Sarah-Gother, sœur unique. Née à Dover ‘'ers
Mariée 10, à Edward Norbury, fils du capitaine Norbury, de la marine royale d'Angleterre, vers 1778.
Mariée 20. avec un comte Français près de Saint-Omer, en France.
Richard-Howard Horsiey, IV. Gén. V.
(Père de Madame Théophile Baillairgé. )
Richard-Howard, IV, fils de Richard Horsley III, et de Anne Saunders, naquit à Londres, le 12 novembre 1756, sous le règne de George ITT.
Il avait à peine douze ans lorsque son père le placa comme mousse, à bord d’un bâtiment de guerre. C’est alors qu’il commença ses études de marine, qu’il termina ensuite à Greenwich (1), et à Londres, en interrompant ses courses sur mer.
On lui fit faire ses premiers voyages, en 1768, 1769, sur l'océan Pacifique, sur le golfe Saint-Laurent et sur la Méditerranée.
(1) La ville de Greenwich portait autrefois le nom Saxon de Grenevich qui signifie village de verdure; elle est située entre Deptford et Woolwich avec lesquelles elle ne forme plus qu’une seule ville, sur le côté sud de la Tamise, à 5 milles à PE, S. E. de Londres. Sa population est de 63,000 habitants ou plus,
On y vr't un vaste hôpital pour les marins invalides, et pouvant en contenir 3000.
C’est là qu’est établi l'observatoire royal d’où les astronomes anglais comptent leur premier méridien.
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De 1770 à 1774 il servit à bord de l’un des vaisseaux de lescadre anglaise, dans la mer des Antilles (1).
En 1776, son vaisseau se trouvait à Santiago d'Haïti au moment où la population de l’île, souffrait de la famine,
De 1778 à 1783, il fut attaché à la flotte de Portsmouth et ensuite à celle de la Manche et de l'Amérique,
Dans le cours de la guerre d’Indépendance, 1773 À 17835, par les colonies révoltées de l’'Amé-’j;ue du Nord, contre le gouveruement Britannique, le jeune mousse gagna ses épaulettes de lieutenant, et eut occasion de se rendre plus d’une fois avec l'escadre, au port de New-York.
Pendant un des voyages qu'il y fit, il eut occasion d'aller à Jamaïca (2), petite ville de Long Island, où il fit connaissance avec les Welling, une des plus anciennes familles de l’île,
(1) La mer des Antilles porte aussi le nom de mer des Caraïbes, Elle est bornée au N. par les Grandes Antilles qui comprennent la Jamaïque, Cuba, Haïti ou St Domingue, Porto-Rico, les îles de la Vierge, etc ; à Vl'E., par les Petites Antilles comprenant les îles de St-Barthélemi, St- Christophe, Antigua, Désirade, Marie-Galante, Monserrat, Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, Barbades, St-Vincent, Grenada, Tobago,etc; au S., par les îles-sous-le-V' nt, par la côte nord de l'Amérique du Sud et par l’isthme de Darien et de Panama ; et à l’O., par l'Amérique Centrale et par le Yucatan à l’extrémité S. E. du Mexique.
Les Antilles, que l’on nomme aussi Indes Occidentales, furent découver tes par Christophe Colomb, en 1492. Elles étaient habitées par des sauvages anthropophages et polygames. Haïti et les petites îles qui en dépendent, forment une république ; les autres îles appartiennent à l’Angleterre, à la France, à l’£spagne, aux Pays-Bas, au Danemark et à la Suède, Le climat y est malsain, mais la terre est très fertile. Elles sont maintenant habitées par des Européens, des nègres d'Afrique, et des mulâtres.
(2) Jamaica est à 10 milles à VE. du pont de Brooklyn et à 10 milles, au N. des bains de mer, à Rockaway Beach ; ces bains renommés sont à 7 milles à l’E. de ceux de Coney Island. Tous ces endroits soni reliés à New-York par des chemins de fer dont le principal traverse l’île dans toute sa longueur et les autres dans sa largeur.
A Jamaica, les Welling, de père, en fils, depuis près d’un siècle, publient un jourpal le “Long Island Farmer ” dont Charles Welling a été propriétaire et rédacteur, jusqu’au 9 août 1891, date de sa mort. Il descendait de la même famille qu'Helena épouse de R. H. Horsley.
