées*. Toutefois, et en attendant ce surcroît de Inmières, il faut interroger le plus scrupuleusement que l'on pourra les documents déjà connus. Les notations numériques que nous offre le papyrus Sakkinis sont dignes

1 Jci M. Reuvens proposait une explication du mot ümoxavoïÿ, que je discule plus baut dans une note de la page 16. —* Épiphane, Hérésies, LII, n.— * Le doule exprimé ici par M. Reuvens ne peut exister pour le papyrus LIX du Louvre, où on lit distinctement æérpaxa devant un compte de vêtements, et #ywpana (sic) devant un compte de blé. — * M. Eug. Revillout, qui s'occupe avec succès à déchiffrer les papyrus et les ostraka écrits en cople, me signale précisément un fragment de registre de dépenses où sont mentionnés : les lentilles sèches, les salaisons, le miel, le fromage et le cumin. Le papyrus XLI du Bnitish Museum, outre deux lignes de grec, contient cinq lignes en démotique, qui pourraient appartenir à des comptes semblables. Mais ce serail aux égyptologues à vérifier le fait par l'inspection du manuscrit dont M. Forshal ne donne que le texte grec.

d'une atiention particulière et pour leur forme et pour leur fréquente répétition, qui permettra un jour, je l'espère, d'ea retrouver la clef.

Parmi les plus claires, celles qui marquent le quautième du mois, il y en a une très-remarquable, c’est la sixième, qui reproduit exactement le € ou vav de l'alphabet primilif, usité chez les graveurs d'inscriptions et chez les peintres de vases dans la Grande-Grèce, tandis que le papyrus LVII du Louvre, où je relève deux exemples de cette lettre numérique, lui donne la forme & connuc chez nous sous le nom de stigma!. Cela semble indiquer une main plus ancienne que celle qui à écrit les songes et les comptes publiés sous les n* L et LVIT de notre collection nationale. Or, d’après les calculs de M. Letronne, qui n'ont pas trouvé jusqu'ici de contradicteur, ces songes et ces comptes datent de l'an 160 avant J. C. Le papyrus Sakkinis remonterait donc plus haut que le règne de Philométor. A l'appui de cette induction on remarquera que le rédacteur de ce registre marque avec soin l'iota final partout où l'orthographe le demande, et qu'il écrit, en général, plus correctement que les protecteurs des deux jumelles du Sérapéum, Mais, il faut l'avouer, de tels indices, surtout dans un texte relativement court, prouvent plutôt la bonne éducation que la haute ancienneté du personnage à qui nous le devons.

D'ailleurs, la forme des caractères numériques si nombreux dans les comptes de dépense est, en général, cursive ct très-négligée, ce qui pourrait bien témoigner contre les inductions précédentes.

Outre les lettres proprement dites et le signe L ou L désignant l'année, ces sigles me paraissent se ramener à huit ou neuf, dont voici la forme avec l'indication des mots auxquels chacune d'elle se rapporte ? :

1. —— que l'on trouve à la suite des mots : mecop#, äproi, rapiyos,xlxr, dWor, xpéas, Üowp, mobds x paxos.

2 — .. .... Oÿoy, mÀboiua.

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