‹ Notices biographiques du GardChapitre 12 sur 68 · SIMPLICE MAI) 1ER · texte numérisé non relu

SIMPLICE MAI) 1ER

— Nous devons nous souvenir que le gouvernement de la Restauration luttait alors, avec quelques hommes du parti avancé qui voyaient à regret ce qu'ils appelaient Tempiètement progressif du clergé. —

Pour le succès du plan de l'Évèquc et du Maire le Conseil municipal se montra favorable. 11 accepta, il condescendit aux intentions bienfaisantes de Monseigneur^ il oifrit l'usufruit des bâtiments tant que durerait le Petit-Sérainaire... Cependant l'affaire n'eut pas de suite, mais une attaque aussi directe contre l'établissement universitaire devait aboutir à la chute du Collège, à la dispersion des enfants de Bagnols, qui entrèrent dans les lycées ou établissements voisins. Les élèves dont les parents n'avaient pas la ressource de les placer au dehors, se virent forcés à aller chez ce bon M. Martin, où on leur apprenait la grammaire latine de Port Rojal et le calcul par livres, sols Qi deniers en 1828 et i83o !

Ce qui va suivre est encore peu flatteur pour Bagnols, mais il faut bien l'avouer, puisque nous écrivons l'histoire vraie : continuons.

Un jour, le Conseil refusa l'achat d'une pompe à incendie alléguant que malgré les tentatives faites, il y avait impossibilité d'organiser ici une compagnie de pompiers. M. le Maire perdit patience et cessa d'en parler à ses conseillers obstinés.

C'est le 27 avril 1828 que M. Madier proposa d'acheter des héritiers de M. François Gentil, une maison qui faisait le prolongement de la rue des Prisons à celle de la Citerne. Cette maison venait d'être entièrement détruite par un incendie. Le Conseil en fit l'acquisition et, par là, une voie fut ouverte allant de la rue de l'Horloge jusqu'à la place du Château même, en face du Portail-neuf.

Administrateur actif et intelligent. M. Madier tient à achever l'œuvre de son devancier et achète les maisons de la rue des Pénitents, afin de régulariser l'accès de la Grande place.

On se préoccupait, dès cette époque, de l'instruction des adultes \ mais l'initiative venait de l'administration supérieure :

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heureux encore de trouver de l'écho dans les conseils municipaux invites à améliorer l'enseignement local. Ainsi le 8 mai 1828, M. le Sous-Préfet d'Uzès, engageait le Conseil à ouvrir une classe de dessin linéaire dont rittilité est généralement sentie par l'influence heureuse qu\'lle exerce sur le développement de l'industrie. »

Le Conseil accepte et vote : il choisit M. Romain, instituteur primaire, dessinateur habile et mathématicien distingué (1). L'assemblée tient à consigner sur le registre des délibérations un témoignage de parfaite satisfaction, — » sur le choix de cet honorable et savant professeur, » il offrit trois cents francs par an, à la condition que M. Romain donnera, en outre, l'instruction primaire gratuite à 20 élèves des familles indigentes de Bagnols.

Il 3^ eut, à cette époque, de longues et profondes dissensions entre l'autorité supérieure et quelques membres du Conseil municipal, au sujet de la question de propriété du Collège : l'Université prétendait avoir un droit exclusif sur le monument, comme représentant l'État. De son côté, la ville faisait valoir le concordat de 1781, alors qu'elle avait opté pour le fait de reprendre le Collège en renonçant aux 25, 000 francs fournis par elle pour sa construction. Le Conseil, par sa délibération du 20 août 1828, voulutdonc, malgré le ministre de l'instruction publique maintenir ce qu'il appelait ses droits de propriété.

Le 9 octobre, on vota la réparation à l'horloge, blanchiment du cadran et réfection des pièces diverses.

Depuis l'an 1828, les déblais de la place St-Victor avaient été enlevés : c'est-à-dire que les murs de soutènement restant à découvert, la route de descente était parfaitement établie.

(1) Le fils de M. Romain, né à Dagnols, ayant obtenu, au concours, l'emploi d'agent-voyer en chef de rAveyron, a fait à Rhodez des travaux hydrauliques qui lui valurent la croix de la Légion d'honneur et, peu après, sa nomination, au même litre, à Lille (Nord). M. Rernard Romain, aujourd'hui à la retraite, habile Pont-Sainl-Esprit. Il est inscrit au nombre des bienfaiteurs de la Bibliothèque et du Musée de Bagnols.

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Un des derniers actes administratifs de M. Madier fat celui-ci. — En 182c), le Conseil vote et dépense généreusement 3oo francs appliqués en réjouissances et en fêtes à l'occasion du passage du roi et de la reine de Sicile, et de Màrie-Christine, future reine d'Espagne : tout Bagnols fut fleurdelisé.

L'an d'après, le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau blanc et M. Madier dut céder la charge à M. Ladroit, à qui il avait succédé quatre ans auparavant ; l'installation du nouveau Maire eut lieu avec des transports de joie indescriptibles, après les fameuses ordonnances de juillet i83o et les ivoh g-lorieiiscs journées^ comme on les appela longtemps.

Toutefois, M. Madier laissait des souvenirs d'honnête homme et d'habile administrateur; mais ses tendances politiques n'étant point partagées par la masse de la population, son règne ne fut regretté que par ceux qui, comme lui, étaient attachés à la branche aînée des Bourbons.

M. Madier entretenait des relations suivies avec les sommités du parti légitimiste, Berr3^er, le duc de -Valmy et surtout avec Ferdinand Boyer, de Nîmes.

Ses concitoyens l'avaient honoré de leurs suffrages ; ils le nommèrent conseiller d'arrondissement, mais pour le Conseil général du Gard, la lutte électorale qu'il entreprit ne fut pas heureuse, M. de Buros, son antagoniste, fut le préféré. A part cette velléité d'ambition « dans l'intérêt de son pays, » M. Madier, de i83o à 1864 coula sa vie dans la retraite. Ses amis auraient voulu le porter à la députation, il préféra la douce quiétude que recherchent les vieillards désillusionnés... Une longue et cruelle maladie se termina par un accident où il trouva la mort. La perte de cet homme de bien fut vivement ressentie par la population toute entière ; car le temps efface les nuances politiques et, en présence des exemples d'édification donnés par un vénérable père de famille, les nouvelles générations, qui n'ont pas été témoins des antagonismes locaux, ne

Jugent les hommes que par leurs actes: M. Madier devait donc emporter à bon droit l'estime de tous ses concitoyens.

J. B. S. Madier a laissé deux fils et deux filles :

MM. Eugène Madier, décédé et H3^acinthe M..., à Lapalud;

Mademoiselle Clémence M..., mariée au capitaine Victor Madier de Lamartine ;

Mademoiselle Emma M..., qui épousa M. Valat, employé supérieur des douanes.

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