‹ Notices biographiques [microforme] (volume 3)Chapitre 22 sur 78 · SEE · texte numérisé non relu

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En 1797, le vaisseau de guerre, Canada, le ramena, avec sa femme et ses enfants, en Angleterre.

Obligé de résider à proximité de la mer, il alla s'établir, avec sa famille, à Lymington (1), petite ville d'environ 3,000 âmes, à trois quarts de mille de l’ocèan, sur la côte sud de l'Angleterre.

En 1803, ayant reçu ordre de faire la croisière dans les eaux de la Manche; parce que l'Angleterre redoutait une invasion par Napoléon Ier, il emmena sa famille à l’île de Wight, où elle a résidé d’abord à Brixton, à un mille du bord de la mer, dans la partie sud-ouest de l’île, de 1803 à 1806, puis à Shorwell (2), deux milles plus à l’est, de 1806 à 1808,

En 1805, il reçut ordre d’aller renforcer la flotte de l’amira Nelson, puis de laisser son vaisseau pour monter sur celui de l'amiral,

Le 21 octobre 1805, il combattait près de Nelson, à bord de la frégate Victory, pendant la bataille de Trafalgar ( entre la flotte Anglaise et les flottes réunies de la France et de l’Espagne, près de l’entrée occidentale du détroit de Gibraltar ).

I1 fut dangereusement blessé à la jambe, par un éclat du même obus qui avait tué à ses côtés, l'amiral Nelson qui venait de gagner la victoire,

Après la bataille, il se rendit à l’île de Wight où il resta

(1) Lymington est située sur une petite rivière nommée ‘‘Boldre Water, dans le comté de Hampshire ; elle se trouve à 18 milles au sud du grand port de Southampton, et à 95 milles au sud.ouest de Londres.

La ville consiste en une longue rue bordée de beaux édifices, partant du sommet d’un côteau et descendant graduellement jusqu’au quai principal äu port. Elle eommande une vue superbe de la Manche et de l’île de Wight.

Lymington, suivant la tradition, a été saccagée et incendiée, trois fois, par les Français. On y voit les restes d’un fort Romain, à un mille de la ville,

(2) Shorwell est un village plus petit que celui de Brixton, mais situé dans une vallée pittoresque, à 5 milles au sud de Newport, ville d’environ 4,000 âmes, à la tête de la rivière Cowes où la reine Victoria a coutume de 8e rendre en été,

pete | Lund quelques années, au sein de sa famille, jusqu’à la guérison de sa blessure,

Pour se distraire, en attendant cette guérison, il écrivit plusieurs poésies ; L'une d'elles est une petite pièce

.ou stance dans laquelle il décrit les voyages qu'il a faits

du Pérou (1) au Labrador, et de Damas (2) jusqu’à l’isthme de Darien, L’'adversité, dit-il, ne cessait de le poursuivre et faisait surgir des malheurs d’un genre nouveau, et de plus en plus grands, à chaque poste étranger qu’il visitait, La peste, la famine, le carnage et la destruction des navires, pendant les combats sur mer, avaient jalonné sa route de victimes, Le destin inexorable, dit-il, en terminant, le poursuivait sans relâche de sa haine implacable, partout où il dirigeait ses pas.

(1) Le Pérou formait un vaste empire qui, suivant les traditions péruviennes, avait eu pour fondateur et pour législateur Manco-Capac, vers le conimencement du XIIe siécle. Cet empire, dont la religion était le culte du soleil, était gouverné par des souverains descendants de Manco-Capac, appelés Incas. Atahualpa ou Atabaliba, le dernier Inca, fut mis à mort par les Espagnols qui firent la découverte et la conquête du pays eu 1526, sous Pizarre et d’Almagro. Cuzco, l’ancienne capitale de l'empire, est à 403 milles au S.-E., de Lima ; sa population aujourd’hui, est de plus de 50,000 âmes. Elle avait un temple du Soleil qui a été remplacé par un couvent de Dominicains, et une citadelle construite en énormes pierres et ceinte d’une triple muraille. Deux immenses chaussées, dont on voit encore ler restes, l’unissaient à la ville de Quito. — Le Pérou renferme des mines très riches en métaux précieux ; c’est maintenant une république qui est peuplée par 2,000,000 habitants.

