‹ Notices biographiques du GardChapitre 13 sur 68 · AIMÉ-ALEXIS-VICTOR · texte numérisé non relu

AIMÉ-ALEXIS-VICTOR

GÉNKRAL DE BRIGADE

N'a à Baguais le 21 avril IJ74 Mort à Pont-Saiiit-Ksprit le i3 octobre uS34

u commencement de la Révolution Victor- Henri )Madier et Marie-Thérèse Reynaud Saurin , son |épouse, avaient trois lils sous les drapeaux. ([) Celui qui devait devenir général était déjà sous-lieutenant au 7"^'-' d'infanterie, le 12 mai 17^)2, et capitaine le 5 octobre 1796. Il lit ses premières campagnes dans l'armée des Pyrénées-Orientales, dont les différents corps de troupe stationnaient sur la frontière et dans les places fortes ou ports, depuis l'embouchure du Rhône jusqu'à la rive droite de la Garonne. Le général Sauret le choisit pour son aide de camp.

De 1795 à 1801, Madier fit les campagnes d'Italie. Nous le

(W Le 23 septembre 1793 cinquante hommes investissent sa maison et veulent rarrèter comme suspect. Antoine Teste écrit pour le défendre :

<( — Il n'est pas suspect, celui-là, dit-il, et on peut le croire surjjarole. »

Le fds aîné mort colonel à la Guadeloupe, s'était occupé d'un système télégraplii([ue à l'usage de l'armée. Il a laissé un fds, M. Victor Madier, capitaine, qui épousa Mademoiselle Clémence Madier, fille de son cousin de Bagnols.

Le général Madier de Lamartine.

Et Valère Madier, d'abord tonsuré à l'âge de 12 ans, et parti plus tard comme volontaire; il se retira capilaine.

voyons adjoint à rétat-major de la division d'Ancône le 27 décembre 1798.

Nommé clief de bataillon par le général Monnier le 25 septembre 1799,11 fut fait prisonnier à Ancône, le i3 novembre de la même année.

Ses aptitudes spéciales lui valurent, pour la troisième fois, d'être adjoint à Tétat-major : il mérita d'être désigné pour la ]'''' division de l'aile droite de l'armée d'Italie, le 2G août 1800 ; et le i5 mai 1801 il passa adjoint à l'état-major de la i''-' division de l'armée d'observation du Midi. Le 20 janvier 1802, Madier était chef de bataillon à la suite de la 48™'^ demi-brigade de ligne.

Notre compatriote avait fait déjà onze ans de campagnes sur le continent lorsqu'il dut partir pour une expédition lointaine. Le général Richepanse venait de réprimer, à la Guadeloupe, la révolte des hommes de couleur, Madier fut désigné pour se rendre en ce pa^'s, où il resta attaché à l'état-major du capitaine gouverneur de l'ile. Sa bravoure et ses talents, affirmés maintes fois, depuis son entrée au service, lui valurent d'être successivement commandant d'armes à la Basse-Terre, et commandant cà l'ile de Saintes ,1). Pendant le cours de cette expédition aux Petites Antilles il fut nommé colonel, le 3o août 1808.

Le 17 avril 180Q Madier est prisonnier de guerre lors de la reddition de notre colonie aux Anglais. Cependant il s'évade et rentre le 3 février 181 o. Le i5 juillet de la même année il commande le l'i'"*-' régiment de ligne; le 18 décembre nous le trouvons à la tête du bataillon des gardes nationales des Pyrénées-Orientales et le 25 novembre 181 i, il est colonel du régiment de Belle-Ile.

Peu après la rentrée de Louis XVIII, Madier fut nommé colonel du 33'"'' d'infanterie de ligne, — 4 oct. 18 14. — Cet olficier de mérite était un partisan dévoué aux Bourbons que

(1) 1 ne des peliles Anlilles.

madii:r DI-: Lamartine 63

les armées alliées venaient de replacer sur le trône de France : ses paroles et ses actes le signalèrent bientôt aux meneurs, alors en évidences et tout puissants. Madier avait tout lieu d'attendre un grade supérieur, mais son rêve d'ambition ne put se réaliser, car Napoléon, quittant Tile d'Elbe, marchait sur Paris et le colonel royaliste, mis en non activité dès le i() avril iSi5, dut se décider à retourner à Bagnols, où il vint habiter sa maison, plîlce de la Poulagière (i). On assure qu'il s'y trouva, au milieu de notre population mobile et passionnée, pendant les tristes journées qui ont laissé d'amers souvenirs (2).

