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ARTICLE SEPTIÈME

DÉCES, FUNÉRAILLES.

Les dernières années de l’abbé Xavier Baïillairgé s’écoulèrent paisibles au petit séminaire, Ami de tous les prêtres et ecclésiastiques du diocèse, causeur intéressant et toujours aimable, il recevait fréquemment leurs visites et celles aussi des laïques ; parmi ces derniers, je rencontrais fréquemment, chez

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lui, notre artiste distingué, monsieur Antoine Plamondon, le peintre, qui est allé plus tard se fixer à la Pointe-aux-Trembles où il est décédé il y a près de deux ans.

L'onele Xavier devint bientôt le doyen du clergé de l’archidiocèse de Québec.

Il avait 82 ans et 7 mois, et 57 ans de prêtrise, lorsque Dieu l'appela à lui, le mardi, 5 octobre 1880,

Son corps fut exposé dans la chapelle de la congrégation du petit séminaire de Québec.

Le Courrier du Canada du 6 octobre, après quelques notes biographiques, ajoutait :—

“Ce digne et vertueux prêtre, enfermé depuis cniquante-sept ans, dans un séminaire où il ne remplit que de raodestes fonctions, a pourtant rendu d'immenses services à la noble et vénérable institution fondée par Mgr. de Laval. Ils se comptent par milliers ses anciens élèves, ses protégés d'autrefois, ceux encore qui ont reçu de lui, dans leur maladie, des soins qu’un père seul sait prodiguer à son enfant malade, Que d’infirmités n’a-t-il pas ainsi secourues, que de misères n'a-t-il pas prises sous sa protection, qu. de larmes il a essuyées !

Au séminaire de Québec, M. Baillairgé savait gagner l’affection de ses anciens élèves devenus ses supérieurs, comme il savait également conquérir l’estime des plus jeunes étudiants, IL était aimé et vénéré à légal d’un père ; et de fait, son âge et son respect profond des vieilles traditions, attiraient, autour de lui, ceux qui ont le culte du passé et qui n’oublient pas les vieux.

Contemporain des Demers, des Parent, des Holmes, des Cazeau, des Gingras, il a su conserver, jusqu’à nos jours, le sou-

venir de ces vieilles gloires du séminaire de Québec qui sont aussi des gloires nationales,

Enfin, le temps n’a pas respecté ce vieillard vénérable, et la maladie, à force de luttes, a fini par l'emporter sur la constitution solide de M. Baïllairgé. Il est mort entouré de ses confrères, emportant leur estime et leurs regrets.

M. Baillairgé était de la société St-Joseph et de la congrégation du pe.it séminaire de Québec.

Ses funérailles auront lieu demain à neuf heures, à la chapelle du Séminaire. ”

Jeudi le 7 octobre, le même journal rapportait ce qui suit relativement aux funérailles :—

Hier, à 4 heures de l’après-midi, le corps a été transporté de la chapelle de la congrégation à la chapelle du séminaire. La levée a été faite par M. Lemoine, chapelain des Ursulines, et a été suivie des matines et laudes des morts, présidées par Mgr l’Archevêque de Québec.

Ce matin, a eu lieu le service chanté par Mgr l’Archevêque, ayant pour diacre, M. Drolet de Sillery et pour sous-diacre, M. Oliva de St.-Francçois, Rivière-du-Sud, Le prêtre-assistant était M. Chs. Trudelle, supérieur du collège Ste.-Anne ; M. Grant était cérémoniaire,

Avant l’absoute, Mgr l’Archevêque a prononcé quelques paroles de louanges sur les vertus de M. Baillairgé et surtout sur sa grande charité,

Le chant funèbre a été fait par les élèves du séminaire de Québec, sous la direction de M. l'abbé Fraser ; on a remarqué le morceau de l’Elévation, Jesus Salvator Mundi, chanté par les

petits élèves de la maison auxquels M. Baillairgé s’intéressait particulièrement,

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suit

M, Baillairgé a été déposé, dans le caveau sous les voñt23 de la chapelle du séminaire (L), aux pieds de L. F, N. Mainguy avec lequel il avait été si intimement lié pendant sa vie, et entre M, M, Ls. Gingras et Jean Holmes,

(1) Chapelle du Séminaire de Québec, et Caveau de la dite chapelle. La première chapelle était renfermée dans l'aile gauche du séminaire qui fut construit de 1663 à 1668 et fut détruit par ke: feu en 1701.

