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TANNEUR

Né à U-ès î^ers ij4g Mort à Bagnols le 20 avril 1842

,.v tannerie, industrie jadis prospère, n'existe plus \?i Bagnols. Cependant autrefois, le long du Ruisjseau, étaient groupés de nombreux ateliers dont le «dernier cessa de fonctionner il y a près de cinquante ans. La mégisserie seule a survécu. Cette cause de décadence viendrait, a-t-on dit, de l'influence des eaux, lesquelles ne contiennent pas les s .ibstances chimiques nécessaires à la parfaite confection des cuirs.

En donnant un souvenir aux derniers des tanneurs bagnolais (i) nous avons voulu rappeler qu'au commencement du xix^ siècle, une ruche de travailleurs bruyants animait encore le quartier du Posterlon.

On pourra tout d'abord trouver inopportun de parler ici d'un homme qui ne fut ni célèbre ni distingué et cependant outre l'intérêt qu'il y a à mentionner une industrie locale, il nous a semblé piquant de parler de cette personnalité bagno-

(1) Les maisons Lassagne et Chay ont fait fonctionner les dernières tanneries du pays.

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laise (i) afin de faire ressortir le degré d'infériorité dans lequel rii>-iu)rancc a laissé un de nos compatriotes et de tirer de notre récit un utile enseignement.

Combien de personnes à Bagnols se souviennent aujourd'hui du vieux tanneur Sabaton, mort dar.s l'indigence il y a près de quarante ans?... un type de grenadier de la République, lier, sévère, solennel dans son allure. Nous l'avons connu parce qu'il habitait notre voisinage et que, plus d'une fois, nous lui avons entendu raconter l'histoire de sa jeuneese, alors qu'il était soldiit dans le Royal-marine.

Sabaton avait dans ce régiment, pour camarade de lit, Bernadotte. Ces deux troupiers de la première étape eurent, depuis, une destinée bien opposée. Ce qui nous frappait, c'était le contraste entre notre compatriote, resté soldat de Mars et de Bacchus, et son ancien ami, soldat couronné parle vœu libre de tout un peuple et devenu roi de Suède (2).

Le récit des scènes de chambrée amusait notre enfance : Sabaton était intarissable sur son illustre camarade, en^a^é volontaire en 1780, grenadier en 82, caporal en 85, sergent en 89.... Mais depuis, Bernadotte, qui avait reçu à Pau une éducation soignée, puisque sa famille le destinait au barreau, fit son chemin, et quel cheniin ! Après la Révolution, dès que les barrières élevées par le privilège eurent été renversées, son avancement fut rapide : en trois ans il franchit les grades de sergent à colonel. En lyq'i, il était général de division, ambassadeur à Vienne en 1798 3 ; ministre de la guerre en 1799, maréchal en 1804, gouverneur du Hanovre en i8o5,

(1) Jean Sahatoii naquit à l'zès. Dans sa jeuness«; il vint se lixer à Bagnols où il est mort à 93 ans.

(2) Après 1830, Sabaton écrivit à Stockolm, d'où son ancien ami répondit par une invitation de se rendre auprès de lui. L'ouvrier, bien qu'dleltré, savait ({ue la vigne ne mûrissait pas au-deKà de Paris. Il préféra donc rester dans son Midi vinicole, loin de toute étiquette et se passant volontiers d'un secours d'argent ({u'U espérait obtenir.

(3) Hernadotte épousa Mademoiselle Clary, sœur de la femme de Joseph Bonaparte.

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