(2) Damas est une des plus anciennes villes du monde ; David la prit et la rendit tributaire avec toute la Syrie. Elle fut vainement assiégée par les Croisés, en 1148, fut conquise par les Turcs-Ottomans en 1516, et fut prise par Ibrahaim Pacha, en 1832.

La ville est murée et elle est située dans une belle plaine de la Syrie, eur le Barady qui s’y partage en sept bras, au pied du versant oriental de PAnti-Liban. Sa population est de 200,000 ânes dont 20,000 chrétiens et beaucoup de juifs. Elle est entourée de vastes faubourgs et de vergers. Elle est regardée par Adoulféda, qui y est né, comme le premier des iquatre paradis terrestres des Arabes,

Un château fort, bâti au temps des Croisades, sert de citadelle,

Le fanatisme musulman y est très grand ; un massacre général des chrétiens y eut lieu, en 1860 ; un petit nombre seulement, sauvés par Abd-el-Kader, échappèrent au carnage.

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Son fils James-Hallet, comme on le verra dans la suite, écrivit aussi une lettre versifiée, à plusieurs strophes, en 1818, à ses père, mère, frères et sœurs, adressant à chacun, ses adieux et des souhaits particuliers, parce qu’il partait pour un long voyage sur mer, Ilen écrivit une autre, à sa femme, en 1829, cinq années après leur mariage, pendant qu'il naviguait sur la Méditérannée ; il lui disait : — Ni le vent, ni les vagues, ni le tonnerre, ni les tempêtes, ni la distance, ni la longueur de la séparation, n’ont pu effacer de mon cœur, le souvenir des larmes que tu as versées en ie disant “ adieu,” — sois-moi fidèle, En terminant, il supplie les vents favorables de gonfler les voiles de 801, savire et de le conduire bientôt auprès de Marie, son épouse fidèle,

On voit, en lisant ces lettres, que ceux qui les ont écrites, avaient reçu non-seulement une éducation de marin et de militaire, mais qu’on les avait initiés aussi à la littérature, et que Shakespeare, Milton et Byron ont dû, plus d’une fois, les distraire pendant leurs loisirs.

Je donne, à la fin de cette esquisse, la traduction de ces poésies qui ne manquent pas d'originalité.

En 1808, il alla s'établir avec sa femme et ses afants, à Londres, sa ville natale, où il est resté jusqu’à 1821,

Pendant sa résidence à Londres, il envoya trois de ses fils, James-Hallet, Charles-Welling et George, au collège militaire de Greenwich et ses filles Hélène et Charlotte-Janvrin, aux meilleurs établissements d'éducation de la ville. Richard, l'aîné de ses fils, était engagé dans la marine depuis 1806, et les trois frères puînés de celui-ci, John, William et Charles, étaient morts de 1791 à 1794,

Le gouvernement impérial, pour le récompenser des services qu’il avait rendus, pendant ses croisières aux Antilles, et sur les côtes de la Grande-Bretagne, et pendant la bataille de Trafalgar, lui accorda 5,000 âcres de terre, à ou près de Kingston, Ontario, et une pension annuelle réversible, après son décès, à sa veuve, tant qu'elle vivrait, et à ses filles, jusqu’à l’âge de 21

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ans, ou jusqu’à leur mariage, s’il avait lieu avant qu’elles atteignent cet âge.

En 1821, désirant faire profiter sa famille des avantages qu'on lui avait accordés, il prit passage, à bord d’un voilier, pour Québec, emmenant avec lui, sa femme et ses deux filles, alors survivantes, Hélène et Charlotte-Janvrin, Celles-ci se marièrent deux années plus tard, comme on le verra dans l’article concernant les enfants.

Il emmena aussi, avec eux, une petite fille, Julia Harrington, orpheline de père et de mère, qu’il éleva comme un de ses enfants ; le père de Julia, officier de l’armée anglaise, avait été tué sur le champ de bataille à Waterloo : elle épousa plus tard le capitaine Charles F. Fortier, fils de Charles Fortier, autrefois riche marchand des Trois-Rivières,

Avant de partir pour le Canada, il avait demandé à un de ses amis, qui s’y rendait, d'aller examiner les terres qu’on lui avait données, et l’avait autorisé à les vendre, s’il en trouvait un prix convenable. Quand, à qui, et pour quelle somme furentelles vendues, — c’est ce que je n’ai pu savoir jusqu’à présent, Il est probable qu’elles ont été sacrifiées, parce que les terres avaient peu de valeur alors.

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