Avec les désastres de Waterloo qui avaient englouti la fortune de l'Empereur, Madier voyait renaître une lueur d'espoir. L,^. Sainte Alliance ramena pour la seconde fois Louis-le- Désiré (3). Le colonel Madier reprenant son grade, obtint le commandement de la légion de l'Aveyron, le 16 août i(Sr5 : ce fut le 2 mars 1816 qu'en récompense de sa fidélité le roi le créa baron (4).

Notre compatriote avait une existence très active : ^e la légion Aveyronnaise en 181 5, nous le vovons passer, le 3i mars 1819, à la tête de la légion du Tarn. Ces mutations presque annuelles, qu'il subissait ou sollicitait peut-être,

(1) Maison Victor Gensoul, n» 20.

(2) V. Not. biog, de Bompard^ T. I, p. 97.

(3) Nous avons souvent répété cette appellation qui n'a été conservée que dans le récit des historiens royalistes.

(i) [1 est à remarquer que sur le tableau des registres du sceau on trouve la mention suivante : Madier, col. lég. de l'Aveiiron, Baron ord'^<^ du 2 mars ISKi. » Mais Fordonnance royale, comme précédemment le décret impérial, n'étant qu'une simple manifestation de l'intention du chef de l'Étal, les lettres-patentes, seules, constituaient d'une manière complète la décision du souverain. Le texte

même de ces lettres le porte : <( le dit désirant profiter de la faveur que

nous lui avons accordée s'est retiré par devant notre garde des sceaux. . . à l'etTet d'obtenir nos lettres-patentes nécessaires pour jouir du dit titre... »

Le titre de baron (qu'un majorât pouvait seul rendre héréditaire) donnait ouverture^ à un droit de sceau assez important : 3,150 fr. M. 3Iadier ne s'est jamais pourvu pour obtenir des lettres-patentes, et son titre n'a donc jamais été réiïulièrement constitué. — Note de la Chancellerie.

semblent faciles à légitimer, car il est à croire que le gouvernement de la Restauration choisissait, pour diriger le mouvement monarcliique dans la contrée, un officier supérieur méridional et sincèrement attaché au roi léo-itimc.

En 1820 (17 novembre) Madier était colonel du 57™*" de ligne, et le i3 décembre de l'année suivante Louis XVIII le nommait maréchal de camp.

Aucun document officiel ne nous fait connaître le motif de sa mise en disponibilité à la date que les états de service de notre compatriote précisent, au 7 janvier 1822. Rien, encore, ne nous dit pourquoi le 12 février 1823 il commandait la 4"^'= subdivision delà 10"^^ division militaire et, le 7 décembre 1826, il avait le même commandement à la 3"^*^ subdivision de la 8"""^. Nous aurions besoin de pièces qui peuvent se trouver aujourd'hui dans la famille, ou bien il nous' faudrait faire de longues et patientes recherches dans des archives qui ne sont certainement pas à notre portée en ce moment.

La liniite d'âge allait atteindre notre éminent compatriote, et de plus la cocarde blanche, qu'il chérissait, en royaliste fervent, venant de céder la place aux couleurs nationales, le général Madier fut mis en disponibilité le 16 août i83o. L'heure du repos avait sonné pour lui. Au mois de mai i83i il fut placé dans la 2"-' section (réserve) du cadre de l'état-major général.

Le i3 octobre 1834 le vieux soldat, fidèle à la foi de ses pères, mourait en chrétien dans son château de Lamartine, sur l'Ardèche, à 5 kilomètres de Pont-Saint-Esprit... Du canon de la citadelle lui arrivèrent les dernières détonations qu'il put entendre. Ce n'était plus les foudres de la guerre, mais des salves pacifiques annonçant l'arrivée d'un prince qui n'était pas celui qu'il préférait. Le duc d'Orléans faisait son entrée dans la ville voisine. Le malade entrevoyait, disait-il, un sombre avenir.- Malgré la tendresse alfectueuse de sa compagne sympathique, malgré les soins touchants que lui prodiguaient les membres de sa famille résidant dans le voisinage, les derniers jours du

Page 1