LES PREMIERS CHRÉTIENS DE HAI-MEN
Quant aux chrétiens, les premières traces de leur habitation, dans la presqu'île, sont encore moins anciennes, car c’est en 1792 qu’un prêtre vint, pour la première fois, exercer son ministère chez les émigrés du Tsong-ming.
Cette anrce-là, le pére Jean-Baptiste Joa faisait mission dans la
grande île ; des chrétiens de Haï-men vinrent l'inviter à visiter M leurs cabanes où Notre-Seigneur n'était jamais descendu et le pére #
repassant le fleuve avec eux, célébra, sur cette plage nouvelle, la première messe qu’ait vue la “ Porte de la mer.” Ainsi, au moment même où l’Europe, en délire,vouait sa haine au
nom de Jésus et égorgeait les pretres, un missionnaire chinois, an- ls
cien jésuite, continuait l’œuvre de ses dévanciers, faisait connaître, BR
à ces rives nées d'hier, la religion apportée d'Occident.
Le nom de l’homme qui fonda cette colonie, mérite de passer à la M postérité. Il s'appelait Frez-meou-fang et habitait vers le milieu de Ls
la presqu'île.
Ce fut sous le patronage du bienheureux fondateur de la compa- #
gnie de Jésus, que l’on plaça la première chrétienté de Haï-men.
Sous ces auspices, le grain de sénevé a pris la stature d’un arbre : à
la famille est devenue légion et les dix chrétiens du XVIIIe siècle, M
pue
reposant aujourd’hui dans la tombe, ont légué leur œuvre aux neuf
mille frères qui la continuent dans la simplicité et la ferveur de la foi |
primitive.