La chapelle n'avait pas été reconstruite, lorsque mourut Mgr de Laval en 1708, ce qui empêcha d'y déposer ses restes mortels, comme il en avait exprimé le désir avant de mourir.

Plus tard, une nouvelle chapelle fut érigée ; elle fut bénite et ouverte au culte en 1752, sous Mgr, de Pontbriand,

Le 19 juillet 1766, Mgr Jean-Olivier Briand y prit possession de son siège épiscopal, pendant qu'on restaurait la cathédrale qui avait souffert pendant le siège de 1759.

La chapells du séminaire, avec ses magnifiques tableaux, de main de maître, fut détruite par un incendie provenant de l'appareil de chauffage dans la cave, le 31 décembre 1888.

Le soubassement de la chapelle, était alors occupé par la veuve de Théophile Baillairgé avec la plus jeune de ses filles ; elles faillirent y perdre la vie.

La chapelle fut reconstruite en 1889, mais les tableaux que les touristes d'Europe, des Etats-Unis et du Canada, venaient y admirer si souvent, sont disparus malheureusement pour toujours.

Dans le Caveau de la chapelle, se trouvent les restes vénérés de Mgr, de Laval, de Mgr, L. J. Casault, fondateur de lUniversite Laval et des révérends abbés Jean Holmes, Louis Ginzras, L. EF, N. Mainguy, J. F. X. Baillairgé, Chs Laverdière, Papincau, Audet, Lagacé, ancien-préncipal de l'école normale, et autres.

Les ossements de Mgr, de Laval, n’y furent transféss; que le 23 mai 1878, après avoir èté découverts en creusant dans le caveau de la cathédrale, pour y renouveler les poutres $s9a5 le plancher de l'église.

Depuis l'incendie de la chapelle, 3t décembre 1888, la première sépulture, dans le mène caveau, a été celle de M. l'abbé Ls. Bsau-

det du séminaire de Québec, le 22 mai 1891.

La chajelle était toute tendue de noir, et l’on comptait audelà de soixante prêtres présents, au nombre desquels :- Mgr, Cazeau, Mgr, Déziel, Mgr, Pâquet , M, Joseph Auclair le curé de Québec, MM. les grands-vicaires Chs, Ed, Poiré, et Ths, E, Hamel, M. Démétrius Lévesque représentant la maison Saint- Sulpice de Montréal, M. le chanoine M. R. Bilodeau de Rimouski, et autres.”

Parmi les parents, se trouvaient M, Louis-de-Gonzague l’avocat, C. R, le seul survivant de ses frères, M. le chevalier Charles Baillairgé, son neveu, l'ingénieur de la cité, William le fils et l'assistant de celui-ci, son petit-neveu, et l'avocat James Cannon, mari de sa nièce Cécile Baillairgé.

M. George-Frédéric Baïllairgé, l'aîné de ses neveux, députéministre des travaux-publics du Canada, n’assistait pas aux funérailles, n'ayant pu laisser son poste à Ottawa.

Parmi le vaste concours de citoyens dans le cortège, on a remarqué entre autres, son honneur le maire J, D. Brousseau, son honneur le juge Taschereau, l'honorable Frs. Langelier, l'honorable Pantaléon Pelletier et le Dr, Eusèbe Lemieux, ainsi que les anciens élèves du séminaire, dont le défunt avait été le professeur,

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