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Lorsque fut annoncée la signature du traité de Versailles, du 3 septembre 1783, reconnaissant la nouvelle République qui venait d'être formée, beaucoup de familles des Etats-Unis, allèrent s'établir au Canada ; celle de Charles Welling y était déjà rendue,
Le 21 novembre 1783, le jeune lieutenant épousa, au Canada, Helena Welling qu’il avait connue à Jamaïca ; ‘elle était alors domiciliée temporairement à Annapolis, l’ancien Port-Royal (1) de l’Acadie dont partie forme aujourd’hui la Nouvelle Ecosse.
Après leur mariage, les jeunes époux se rendirent à Saint- Jean, du Nouveau-Brunswick. Le lieutenant Horsley s’y embarqua, avec sa femme, à bord de son bâtiment de guerre, le Blenheim, qui fit voile pour le fort fortifié de Dover, en Angleterre, où ils arrivèrent au bout de quelques semaines. C’est à Dover qu’ils fixèrent d’abord leur résidence.
L'année suivante, ils retournèrent en Amérique et s établirent à Jamaïca, L. I. ; c’est là que sont nés leurs deux premiers enfants, — Richard, le 29 octobre 1785, et Elisabeth, le 2 avril 1787,
De 1789 à 1794, pendant la tourmente révolutionnaire et le règne de la terreur en France, l’escadre à laquelle il appartenait, reçut ordre d’aller protéger les possessions Britanniques dans la mer des Antilles Il emmena alors avec lui, à bord de son raisseau, sa femme, et ses deux enfants. En route, ils faillirent faire naufrage sur le récif du Martyr, sur la côte de Floride,
Le 23 juin 1791, pendant que sa frégate le Glory, était stationnée dans la baie de Montégo, près de l'extrémité N.-0,, de
C1) Port-Royal fut fondé par D’Aulnay de Charnisay, de 1634 à 1645 ; le général Nicholson en assiégea la forteresse, avec 29 transports, 4 frégates et 5 régiments, Sa garnison était seulement de 260 combattants ; elle capitula, le 13 oct. 1710. On lui donna le nom d’Annapolis en l'honveur de la reine Anne qui régna en Angleterre, de 1702 à 1714.
la Jamaïque (1), sa femme donna naissance à deux garçons jumeaux, John et William ; le premier ne vécut que six jours et le dernier que dix-huit jours.
Le 24 août de la même année, il perdit sa fille aînée Elisabeth qui mourut à bord du Glory, à l’âge de quatre ans et cinq mois,
En 1793, sa station navale était à l’île de la Grande-Caïman, au N.-0., de la Jamaïque, et au S., de Cuba ; c’est alors qu'est né Charles, le cinquième de ses enfants ; celui-ci est décédé l’année suivante, le 6 mars, à la Jamaïque.
Dans le courant de l’année 1793, le Glory se rendit à la baie de Mosquito et à l’isthme de Darien ( Panama ); le lieutenant Horsley débarqua du vaisseau avec sa femme et son fils Richard alors âgé de 8 ans, et alla s'installer avec eux à Boca- Toro, petit village près de la rivière St-Jean sur l’isthme, dans l'intention de s’y distraire pendant quelques jours ; ils furent attaqués et pillés par les indigènes et furent obligés de retourner à leur navire, pour ne pas perdre la vie.
De 1790 à 1793, la révolte était en permanence à l'ile d'Haïti { St-Domingue ). L'assemblée nationale française, en 1790, 1791, avait accordé aux noërs de l’île, les mêmes droits politiques qu'aux blancs. Les noirs en profitèrent pour se révolter, et se livrèren+ on 1791, aux plus cruels excès ; en 1793 ils massacrèrent les blancs.
Les vaisseaux de l’escadre anglaise à la Jamaïque et à la Grande-Caïman, allèrent porter secours aux colons de St-Domingue, en 175.
(1) L’île de la Jamaïque fut découverte par Christophe Colomb en 1494; elle fut prise aux Espas” is par les Anglais, en 1655. Le climat y est chaud et de nature à enge:i{rer la fièvre jaune. Le sol y est sujet aux tremblements de terre, mais il est très fertile. Les principales productions sont, le café, l’indigo, la canne à sucre, le rhum, le coton, les noix de coco, ete. La principale ville est Kingston, une forteresse inexpugnable et un immense entrepôt de commerce, avec une population de 13,000 ha-
bitants. L’ile entière renferme 378,009 habitants,
Toussaint Louverture repoussa l’armée anglaise et soumit, à sa dictature, l’île entière qui se déclara indépendante, en 1801 ; il fut pris, l’année suivante, par l’armée française qui l’envoya en France où il mourut, enfermé à Besançon, en 1803. Une république fut fondée en 1807 dans le sud de la partie françuise de l’île, à l’ouest, et un royaume fut établi dans le nord de cette même partie ; le reste appartenait aux Espagnols.
En. 1822 on forma une seule république dans toute l’étendue de l’île ; depuis cette époque, l'anarchie a continué d’y régner plus ou moins, jusqu'à nos jours. La population entière de l’île d'Haïti, est d'environ un million.
Le 11 février 1793, l'Angleterre déclara la guerre contre la France et envoya de nouveaux ordres à l’escadre stationnée dans la mer des Antilles. Cette déclaration de guerre eut lieu environ trois semaines après que les monstres de la révolution française firent périr leur roi, Louis XVI, sur léchafaud. Leur haine de Dieu et de ceux à qui leur pays devait sa grandeur, leur fit oublier que la France avait des possessions précieuses à sauvegarder aux Antilles, et ailleurs.
Aussitôt que l’escadre anglaise recut ses ordres, elle se rendit à la Martinique dont elle s’empara, le 23 mars 1794, et à la Guadeloupe dont elle prit possession, le 20 avril suivant. La Martinique fut définitivement rendue à la France, en 1814, et la Guadeloupe, en 1816.
En 1795, le lieutenant Horsley, après les combats navals à la Martinique et à la Guadeloupe, retourna avec sa femme et son fils aîné en Angleterre. Il prit part, cette année là, à la bataille navale, au large du port de Lorient, sur la côte de la France, à l’ouest ; il servait alors à bord du Prince George, sous le commandement de l’amiral Lord Bridport.
En 1796, époque où Napoléon Ier, faisait ses brillantes campagnes d'Italie, on le renvoya aux Antilles où lon craignait d’être attaqué par les vaisseaux de guerre français.
Il se rendit, à bord de la frégate Dictator, à New-York, où il laissa sa femme et son fils Richard, alors âgé de onze ans
chez James Hallet beaufrère de Charles Welling le père de sa femme.
De là il continua son voyage jusqu’à St-Domingue, où stationna le navire ; Toussaint Louverture était alors dictateur de l’île. La fièvre jaune fit bientôt son apparition à bord du Dictator, et fit périr tous les officiers excepté le lieutenant Horsley ; un grand nombre d'hommes de l'équipage moururent aussi de la fièvre qui n’en épargna que 25.
Comme le vaisseau était infecté, on lui en donna un autre, la Marie-Antoinette, dont il fut nommé le commandant.
Pendant qu'il était à bord de ce navire à St-Domingue, il écrivit à sa femme : — J'ai reçu tes lettres, mais non pas les concombres, n'ayant pas vu le voilier ; mais peu importe.
Je suis heureux de ce que tu ne m’aies pas suivi jusqu’à ce pays maudit où l’on ne voit que des malades, des mourants, et des morts,
Pardon si ma lettre est courte ; c'est à peine si je peux tenir ma plume ; je suis très heureux d'apprendre que ta santé et celle de notre cher petit garçon (1), est bonne ; puisse Dieu dans sa miséricorde, te la continuer, ainsi qu'aux tiens.
Si je me rétablis du rhumatisme dont je souffre, tu me verras arriver, au commencement du printemps prochain ; sinon, et si je suis en vie, je t’enverrai un autre tonneau de rhum de pas moins de 100 gallons, ce moyen étant le meilleur pour te faire une remise, et pour garnir ta bourse...
Ne perd pas courage, chère compagne de mon affliction, et crois moi pour toujours,
Ton mari très aimant et dévoué, RicHARD H. HoRsLey.
P.S. Mes doigts sont si engourdis que je puis à neine écrire ; mais ma maladie n’est pas dangereuse. ÆEmbrasse mon cher petit garçon, pour moi, et donne mes amitiés à nos amis.
(1) Suivant le répertoire de famille qu’il a laissé, sa fille aînée et trois de ses fils sont morts du 24 août 1791 au 6 mars 1794, et il ne lui restait plus que Richard son fils aîné.
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